Catégorie: GLOU-GLOU

Dégustations

À Canet en Roussillon

Muscat de Rivesaltes © Greta Garbure

Muscat de Rivesaltes © Greta Garbure

Ça y est : les vins nouveaux, tous les vins nouveaux, sont sortis de leurs cuves en béton, inox ou époxy. Alors pour changer, c’est le moment de découvrir une gourmandise : c’est-à-peine du vin, plutôt un bonbon tendre ! Je veux parler du muscat de Noël de Rivesaltes. Il n’a pas la complexité, l’ampleur, la noblesse de ses Anciens. Non, lui il joue la carte de la fraîcheur et des arômes fruités. On y sent évidemment le raisin muscat mais aussi les fruits jaunes et blancs, exotiques ou d’ici : les agrumes, la mangue, le litchi et la pêche, l’abricot, avec souvent une note légèrement mentholée à la fin. C’est un très joli vin de dessert et mieux, de tous les moments de p’tits bonheurs que l’on peut facilement s’offrir soi-même, sans même attendre Noël !

Cette année, j’ai adoré celui du château de Rey des artistes Cathy et Philippe Sisqueille (9,80 € TTC départ cave).

Gîtes et promenades dans les vignes
66140 Canet en Roussillon
Tél : 04 68 73 86 27
e-mail : contact@chateauderey.com

Patrick de Mari

Dégustations

Un blanc coup de❤ :
Ardèche IGP chardonnay 2013
Louis Latour

Ardèche chardonnay 2013 Louis Latour © Greta Garbure

Ardèche chardonnay 2013 Louis Latour © Greta Garbure

La bouteille traînait dans ma « cave » depuis presque deux ans et à force de me faire de l’œil, j’ai fini par la déboucher ! Pour boire à l’apéro.

Et d’emblée j’ai trouvé ce chardonnay d’Ardèche méridionale très séduisant et facile à boire.

À l’œil, la robe est d’or pâle assez brillante, au nez les arômes miellés de fruits jaunes tels que l’abricot se révèlent rapidement. En bouche, le vin est frais, sec et minéral, doté d’un joli  fruité et d’une bonne rondeur.

Rappelons que, sise en Bourgogne, la maison Louis Latour a pris la décision en 1979 de se lancer dans l’élaboration de chardonnay en Ardèche, région où les sols argilo-calcaires jouissent d’un ensoleillement maximal.

J’avais prévu d’accompagner ce vin de charcuterie fine (excellent saucisson d’Auvergne, jambon San Daniele et vrai jambon blanc de Paris), ce qui lui allait comme un gant. Un vin épatant qui s’est donc laissé boire sans façon, pour notre plus grand plaisir. Mais il aurait pu tout aussi bien être bu au cours d’un repas, avec un joli poisson par exemple.

Ardèche IGP chardonnay 2013 Louis Latour : entre 8 € et 12 € selon les lieux de vente.

Blandine Vié

 

Dégustations

Voyage de presse dans les Graves

Graves blancs au château Ferrande © Greta Garbure

Graves blancs au château Ferrande © Greta Garbure

Lundi 26 septembre : direction Bordeaux et plus précisément les Graves. Le programme est prometteur si le rythme des dégustations est toujours sur un mode stakhanoviste. Il y a aussi, surtout, l’intimité des maisons qui m’accueillent.

Château Carbonnieux © Greta Garbure

Château Carbonnieux © Greta Garbure

Domicilié pendant trois jours au magnifique château Carbonnieux, efficacement nourri par la délicieuse Marie-Hélène Lévêque à Chantegrive (poulet rôti de compétition et haricots verts du jardin), dîner au château Couhins (école et lieu de recherche de l’INAO) avec des propriétaires passionnés et passionnants, visites de vignes en pleines vendanges, de chais et de cuves en ébullition (fermentation) : Magence, Jouvente, Bardins, Chevalier, Château de France et clap de fin au château Olivier pour un dîner dit de prestige où les bouteilles s’échangent de tables en tables comme dans toute belle paulée.

Le talentueux propriétaire du château Magence © Greta Garbure

Le talentueux propriétaire du château Magence © Greta Garbure

Entre ces réjouissances, nous avons dégusté les crus blancs et rouges de Graves et de Pessac-Léognan, ce qui était quand même la raison essentielle de notre présence.
Au château Ferrande, nous attendaient, sagement alignées, une soixantaine de bouteilles de l’appellation Graves. Si le niveau général est convenable, en rouges 2012, certaines têtes dépassent nettement : 
Respide cuvée Callipyge, Magence (malgré la précision commerciale sur l’étiquette « élevé en fût de chêne » qui me file des boutons !), Clos du Mont cuvée Gabriel.
Les blancs 2014 et 2015 sont aujourd’hui plus flatteurs, avec des aromatiques amples de fruits bien mûrs et une finale sur le caillou, légèrement fumée : 
Magence encore et sa cuvée Symphonie, Chantegrive, Villa Bel Air, Crabitey, Floridène, Lionne, Vieux Château Gaubert, Respide à nouveau et peut-être le plus complet, mon coup de cœur, le château Camus 2015, une attaque vive voire espiègle, apaisée par un gras qui tapisse la bouche sans l’alourdir et déjà une belle longueur pour son âge.

Le lendemain, au château Le Sartre était réunie la noblesse de l’appellation Pessac-Léognan. En blancs non classés 2014, le 100% sauvignon est triomphant et parfois un peu variétal. Les assemblages avec du sémillon rendent les vins plus délicats, apportant suavité, rondeur et arômes fruités. Quelques vins m’ont particulièrement séduit :
Domaine de Grandmaison, Haut Bergey et Lafont-Menaut apportent du plaisir à des prix très raisonnables, autour de 10/15 €.
Dans les crus classés, les châteaux Couhins-Lurton, Carbonnieux, Fieuzal et le superbe et archétypique château Bouscaut avec une matière, une puissance, un gras en bouche et ce léger grillé en final si caractéristique des vins de graves. Le sauvignon est ici à son meilleur, mûr et concentré.

Les rouges sont majoritairement du millésime 2012. Présumée faible à sa sortie, cette année est aujourd’hui appréciée pour son fruité léger. Quelques très jolis vins gourmands, souples, aux tanins fondus :
Les châteaux Bardins, très éco-responsables et aux vins nets, très frais, Larrivet Haut-Brion, le Sartre, Les Carmes Haut-Brion et la divine surprise du château de Rouillac dont l’ascension ne se dément pas. Son 2010 récemment bu sur un jeune faisan m’a tiré des larmes des yeux (il faut dire que je suis sensible comme garçon !).

Pessac-Léognan Château de Rouillac 2005 © Greta Garbure

Pessac-Léognan Château de Rouillac 2005 © Greta Garbure

Parmi les crus classés présentés, les élevages sont plus ambitieux et marquent encore certains vins. En revanche, partout où le bois se fait plus discret, on trouve des bouteilles remplies de promesses, de plaisir telles Latour-Martillac et Malartic-Lagravière, absolument magnifiques tous les deux, le premier par son équilibre réjouissant, le second par une puissance contenue, une belle densité, une rondeur affichée qui annoncent déjà de sympathiques accords à table.
Mais il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte.

Jeudi, déjeuner et visite de la Cité du Vin avec le photographe spécialisé Guy Charneau.
Le soir, compétition amicale au Point Rouge à Bordeaux entre huit équipes confrontées à la découverte de cinq vins, à l’aveugle. En tête après la troisième devinette, nous nous effondrons en vue de l’arrivée (ces jeunes, ça ne tient pas la distance !). Félicitations à l’organisateur, le sommelier qui monte Alexandre Morin ainsi qu’aux compétiteurs.

La cité du vin à Bordeaux © Greta Garbure

La cité du vin à Bordeaux © Greta Garbure

Vendredi, direction le Médoc : découverte et lancement de la rose spécialement créée pour honorer le château Gruaud-Larose qui embaume illico le litchi, la poire, les agrumes et puis quand même un peu la rose aussi ! Le chef du restaurant Saint-Julien (à Saint-Julien) nous a parfaitement alimentés et la main basse opérée sur un Gruau-Larose 1989 s’est révélée judicieuse. L’armagnac Gimet 1978 de la propriété du maître de chais a sonné la fin des libations grâce à ses 59,9° (ah bah oui quand même !).

La rose Gruaud-Larose © Greta Garbure

La rose Gruaud-Larose © Greta Garbure

Au retour, comme il convenait de faire baisser le pourcentage d’alcool dans notre sang, nous nous sommes prudemment arrêtés au château Lamothe-Bergeron aimablement gouverné par Laurent Méry qui a proposé de nous adoucir les muqueuses avec un café et… un cognac Hardy de belle qualité. Quelle bonne personne !

Et samedi matin, retour à la case départ après un périple dense, très dense.

Dans l’attente de nouvelles aventures, je retiens un important enseignement : j’aime beaucoup la Badoit.

Patrick de Mari

Dégustations

Des vins du Minervois

Suite du début du road movie de Greta Garbure entamé le 2 septembre par trois jours en Minervois : https://gretagarbure.com/2016/09/11/jeux-de-quilles-19/

Voici la liste non exhaustive des cuvées, domaines des vignerons qui m’ont fait plaisir et parfois même impressionné. Cette appellation mérite que l’on s’y intéresse de près. Les cavistes l’ont déjà fait et vous trouverez chez eux certains des vins que j’ai particulièrement aimés tels que :

— Domaine Pierre Fil : le Fil Rouge à 5,50 € environ m’a toujours laissé de beaux souvenirs ainsi que l’ambitieuse cuvée Solium à 18,50 €.

— Les bourguignons Anne Gros et Jean-Paul Tollot donnent un incroyable velouté à leur Ciaude 2012.

— Toute la gamme du poète de Borie de Maurel est enthousiasmante. L’émotion affleure à chaque gorgée.

— L’Amourier du géant Luc Lapeyre fait dans l’élégance, sans surextraction.

— Tour Boisée ressemble à son vinificateur Jean-Louis Poudou, volubile ou taiseux selon les millésimes et les cuvées mais toujours juste.

— Laville Bertrou est un vin formidable qui saute aux papilles avant même d’arriver au cerveau.

— Parmi les bouteilles du Clos Centeilles, le Carignanissime 2012 m’a chaviré.

— Un très joli vin (bio) du domaine Fontanille Haut et un autre de La Prade Mari.

— La cuvée Panatella du Château Tourril vaut bien plus que les 9 euros demandés.

— La fraîcheur des vins du Clos du Gravillas est patente dans son « Inattendu ».

— Et puis surtout goûtez les vins purs et sincères du paysan autoproclamé Pierre Cros.

— Mais aussi, toute la gamme du domaine Pujol Izard.

— Les superbes muscats moelleux du domaine Barrubio.

— Le domaine Sicard pour l’ensemble de son œuvre.

— Tout comme le Château La Croix-Martelle qui n’avait pu être présent mais que nous venons de boire avec bonheur lors d’un déjeuner de presse dont nous vous parlerons prochainement.

— Le magnifique domaine de Fauzan 2014 qui est déjà équilibré avec une aromatique très marquée sur les fruits noirs et rouges et la réglisse.

— L’Oustal blanc qui fait de beaux rouges bien bâtis, bien dodus avec des raisins très mûrs et bien extraits.

— Rouanet Montcelebre dont le blanc se fait plaisamment remarquer par son nez fumé et une matière importante en bouche.

— Et parce qu’il faut bien finir, l’excellent domaine de Cantaussel avec sa cuvée Estelum 2010 dominée par de vieux carignans bien associés et bien élevés.

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Pardon pour les autres.
En fait, j’ai adoré le niveau d’ensemble des vins de Minervois.

Aimez-les et ce sera un grand pas pour l’humanité !

Patrick de Mari

Post scriptum : Pour une fois que je n’ai pas envie de cogner sur la SNCF, remerciements éperdus à l’adorable employée du guichet de la gare de Narbonne qui a sprinté telle une gazelle olympique pour me rapporter ma précieuse sacoche aux portes du TGV dans lequel je m’apprêtais à monter. Par 34° à l’ombre là où il n’y avait pas d’ombre, c’était particulièrement méritoire de sa part et donc délicieusement aimable, surtout par les temps qui courent…

Dégustations

Pace e salute !

Le restaurant de Montmartre La Bonne Franquette accueille la Corse !

Les vignerons corses sous l'autorité bienveillante d'Alain Coquard, le Président de la République de Montmartre © Frédéric Loup

Les vignerons corses sous l’autorité bienveillante d’Alain Coquard, le Président de la République de Montmartre © Frédéric Loup

Plus de 50 vins à déguster, issus de cépages autochtones (malvasia et muscat, niellucciu et sciacciarellu). Toutes les appellations contrôlées sont présentes : patrimonio, calvi, corse, cap corse, sartène, ajaccio, porto-vecchio. Quitte à me fâcher avec tous les autres, je me contenterai de citer quelques réussites 2014 et 2015.

J’ai adoré l’originalité du cépage Biancu Gentile ainsi que l’ensemble des cuvées d’Yves Leccia et de celles d’Éric Poli. Les Clos Landry, Clos Alivu, Clos Culombu, Domaine Torraccia m’ont réjoui les papilles par leur fraîcheur et leurs arômes si particuliers.

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Ils sont les très dignes représentants d’une Corse (Terre de contrastes !) qu’il faut prendre le temps de comprendre, lentement, pour en apprécier l’exceptionnelle diversité des paysages, des sites, des produits et surtout des vins ! De nombreux cavistes du continent font très bien leur travail de révélateurs de jolies bouteilles venant de l’île d’amour. Faites-leur confiance, vous ne serez pas déçus.

Christian Imbert, immense vigneron du domaine Torraccia écoutant le récit de souvenirs communs par Michel Dovaz © Greta Garbure

Christian Imbert, immense vigneron du domaine Torraccia écoutant le récit de souvenirs communs par Michel Dovaz © Greta Garbure

Pace et salute !

Patrick de Mari