Catégorie: Restos

Bonne table ou… évi-table !

Anicia

bistrot nature
par François Gagnaire

Paris 6e

Intérieur restaurant Anicia © Géraldine Martens

Intérieur restaurant Anicia © Géraldine Martens

Dissipons tout de suite un éventuel malentendu : il n’y a aucun lien de parenté entre François Gagnaire et son homonyme Pierre, quand bien même ils sont tous deux originaires de la région Auvergne-RhôneAlpes, Haute-Loire et Puy-de-Dôme pour François et Loire pour Pierre.

J’ai connu ce lieu il y a bien longtemps quand il s’appelait « Le Rond de Serviette ». Il a changé plusieurs fois de mains et depuis six mois, François Gagnaire y a pris ses marques, préférant laisser son restaurant étoilé (1*) du Puy-en-Velais pour s’installer à Paris et faire ce qu’il a envie de faire : une cuisine nature qui mette majoritairement en exergue les beaux produits de son terroir. Le décor fait d’ailleurs la part belle aux livres sur la région et en face du comptoir, il y a un petit corner épicerie où l’on peut acheter des lentilles, de la verveine, etc.

Le corner épicerie © Greta Garbure

Le corner épicerie © Greta Garbure

Mais plongeons-nous dans la carte en grignotant quelques tranches de radis mis en scène de manière ludique sur un étendoir à linge miniature. Plus compliqué que rigolo à mon goût.

Étendoir à radis © Greta Garbure

Étendoir à radis © Greta Garbure

Carte Anicia

Pour moi, ce sera sans hésitation le « gaspacho de lentilles vertes du Puy, coquillages et condiments » parsemé de truffe d’été bien que l’appellation « gaspacho » soit totalement impropre car elle correspond à une recette spécifique et n’est aucunement synonyme de soupe froide. Ah, ces emprunts fantaisistes qui entraînent une confusion généralisée ! Mais je ne me plains pas, cette « soupe » est absolument délicieuse et, pour insolite qu’elle soit, l’alliance lentilles-coquillages (des coques) est tout simplement remarquable. La truffe en est presque superfétatoire.

Gaspacho de lentilles vertes du Puy et coquillages © Greta Garbure

Gaspacho de lentilles vertes du Puy et coquillages © Greta Garbure

Mon convive a choisi quant à lui le « caviar d’aubergine « brûlé », truite de Vourzac, grenaille de Noirmoutier et kasha russe » qui le déçoit un peu. En fait, il a longuement hésité entre deux plats et regrette de ne pas avoir pris la « tarte fine feuilletée tomate et gaperon ». Néanmoins, l’assiette fonctionne bien et le gruau de sarrasin (kasha) apporte une petite note impertinente qui se marie bien avec le fumé de la truite et le brûlé de l’aubergine.

Caviar d'aubergine, truite fumée, grenaille, kasha © Greta Garbure

Caviar d’aubergine, truite fumée, grenaille, kasha © Greta Garbure

À l’apéritif et sur ces entrées, nous avons bu un chardonnay Grande Courtade 2015, ma foi très plaisant.

Chardonnay Grande Courtade 2015 © Greta Garbure

Chardonnay Grande Courtade 2015 © Greta Garbure

Pour le plat de résistance, nous hésitons entre « l’agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits confits farcis gratinés à la fourme de ValcivièreS » (il manque un S final sur la carte !) et le veau « pièce de Vedelou cuit lentement en sautoir, macaronis et haricots beurre, pâte d’échalote ». L’agneau est un agneau noir du Velay et le veau de Vedelou un veau de lait auvergnat Label rouge.
Allez, ce sera un de chaque dont l’agneau pour moi. Les deux plats sont goûteux à souhait avec des viandes cuites juste comme il faut. Mon agneau et mes petits farcis sont un pur bonheur. Plus classique, la garniture du veau lui va cependant très bien. Je ne regrette pas mon choix et me régale !

Agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits farcis gratinés à la fourme © Greta Garbure

Agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits farcis gratinés à la fourme © Greta Garbure

Veau en sautoir, macaroni et haricot beurre © Greta Garbure

Veau en sautoir, macaroni et haricot beurre © Greta Garbure

Une petite pause fromage est bienvenue avant le dessert et pour ma part, je ne résiste jamais à un saint-nectaire fermier car c’est sans doute mon fromage préféré. Mon acolyte préfère goûter la « tomme aux artisous de la ferme Brancouny ».  La tomme est un fromage auvergnat fermier au lait cru de vache dont la croûte est « sculptée » par l’artisou qui n’est autre qu’un acarien. C’est lui qui le façonne et lui donne ce goût particulier, artisou étant le nom auvergnat du ciron que l’on retrouve sur la mimolette. Fouchtra ! Dommage, il fait très chaud et ce fromage en a un peu pâti. En revanche, mon saint-nectaire est au top.

Assortiment de fromages © Greta Garbure

Tomme aux artisous © Greta Garbure

Saint-Nectaire fermier © Greta Garbure

Saint-Nectaire fermier © Greta Garbure

Sur les viandes, nous avons bu un « VIP » (Very Impressionnant Pinot) 2012 produit en Auvergne. Un vin nature léger et fruité que, une fois n’est pas coutume, nous avons gardé jusqu’à la fin du repas.

Very impressionnant pinot © Greta Garbure

Very impressionnant pinot © Greta Garbure

Au dessert, mon accompagnateur a envie de fraîcheur et opte pour une sobre assiette de fruits rouges accompagnée d’une quenelle de sorbet myrtilles et de « thé de carcadé » (hibiscus).

Fraise et compagnie ©  Greta Garbure

Fraise et compagnie © Greta Garbure

Moi, je préfère un dessert de grand-mère comme je les aime : une « poêlée de cerises et sa brioche perdue, crème glacée au lait d’amande » qui, de fait, me fait retomber en enfance.

Poêlée de cerises, brioche perdue © Greta Garbure

Poêlée de cerises, brioche perdue © Greta Garbure

Mais pris de remords, mon acolyte regrette de ne pas avoir goûté la spécialité emblématique de la carte des desserts : les « meules de gaufrettes au foin de Mézenc, paille de kadaïf, caramel fleur de sel » et nous convenons de nous en partager une. Ce dessert esthétiquement très réussi est créatif mais je le goûte du bout des lèvres car je préfère rester sur ma brioche perdue. 

Meules de gaufrettes © Greta Garbure

Meules de gaufrettes © Greta Garbure

Les mignardises s’annoncent. Prendrons-nous un café ?

Mignardises © Greta Garbure

Mignardises © Greta Garbure

Et bien non, nous préférons clore ce repas par une tisane de foin du Mézenc préparée avec l’herbe riche en flore rare (30 espèces environ) et séchée du plateau du Mézenc, celle-là même qui nourrit le bœuf fin gras du Mézenc qui est une viande saisonnière (printanière) exceptionnelle bénéficiant d’une AOC-AOP. Et c’est effectivement une ponctuation finale aussi séduisante que digestive !

Tisane de foin du Mézenc © Greta Garbure

Tisane de foin du Mézenc © Greta Garbure

Avant de nous retirer, nous bavardons un moment avec François Gagnaire qui nous explique un peu sa démarche. Il se sentait prisonnier dans le cadre rigide d’un long partenariat et a eu envie d’être plus libre dans ce bistrot, « son » bistrot « nature »… même s’il n’est pas à l’abri d’une étoile à Paris !
Mais une question me démange :  » Chef, pourquoi le nom d’Anicia ? »
Pour trois raisons me répond-il :
– C’est le nom de l’ancienne ville romaine du Puy ;
– C’est également le nom de la variété communément appelée « lentille verte du Puy » ;
– Enfin, c’est un nom à connotation féminine, comme un prénom, et je trouvais ça à la fois doux et emblématique des produits que je défends. »

C’est en tout cas une adresse à suivre où des produits de terroir d’excellente qualité sont travaillés avec beaucoup de créativité, de sensibilité et de sincérité. C’est certain, nous reviendrons !

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Anicia par François Gagnaire
97, rue du Cherche-Midi
75006 Paris
Tél : 01 43 35 41 50
M°  Duroc ou Vaneau
Site : http://www.aniciabistrot.com

Bonne table ou… évi-table !

Les Terrasses de l’Hôtel La Réserve

Restaurant d’été
Paris 8e

Il y a des jours où, quand le destin s’en mêle, il n’y a rien à faire. Ainsi, rendez-vous était pris pour déjeuner au restaurant « Les Terrasses » en ce mois de juin qui semble avoir oublié qu’en principe en juin, c’est l’été. À tout le moins le printemps. Mais ce jour-là, ce fut le déluge ! Spécialement à l’heure du déjeuner. Impossible donc de s’installer dehors, aussi avons-nous été redirigées vers le Grand Salon, ma commensale et moi.

Le cadre est évidemment somptueux, très Grand Siècle, tout en marbres, grands miroirs, colonnes et dorures. Les fauteuils de velours grenat sont profonds, la salle très lumineuse malgré les cinquante nuances de gris externes et l’on se croirait dans quelque palais princier.

Nous zappons l’apéritif mais prenons notre temps pour lire la carte.

Carte

Carte des vins au verre

La même entrée nous séduit : une « Salade de haricots verts, tourteau, sauce goma sésame » (38 €) que nous accompagnons d’un verre de Puligny-Montrachet 2013 de chez François Carillon (26 €).
La salade est rafraîchissante à souhait, composée de tronçons de romaine (dont personnellement j’aurais coupé le bout des côtes un peu piqueté), de haricots verts cuits comme il faut et de tourteau décortiqué sans que le moindre petit bout de cartilage ne soit oublié. La sauce est discrète. J’eusse aimé une belle pince sur le dessus (je dis ça pour rire car j’adore le crabe). Nous apprécions car l’ensemble est harmonieux.

Salade de tourteau aux haricots verts © Greta Garbure

Salade de tourteau aux haricots verts © Greta Garbure

Pour le plat, ma partenaire choisit une « Marinière de poisson aux épinards, coquillages » (42 €) tandis que j’opte pour une « Côte de veau de lait, purée » (65 €), cuisson rosée. La marinière assure et la côte de veau avec son petit jus est délicieuse bien qu’un peu moins rosée que prévu. Mais jolie viande bien travaillée. La purée est absolument exquise. Voilà un plat réconfortant comme je les aime !

Marinière de poissons aux épinards, coquillages © Greta Garbure

Marinière de poissons aux épinards, coquillages © Greta Garbure

Côte de veau de lait, purée de pommes de terres © Greta Garbure

Côte de veau de lait, purée de pommes de terres © Greta Garbure

La côte de veau de lait et son jus © Greta Garbure

La côte de veau de lait et son jus © Greta Garbure

 

La purée © Greta Garbure

La purée © Greta Garbure

Bon, l’heure du dessert arrive, aussi consultons-nous la carte.

Carte des desserts

Mon amie s’abstient mais je tiens à goûter le dessert du jour : un « Millefeuille fruits rouges et son sorbet » (22 €) qui se révèle un véritable délice malgré une structure qui n’a rien d’un mille-feuilles et une pâte feuilletée cuite ambrée, un nouveau code de pâtisserie. Bon, je ne boude pas mon plaisir, les fruits rouges sont épatants.

Millefeuille fruits rouges et son sorbet © Greta Garbure

Millefeuille fruits rouges et son sorbet © Greta Garbure

Gros plan sur les fruits rouges © Greta Garbure

Gros plan sur les fruits rouges © Greta Garbure

Pour le glou-glou, nous avons gardé le même vin sur tout le repas, même sur la côte de veau qui s’en accommodait très bien.

Puligny-Montrachet 2013 © Greta Garbure

Puligny-Montrachet 2013 © Greta Garbure

Certes, le changement de programme indépendant de notre volonté nous a fait évidemment regretter de ne pas avoir déjeuné sous les frondaisons de l’avenue Gabriel.

Ne nous leurrons pas non plus : nous sommes ici dans le « Triangle d’Or » de Paris et les prix sont à la mesure. Ils peuvent paraître excessifs mais il y a une clientèle pour ça. Une clientèle qui a l’aisance financière et qui ne tient pas à se mélanger. Mieux, qui tient à se protéger en ne fréquentant que des lieux où l’on est entre gens du même monde.

Comme toujours quand on va au restaurant, le tout est de savoir où l’on va, pourquoi et avec qui.

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Les Terrasses
La Réserve Paris Hôtel and Spa
42, avenue Gabriel
75008 Paris
M° : Franklin-Roosevelt
Tous les jours de 11 h à minuit.
Réservation : 01 58 36 60 50
Site : http://www.lareserve-paris.com

Bonne table ou… évi-table !

 Muxu

New french bistrot un peu basque
Paris 11e

Le chef Ethan Goode

Le chef Ethan Goode

Bon, à première vue le lieu ne paye pas de mine ! De la rue, ça ressemble à un bistrot où vous entreriez pour boire un café ou un demi. Sans plus. À l’intérieur, la structure du lieu n’est pas vraiment revisitée mais la déco, très urbaine, est faite dans un esprit loft (discret) avec quelques objets rigolos. On n’est pas à New York mais c’est du néo-style fait avec du vieux. Dans la tendance.

Après les politesses d’usage, nous voici installés. À midi, la carte se réduit à une formule courte mais attractive. Voici celle de notre déjeuner :

Formule du midi © Greta Garbure

Formule du midi © Greta Garbure

Bon, pour une fois nous ne partageons pas nos plats Patrick et moi car nous avons envie tous les deux des mêmes : « Tête pressée de joue de porc, sauce gribiche » et « steak tartare frites ». Il faut dire que même à la fin du mois de mai, le temps n’est pas très printanier. Ne craignons donc pas les calories !

Comme apéritif, nous préférons un verre de vin blanc (chacun le sien) dont Patrick vous parlera plus loin. Avec des pickles de carottes maison. Car ici, TOUT est fait maison ! Et c’est l’un des charmes de cette adresse.

Carottes en pickles © Greta Garbure

Carottes en pickles © Greta Garbure

Le pressé de joues de porc était formidable, avec une viande fondante, des légumes cuits juste ce qu’il faut et une gelée goûteuse à souhait. Rien à voir avec ces trucs gélatineux de cavalerie. Un vrai régal d’autant que la gribiche était elle aussi excellente.

Pressé de joue de porc sauce gribiche © Greta Garbure

Pressé de joue de porc sauce gribiche © Greta Garbure

Ah ! La belle paire de câpres ! © Greta Garbure

Ah ! La belle paire de câpres ! © Greta Garbure

Constat de qualité également pour le steak tartare. Néanmoins, nous avons trouvé l’assaisonnement un peu léger et on nous a alors apporté un ketchup maison de piquillos qui est une vraie trouvaille et une vraie réussite qui customise le tartare façon basque. Il faudrait le proposer d’emblée. Je vais essayer d’en faire à la maison. Une seule remarque : l’entrée et le plat sont servis avec la même petite salade, c’est redondant ! Quant aux frites, je les ai beaucoup aimées mais Patrick les a trouvées trop blanches, pas assez saisies. Ah ! Les goûts et les couleurs !

Steak tartare © Greta Garbure

Steak tartare © Greta Garbure

Steak tartare malaxé © Greta Garbure

Steak tartare malaxé © Greta Garbure

Ketchup de piquillos © Greta Garbure

Ketchup de piquillos © Greta Garbure

Frites © Greta Garbure

Frites © Greta Garbure

Pour le dessert, Patrick a choisi la « soupe de fraise-rhubarbe », dessert qui m’a paru un peu compliqué puisqu’il était également composé de mousse au chocolat, de graines de courge, de liqueur de verveine et de menthe. Mais il y avait une belle harmonie entre ces différentes saveurs. De toute façon, je n’aurais pas su résister au « gâteau basque crème fouettée caramel beurre salé ».

Soupe de fraises-rhubarbe, mousse au chocolat, graines de courge, menthe © Greta Garbure

Soupe de fraises-rhubarbe, mousse au chocolat, graines de courge, menthe © Greta Garbure

Gâteau basque crème caramel beurre salé © Greta Garbure

Gâteau basque crème caramel beurre salé © Greta Garbure

Les vins

Les vins © Greta Garbure

Les vins © Greta Garbure

Pour notre part, nous avons choisi de tâter de l’Ours blanc, mis en bouteilles par la famille Perrin (Beaucastel). Il s’agit d’un assemblage de cépages méditerranéens qui sait mettre un peu de soleil dans la grisaille et de l’humeur souriante au cas (improbable) où l’on en manquerait !
La raboseta nous a laissés à distance.

Lubéron Ours blanc 2015 © Greta Garbure

Lubéron Ours blanc 2015 © Greta Garbure

La Raboseta © Greta Garbure

La Raboseta © Greta Garbure

À la fin du repas, nous avons pu discuter avec le nouveau chef Ethan Goode. Passé par les cuisines du Frenchie (rue du Nil à Paris) et par celles de nombreux établissements dans le monde (car nous avons affaire à un chef voyageur) nous l’avons trouvé un peu fou, ce qui est le propre de tous les passionnés. Car figurez-vous qu’il fait tout lui-même. Ainsi, même la liqueur de verveine du dessert, c’est lui qui la prépare avec la verveine de son jardin. Et tout à l’avenant !

L’équipe du restaurant se compose de plusieurs associés : Marc Etcheberrigaray — d’où les clins d’œil basques —, Mathieu Blin, David Duchamp et Vincent Hadjadj. Une team qui mène bien sa barque. Et ce nouveau chef devrait bientôt faire parler de lui. En tout cas, nous le suivrons.

Bon, un petit bémol quand même : le fond musical est un tout petit fort, en tout cas durant le déjeuner.

Et puis, pour ceux qui ignorent la signification de « Muxu », en basque, cela veut dire petit baiser. Mais c’est aussi le nom d’un macaron de l’excellente maison Pariès qui, plus encore qu’un baiser, est une caresse en bouche.

Voici quelques autres suggestions de menus qui vous donneront une idée plus précise :

         Formule du midi      Formule du midi 3      Formule du midi 4

Menu du soir                    Menu du soir 4

Invitation directe du chef et de l’équipe du restaurant.

Blandine & Patrick

Muxu
16, rue Duguerry
75011 Paris
Tél : 01 48 07 44 43
M° : Parmentier, Goncourt, Belleville
Ouvert du mardi au samedi de 11 h 30 à 14 h 30 et de 19 h 30 à 22 h 30.
Fermé le dimanche et le lundi.
Site : http://www.muxu-paris.com

Bonne table ou… évi-table ?

  Café Martini

Restaurant italien
Paris 4e

Devanture

 

J’y étais déjà allée boire un verre avec un ami car le lieu s’y prête bien. Mais sans me souvenir du nom de l’enseigne. Ou plutôt en me rappelant qu’on pouvait y grignoter une plancha de charcuterie ou de fromages (le comptoir réfrigéré est appétissant) mais pas qu’on pouvait y faire un vrai repas.
Jolie surprise donc que la découverte de ce restaurant italien niché juste derrière la place des Vosges.

Nous y avons déjeuné au mois de mai et, malgré le dicton, le fond de l’air était encore frais. Mais il fait toujours assez beau pour boire un spritz à l’apéro même si on oublie de le prendre en photo parce qu’on regarde le cadre sous toutes les coutures et qu’on louche sur les charcuteries et les fromages.

Un coin de la salle © Greta Garbure

Un coin de la salle © Greta Garbure

Face à la rue © Greta Garbure

Face à la rue © Greta Garbure

La trancheuse et la salumeria

La trancheuse et la salumeria

La vitrine de charcuteries et de fromages © Greta Garbure

La vitrine de charcuteries et de fromages © Greta Garbure

D'autres charcuteries © Greta Garbure

D’autres charcuteries © Greta Garbure

Fromages © Greta Garbure

Fromages © Greta Garbure

Lard et fromages © Greta Garbure

Lard et fromages © Greta Garbure

En revanche, nous avons immortalisé la finocchiona, une saucisse au fenouil dont nous ferions bien notre ordinaire.

Finocchiona © Greta Garbure

Finocchiona © Greta Garbure

Mais il est temps de se sustenter avec du plus consistant. Faisons donc notre choix :

          Carte du soir          Formule du midi          Ardoise du déjeuner

Nous optons pour la formule du déjeuner mais avec une entorse pour l’entrée : Patrick choisit les « gamberoni in saor » (à la vénitienne aux oignons confits à l’aigre-douce) et moi le « tortino di polpo, di patate et di olive taggaschie » (olives réputées de Taggia dans la province d’Imperia). Les brochettes sont somptueuses et heureusement que nous partageons sinon j’aurais été jalouse ! Petite note d’originalité : la brochette est en réalité un spaghetti que l’on peut consommer. Les oignons sont sublimes. Le gâteau de poulpe, pommes de terre et olives est plus roboratif mais tout aussi séduisant.

Brochette de gamberoni aux oignons confits © Greta Garbure

Brochette de gamberoni aux oignons confits © Greta Garbure

Le spaghetti magique © Greta Garbure

Le spaghetti magique © Greta Garbure

L'oignon rouge comme une œuvre d'art © Greta Garbure

L’oignon rouge comme une œuvre d’art © Greta Garbure

Gâteau de poulpe, de pommes de terre et d'olives © Greta Garbure

Gâteau de poulpe, de pommes de terre et d’olives © Greta Garbure

Pour les plats du jour, chacun le nôtre : « Spaghetti alla marinara »  (marinière de coquillages) pour Patrick et « vitello tonnato » qui me rappelle mes années en Lombardie pour moi.  Le vitello tonnato est très bon mais la sauce au thon n’y joue que le rôle d’un condiment alors qu’en Italie elle nappe la préparation, donc petite déception mais simplement due à la confrontation de mes souvenirs. Nostalgie quand tu nous tiens ! Quant aux spaghetti, ils sont bien garnis mais nous les aurions aimé avec un peu plus de peps.

Gâteau de poulpe, de pommes de terre et d'olives © Greta Garbure

Gâteau de poulpe, de pommes de terre et d’olives © Greta Garbure

Vitello tonnato © Greta Garbure

Vitello tonnato © Greta Garbure

Pour le dessert nous avons testé le tiramisu et Patrick n’a pas résisté au panettone en pain perdu accompagné d’une glace au yaourt. De quoi nous donner envie de venir goûter ici tous les jours !

Panettone en pain perdu © Greta Garbure

Panettone en pain perdu © Greta Garbure

Tiramisù © Greta Garbure

Tiramisù © Greta Garbure

Sur ce menu très plaisant, nous avons bu un pinot grigio très agréable du dernier millésime 2015, c’est-à-dire un enfant sage qui a su se tenir à sa place sans se faire remarquer pour de mauvaises raisons, mais bien aromatique quand même sur les agrumes.

Pinot grigio Specogna 2015 © Greta Garbure

Pinot grigio Specogna 2015 © Greta Garbure

Et bien sûr, un café à l’italienne !

C’est donc une escale très plaisante que ce Café Martini tenu par Alexandre Degli Esposti dont la famille est bolognaise (c’est sa grand-mère qui a créé PastaVino rue de Buci). Actuellement, la cuisine est élaborée par Antonella Rossi. En tout cas, après cette première expérience, nous ne manquerons pas d’y revenir dîner un soir pour savoir si Greta Garbure y laisse son rond de serviette.

Voir les prix sur la carte et les ardoises, en cliquant sur les photos.

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine & Patrick

Café Martini
11, rue du Pas de la Mule
(Place des Vosges)
75004 Paris
Tél : 01 42 71 59 73

M° Bastille
Ouvert du lundi au vendredi de 12 h à 14 h 30 et de 17 h à 2 h.
Samedi de 12 h à 2h et dimanche de 11 h à 17 h.

Bonne table ou… évi-table ?

Les Canailles

Restaurant français
Paris 9e

Il y a des restaurants que l’on découvre un peu par hasard. Je cherchais un chef travaillant le saint-pierre afin de l’interviewer pour un magazine et un ami Facebook m’a conseillé une adresse, me proposant même d’y aller déjeuner ensemble. C’est comme ça que j’ai connu Les Canailles, tenu conjointement par Sébastien Guillo en cuisine et par Yann Le Pevedic en salle, deux associés qui ont monté leur affaire en 2012 après s’être connus dans les cuisines du Crillon.
Pour l’anecdote, mon sujet saint-pierre a été 
annulé le lendemain pour être remplacé par un autre. Les aléas du journalisme…

Toujours est-il que je ne regrette pas cette farce du destin. Car disons-le tout de go, voilà un bistrot comme on les aime sur Greta Garbure : de vrais produits de qualité mis en valeur pour eux-mêmes, des recettes gourmandes sans sophistication ni fioritures, une belle maîtrise des cuissons, du goût, du plaisir ! Et cerise sur le clafoutis… les prix sont raisonnables ! Cette cuisine typiquement française a une forte connotation bistrotière, ce qui a motivé nos deux compères pour leur enseigne faisant allusion aux plats canailles, le nom que l’on donne aux plats cuisinés notamment avec des abats (il y en a toujours à la carte, au moins une ou deux propositions par jour). Et aussi parce qu’entre Pigalle et Montmartre, c’est un quartier où l’on venait autrefois s’encanailler. Au fait, savez-vous qu’à l’origine le mot canaille signifie « tout juste bon pour les chiens » ? Si, si ! La preuve, c’est par-là : https://gretagarbure.com/2013/06/07/les-mots-des-mets-la-saveur-cachee-des-mots-14/

Bon ! Nous voilà à table dans cette ancienne boucherie transformée en restaurant avenant où deux salles en enfilade sur la rue permettent d’accueillir 34 couverts. Le cadre est sobre, apaisant, clair, avec des clins d’œil discrets à ce que fut « la vie parisienne » du quartier comme éléments du décor. Mais aucune surcharge. Et à l’intérieur comme à l’extérieur, une grande ardoise met le chaland ou le client en appétit.

Sébastien Guillo devant l'ardoise extérieure © Greta Garbure

Sébastien Guillo devant l’ardoise extérieure © Greta Garbure

Nous avons commencé par un verre de Viré-Clessé Vieilles Vignes « Mâsure » du domaine Gondard-Perrin (100% chardonnay) au nez de fleurs blanches (pêche, acacia) alliant rondeur et minéralité, avec une finale puissante. Le petit cake aux légumes l’accompagnant était une mise en bouche plaisante.

Viré-Clessé domaine Gondard-Perrin 2013 © Greta Garbure

Viré-Clessé domaine Gondard-Perrin 2013 © Greta Garbure

Petit cake d'apéritif © Greta Garbure

Petit cake d’apéritif © Greta Garbure

En entrée, mon acolyte a choisi un « velouté glacé d’asperges blanches et de cecina » tout en contrastes tandis que je n’ai pas résisté à la « terrine de lapin maison à l’andouille de Guéméné », épatante. Nous saurons plus tard que l’andouille provient d’Auray, de chez une copine de la sœur du chef (lui-même natif de cette ville), tout comme le pain (très bon) vient de la boulangerie de la maman du sommelier : « Le pain médiéval ».

Velouté glacé d'asperges et cecina © Greta Garbure

Velouté glacé d’asperges et cecina © Greta Garbure

Terrine de lapin à l'andouille de Guéméné © Greta Garbure

Terrine de lapin à l’andouille de Guéméné © Greta Garbure

Nous aurions pu choisir un autre vin — notons qu’un certain nombre peuvent se boire au verre — mais nous avons préféré continuer avec celui de l’apéritif. Nous vérifierons une prochaine fois si les autres sont tous aussi gouleyants.

Carte des vins 1

Carte des vins 2

Il était convenu que notre plat serait le « saint-pierre », servi avec des asperges vertes et une mousse d’artichaut. Ce fut impeccable, sans doute parce que depuis son apprentissage, Sébastien Guillo aime travailler le poisson et qu’il en maîtrise superbement les cuissons.

Saint-Pierre, asperges vertes, mousse d'artichaut © Greta Garbure

Saint-Pierre, asperges vertes, mousse d’artichaut © Greta Garbure

Mon partenaire s’est abstenu pour le dessert mais vous le savez déjà, le baba au rhum est l’un de mes péchés mignons : impossible donc d’ignorer le « baba au rhum, compotée d’ananas » ! Bien m’en a pris car c’est la première fois qu’on me servait un baba chaud… et ça lui allait drôlement bien ! J’ai aimé aussi que la crème Chantilly soit présentée à part, ce qui permet de la doser à son goût.  J’ai tellement adoré que j’en avais déjà mangé la moitié quand j’ai pensé à prendre la photo mais comme ça, ça vous donne l’occasion d’observer la légèreté de sa pâte !

Baba au rhum à la compotée d'ananas © Greta Garbure

Baba au rhum à la compotée d’ananas © Greta Garbure

Crème Chantilly © Greta Garbure

Crème Chantilly © Greta Garbure

Et au café, nous avons terminé par quelques mignardises.

Mignardises © Greta Garbure

Mignardises © Greta Garbure

Belle expérience donc que ce repas où le contenu de l’assiette est réjouissant. Il est patent qu’un peu timide, c’est dans sa cuisine que Sébastien Guillo s’éclate. Plus communiquant, le breton Yann Le Pevedic est quant à lui un hôte enjoué des plus agréables. Il va donc sans dire que Greta Garbure laisse ici son rond de serviette ! 

Rond de serviette GG petit

Formules :
– Entrée Plat 27 €
– Plat Dessert 27 €
– 
Entrée Plat Dessert 35 €

Invitation des deux patrons via un ami Facebook.

Blandine Vié

Les Canailles
25, rue La Bruyère
75009 Paris
Tél : 01 48 74 10 48
Ouvert du lundi au vendredi de 12 h à 14 h 30 et de 19 h à 22 h.
Réservation conseillée.