Catégorie: Restos

Bonne table ou… évi-table ?

La brasserie de l’Isle Saint-Louis

brasserie traditionnelle

Paris 4e

Avant d’y arriver, c’est déjà une magnifique promenade dans le cœur du vieux Paris. Jugez plutôt avec cette vue quand on vient du Pont Marie :

Depuis le Pont Marie © Greta Garbure

Une fois la porte poussée, on entre dans une salle de bistrot avec son beau comptoir et l’on se sent tout de suite en Alsace d’autant qu’une cigogne nichée derrière le bar nous fait de l’œil.

Derrière le comptoir © Greta Garbure

Un petit verre et quelques bretzels plus tard, ma complice étant arrivée, nous passons à table dans la grande salle.

La salle © Greta Garbure

Après étude minutieuse de la carte — nous hésitons entre plusieurs plats comme le « coq au riesling maison » (22 €), le « filet de haddock à la choucroute » (27 €), l’ « entrecôte bordelaise à la moelle, pommes faites maison » (26 €) ou encore la « raie au beurre noisette » (27 €), la « marmite de tripes au riesling » (21 €) ou même un « cassoulet maison » (22 €) — nous optons finalement pour une « choucroute spéciale pour deux avec jarret » (55 €).

Mais pour patienter, nous choisissons respectivement « la vraie rosette de Lyon » (7 €) et une « terrine de jambon de Bourgogne persillé » (9 €) en guise d’entrées. Rien de tel qu’un peu de charcuterie pour mettre en appétit ! les produits sont forts bons même si ce n’est pas vraiment là-dessus qu’on peut juger la cuisine du chef. Le « filet de hareng pommes à l’huile » (10€) ou la « tarte à l’oignon maison avec lardons » (12,50 €) auraient tout aussi bien pu nous séduire mais avant une choucroute…

Rien à dire sur ces cochonnailles qui sont des produits de qualité parfaits pour se préparer à des nourritures plus substantielles.

La vraie rosette de Lyon © Greta Garbure

Le jambon de Bourgogne persillé © Greta Garbure

Mais voilà justement que la choucroute arrive en majesté sur son réchaud, bien garnie et appétissante en diable. Nous apprécions beaucoup les charcuteries de très noble qualité et le jarret est merveilleusement cuit. En revanche, nous trouvons la choucroute un peu fade et c’est dommage car ce n’est pas facile à saler dans l’assiette. Détail qui compte : en plus de moutarde, ce plat est accompagné de raifort (excellent), ce qui lui va très bien. 

La choucroute © Greta Garbure

La choucroute dans l’assiette © Greta Garbure

Nous n’avons plus assez de place pour un munster fermier d’Alsace au cumin (7,50 €) avant le dessert qui sera le même pour nous deux à une nuance près : « tarte Tatin chaude crème fraîche » (9,50 €) pour moi mais accompagnée d’une boule vanille Berthillon (12,50 €), tout proche et célèbre glacier pour ma commensale.

Tarte Tatin avec crème fraîche © Greta Garbure

Tarte Tain avec glace vanille © Greta Garbure

Bon, la tarte Tatin est un dessert qui ne m’a jamais « bouleversifiée » outre mesure mais il n’y avait pas de  baba (mon obsession dans les brasseries !) alors… Elle est d’ailleurs honorable et nous contente.

Ma partenaire étant totalement addict au gewurztraminer, c’est ce vin que nous avons choisi sur ce repas  : gewurztraminer 2014 de la cave Dopff & Irion, cuvée René Dopff (28 €), servi dans ces beaux verres alsaciens à pied vert et gouleyant à souhait. Il est à noter que la carte des vins est composée principalement de vins de négoce mais plutôt bien choisis.

Gewurztraminer © Greta Garbure

Allez, nous n’allons pas nous quitter comme ça, terminons par un marc de gewurztraminer (12 €) dont les vertus digestives sont un alibi sans appel.

Marc de gewurztraminer © Greta Garbure

Il s’agit d’une maison tenue par la même famille depuis 1953 dont le leitmotiv a toujours été et demeure la qualité des produits. Aucun doute là-dessus. Il est appréciable aussi que la brasserie soit restée dans son jus (cadre et cuisine) et que le chef ne soit pas tenté par des audaces qui lui feraient perdre son âme. En semaine le plat du jour varie entre blanquette de veau, coquelet des Landes rôti façon grand-mère, parmentier de joue de bœuf, petit salé aux lentilles du Puy, etc.
C’est donc avec plaisir que nous reviendrons, mais de préférence un dimanche pour goûter l’institution dominicale : la poule au pot !

Invitation d’une attachée de presse

Blandine Vié

La Brasserie de l’Isle Saint-Louis
55, quai de Bourbon
75004 Paris
Tél: 01 43 5402 59
Ouvert de 12 h à 22 h 30
Sans réservation
Fermeture le mercredi
M° Pont Marie

Bonne table ou… évi-table ?

Sébillon

Restaurant traditionnel
Maison fondée en 1914, spécialiste du gigot d’agneau

Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)

La devanture © Greta Garbure

La devanture © Greta Garbure

C’est le restaurant mythique — une institution ! — où il faut aller au moins une fois dans sa vie si l’on veut déguster un beau gigot présenté à la voiture et tranché devant vous par un écuyer trancheur (ou tranchant), comme ça se faisait autrefois dans les bonnes maisons, dans les brasseries de luxe, mais ce qui est devenu aujourd’hui presque obsolète. Hélas !

Sébillon, nous y étions déjà allés et nous avions aimé. Et nous avions très envie d’y retourner. Pour le gigot mais aussi pour le spectacle de la découpe que le hiératique Jean-Luc Robveille (également directeur de salle) pratique avec un art consommé et une prestance quasi cinématographique. Il faut dire qu’il a trente ans de métier derrière lui dans le groupe Gérard Joulie dont dix chez Sébillon.

Jean-Luc Robveille directeur de salle, écuyer-trancheur © Greta Garbure

Jean-Luc Robveille directeur de salle, écuyer-trancheur © Greta Garbure

Mais il est temps de nous sustenter. Nous zappons l’apéritif au profit d’une assiette d’ « os à moelle au gros sel de Guérande, pain de campagne grillé » (12,50 €) que nous nous partageons. En fait, gentille attention, il y en a normalement trois par assiette et là, nous en avons deux chacun. Inutile de dire que nous nous régalons.

Os à moelle © Greta Garbure

Os à moelle © Greta Garbure

En entrée, nous avons également décidé de nous partager une  » Belle sole meunière » (40 €), autre plat emblématique de la maison. Elle nous est présentée entière puis rapidement préparée par le serveur. Accompagnée d’une petite purée peut-être un peu dense, elle est charnue et cuite comme il se doit, ni trop ni trop peu.

La sole meunière © Greta Garbure

La sole meunière © Greta Garbure

La sole préparée © Greta Garbure

La sole préparée © Greta Garbure

Purée © Greta Garbure

Purée © Greta Garbure

Pour le plat principal, nous avons décidé de prendre un seul « Notre gigot d’agneau allaiton de l’Aveyron tranché devant vous à discrétion et servi avec ses lingots » (27 €) afin de pouvoir goûter deux plats différents et je me dévoue donc pour un « Ris de veau braisé aux morilles » (32 €) qui se révèle goûteux et moelleux à souhait bien qu’en février, il s’agisse évidemment de morilles séchées. Il est escorté de tagliatelles mais je n’y touche pas car je ne peux m’empêcher de loucher sur l’assiette de Patrick et préfère me garder un petit creux. Pour quoi faire, me direz-vous ? Oui, pour quoi faire ? Mais pour le gigot, bien sûr !

Ris de veau aux morilles © Greta Garbure

Ris de veau aux morilles © Greta Garbure

Gros plan sur le ris de veau © Greta Garbure

Gros plan sur le ris de veau © Greta Garbure

Tagliatelles © Greta Garbure

Tagliatelles © Greta Garbure

Ah ! ce gigot ! L’ « allaiton de l’Aveyron » est un agneau de lait sous la mère en provenance directe des établissements Greffeuille, un éleveur que je connais par le biais de l’Académie de la Viande. C’est qu’il s’en débite ici 30 à 40 gigots par jour, jusqu’à 70 certaines fin de semaine !
Pour sa première assiette, Patrick choisit des entames, donc plutôt du très cuit que notre écuyer tranchant s’empresse de découper selon son vœu : entames et souris, un peu plus confite.

L'écuye trancheur et son assistant © Greta Garbure

L’écuye trancheur et son assistant © Greta Garbure

Le gigot bien cuit à l'assiette © Greta Garbure

Le gigot bien cuit à l’assiette © Greta Garbure

À la repasse — puisque c’est permis ! — je ne résiste pas à la tentation (proposée) d’accompagner Patrick et nous optons cette fois pour du bien rosé histoire de varier les plaisirs. Et c’est délicieux ! Fondants, les lingots sont quant à eux véritablement l’accompagnement idéal du gigot. Nous voilà transportés à une époque où ces beaux plats du dimanche faisaient plus souvent leur apparition sur les tables familiales et ça nous rend un peu nostalgiques… mais repus.

Le gigot rosé à l'assiette © Greta Garbure

Le gigot rosé à l’assiette © Greta Garbure

Toutefois, impossible de terminer ce repas sans un dessert. Si je peux généralement m’en passer, jamais quand il y a un baba à la carte ! Le « Baba moelleux et gourmand arrosé de rhum ambré Saint-James » (11 €) s’impose donc tout naturellement pour moi. J’apprécie qu’il ne soit pas servi comme trop souvent avec de la crème Chantilly, ce qui à mon avis le dénature. En revanche, il est généreusement imbibé de rhum, pas d’un sirop à base de… 

Le baba ouvert © Greta Garbure

Le baba ouvert © Greta Garbure

Pour clore ce repas, Patrick a plutôt jeté son dévolu sur les « Crêpes Suzette flambées au Grand Marnier » (12 €) bien que la semaine précédente,  je lui ai déjà fait goûter mes crêpes maison, Chandeleur oblige.

Crêpes Suzette © Greta Garbure

Crêpes Suzette © Greta Garbure

Tout ayant une fin — mais sans plus de faim ! — notre repas se termine par un petit café. Nous sommes heureux. Mais il reste à Patrick le soin de vous parler des vins qui ont accompagné notre repas.

Le vin blanc servi au verre et conseillé ce jour-là était le mercurey 2014 du château de Chamirey appartenant à la jolie famille Devillard (11 € le verre mais attention : de 18 cl quand même !). Il est typé chardonnay comme on aime, sans aucune lourdeur, à peine citronné, souple en bouche avec une salinité qui en fait un bon compagnon des fruits de mer et des beaux poissons nobles.

Mercurey château de Chamirey 2014 © Greta Garbure

Mercurey château de Chamirey 2014 © Greta Garbure

Sur nos viandes, l’accord s’est réalisé avec un charmant côtes-du-Rhône villages rouge : le château La Borie 2014, originaire de Suze-la-Rousse (7,50 € le verre de 18 cl). Il est fait pour être bu rapidement et ça tombe bien : on a soif ! Frais, fruité, presque guilleret, sa dominante grenache présente des tanins discrets qui vont bien sur le grain particulièrement fin de l’agneau et du ris de veau. Quand les textures se respectent et se complètent, tout va bien !

Côtes du Rhône Villages château La Borie 2014 © Greta Garbure

Côtes du Rhône Villages château La Borie 2014 © Greta Garbure

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine & Patrick

Sébillon
20, avenue Charles de Gaulle
92200 Neuilly-sur-Seine
Tél : 01 46 24 71 31
Réservation indispensable.
Ouvert 7/7 jours.
Service de 12 h à 15 h et de 19 h à minuit.
Voiturier
M° Porte Maillot
Site : http://www.sebillon.com

Bonne table… ou évi-table !

La fourchette du printemps *

Resto-bistrot gastronomique
Paris 17e

Ça ressemble à un restaurant de quartier : vous poussez la porte et vous vous retrouvez dans une petite salle néo-chic dans des tons de gris (mais pas 50 nuances) et l’on devine tout de suite que c’est un vieux bistrot qui a été transformé en gardant le comptoir, ce que confirme l’arrière-salle un peu en longueur qui devait être l’arrière-boutique.
Ce que l’on ne soupçonne pas en revanche, c’est qu’on vient de pénétrer dans un restaurant étoilé (1*) injustement méconnu car la table y est formidable, avec de vraies valeurs de terroir (le chef Nicolas Mouton, formé au Bristol et au Crillon est du Nord et plus précisément de Dunkerque) habilement mises au goût du jour mais sans chichis ni toutes ces fioritures copiées-collées qu’on voit partout tant certains chefs ont l’instinct grégaire en guise de créativité. Donc ici, vous l’aurez compris, pas de petites fleurs semées sur les assiettes comme sur une pelouse japonaise, pas de rondelles de betteraves chioggia rouge et jaune pour faire tendance (vous l’aurez sans doute remarqué, la betterave n’est plus un légume de saison comme quand j’étais petite), pas de burgers déstructurés à la « mords-moi le nœud », ni de tiramisù « revisité » à la pâte de noisettes à l’huile de palme (non je ne citerai pas le nom) ou aux fraises « tsoin-tsoin » (là, non plus). Ici, c’est la vérité du produit et le goût qui comptent.

La salle avec le comptoir © Greta Garbure

La salle avec le comptoir © Greta Garbure

Autre vue de la salle © Greta Garbure

Autre vue de la salle © Greta Garbure

J’y suis allée en décembre, un peu avant les fêtes. Ma commensale était une jeune femme et malgré la différence de générations, nos avis ont convergé. Mieux, elle m’a même dit que c’était le genre d’endroit où elle aimerait venir pour une occasion spéciale car pour un étoilé les prix étaient abordables pour de jeunes trentenaires… enfin, une fois de temps à autre (voir les prix en bas de l’article). Mais là, j’anticipe !

Allez, il est temps de passer à table :  

Menu de décembre de La fourchette du printemps

Menu de décembre de La fourchette du printemps

L’amuse-bouche est une « Mousseline de foie gras et châtaignes au piment d’Espelette avec des éclats de châtaignes, des amandes et des cacahuètes grillées ». C’est délicieux et je ne sais pas pourquoi, on se verrait bien déguster ça devant un bon feu de cheminée.

Amuse-bouche © Greta Garbure

Amuse-bouche © Greta Garbure

Pour les entrées, ce sera une « Soupe à l’oignon, foie gras poêlé compotée d’oignons, Beaufort, croûtons croque-monsieur au Beaufort » pour mon accompagnatrice et des « Langoustines « en carpaccio », tartare de daurade et d’huître, croûtons de crevettes grises  » pour moi. La soupe à l’oignon est d’enfer et le mini croque-monsieur au Beaufort une idée épatante !

Soupe à l'oignon © Greta Garbure

Soupe à l’oignon © Greta Garbure

Quant à mon plat, il est tout ce que j’aime dans la manière de sublimer des produits de terroir, ici des produits de la mer (Dunkerque est un port) en respectant leur identité mais en leur injectant une authenticité contemporaine. Ces petits croûtons de crevettes grises sont un clin d’œil gourmand et facétieux à la proche Belgique — ah les croquettes de crevettes grises de « Brussels » ! — mais on les déguste aussi tout le long de la mer du Nord, sur la côte d’Opale.

Langoustines en "carpaccio", tartare de daurade et d'huîtres, croûtons de crevettes grises © Greta Garbure

Langoustines en « carpaccio », tartare de daurade et d’huîtres, croûtons de crevettes grises © Greta Garbure

Pour le plat, tandis que ma comparse jette tout de suite son dévolu sur le « Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette », moi j’hésite gravement. D’instinct, j’irais vers le « lièvre à la royale » mais j’ai envie de poursuivre ma plongée dans ce pays nordique souvent mal aimé — vous avouerais-je que ma Maman était ch’ti, originaire de Flandre romane ? — pour finalement céder à la tentation du « Potchevlech » ce « pot de viandes mélangées (ici poulet, lapin, poitrine fumée et foie gras) qui peut se manger chaud mais bien plus souvent froid, en gelée, à la cuillère, et qui est ici traité en terrine avec un accompagnement de « cœur de romaine, vinaigrette César et pommes Pont-Neuf » ! C’est somptueux, le foie gras y trouve bien sa place et n’est pas du tout incongru, il donne de la noblesse au plat sans chiqué.

Potchevlech © Greta Garbure

Potchevlech © Greta Garbure

Et les frites Pont-Neuf sont magnifiques quoique… un peu grosses pour cette appellation. Mais elles ont bien la « coupe au carré » réglementaire et sont moelleuses à souhait. Sûrement meilleures que si elles ne mesuraient que le centimètre de section normatif des écoles hôtelières. À propos, savez-vous pourquoi Pont-Neuf ? Eh bien, c’est parce qu’au XVIIIe siècle, on en vendait sur ce pont de Paris où étaient installés des boutiquiers, notamment des « friteurs ». De quoi perdre le Nord, non ?

Pommes Pont-Neuf © Greta Garbure

Pommes Pont-Neuf © Greta Garbure

Toujours est-il que je suis contente de l’expérience même si deux plats froids me laissent tout de même envieuse du lièvre ! C’est que par les temps qui courent, il fait froid ! Mais c’est tant mieux, comme ça je reviendrai.  
Ma partenaire se régale elle aussi et juge l’accord des saveurs d’une belle sensualité.

Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette © Greta Garbure

Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette © Greta Garbure

Nous voici donc arrivées aux desserts. J’emploie le pluriel car il y a un pré-dessert, en l’occurrence une « Tarte aux pommes crème d’amandes, bille de pomme » tout à fait réjouissante mais dont je ne vous montrerai hélas pas la photo car elle refuse la mise en ligne avec détermination.

Puis ce fut un dessert tout en légèreté pour ma complice : « pamplemousse frais, sorbet de pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache » et un « Mont-Blanc, meringue, crème de marrons et glace vanille » plus calorique pour moi, les deux parfaits.

Le pamplemousse frais, sorbet pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache © Greta Garbure

Le pamplemousse frais, sorbet pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache © Greta Garbure

Le Mont Blanc "Meringue, crèmede marrons et glace vanille"©Greta Garbure

Le Mont Blanc « Meringue, crèmede marrons et glace vanille »© Greta Garbure

Parlons encore des vins. La carte n’est pas très longue mais propose quelques vins au verre où, après une coupe de champagne R&L Legras grand cru blanc de blancs (12 €), excellente maison qui ne m’a jamais déçue, nous avons pioché un Saint-Chinian blanc Mas Champart 2014 (domaine que j’adore) pour escorter les saveurs marines (8 €), un coteaux du Layon chenin moelleux 2010 « Les 4 villages » du domaine FL pour accompagner la soupe et le suprême de volaille et enfin un Beaume de Venise « Monsieur le Comte » 2011 du Château Redortier (13 €) sur le potchevlech.

Cet étoilé (1* depuis 2011) dont la salle ne fait que 18 couverts, doublée il est vrai d’une seconde salle-couloir de 14 couverts est donc à noter impérativement dans son carnet d’adresses, raison pour laquelle Greta Garbure lui décerne sans barguigner un rond de serviette !

Rond de serviette GG petit

Ajoutons qu’en salle, Fabien est aux petits soins et que, comme déjà dit plus haut, les prix sont raisonnables.
Au déjeuner (d’affaires), on peut opter pour une formule à 25 ou 30 €.
Sinon, il y a « Petit Menu » (mise en bouche, entrée, plat, pré-dessert, dessert) à 55 € et surtout le soir : un menu découverte (mise en bouche, entrée, poisson, viande, pré-dessert, dessert, menu au choix du chef pour l’ensemble de la table) à 60 €, un menu dégustation (mise en bouche, 2 entrées, 2 plats, pré-dessert, 2 desserts ; idem) à 75 €, et un menu truffes (mise en bouche, 2 entrées, 2 plats, pré-dessert, 2 desserts ; idem) à 100 €.

Je le répète, il est injuste que Nicolas Mouton n’ait pas (encore) la notoriété qu’il mérite !

Invitation d’an attaché de presse

Blandine Vié

La fourchette du printemps (1*)
30, rue du Printemps (angle boulevard Péreire)
75017 Paris
M° : Wagram
Tél : 01 42 27 26 97
Fermé dimanche et lundi

Courriel : lafourchetteduprintemps@gmail.com
Site : lafourchetteduprintemps.com

Bonne table ou… évi-table !

Anicia

bistrot nature
par François Gagnaire

Paris 6e

Intérieur restaurant Anicia © Géraldine Martens

Intérieur restaurant Anicia © Géraldine Martens

Dissipons tout de suite un éventuel malentendu : il n’y a aucun lien de parenté entre François Gagnaire et son homonyme Pierre, quand bien même ils sont tous deux originaires de la région Auvergne-RhôneAlpes, Haute-Loire et Puy-de-Dôme pour François et Loire pour Pierre.

J’ai connu ce lieu il y a bien longtemps quand il s’appelait « Le Rond de Serviette ». Il a changé plusieurs fois de mains et depuis six mois, François Gagnaire y a pris ses marques, préférant laisser son restaurant étoilé (1*) du Puy-en-Velay pour s’installer à Paris et faire ce qu’il a envie de faire : une cuisine nature qui mette majoritairement en exergue les beaux produits de son terroir. Le décor fait d’ailleurs la part belle aux livres sur la région et en face du comptoir, il y a un petit corner épicerie où l’on peut acheter des lentilles, de la verveine, etc.

Le corner épicerie © Greta Garbure

Le corner épicerie © Greta Garbure

Mais plongeons-nous dans la carte en grignotant quelques tranches de radis mis en scène de manière ludique sur un étendoir à linge miniature. Plus compliqué que rigolo à mon goût.

Étendoir à radis © Greta Garbure

Étendoir à radis © Greta Garbure

Carte Anicia

Pour moi, ce sera sans hésitation le « gaspacho de lentilles vertes du Puy, coquillages et condiments » parsemé de truffe d’été bien que l’appellation « gaspacho » soit totalement impropre car elle correspond à une recette spécifique et n’est aucunement synonyme de soupe froide. Ah, ces emprunts fantaisistes qui entraînent une confusion généralisée ! Mais je ne me plains pas, cette « soupe » est absolument délicieuse et, pour insolite qu’elle soit, l’alliance lentilles-coquillages (des coques) est tout simplement remarquable. La truffe en est presque superfétatoire.

Gaspacho de lentilles vertes du Puy et coquillages © Greta Garbure

Gaspacho de lentilles vertes du Puy et coquillages © Greta Garbure

Mon convive a choisi quant à lui le « caviar d’aubergine « brûlé », truite de Vourzac, grenaille de Noirmoutier et kasha russe » qui le déçoit un peu. En fait, il a longuement hésité entre deux plats et regrette de ne pas avoir pris la « tarte fine feuilletée tomate et gaperon ». Néanmoins, l’assiette fonctionne bien et le gruau de sarrasin (kasha) apporte une petite note impertinente qui se marie bien avec le fumé de la truite et le brûlé de l’aubergine.

Caviar d'aubergine, truite fumée, grenaille, kasha © Greta Garbure

Caviar d’aubergine, truite fumée, grenaille, kasha © Greta Garbure

À l’apéritif et sur ces entrées, nous avons bu un chardonnay Grande Courtade 2015, ma foi très plaisant.

Chardonnay Grande Courtade 2015 © Greta Garbure

Chardonnay Grande Courtade 2015 © Greta Garbure

Pour le plat de résistance, nous hésitons entre « l’agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits confits farcis gratinés à la fourme de ValcivièreS » (il manque un S final sur la carte !) et le veau « pièce de Vedelou cuit lentement en sautoir, macaronis et haricots beurre, pâte d’échalote ». L’agneau est un agneau noir du Velay et le veau de Vedelou un veau de lait auvergnat Label rouge.
Allez, ce sera un de chaque dont l’agneau pour moi. Les deux plats sont goûteux à souhait avec des viandes cuites juste comme il faut. Mon agneau et mes petits farcis sont un pur bonheur. Plus classique, la garniture du veau lui va cependant très bien. Je ne regrette pas mon choix et me régale !

Agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits farcis gratinés à la fourme © Greta Garbure

Agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits farcis gratinés à la fourme © Greta Garbure

Veau en sautoir, macaroni et haricot beurre © Greta Garbure

Veau en sautoir, macaroni et haricot beurre © Greta Garbure

Une petite pause fromage est bienvenue avant le dessert et pour ma part, je ne résiste jamais à un saint-nectaire fermier car c’est sans doute mon fromage préféré. Mon acolyte préfère goûter la « tomme aux artisous de la ferme Brancouny ».  La tomme est un fromage auvergnat fermier au lait cru de vache dont la croûte est « sculptée » par l’artisou qui n’est autre qu’un acarien. C’est lui qui le façonne et lui donne ce goût particulier, artisou étant le nom auvergnat du ciron que l’on retrouve sur la mimolette. Fouchtra ! Dommage, il fait très chaud et ce fromage en a un peu pâti. En revanche, mon saint-nectaire est au top.

Assortiment de fromages © Greta Garbure

Tomme aux artisous © Greta Garbure

Saint-Nectaire fermier © Greta Garbure

Saint-Nectaire fermier © Greta Garbure

Sur les viandes, nous avons bu un « VIP » (Very Impressionnant Pinot) 2012 produit en Auvergne. Un vin nature léger et fruité que, une fois n’est pas coutume, nous avons gardé jusqu’à la fin du repas.

Very impressionnant pinot © Greta Garbure

Very impressionnant pinot © Greta Garbure

Au dessert, mon accompagnateur a envie de fraîcheur et opte pour une sobre assiette de fruits rouges accompagnée d’une quenelle de sorbet myrtilles et de « thé de carcadé » (hibiscus).

Fraise et compagnie ©  Greta Garbure

Fraise et compagnie © Greta Garbure

Moi, je préfère un dessert de grand-mère comme je les aime : une « poêlée de cerises et sa brioche perdue, crème glacée au lait d’amande » qui, de fait, me fait retomber en enfance.

Poêlée de cerises, brioche perdue © Greta Garbure

Poêlée de cerises, brioche perdue © Greta Garbure

Mais pris de remords, mon acolyte regrette de ne pas avoir goûté la spécialité emblématique de la carte des desserts : les « meules de gaufrettes au foin de Mézenc, paille de kadaïf, caramel fleur de sel » et nous convenons de nous en partager une. Ce dessert esthétiquement très réussi est créatif mais je le goûte du bout des lèvres car je préfère rester sur ma brioche perdue. 

Meules de gaufrettes © Greta Garbure

Meules de gaufrettes © Greta Garbure

Les mignardises s’annoncent. Prendrons-nous un café ?

Mignardises © Greta Garbure

Mignardises © Greta Garbure

Et bien non, nous préférons clore ce repas par une tisane de foin du Mézenc préparée avec l’herbe riche en flore rare (30 espèces environ) et séchée du plateau du Mézenc, celle-là même qui nourrit le bœuf fin gras du Mézenc qui est une viande saisonnière (printanière) exceptionnelle bénéficiant d’une AOC-AOP. Et c’est effectivement une ponctuation finale aussi séduisante que digestive !

Tisane de foin du Mézenc © Greta Garbure

Tisane de foin du Mézenc © Greta Garbure

Avant de nous retirer, nous bavardons un moment avec François Gagnaire qui nous explique un peu sa démarche. Il se sentait prisonnier dans le cadre rigide d’un long partenariat et a eu envie d’être plus libre dans ce bistrot, « son » bistrot « nature »… même s’il n’est pas à l’abri d’une étoile à Paris !
Mais une question me démange :  » Chef, pourquoi le nom d’Anicia ? »
Pour trois raisons me répond-il :
– C’est le nom de l’ancienne ville romaine du Puy ;
– C’est également le nom de la variété communément appelée « lentille verte du Puy » ;
– Enfin, c’est un nom à connotation féminine, comme un prénom, et je trouvais ça à la fois doux et emblématique des produits que je défends. »

C’est en tout cas une adresse à suivre où des produits de terroir d’excellente qualité sont travaillés avec beaucoup de créativité, de sensibilité et de sincérité. C’est certain, nous reviendrons !

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Anicia par François Gagnaire
97, rue du Cherche-Midi
75006 Paris
Tél : 01 43 35 41 50
M°  Duroc ou Vaneau
Site : http://www.aniciabistrot.com

Bonne table ou… évi-table !

Les Terrasses de l’Hôtel La Réserve

Restaurant d’été
Paris 8e

Il y a des jours où, quand le destin s’en mêle, il n’y a rien à faire. Ainsi, rendez-vous était pris pour déjeuner au restaurant « Les Terrasses » en ce mois de juin qui semble avoir oublié qu’en principe en juin, c’est l’été. À tout le moins le printemps. Mais ce jour-là, ce fut le déluge ! Spécialement à l’heure du déjeuner. Impossible donc de s’installer dehors, aussi avons-nous été redirigées vers le Grand Salon, ma commensale et moi.

Le cadre est évidemment somptueux, très Grand Siècle, tout en marbres, grands miroirs, colonnes et dorures. Les fauteuils de velours grenat sont profonds, la salle très lumineuse malgré les cinquante nuances de gris externes et l’on se croirait dans quelque palais princier.

Nous zappons l’apéritif mais prenons notre temps pour lire la carte.

Carte

Carte des vins au verre

La même entrée nous séduit : une « Salade de haricots verts, tourteau, sauce goma sésame » (38 €) que nous accompagnons d’un verre de Puligny-Montrachet 2013 de chez François Carillon (26 €).
La salade est rafraîchissante à souhait, composée de tronçons de romaine (dont personnellement j’aurais coupé le bout des côtes un peu piqueté), de haricots verts cuits comme il faut et de tourteau décortiqué sans que le moindre petit bout de cartilage ne soit oublié. La sauce est discrète. J’eusse aimé une belle pince sur le dessus (je dis ça pour rire car j’adore le crabe). Nous apprécions car l’ensemble est harmonieux.

Salade de tourteau aux haricots verts © Greta Garbure

Salade de tourteau aux haricots verts © Greta Garbure

Pour le plat, ma partenaire choisit une « Marinière de poisson aux épinards, coquillages » (42 €) tandis que j’opte pour une « Côte de veau de lait, purée » (65 €), cuisson rosée. La marinière assure et la côte de veau avec son petit jus est délicieuse bien qu’un peu moins rosée que prévu. Mais jolie viande bien travaillée. La purée est absolument exquise. Voilà un plat réconfortant comme je les aime !

Marinière de poissons aux épinards, coquillages © Greta Garbure

Marinière de poissons aux épinards, coquillages © Greta Garbure

Côte de veau de lait, purée de pommes de terres © Greta Garbure

Côte de veau de lait, purée de pommes de terres © Greta Garbure

La côte de veau de lait et son jus © Greta Garbure

La côte de veau de lait et son jus © Greta Garbure

 

La purée © Greta Garbure

La purée © Greta Garbure

Bon, l’heure du dessert arrive, aussi consultons-nous la carte.

Carte des desserts

Mon amie s’abstient mais je tiens à goûter le dessert du jour : un « Millefeuille fruits rouges et son sorbet » (22 €) qui se révèle un véritable délice malgré une structure qui n’a rien d’un mille-feuilles et une pâte feuilletée cuite ambrée, un nouveau code de pâtisserie. Bon, je ne boude pas mon plaisir, les fruits rouges sont épatants.

Millefeuille fruits rouges et son sorbet © Greta Garbure

Millefeuille fruits rouges et son sorbet © Greta Garbure

Gros plan sur les fruits rouges © Greta Garbure

Gros plan sur les fruits rouges © Greta Garbure

Pour le glou-glou, nous avons gardé le même vin sur tout le repas, même sur la côte de veau qui s’en accommodait très bien.

Puligny-Montrachet 2013 © Greta Garbure

Puligny-Montrachet 2013 © Greta Garbure

Certes, le changement de programme indépendant de notre volonté nous a fait évidemment regretter de ne pas avoir déjeuné sous les frondaisons de l’avenue Gabriel.

Ne nous leurrons pas non plus : nous sommes ici dans le « Triangle d’Or » de Paris et les prix sont à la mesure. Ils peuvent paraître excessifs mais il y a une clientèle pour ça. Une clientèle qui a l’aisance financière et qui ne tient pas à se mélanger. Mieux, qui tient à se protéger en ne fréquentant que des lieux où l’on est entre gens du même monde.

Comme toujours quand on va au restaurant, le tout est de savoir où l’on va, pourquoi et avec qui.

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Les Terrasses
La Réserve Paris Hôtel and Spa
42, avenue Gabriel
75008 Paris
M° : Franklin-Roosevelt
Tous les jours de 11 h à minuit.
Réservation : 01 58 36 60 50
Site : http://www.lareserve-paris.com