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Bonne table ou… évi-table ?

La brasserie de l’Isle Saint-Louis

brasserie traditionnelle

Paris 4e

Avant d’y arriver, c’est déjà une magnifique promenade dans le cœur du vieux Paris. Jugez plutôt avec cette vue quand on vient du Pont Marie :

Depuis le Pont Marie © Greta Garbure

Une fois la porte poussée, on entre dans une salle de bistrot avec son beau comptoir et l’on se sent tout de suite en Alsace d’autant qu’une cigogne nichée derrière le bar nous fait de l’œil.

Derrière le comptoir © Greta Garbure

Un petit verre et quelques bretzels plus tard, ma complice étant arrivée, nous passons à table dans la grande salle.

La salle © Greta Garbure

Après étude minutieuse de la carte — nous hésitons entre plusieurs plats comme le « coq au riesling maison » (22 €), le « filet de haddock à la choucroute » (27 €), l’ « entrecôte bordelaise à la moelle, pommes faites maison » (26 €) ou encore la « raie au beurre noisette » (27 €), la « marmite de tripes au riesling » (21 €) ou même un « cassoulet maison » (22 €) — nous optons finalement pour une « choucroute spéciale pour deux avec jarret » (55 €).

Mais pour patienter, nous choisissons respectivement « la vraie rosette de Lyon » (7 €) et une « terrine de jambon de Bourgogne persillé » (9 €) en guise d’entrées. Rien de tel qu’un peu de charcuterie pour mettre en appétit ! les produits sont forts bons même si ce n’est pas vraiment là-dessus qu’on peut juger la cuisine du chef. Le « filet de hareng pommes à l’huile » (10€) ou la « tarte à l’oignon maison avec lardons » (12,50 €) auraient tout aussi bien pu nous séduire mais avant une choucroute…

Rien à dire sur ces cochonnailles qui sont des produits de qualité parfaits pour se préparer à des nourritures plus substantielles.

La vraie rosette de Lyon © Greta Garbure

Le jambon de Bourgogne persillé © Greta Garbure

Mais voilà justement que la choucroute arrive en majesté sur son réchaud, bien garnie et appétissante en diable. Nous apprécions beaucoup les charcuteries de très noble qualité et le jarret est merveilleusement cuit. En revanche, nous trouvons la choucroute un peu fade et c’est dommage car ce n’est pas facile à saler dans l’assiette. Détail qui compte : en plus de moutarde, ce plat est accompagné de raifort (excellent), ce qui lui va très bien. 

La choucroute © Greta Garbure

La choucroute dans l’assiette © Greta Garbure

Nous n’avons plus assez de place pour un munster fermier d’Alsace au cumin (7,50 €) avant le dessert qui sera le même pour nous deux à une nuance près : « tarte Tatin chaude crème fraîche » (9,50 €) pour moi mais accompagnée d’une boule vanille Berthillon (12,50 €), tout proche et célèbre glacier pour ma commensale.

Tarte Tatin avec crème fraîche © Greta Garbure

Tarte Tain avec glace vanille © Greta Garbure

Bon, la tarte Tatin est un dessert qui ne m’a jamais « bouleversifiée » outre mesure mais il n’y avait pas de  baba (mon obsession dans les brasseries !) alors… Elle est d’ailleurs honorable et nous contente.

Ma partenaire étant totalement addict au gewurztraminer, c’est ce vin que nous avons choisi sur ce repas  : gewurztraminer 2014 de la cave Dopff & Irion, cuvée René Dopff (28 €), servi dans ces beaux verres alsaciens à pied vert et gouleyant à souhait. Il est à noter que la carte des vins est composée principalement de vins de négoce mais plutôt bien choisis.

Gewurztraminer © Greta Garbure

Allez, nous n’allons pas nous quitter comme ça, terminons par un marc de gewurztraminer (12 €) dont les vertus digestives sont un alibi sans appel.

Marc de gewurztraminer © Greta Garbure

Il s’agit d’une maison tenue par la même famille depuis 1953 dont le leitmotiv a toujours été et demeure la qualité des produits. Aucun doute là-dessus. Il est appréciable aussi que la brasserie soit restée dans son jus (cadre et cuisine) et que le chef ne soit pas tenté par des audaces qui lui feraient perdre son âme. En semaine le plat du jour varie entre blanquette de veau, coquelet des Landes rôti façon grand-mère, parmentier de joue de bœuf, petit salé aux lentilles du Puy, etc.
C’est donc avec plaisir que nous reviendrons, mais de préférence un dimanche pour goûter l’institution dominicale : la poule au pot !

Invitation d’une attachée de presse

Blandine Vié

La Brasserie de l’Isle Saint-Louis
55, quai de Bourbon
75004 Paris
Tél: 01 43 5402 59
Ouvert de 12 h à 22 h 30
Sans réservation
Fermeture le mercredi
M° Pont Marie

Dégustations

Et pourquoi pas un pinot gris 
d’Alsace avec un chapon ?

Et en plus, à prix raisonnable !

Les repas de fin d’année appellent les beaux produits et les bons vins. Mais le choix n’est pas toujours facile, surtout quand on dispose d’un budget limité.

J’ai donc retenu pour vous ces deux bouteilles qui accompagneront avec élégance de jolies volailles festives, chapon rôti notamment (farci ou non), ce volatile s’accommodant mieux du fruité des vins d’Alsace que la traditionnelle dinde.

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• Alsace Grand cru Steinert 2012 de Pfaff (la cave des vignerons de Pfaffenheim)

 

steinert-pinot-gris-cave-des-vignerons-de-pfaffenheim

Corsé et puissant, ce vin est parfait dès le foie gras de l’entrée (ou si la farce en comporte).
Mais il peut très bien faire l’affaire sur des volailles comme des cailles ou un canard, des
 terrines délicates, des viandes froides (si vous avez préparé un buffet), un rôti de viande blanche (veau aux morilles), un gibier à plume ou même un poisson blanc bien tourné avec une sauce crémée. 
Il titre 13,5°.

Prix : 14,50 €
http://www.pfaffenheim.com

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• Château de Riquewihr cuvée « Les Maquisards » 2012 de Dopff & Irion

dopffetirionlesmaquisards2011pinotgris

photo non contractuelle en ce qui concerne le millésime

Issu des vignes des domaines du Château de Riquewihr, la cuvée a été créée en hommage aux compagnons de résistance de René Dopff pendant la 2ème guerre mondiale.
Fruité, rond et puissant, ses accordailles avec un chapon sont subtiles. Mais il pourrait tout aussi bien accompagner des bouchées à la reine ou une tourte de volaille.
Il titre 13°.

Prix : 13,50 €
http://www.dopff-irion.com

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Bien sûr, pour les fêtes, d’aucuns me diront qu’il y a de très belles maisons de vins en Alsace et que j’aurais pu mettre en exergue d’autres bouteilles, d’autres vins plus étincelants. C’est vrai ! Mais les bouteilles que je vous propose là sont très honorables pour des prix qui restent accessibles. Et par les temps qui courent…

Pour les fêtes… osez !

Blandine Vié

P’tit billet d’humeur

Les dîners insolites du Patrimoine :
erreur de casting !

DP Dîners insolites du patrimoine

Comme le rapporte le dossier de presse : « Les Dîners Insolites du Patrimoine invitent à une expérience gastronomique remarquable et hors du temps orchestrée par un MOF ou des Chefs de renom, souvent étoilés au sein du patrimoine vernaculaire, sites industriels, historiques, culturels et agrémentés d’une découverte artistique (peinture, musique, performance…).
Une subtile recette qui conjugue un repas gastronomique à une immersion totale dans un lieu d’exception, d’ordinaire inaccessible au public pour découvrir le patrimoine dans toute sa diversité. »

Une initiative culturelle intelligente donc, dont la présentation précise :
« Depuis 6 ans, les Dîners Insolites du Patrimoine invitent à une expérience exceptionnelle et éphémère : un repas gastronomique orchestré par un Chef de talent, la découverte d’un site atypique dans des conditions privilégiées et une décoration 100 % made in France, composée des plus beaux éléments des Arts de la Table de l’Est, d’installations d’artistes originaux et de compositions d’artisans fleuristes. Depuis leur création en 2010, plus de 15.000 convives ont plongé dans l’univers insolite et gourmand de ces dîners. Pour cette 7ème saison, de belles nouveautés devraient ravir les convives, parmi lesquelles des repas orchestrés par les Etoiles d’Alsace et par les meilleurs Chefs de l’Est de la France, l’entrée de la région Champagne au programme, les pépites lorraines, et toujours, le coeur des Vosges, berceau de l’événement. En tout, 130 Dîners Insolites sont prévus dans tout le Grand Est, sur 48 weekends, de mai 2016 à mai 2017. »

Mais alors, pourquoi diable avoir mis en couverture de ce dossier de presse une illustration singeant le tableau d’Andy Warhol et des Campbell’s Soup Cans ? Se peut-il que ce soit réellement l’affiche officielle ?
Puisqu’on nous parle de « vernaculaire » et de 100% made in France, est-il vraiment judicieux d’aller chercher son inspiration aux États-Unis en parodiant une œuvre pop art (d’ailleurs plus publicitaire qu’artistique) mille fois vue et revue ? Est-ce avec un tel signifiant que l’on a l’intention de défendre NOTRE patrimoine ? Avec une illustration qui incarne la culture de la mondialisation ?
Surtout, est-ce véritablement un symbole représentatif des trésors français que l’on souhaite mettre en exergue ? Avons-nous honte de notre patrimoine gastronomique pour le conceptualiser sous cette forme tragiquement grégaire et « forcément » américanisée ?
Défense et illustration… deux mots forts qui semblent n’avoir plus de sens. Joachim du Bellay, où es-tu ?

On nous parle de diversité et paradoxalement, tout ce qu’on nous propose, c’est un vulgaire clonage !!!
Triste, non ?
Bon, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain mais de grâce, arrêtons de nous laisser phagocyter par une culture qui n’est pas la nôtre ! Surtout quand on parle de patrimoine !!!

Blandine Vié

 

Notre calendrier de l’Avent

Fenêtre du 6 décembre
La Saint-Nicolas !

Saint-Nicolas via lejardindejoeliah.com
L’évêque Saint-Nicolas (Nicolas de Myre) fut le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles.
Selon la légende, Saint-Nicolas aurait ressuscité trois enfants tués par un boucher.
C’est le saint patron des enfants, des navigateurs, des prisonniers, des avocats et des… célibataires !

La Saint-Nicolas est fêtée dans de nombreux pays d’Europe (Allemagne, Suisse, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Russie, Pologne, Autriche) et en France dans le Nord (Flandre française) et l’Est (Alsace, Lorraine).

La légende veut que le 6 décembre, Saint-Nicolas distribue des friandises (fruits secs, pommes, gâteaux, bonbons) dans les souliers des enfants sages du Nord et de l’Est tandis que dans ceux des enfants pas sages, il dépose une crotte de son âne, généreux en la matière (fécale) ! Enfin, c’était comme ça à l’origine !
Parce qu’aujourd’hui, la Saint-Nicolas étant elle aussi devenue une fête commerciale, des chocolatiers malicieux ont transformé les crottes… en petits chocolats durs, ce qui inciterait presque à devenir pas sage !
Le pain d’épices représentant l’évêque est également devenu incontournable.

Saint-Nicolas est parfois accompagné du Père Fouettard (Hans Trapp en Alsace), personnage inventé de toutes pièces et qu’on a associé à tort à Saint-Nicolas dans le but de faire de ce rite une fête punitive alors que Saint-Nicolas est bienveillant et généreux. Car il ne faut pas confondre crottes et coups de bâton ! Les premières font réfléchir, les seconds font mal !

Comme dans toutes les légendes, il y a une leçon subliminale à tirer sinon une morale. Une réflexion en tout cas.
Ce n’est pas pour rien que le mot légende vient du latin « legenda » qui signifie littéralement « qui doit être lu » !
Raison de plus pour s’interroger sur la symbolique des crottes !

Toutefois, je me sens frustrée ! Car aucun texte, nulle part, ne donne le nom de l’âne alors que dans l’histoire, c’est tout de même lui le plus généreux, non ?
Vous n’auriez pas une idée ?

BV