Catégorie: Restos

Bonne table ou…évi-table !

Le Mori Venice Bar

seul restaurant vénitien à Paris
(place de la Bourse)

Qu’on se le dise, le restaurant Mori Venice Bar fait partie des très bons restaurants gastronomiques italiens de la capitale mais en plus, c’est le seul qui soit dédié à la gastronomie de la Sérénissime cité des Doges.

Déjà, en forme de L — long côté rue du Quatre-Septembre, petit côté rue Vivienne —, la salle vaut le détour avec son décor moderne et raffiné d’inspiration vénitienne signé Philippe Stark. À la limite du baroque avec ses lustres en cristal de Murano et ses boiseries acajou, j’aime particulièrement sa frise qui court tout le long de l’élégant comptoir — où l’on peut prendre un verre autour de quelques antipasti — et de la partie ouverte de la cuisine et qui représente de grandes seiches en verrerie noire et blanche. Épatante également la grande véranda face au Palais Brongniard, avec vue biaisée sur l’Agence France Presse. Sans oublier quelques alcôves feutrées pour plus d’intimité.

Massimo Mori

Massimo Mori est le propriétaire et maître de cérémonie — quand il n’est pas là, c’est sa charmante et bellisssima fille Céline qui prend le relais — de cet endroit chic qui réjouit tous ceux qui aiment la vraie cuisine italienne qui, rappelons-le, est une « vraie » cuisine régionale et non une cuisine standard comme on la trouve hélas un peu partout.
Également créateur de l’Emporio Armani Caffè & Ristorante, Massimo Mori a une philosophie : « Le vrai luxe à table, c’est la traçabilité des produits ». La carte est le reflet de ce terroir vénitien (et un peu de la Lombardie dont il est originaire). Il privilégie les produits nobles et de saison qu’il fait venir directement de Vénétie… et c’est à tomber !

La carte

Elle a trois volets : les plats typiques vénitiens (recettes chargées d’histoire), les plats-signature et la quintessence de la saison.
Pour patienter, avec un verre de spritz ou un verre d’un des magnifiques vins italiens de la carte, vous pourrez déguster des noisettes du Piémont salées qui appellent le mouvement perpétuel tant on a envie d’en picorer. Mais ne dédaignez pas le jambon cru de Bordighiana (façon culatello) qui fait une bien jolie robe à la marquise de Pallavicina, accompagné d’une « mostarda di Cremona » (fruits confits dans un sirop de moutarde) (32 €).

Jambon de Bordighania © Greta Garbure

Parmi les plats vénitiens, les poissons et céphalopodes de l’Adriatique sont évidemment à l’honneur. En ce moment, c’est la saison (très courte) des crabes mous (moeche) cuits en friture légère, accompagnés de légumes croustillants (carottes, artichauts) et de cubes de polenta blanche (spécialité de Venise), nature ou teintée à l’encre de seiche (48 €) : à se damner ! 


Incontournable de la carte des plats-signature, le « vitello tonnaro » (vitello tonnato dans le reste de l’Italie), veau à la sauce au thon d’une grande finesse (28 €) mais également le « riso alla Mori », risotto aux petits pois frais, fleur de courgette farcie aux petites seiches de l’Adriatique et ricotta fumée) (35 €).
Enfin, c’est la pleine saison (hélas trop courte) des petits artichauts « Castraure », à goûter en entrée avec des œufs sur un lit de fondue de fromage asagio (28 €) ou en « tajarin », avec de fines tagliatelle fraîches (35 €).
En dessert, parmi bien d’autres gourmandises, je vous conseille les glaces turbinées minute que l’on peut agrémenter à son gré de cerises amarena (17 €), de rhum raisin et oranges confites (18 €), d’abricots secs au miel et pistaches (18 €), de noisettes caramélisées (16 €), etc.
Si le cœur vous en dit, vous pourrez terminer par un un limoncello ou une grappa ! 
Ajoutons que la carte des vins est époustouflante et comporte de nombreux vins au verre et que le service est diligent et attentionné.
Évidemment, tout ça a un prix qui n’est pas tout doux mais vous ferez un repas d’exception avec des produits d’exception qui vous régaleront.

Menu déjeuner la semaine : 45 €.
Prix moyen à la carte sur la base entrée/plat/dessert : 85 € hors boissons.
Menu prestige 60 € du lundi au vendredi, midi et soir.

Les renseignements

Mori Venice Bar
2, rue du Quatre-Septembre
27, rue Vivienne
(angle de la place de la Bourse)
75002 Paris
Téléphone : 01 44 55 51 55
Site : http://www.morivenicebar.com

Du lundi au vendredi : 12 h-14 h 30, 20 h-23 h 30
Samedi : 20 à 23 h
Fermé le dimanche
Tables de 2 à 14 couverts
Salon pour repas privés
Terrasse
M° Bourse

Blandine Vié

Bonne table ou… évi-table ?

L’Européen

Restaurant-brasserie

Paris 12e, gare de Lyon

La brasserie la nuit © Greta Garbure

C’est une adresse évidemment très pratique puisque située juste en face de la gare de Lyon. C’est assez dire si elle « brasse » — j’emploie le mot à bon escient — son lot de voyageurs quotidien. Et justement, nous avons souhaité la tester au retour d’un voyage. En vérité nous étions attendus mais la jeune femme de l’accueil n’a pas été attentive à notre requête et, malgré notre insistance, elle a acquiescé mais nous a placés d’autorité dans un coin de la grande salle, pensant sans doute que nous étions un peu farfelus. Après tout, c’était rigolo comme ça.

La salle vue de notre table © Greta Garbure

Autre vue de la salle © Greta Garbure

Avant de nous décider pour un vin d’apéritif, nous parcourons la carte, assez typique des brasseries classiques : fruits de mer, coquillages et crustacés, foie gras, escargots, saumon, saucisson pistaché, demi-homard mayonnaise, sole meunière, andouillette, rognons, entrecôte ou filet de bœuf béarnaise, foie de veau, tartare, demi-poulet… et bien sûr, déclinaison de choucroutes. Et nous optons précisément pour deux de ces dernières, à savoir l’une tradi « classique choucroute de Saverne » (19,50 €) et l’autre « de la mer » (24 €), précédées d’une assiette d’huîtres Gillardeau n° 2 (29,70 € les 6) pour Patrick et par une friture d’encornets sauce tartare (11 €) pour moi.

Friture d’encornets sauce tartare © Greta Garbure

Petite bizarrerie : il n’y a pas de vin blanc d’Alsace proposé au verre ! Dommage pour qui a envie de s’offrir une choucroute en solitaire.
Nous choisissons donc dès l’apéro un riesling cuvée Louis Klipfel 2015 à 25 € qui nous a été servi à bonne température avec des olives.

Riesling Klipfel © Greta Garbure

Rien à dire quant aux huîtres même si leur prix parisien donnerait envie d’aller les déguster sur place en bord de mer. Et avant que certains puristes ne se récrient pour me dire que les encornets sont toujours surgelés en restauration — nous en avons même quelquefois fait l’expérience au Pays basque, ce qui est tout de même un comble ! — je tiens à les rassurer : cette petite friture dans son cornet était tout à fait plaisante avec son petit air de vacances.

Mais place aux choucroutes !
Notre serveuse est dynamique et avant même que ne me soit apportée ma choucroute de poissons, elle dresse un premier service des viandes sur l’assiette de Patrick sans que nous ayons eu le temps de faire la moindre photo. Tant pis ! L
e riesling qui l’accompagne n’est pas très typé malgré une attaque vive mais la bouche est très arrondie par ce qui ressemble à des sucres résiduels un peu trop présents. Mais il en faudrait plus pour gâcher le plaisir de Patrick de mordre dans cette jolie charcuterie et un chou juste acide et aigre comme il faut, ni trop frais, ni trop cuit.

Les viandes dressées © Greta Garbure

Ce qu’il reste dans le plat © Greta Garbure

Ma choucroute de la mer est intéressante. Elle est servie à l’assiette. Disposés sur un lit de chou que j’aurais aimé un peu plus épais, les trois poissons qui la composent (rascasse, saumon, haddock) ont été roulés et pochés en forme de boudin. Réminiscence de Baumann ? Quelques moules d’Espagne l’agrémentent et elle est nappée de beurre blanc. C’est original et bon mais manque un tout petit peu de vigueur à mon goût. Mais ne chipotons pas.

Choucroute de la mer © Greta Garbure

Au dessert, Patrick choisit de rafraîchir son palais avec un trio de boules de glace de fabrication artisanale (8 €) et quant à moi, c’est presque sans regarder la carte que je choisis « le baba gourmand arrosé de rhum ambré Saint-Lames » (10 €), un dessert qui m’aimante toujours et dont je ne me lasse pas.

Le trio de boules de glace © Greta Garbure

Le baba au rhum et sa Chantilly © Greta Garbure

Cette brasserie auquel un cadre lumineux sert d’écrin donne une image de la France conventionnelle qui plaît beaucoup aux hommes d’affaires en déplacement à Paris et logés dans les hôtels voisins, ainsi qu’aux étrangers, Japonais en majorité, comme en ont témoigné les tables qui nous entouraient. Tous paraissaient enchantés, preuve que l’Européen connaît le cœur de cible de sa clientèle.

Invitation d’un attaché de presse

Blandine & Patrick

L’Européen
21 bis boulevard Diderot
75012 Paris
réservation : 01 43 43 99 70

Bonne table ou… évi-table ?

La brasserie de l’Isle Saint-Louis

brasserie traditionnelle

Paris 4e

Avant d’y arriver, c’est déjà une magnifique promenade dans le cœur du vieux Paris. Jugez plutôt avec cette vue quand on vient du Pont Marie :

Depuis le Pont Marie © Greta Garbure

Une fois la porte poussée, on entre dans une salle de bistrot avec son beau comptoir et l’on se sent tout de suite en Alsace d’autant qu’une cigogne nichée derrière le bar nous fait de l’œil.

Derrière le comptoir © Greta Garbure

Un petit verre et quelques bretzels plus tard, ma complice étant arrivée, nous passons à table dans la grande salle.

La salle © Greta Garbure

Après étude minutieuse de la carte — nous hésitons entre plusieurs plats comme le « coq au riesling maison » (22 €), le « filet de haddock à la choucroute » (27 €), l’ « entrecôte bordelaise à la moelle, pommes faites maison » (26 €) ou encore la « raie au beurre noisette » (27 €), la « marmite de tripes au riesling » (21 €) ou même un « cassoulet maison » (22 €) — nous optons finalement pour une « choucroute spéciale pour deux avec jarret » (55 €).

Mais pour patienter, nous choisissons respectivement « la vraie rosette de Lyon » (7 €) et une « terrine de jambon de Bourgogne persillé » (9 €) en guise d’entrées. Rien de tel qu’un peu de charcuterie pour mettre en appétit ! les produits sont forts bons même si ce n’est pas vraiment là-dessus qu’on peut juger la cuisine du chef. Le « filet de hareng pommes à l’huile » (10€) ou la « tarte à l’oignon maison avec lardons » (12,50 €) auraient tout aussi bien pu nous séduire mais avant une choucroute…

Rien à dire sur ces cochonnailles qui sont des produits de qualité parfaits pour se préparer à des nourritures plus substantielles.

La vraie rosette de Lyon © Greta Garbure

Le jambon de Bourgogne persillé © Greta Garbure

Mais voilà justement que la choucroute arrive en majesté sur son réchaud, bien garnie et appétissante en diable. Nous apprécions beaucoup les charcuteries de très noble qualité et le jarret est merveilleusement cuit. En revanche, nous trouvons la choucroute un peu fade et c’est dommage car ce n’est pas facile à saler dans l’assiette. Détail qui compte : en plus de moutarde, ce plat est accompagné de raifort (excellent), ce qui lui va très bien. 

La choucroute © Greta Garbure

La choucroute dans l’assiette © Greta Garbure

Nous n’avons plus assez de place pour un munster fermier d’Alsace au cumin (7,50 €) avant le dessert qui sera le même pour nous deux à une nuance près : « tarte Tatin chaude crème fraîche » (9,50 €) pour moi mais accompagnée d’une boule vanille Berthillon (12,50 €), tout proche et célèbre glacier pour ma commensale.

Tarte Tatin avec crème fraîche © Greta Garbure

Tarte Tain avec glace vanille © Greta Garbure

Bon, la tarte Tatin est un dessert qui ne m’a jamais « bouleversifiée » outre mesure mais il n’y avait pas de  baba (mon obsession dans les brasseries !) alors… Elle est d’ailleurs honorable et nous contente.

Ma partenaire étant totalement addict au gewurztraminer, c’est ce vin que nous avons choisi sur ce repas  : gewurztraminer 2014 de la cave Dopff & Irion, cuvée René Dopff (28 €), servi dans ces beaux verres alsaciens à pied vert et gouleyant à souhait. Il est à noter que la carte des vins est composée principalement de vins de négoce mais plutôt bien choisis.

Gewurztraminer © Greta Garbure

Allez, nous n’allons pas nous quitter comme ça, terminons par un marc de gewurztraminer (12 €) dont les vertus digestives sont un alibi sans appel.

Marc de gewurztraminer © Greta Garbure

Il s’agit d’une maison tenue par la même famille depuis 1953 dont le leitmotiv a toujours été et demeure la qualité des produits. Aucun doute là-dessus. Il est appréciable aussi que la brasserie soit restée dans son jus (cadre et cuisine) et que le chef ne soit pas tenté par des audaces qui lui feraient perdre son âme. En semaine le plat du jour varie entre blanquette de veau, coquelet des Landes rôti façon grand-mère, parmentier de joue de bœuf, petit salé aux lentilles du Puy, etc.
C’est donc avec plaisir que nous reviendrons, mais de préférence un dimanche pour goûter l’institution dominicale : la poule au pot !

Invitation d’une attachée de presse

Blandine Vié

La Brasserie de l’Isle Saint-Louis
55, quai de Bourbon
75004 Paris
Tél: 01 43 5402 59
Ouvert de 12 h à 22 h 30
Sans réservation
Fermeture le mercredi
M° Pont Marie

Bonne table ou… évi-table ?

Sébillon

Restaurant traditionnel
Maison fondée en 1914, spécialiste du gigot d’agneau

Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)

La devanture © Greta Garbure

La devanture © Greta Garbure

C’est le restaurant mythique — une institution ! — où il faut aller au moins une fois dans sa vie si l’on veut déguster un beau gigot présenté à la voiture et tranché devant vous par un écuyer trancheur (ou tranchant), comme ça se faisait autrefois dans les bonnes maisons, dans les brasseries de luxe, mais ce qui est devenu aujourd’hui presque obsolète. Hélas !

Sébillon, nous y étions déjà allés et nous avions aimé. Et nous avions très envie d’y retourner. Pour le gigot mais aussi pour le spectacle de la découpe que le hiératique Jean-Luc Robveille (également directeur de salle) pratique avec un art consommé et une prestance quasi cinématographique. Il faut dire qu’il a trente ans de métier derrière lui dans le groupe Gérard Joulie dont dix chez Sébillon.

Jean-Luc Robveille directeur de salle, écuyer-trancheur © Greta Garbure

Jean-Luc Robveille directeur de salle, écuyer-trancheur © Greta Garbure

Mais il est temps de nous sustenter. Nous zappons l’apéritif au profit d’une assiette d’ « os à moelle au gros sel de Guérande, pain de campagne grillé » (12,50 €) que nous nous partageons. En fait, gentille attention, il y en a normalement trois par assiette et là, nous en avons deux chacun. Inutile de dire que nous nous régalons.

Os à moelle © Greta Garbure

Os à moelle © Greta Garbure

En entrée, nous avons également décidé de nous partager une  » Belle sole meunière » (40 €), autre plat emblématique de la maison. Elle nous est présentée entière puis rapidement préparée par le serveur. Accompagnée d’une petite purée peut-être un peu dense, elle est charnue et cuite comme il se doit, ni trop ni trop peu.

La sole meunière © Greta Garbure

La sole meunière © Greta Garbure

La sole préparée © Greta Garbure

La sole préparée © Greta Garbure

Purée © Greta Garbure

Purée © Greta Garbure

Pour le plat principal, nous avons décidé de prendre un seul « Notre gigot d’agneau allaiton de l’Aveyron tranché devant vous à discrétion et servi avec ses lingots » (27 €) afin de pouvoir goûter deux plats différents et je me dévoue donc pour un « Ris de veau braisé aux morilles » (32 €) qui se révèle goûteux et moelleux à souhait bien qu’en février, il s’agisse évidemment de morilles séchées. Il est escorté de tagliatelles mais je n’y touche pas car je ne peux m’empêcher de loucher sur l’assiette de Patrick et préfère me garder un petit creux. Pour quoi faire, me direz-vous ? Oui, pour quoi faire ? Mais pour le gigot, bien sûr !

Ris de veau aux morilles © Greta Garbure

Ris de veau aux morilles © Greta Garbure

Gros plan sur le ris de veau © Greta Garbure

Gros plan sur le ris de veau © Greta Garbure

Tagliatelles © Greta Garbure

Tagliatelles © Greta Garbure

Ah ! ce gigot ! L’ « allaiton de l’Aveyron » est un agneau de lait sous la mère en provenance directe des établissements Greffeuille, un éleveur que je connais par le biais de l’Académie de la Viande. C’est qu’il s’en débite ici 30 à 40 gigots par jour, jusqu’à 70 certaines fin de semaine !
Pour sa première assiette, Patrick choisit des entames, donc plutôt du très cuit que notre écuyer tranchant s’empresse de découper selon son vœu : entames et souris, un peu plus confite.

L'écuye trancheur et son assistant © Greta Garbure

L’écuye trancheur et son assistant © Greta Garbure

Le gigot bien cuit à l'assiette © Greta Garbure

Le gigot bien cuit à l’assiette © Greta Garbure

À la repasse — puisque c’est permis ! — je ne résiste pas à la tentation (proposée) d’accompagner Patrick et nous optons cette fois pour du bien rosé histoire de varier les plaisirs. Et c’est délicieux ! Fondants, les lingots sont quant à eux véritablement l’accompagnement idéal du gigot. Nous voilà transportés à une époque où ces beaux plats du dimanche faisaient plus souvent leur apparition sur les tables familiales et ça nous rend un peu nostalgiques… mais repus.

Le gigot rosé à l'assiette © Greta Garbure

Le gigot rosé à l’assiette © Greta Garbure

Toutefois, impossible de terminer ce repas sans un dessert. Si je peux généralement m’en passer, jamais quand il y a un baba à la carte ! Le « Baba moelleux et gourmand arrosé de rhum ambré Saint-James » (11 €) s’impose donc tout naturellement pour moi. J’apprécie qu’il ne soit pas servi comme trop souvent avec de la crème Chantilly, ce qui à mon avis le dénature. En revanche, il est généreusement imbibé de rhum, pas d’un sirop à base de… 

Le baba ouvert © Greta Garbure

Le baba ouvert © Greta Garbure

Pour clore ce repas, Patrick a plutôt jeté son dévolu sur les « Crêpes Suzette flambées au Grand Marnier » (12 €) bien que la semaine précédente,  je lui ai déjà fait goûter mes crêpes maison, Chandeleur oblige.

Crêpes Suzette © Greta Garbure

Crêpes Suzette © Greta Garbure

Tout ayant une fin — mais sans plus de faim ! — notre repas se termine par un petit café. Nous sommes heureux. Mais il reste à Patrick le soin de vous parler des vins qui ont accompagné notre repas.

Le vin blanc servi au verre et conseillé ce jour-là était le mercurey 2014 du château de Chamirey appartenant à la jolie famille Devillard (11 € le verre mais attention : de 18 cl quand même !). Il est typé chardonnay comme on aime, sans aucune lourdeur, à peine citronné, souple en bouche avec une salinité qui en fait un bon compagnon des fruits de mer et des beaux poissons nobles.

Mercurey château de Chamirey 2014 © Greta Garbure

Mercurey château de Chamirey 2014 © Greta Garbure

Sur nos viandes, l’accord s’est réalisé avec un charmant côtes-du-Rhône villages rouge : le château La Borie 2014, originaire de Suze-la-Rousse (7,50 € le verre de 18 cl). Il est fait pour être bu rapidement et ça tombe bien : on a soif ! Frais, fruité, presque guilleret, sa dominante grenache présente des tanins discrets qui vont bien sur le grain particulièrement fin de l’agneau et du ris de veau. Quand les textures se respectent et se complètent, tout va bien !

Côtes du Rhône Villages château La Borie 2014 © Greta Garbure

Côtes du Rhône Villages château La Borie 2014 © Greta Garbure

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine & Patrick

Sébillon
20, avenue Charles de Gaulle
92200 Neuilly-sur-Seine
Tél : 01 46 24 71 31
Réservation indispensable.
Ouvert 7/7 jours.
Service de 12 h à 15 h et de 19 h à minuit.
Voiturier
M° Porte Maillot
Site : http://www.sebillon.com

Bonne table… ou évi-table !

La fourchette du printemps *

Resto-bistrot gastronomique
Paris 17e

Ça ressemble à un restaurant de quartier : vous poussez la porte et vous vous retrouvez dans une petite salle néo-chic dans des tons de gris (mais pas 50 nuances) et l’on devine tout de suite que c’est un vieux bistrot qui a été transformé en gardant le comptoir, ce que confirme l’arrière-salle un peu en longueur qui devait être l’arrière-boutique.
Ce que l’on ne soupçonne pas en revanche, c’est qu’on vient de pénétrer dans un restaurant étoilé (1*) injustement méconnu car la table y est formidable, avec de vraies valeurs de terroir (le chef Nicolas Mouton, formé au Bristol et au Crillon est du Nord et plus précisément de Dunkerque) habilement mises au goût du jour mais sans chichis ni toutes ces fioritures copiées-collées qu’on voit partout tant certains chefs ont l’instinct grégaire en guise de créativité. Donc ici, vous l’aurez compris, pas de petites fleurs semées sur les assiettes comme sur une pelouse japonaise, pas de rondelles de betteraves chioggia rouge et jaune pour faire tendance (vous l’aurez sans doute remarqué, la betterave n’est plus un légume de saison comme quand j’étais petite), pas de burgers déstructurés à la « mords-moi le nœud », ni de tiramisù « revisité » à la pâte de noisettes à l’huile de palme (non je ne citerai pas le nom) ou aux fraises « tsoin-tsoin » (là, non plus). Ici, c’est la vérité du produit et le goût qui comptent.

La salle avec le comptoir © Greta Garbure

La salle avec le comptoir © Greta Garbure

Autre vue de la salle © Greta Garbure

Autre vue de la salle © Greta Garbure

J’y suis allée en décembre, un peu avant les fêtes. Ma commensale était une jeune femme et malgré la différence de générations, nos avis ont convergé. Mieux, elle m’a même dit que c’était le genre d’endroit où elle aimerait venir pour une occasion spéciale car pour un étoilé les prix étaient abordables pour de jeunes trentenaires… enfin, une fois de temps à autre (voir les prix en bas de l’article). Mais là, j’anticipe !

Allez, il est temps de passer à table :  

Menu de décembre de La fourchette du printemps

Menu de décembre de La fourchette du printemps

L’amuse-bouche est une « Mousseline de foie gras et châtaignes au piment d’Espelette avec des éclats de châtaignes, des amandes et des cacahuètes grillées ». C’est délicieux et je ne sais pas pourquoi, on se verrait bien déguster ça devant un bon feu de cheminée.

Amuse-bouche © Greta Garbure

Amuse-bouche © Greta Garbure

Pour les entrées, ce sera une « Soupe à l’oignon, foie gras poêlé compotée d’oignons, Beaufort, croûtons croque-monsieur au Beaufort » pour mon accompagnatrice et des « Langoustines « en carpaccio », tartare de daurade et d’huître, croûtons de crevettes grises  » pour moi. La soupe à l’oignon est d’enfer et le mini croque-monsieur au Beaufort une idée épatante !

Soupe à l'oignon © Greta Garbure

Soupe à l’oignon © Greta Garbure

Quant à mon plat, il est tout ce que j’aime dans la manière de sublimer des produits de terroir, ici des produits de la mer (Dunkerque est un port) en respectant leur identité mais en leur injectant une authenticité contemporaine. Ces petits croûtons de crevettes grises sont un clin d’œil gourmand et facétieux à la proche Belgique — ah les croquettes de crevettes grises de « Brussels » ! — mais on les déguste aussi tout le long de la mer du Nord, sur la côte d’Opale.

Langoustines en "carpaccio", tartare de daurade et d'huîtres, croûtons de crevettes grises © Greta Garbure

Langoustines en « carpaccio », tartare de daurade et d’huîtres, croûtons de crevettes grises © Greta Garbure

Pour le plat, tandis que ma comparse jette tout de suite son dévolu sur le « Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette », moi j’hésite gravement. D’instinct, j’irais vers le « lièvre à la royale » mais j’ai envie de poursuivre ma plongée dans ce pays nordique souvent mal aimé — vous avouerais-je que ma Maman était ch’ti, originaire de Flandre romane ? — pour finalement céder à la tentation du « Potchevlech » ce « pot de viandes mélangées (ici poulet, lapin, poitrine fumée et foie gras) qui peut se manger chaud mais bien plus souvent froid, en gelée, à la cuillère, et qui est ici traité en terrine avec un accompagnement de « cœur de romaine, vinaigrette César et pommes Pont-Neuf » ! C’est somptueux, le foie gras y trouve bien sa place et n’est pas du tout incongru, il donne de la noblesse au plat sans chiqué.

Potchevlech © Greta Garbure

Potchevlech © Greta Garbure

Et les frites Pont-Neuf sont magnifiques quoique… un peu grosses pour cette appellation. Mais elles ont bien la « coupe au carré » réglementaire et sont moelleuses à souhait. Sûrement meilleures que si elles ne mesuraient que le centimètre de section normatif des écoles hôtelières. À propos, savez-vous pourquoi Pont-Neuf ? Eh bien, c’est parce qu’au XVIIIe siècle, on en vendait sur ce pont de Paris où étaient installés des boutiquiers, notamment des « friteurs ». De quoi perdre le Nord, non ?

Pommes Pont-Neuf © Greta Garbure

Pommes Pont-Neuf © Greta Garbure

Toujours est-il que je suis contente de l’expérience même si deux plats froids me laissent tout de même envieuse du lièvre ! C’est que par les temps qui courent, il fait froid ! Mais c’est tant mieux, comme ça je reviendrai.  
Ma partenaire se régale elle aussi et juge l’accord des saveurs d’une belle sensualité.

Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette © Greta Garbure

Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette © Greta Garbure

Nous voici donc arrivées aux desserts. J’emploie le pluriel car il y a un pré-dessert, en l’occurrence une « Tarte aux pommes crème d’amandes, bille de pomme » tout à fait réjouissante mais dont je ne vous montrerai hélas pas la photo car elle refuse la mise en ligne avec détermination.

Puis ce fut un dessert tout en légèreté pour ma complice : « pamplemousse frais, sorbet de pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache » et un « Mont-Blanc, meringue, crème de marrons et glace vanille » plus calorique pour moi, les deux parfaits.

Le pamplemousse frais, sorbet pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache © Greta Garbure

Le pamplemousse frais, sorbet pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache © Greta Garbure

Le Mont Blanc "Meringue, crèmede marrons et glace vanille"©Greta Garbure

Le Mont Blanc « Meringue, crèmede marrons et glace vanille »© Greta Garbure

Parlons encore des vins. La carte n’est pas très longue mais propose quelques vins au verre où, après une coupe de champagne R&L Legras grand cru blanc de blancs (12 €), excellente maison qui ne m’a jamais déçue, nous avons pioché un Saint-Chinian blanc Mas Champart 2014 (domaine que j’adore) pour escorter les saveurs marines (8 €), un coteaux du Layon chenin moelleux 2010 « Les 4 villages » du domaine FL pour accompagner la soupe et le suprême de volaille et enfin un Beaume de Venise « Monsieur le Comte » 2011 du Château Redortier (13 €) sur le potchevlech.

Cet étoilé (1* depuis 2011) dont la salle ne fait que 18 couverts, doublée il est vrai d’une seconde salle-couloir de 14 couverts est donc à noter impérativement dans son carnet d’adresses, raison pour laquelle Greta Garbure lui décerne sans barguigner un rond de serviette !

Rond de serviette GG petit

Ajoutons qu’en salle, Fabien est aux petits soins et que, comme déjà dit plus haut, les prix sont raisonnables.
Au déjeuner (d’affaires), on peut opter pour une formule à 25 ou 30 €.
Sinon, il y a « Petit Menu » (mise en bouche, entrée, plat, pré-dessert, dessert) à 55 € et surtout le soir : un menu découverte (mise en bouche, entrée, poisson, viande, pré-dessert, dessert, menu au choix du chef pour l’ensemble de la table) à 60 €, un menu dégustation (mise en bouche, 2 entrées, 2 plats, pré-dessert, 2 desserts ; idem) à 75 €, et un menu truffes (mise en bouche, 2 entrées, 2 plats, pré-dessert, 2 desserts ; idem) à 100 €.

Je le répète, il est injuste que Nicolas Mouton n’ait pas (encore) la notoriété qu’il mérite !

Invitation d’an attaché de presse

Blandine Vié

La fourchette du printemps (1*)
30, rue du Printemps (angle boulevard Péreire)
75017 Paris
M° : Wagram
Tél : 01 42 27 26 97
Fermé dimanche et lundi

Courriel : lafourchetteduprintemps@gmail.com
Site : lafourchetteduprintemps.com