Nos marronniers

Bientôt la Fête des Mères !

Dimanche prochain 28 mai

Si vous êtes l’un de nos fidèles lecteurs, vous le savez : nous n’apprécions pas particulièrement cette fête commerciale et l’avons même véhémentement brocardée ici :
https://gretagarbure.com/2013/05/26/la-chronique-de-greta-garbure-18/
–> Relisez cette belle chronique, ça vaut le coup !

Mais on ne peut tout de même pas vous resservir le même couplet tous les ans. Aussi, en cette période post électorale où l’on a beaucoup parlé de parité, nous allons tout de même leur rendre hommage aux mamans ! Mais à notre manière …

Alors, pour inciter Maman à mieux s’occuper d’elle — et non pas, de manière à peine déguisée, de ses enfants et de son mari — cette année, foin des robots ménagers, foin des parfums et des nuisettes, foin des fleurs et de tous ces cadeaux soufflés par les médias qui font de nous des consommateurs grégaires.

Non, cette année, au nom de l’égalité hommes-femmes, nous les Mamans, nous allons piquer nos cadeaux à nos maris. Vous entendez les enfants ? Cette année — puisque de toute façon, c’est Papa qui paye — nous voulons le cognac qui lui est habituellement réservé ! Et pendant qu’il jouera avec tous les super ustensiles perfectionnés accumulés dans la cuisine année après année et qu’il fera la vaisselle après le repas de fête qu’il nous aura préparé, moi je dégusterai un bon cognac dans le fauteuil du salon.

Allez, pour vous faciliter la tâche, j’en ai sélectionné trois :

Cognac Frapin VSOP – 1er cru de cognac

Avec son élégant flacon-carafe joliment designé et sa robe orangée intense et brillante, il en jette rien qu’à l’œil.
Une fois dans le verre, au nez, ses notes épicées, florales (fleurs séchées) et fruitées (fruits confits) déterminent son caractère singulier et complexe. 
En bouche, subtil et gourmand, il révèle toute sa puissance et sa rondeur. S’ajoute la persistance des saveurs dans une délicate harmonie. 
Son vieillissement en fûts de chêne (type Limousin) lui procure une discrète touche de vanille et une maturité déjà bien marquée qui fait son équilibre.
Il titre 45°, ce qui ne saurait effrayer la plus forte des Mamans.

Prix : 60 € la bouteille de 70 cl.
En vente chez tous les bons cavistes et en vente directe (03 26 56 99 56).

Cognac Hardy Legend 1863

Issu d’une sélection fine, il marie l’élégance des Grande et Petite Champagne à la finesse du cru des Borderies et nous charme avec son flacon aux épaules viriles qui met en valeur sa robe ambrée.
Son nez dévoile es arômes d’agrumes et de confiture d’orange, de café cappuccino avec des notes de vanille.
En bouche, le café, l’orange et la confiture d’orange se mêlent avec subtilité et gourmandise et la finale a une belle longueur.
Il titre 40°.

Prix moyen conseillé : 60-65 € la bouteille de 70 cl.
En vente chez les meilleurs cavistes et grandes surfaces qualitatives.

Cognac Prince de Polignac XO fine cognac

Classique de la collection Polignac, marque n° 2 de cognac en France, ce XO a un tempérament puissant alliant rondeur, richesse et maturité. 75 eaux-de-vie composent son assemblage, issu à 40% de Grande Champagne et à 30% de Petite Champagne. L’âge moyen est de 12 ans (au-delà de ce qu’exige la réglementation).
Sa robe rousse aux reflets vieil or brille de mille feux.
Au nez, son bouquet est riche et complexe avec des notes automnales d’épices et de bois.
En bouche, il révèle des notes délicatement épicées de cannelle et de pain d’épices enrobées de fines notes de bois vanillé (dues à une longue maturation en barriques), de miel, de cannelle et de fruits secs.
Sa longue finale sur le rancio en fait un partenaire charmeur avec le café et le chocolat.
Il titre 40°.

Prix indicatif : 59 € la bouteille de 70 cl.
En vente en grandes surfaces.

Blandine Vié

PS : Les fleurs, on peut en offrir en même temps que le cognac. Mais ce serait bien que ce ne soit pas que le jour de la Fête des Mères.

P’tit billet d’humeur

La vie « normale »
reprend ses droits !

Spaghetti à la carbonara © Greta Garbure

Depuis trois semaines, nous n’avons plus rien publié car la France entière a été obnubilée par les élections présidentielles et a sombré dans un délire verbal souvent effondrant et peu supportable. À cet égard, les réseaux sociaux ont été de tristes vecteurs.

En ce qui nous concerne, nous n’avons pas souhaité que nos articles souffrent de cette confiscation d’attention et que les sujets que nous aurions pu traiter pendant cette période — à savoir de jolis produits, de belles adresses,  d’épatantes recettes, de bons vins, des livres intéressants et surtout des hommes et des femmes qui en sont à l’origine — en pâtissent car ils méritent toute votre assiduité de lecteurs. Or elle a été monopolisée sur d’autres fronts depuis avril, ce qui est d’ailleurs bien compréhensible.

Mais comme il s’est tout de même passé — aussi… et heureusement ! — de bien jolies choses pendant cet entre-temps, nous allons reprendre le cours de nos publications dès cette semaine. Alors, soyez-nous plus que jamais fidèles !

Blandine Vié

Dégustations

Quelques bouteilles,
pas seulement vues…

Cistus, domaine de la Liquière 2014, faugères (17,20 €)

Son jeune âge explique qu’il soit un peu explosif aujourd’hui. Il faudrait lui laisser du temps en cave pour qu’il puisse exprimer ses nuances. Au lieu d’un bon vin, ça fera un très bon vin, mieux encore, un excellent faugères (sur un magret de canard, je l’ai adoré).
Et c’est encore plus vrai pour leur cuvée les Malpas 2014, une pure syrah récoltée sur des parcelles en relative altitude (350 m quand même!). Elle sera magnifique d’ici 4 ou5 ans. Tous les vins du domaine sont labellisés bio et certifiés Ecocert.

Clos Triguedina Probus 2012, cahors

Le malbec n’est pas vraiment un cépage pour premières communiantes. Jeune, ses tanins se montrent volontiers hirsutes pour ne pas dire acérés. Mais là, nous sommes face à une bouteille qui est en train de digérer son élevage et commence à dévoiler de la suavité et de la richesse à parts égales. On a là une sélection parcellaire issue de vignes centenaires et c’est ce qui donne cette complexité, cette puissance civilisée, cette grande longueur en fin de bouche… J’aime énormément malgré le prix qui pique un peu (33 €) mais après tout, dans cette catégorie, on en voit d’autres qui promettent sans en offrir autant.

Clos Triguedina Probus 2012 © Greta Garbure

L’Onoriva 2013, château la Croix Martelle, minervois La Livinière (12 €)

Un (autre) vin bio certifié dans une (autre) région bénie des dieux et beaucoup de fraîcheur au nez comme en bouche. La sensation de finesse de la matière résulte aussi de l’harmonie des tanins avec les arômes de fruits, mûrs mais pas confiturés ! Ici, pas d’excès de rondeur, de chaleur : on peut se resservir, on doit même !

L’Onoriva © Greta Garbure

Domaine Rotier, cuvée Renaissance 2012 rouge, gaillac

Avant même d’ouvrir cette bouteille, j’ai le cœur qui bat un peu plus vite. J’adore l’appellation gaillac et ses précurseurs audacieux comme les Plageoles père et fils ou l’iconoclaste Patrice Lescarret.  Mais le clacissisme représenté par Alain Rotier et Francis Marre a aussi du bon ! Cette cuvée Renaissance (12,70 €) est régulière, équilibrée, la couleur sombre avait annoncé la mûre, le cassis, la réglisse. Eh bien, on en a ! C’est un vin qui escorte bien les viandes à grain fin, comme le gigot ‘agneau qui me regarde. L’idéal eut été de finir ce repas avec leurs « vendanges tardives » qui me tire toujors des larmes des yeux. C’est pour moi un des plus grands vins moelleux de France (existe en bouteilles de 50 cl, 16,50 €, qui incite à dégoupiller plus facilement lors d’un five o’clock en tête-à-tête, un apéro ou une tarte aux fruits jaunes).
En voir plus ici : https://gretagarbure.com/2013/01/14/jeux-de-quilles/

Rotier © Greta Garbure

Patrick de Mari

Dégustations

 Vins de pauvres, pauvres vins ?

Les compte-rendus de dégustations sont souvent l’occasion d’étaler complaisamment, sous les yeux du vulgum, le bonheur presque indicible d’avoir été privilégié, choisi, élu, désigné par le doigt de Dieu, dans le seul but de faire baver d’envie le modeste lecteur, buveur de peu.
Eh oui ! Dans un lieu dédié à ces messes païennes, le conclave des compétents (en un seul mot, s’il vous plaît !) officie à l’écart des trépidations d’un monde structurellement décadent, à l’abri de la contagion des mal-comprenants et des profanes. Ainsi nous autres, initiés de longue date, pouvons à loisir et en total confort tresser des couronnes à des vins d’exception, manier le dithyrambe à l’égard de vins exceptionnels par leurs qualités et leurs prix. Ils nous arrivent même de croire aux effets d’une sorte de contagion qui nous permettrait de bénéficier d’un peu de leur beauté ! Les retours sur terre sont parfois brutaux, la réalité peut sembler cruelle à ceux qui se voyaient à l’égal des châteaux, médocains ou autres, qui les hébergeaient juste le temps de faire leur travail harassant. Il est vrai qu’à choisir parmi les mille et une bouteilles qu’on nous propose de goûter, autant se faire plaisir !

Mais à force de boire plus haut que son cru, on s’éloigne sans cesse un peu plus des habitudes de consommation de la moyenne des Français, de ceux qui ne sont pas CSP+++ et qui achètent leurs vins courants dans les surfaces hyper grandes des radieuses cités de nos périphéries enchanteresses.
Alors, fort de ce constat, j’ai courageusement pris mon bâton de pèlerin de Compostelle, mon sac à dos et mes chaussures de montagne afin d’aller dévaliser le rayon liquides du magasin Casino Shopping de ma chère ville de Bayonne, à un bon 150 mètres de mon domicile, autant dire de son centre historique.

Il m’a fallu une bonne quinzaine de repas pour effectuer un « pairing » inattaquable (nouveau nom autrement plus chic de « l’accord mets-vins »).
Résultat des courses :
Parmi le Vieux Papes (2,15 €), le bordelais Yvecourt (4,25 €), le tempranillo du Castillo San-Carlos (3,39 €), l’Éclat du Rhône (3,73 €), le vin du Gard (2,24 €) et son encore plus modeste voisin de l’Aude (2,05 €), les célèbres Ormes de Cambras (3,88 €), j’aurais sans doute mieux fait de servir un ragoût de ragondin aux cerises ou une poêlée de champignons rouges à pois blancs… Certains auraient mérité directement une décoction d’ipéca aux vertus vomitives salvatrices !


L’ambition de certains autres a pu me sembler sensiblement démesurée telle celle revendiquée par « Bons cépages Belles vignes » ou bien encore le sobre « Jean Duvignoble » (2,32 €), tous trois issus de la Communauté Européenne. La seule précision figrant sur l’étiquette indique que c’est du ROUGE (les daltoniens lui disent merci !). En termes de prix, la lanterne de la même couleur est détenue par l’espiègle et sympathique « P’tit Caboulot » (11° pour 1,85 €) qui a le mérite essentiel d’annoncer son usage exclusivement préconisé lors de samedis soirs dansants : il peut se boire et se transpirer durant la même java !

Il est difficile de parler de véritables pépites parmi les vins restants. Mais le Vieux Papes Merlot-Syrah (3,17 €) et le Merlot du Pays d’Oc signé par le « Club des Sommeliers » de l’enseigne sus-nommée (2,90 €) présentent quelques qualités gustatives qui leur permettent de figurer sur les tables lors de repas honnêtes.

                                                           

En tête de cette dégustation que je qualifierais volontiers de méritoire et finalement instructive aussi, je place le très honorable cabernet-sauvignon de Roche-Mazet (2,94 €) appartenant au tentaculaire groupe Castel. Son succès est justifié par une matière équilibrée, des tanins souples, un fruité plaisant, le tout évidemment sans excès. Non seulement, il peut comme tous les autres très avantageusement remplacer l’eau du robinet ou la bière tiède mais de plus, il ne fera pas honte aux amphitryons impécunieux. Pour être dans la moyenne de prix des achats de nos contemporains, eh bien je lui trouve beaucoup d’intérêt.

Alors, à ceux qui en feront leur ordinaire et aux autres qui lui réserveront les beaux dimanches, il restera à monter la marche suivante, celle qui leur permettra d’accéder à de nouveaux univers, à de nouveaux plaisirs.
Les vignerons et les cavistes ouvriront portes et cœurs à leur curiosité et les inviteront à goûter, à tester, en d’autres mots : à faire attention à ce qu’ils avaleront. Ils dégusteront ainsi des différences, des arômes inconnus, des saveurs insoupçonnées. Peut-être même que leur apprentissage de ces petits bonheurs les rendra meilleurs…

Et ce sera un grand pas pour l’humanité !

Patrick de Mari

Traditions, us et coutumes

À Pâques, on ne mange pas
que des œufs en chocolat !

Omelette baveuse en fin de cuisson © Greta Garbure

Tradition toujours pérenne dans certaines régions, elle est en tout cas fort sympathique d’autant que, bonne fille, l’omelette peut se fourrer avec nombre d’ingrédients gourmands : lardons bien sûr, mais aussi herbes printanières, asperges sauvages ou vertes, escargots, boudin, etc. etc.

Mais savez-vous le pourquoi cette tradition et pourquoi justement à Pâques ?

Non ? Pas encore ?

Alors, si vous êtes curieux, c’est ici :
https://gretagarbure.com/2014/04/18/traditions-us-et-coutumes-13/

BOn week-end de Pâques !

Blandine Vié