Catégorie: Restos

Bonne table… ou évi-table !

La fourchette du printemps *

Resto-bistrot gastronomique
Paris 17e

Ça ressemble à un restaurant de quartier : vous poussez la porte et vous vous retrouvez dans une petite salle néo-chic dans des tons de gris (mais pas 50 nuances) et l’on devine tout de suite que c’est un vieux bistrot qui a été transformé en gardant le comptoir, ce que confirme l’arrière-salle un peu en longueur qui devait être l’arrière-boutique.
Ce que l’on ne soupçonne pas en revanche, c’est qu’on vient de pénétrer dans un restaurant étoilé (1*) injustement méconnu car la table y est formidable, avec de vraies valeurs de terroir (le chef Nicolas Mouton, formé au Bristol et au Crillon est du Nord et plus précisément de Dunkerque) habilement mises au goût du jour mais sans chichis ni toutes ces fioritures copiées-collées qu’on voit partout tant certains chefs ont l’instinct grégaire en guise de créativité. Donc ici, vous l’aurez compris, pas de petites fleurs semées sur les assiettes comme sur une pelouse japonaise, pas de rondelles de betteraves chioggia rouge et jaune pour faire tendance (vous l’aurez sans doute remarqué, la betterave n’est plus un légume de saison comme quand j’étais petite), pas de burgers déstructurés à la « mords-moi le nœud », ni de tiramisù « revisité » à la pâte de noisettes à l’huile de palme (non je ne citerai pas le nom) ou aux fraises « tsoin-tsoin » (là, non plus). Ici, c’est la vérité du produit et le goût qui comptent.

La salle avec le comptoir © Greta Garbure

La salle avec le comptoir © Greta Garbure

Autre vue de la salle © Greta Garbure

Autre vue de la salle © Greta Garbure

J’y suis allée en décembre, un peu avant les fêtes. Ma commensale était une jeune femme et malgré la différence de générations, nos avis ont convergé. Mieux, elle m’a même dit que c’était le genre d’endroit où elle aimerait venir pour une occasion spéciale car pour un étoilé les prix étaient abordables pour de jeunes trentenaires… enfin, une fois de temps à autre (voir les prix en bas de l’article). Mais là, j’anticipe !

Allez, il est temps de passer à table :  

Menu de décembre de La fourchette du printemps

Menu de décembre de La fourchette du printemps

L’amuse-bouche est une « Mousseline de foie gras et châtaignes au piment d’Espelette avec des éclats de châtaignes, des amandes et des cacahuètes grillées ». C’est délicieux et je ne sais pas pourquoi, on se verrait bien déguster ça devant un bon feu de cheminée.

Amuse-bouche © Greta Garbure

Amuse-bouche © Greta Garbure

Pour les entrées, ce sera une « Soupe à l’oignon, foie gras poêlé compotée d’oignons, Beaufort, croûtons croque-monsieur au Beaufort » pour mon accompagnatrice et des « Langoustines « en carpaccio », tartare de daurade et d’huître, croûtons de crevettes grises  » pour moi. La soupe à l’oignon est d’enfer et le mini croque-monsieur au Beaufort une idée épatante !

Soupe à l'oignon © Greta Garbure

Soupe à l’oignon © Greta Garbure

Quant à mon plat, il est tout ce que j’aime dans la manière de sublimer des produits de terroir, ici des produits de la mer (Dunkerque est un port) en respectant leur identité mais en leur injectant une authenticité contemporaine. Ces petits croûtons de crevettes grises sont un clin d’œil gourmand et facétieux à la proche Belgique — ah les croquettes de crevettes grises de « Brussels » ! — mais on les déguste aussi tout le long de la mer du Nord, sur la côte d’Opale.

Langoustines en "carpaccio", tartare de daurade et d'huîtres, croûtons de crevettes grises © Greta Garbure

Langoustines en « carpaccio », tartare de daurade et d’huîtres, croûtons de crevettes grises © Greta Garbure

Pour le plat, tandis que ma comparse jette tout de suite son dévolu sur le « Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette », moi j’hésite gravement. D’instinct, j’irais vers le « lièvre à la royale » mais j’ai envie de poursuivre ma plongée dans ce pays nordique souvent mal aimé — vous avouerais-je que ma Maman était ch’ti, originaire de Flandre romane ? — pour finalement céder à la tentation du « Potchevlech » ce « pot de viandes mélangées (ici poulet, lapin, poitrine fumée et foie gras) qui peut se manger chaud mais bien plus souvent froid, en gelée, à la cuillère, et qui est ici traité en terrine avec un accompagnement de « cœur de romaine, vinaigrette César et pommes Pont-Neuf » ! C’est somptueux, le foie gras y trouve bien sa place et n’est pas du tout incongru, il donne de la noblesse au plat sans chiqué.

Potchevlech © Greta Garbure

Potchevlech © Greta Garbure

Et les frites Pont-Neuf sont magnifiques quoique… un peu grosses pour cette appellation. Mais elles ont bien la « coupe au carré » réglementaire et sont moelleuses à souhait. Sûrement meilleures que si elles ne mesuraient que le centimètre de section normatif des écoles hôtelières. À propos, savez-vous pourquoi Pont-Neuf ? Eh bien, c’est parce qu’au XVIIIe siècle, on en vendait sur ce pont de Paris où étaient installés des boutiquiers, notamment des « friteurs ». De quoi perdre le Nord, non ?

Pommes Pont-Neuf © Greta Garbure

Pommes Pont-Neuf © Greta Garbure

Toujours est-il que je suis contente de l’expérience même si deux plats froids me laissent tout de même envieuse du lièvre ! C’est que par les temps qui courent, il fait froid ! Mais c’est tant mieux, comme ça je reviendrai.  
Ma partenaire se régale elle aussi et juge l’accord des saveurs d’une belle sensualité.

Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette © Greta Garbure

Suprême de volaille gratiné à la moelle, macaronis farcis de foie gras et cèpes, sauce poulette © Greta Garbure

Nous voici donc arrivées aux desserts. J’emploie le pluriel car il y a un pré-dessert, en l’occurrence une « Tarte aux pommes crème d’amandes, bille de pomme » tout à fait réjouissante mais dont je ne vous montrerai hélas pas la photo car elle refuse la mise en ligne avec détermination.

Puis ce fut un dessert tout en légèreté pour ma complice : « pamplemousse frais, sorbet de pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache » et un « Mont-Blanc, meringue, crème de marrons et glace vanille » plus calorique pour moi, les deux parfaits.

Le pamplemousse frais, sorbet pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache © Greta Garbure

Le pamplemousse frais, sorbet pamplemousse, crème au thé jasmin, financiers à la pistache © Greta Garbure

Le Mont Blanc "Meringue, crèmede marrons et glace vanille"©Greta Garbure

Le Mont Blanc « Meringue, crèmede marrons et glace vanille »© Greta Garbure

Parlons encore des vins. La carte n’est pas très longue mais propose quelques vins au verre où, après une coupe de champagne R&L Legras grand cru blanc de blancs (12 €), excellente maison qui ne m’a jamais déçue, nous avons pioché un Saint-Chinian blanc Mas Champart 2014 (domaine que j’adore) pour escorter les saveurs marines (8 €), un coteaux du Layon chenin moelleux 2010 « Les 4 villages » du domaine FL pour accompagner la soupe et le suprême de volaille et enfin un Beaume de Venise « Monsieur le Comte » 2011 du Château Redortier (13 €) sur le potchevlech.

Cet étoilé (1* depuis 2011) dont la salle ne fait que 18 couverts, doublée il est vrai d’une seconde salle-couloir de 14 couverts est donc à noter impérativement dans son carnet d’adresses, raison pour laquelle Greta Garbure lui décerne sans barguigner un rond de serviette !

Rond de serviette GG petit

Ajoutons qu’en salle, Fabien est aux petits soins et que, comme déjà dit plus haut, les prix sont raisonnables.
Au déjeuner (d’affaires), on peut opter pour une formule à 25 ou 30 €.
Sinon, il y a « Petit Menu » (mise en bouche, entrée, plat, pré-dessert, dessert) à 55 € et surtout le soir : un menu découverte (mise en bouche, entrée, poisson, viande, pré-dessert, dessert, menu au choix du chef pour l’ensemble de la table) à 60 €, un menu dégustation (mise en bouche, 2 entrées, 2 plats, pré-dessert, 2 desserts ; idem) à 75 €, et un menu truffes (mise en bouche, 2 entrées, 2 plats, pré-dessert, 2 desserts ; idem) à 100 €.

Je le répète, il est injuste que Nicolas Mouton n’ait pas (encore) la notoriété qu’il mérite !

Invitation d’an attaché de presse

Blandine Vié

La fourchette du printemps (1*)
30, rue du Printemps (angle boulevard Péreire)
75017 Paris
M° : Wagram
Tél : 01 42 27 26 97
Fermé dimanche et lundi

Courriel : lafourchetteduprintemps@gmail.com
Site : lafourchetteduprintemps.com

Bonne table ou… évi-table !

Anicia

bistrot nature
par François Gagnaire

Paris 6e

Intérieur restaurant Anicia © Géraldine Martens

Intérieur restaurant Anicia © Géraldine Martens

Dissipons tout de suite un éventuel malentendu : il n’y a aucun lien de parenté entre François Gagnaire et son homonyme Pierre, quand bien même ils sont tous deux originaires de la région Auvergne-RhôneAlpes, Haute-Loire et Puy-de-Dôme pour François et Loire pour Pierre.

J’ai connu ce lieu il y a bien longtemps quand il s’appelait « Le Rond de Serviette ». Il a changé plusieurs fois de mains et depuis six mois, François Gagnaire y a pris ses marques, préférant laisser son restaurant étoilé (1*) du Puy-en-Velay pour s’installer à Paris et faire ce qu’il a envie de faire : une cuisine nature qui mette majoritairement en exergue les beaux produits de son terroir. Le décor fait d’ailleurs la part belle aux livres sur la région et en face du comptoir, il y a un petit corner épicerie où l’on peut acheter des lentilles, de la verveine, etc.

Le corner épicerie © Greta Garbure

Le corner épicerie © Greta Garbure

Mais plongeons-nous dans la carte en grignotant quelques tranches de radis mis en scène de manière ludique sur un étendoir à linge miniature. Plus compliqué que rigolo à mon goût.

Étendoir à radis © Greta Garbure

Étendoir à radis © Greta Garbure

Carte Anicia

Pour moi, ce sera sans hésitation le « gaspacho de lentilles vertes du Puy, coquillages et condiments » parsemé de truffe d’été bien que l’appellation « gaspacho » soit totalement impropre car elle correspond à une recette spécifique et n’est aucunement synonyme de soupe froide. Ah, ces emprunts fantaisistes qui entraînent une confusion généralisée ! Mais je ne me plains pas, cette « soupe » est absolument délicieuse et, pour insolite qu’elle soit, l’alliance lentilles-coquillages (des coques) est tout simplement remarquable. La truffe en est presque superfétatoire.

Gaspacho de lentilles vertes du Puy et coquillages © Greta Garbure

Gaspacho de lentilles vertes du Puy et coquillages © Greta Garbure

Mon convive a choisi quant à lui le « caviar d’aubergine « brûlé », truite de Vourzac, grenaille de Noirmoutier et kasha russe » qui le déçoit un peu. En fait, il a longuement hésité entre deux plats et regrette de ne pas avoir pris la « tarte fine feuilletée tomate et gaperon ». Néanmoins, l’assiette fonctionne bien et le gruau de sarrasin (kasha) apporte une petite note impertinente qui se marie bien avec le fumé de la truite et le brûlé de l’aubergine.

Caviar d'aubergine, truite fumée, grenaille, kasha © Greta Garbure

Caviar d’aubergine, truite fumée, grenaille, kasha © Greta Garbure

À l’apéritif et sur ces entrées, nous avons bu un chardonnay Grande Courtade 2015, ma foi très plaisant.

Chardonnay Grande Courtade 2015 © Greta Garbure

Chardonnay Grande Courtade 2015 © Greta Garbure

Pour le plat de résistance, nous hésitons entre « l’agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits confits farcis gratinés à la fourme de ValcivièreS » (il manque un S final sur la carte !) et le veau « pièce de Vedelou cuit lentement en sautoir, macaronis et haricots beurre, pâte d’échalote ». L’agneau est un agneau noir du Velay et le veau de Vedelou un veau de lait auvergnat Label rouge.
Allez, ce sera un de chaque dont l’agneau pour moi. Les deux plats sont goûteux à souhait avec des viandes cuites juste comme il faut. Mon agneau et mes petits farcis sont un pur bonheur. Plus classique, la garniture du veau lui va cependant très bien. Je ne regrette pas mon choix et me régale !

Agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits farcis gratinés à la fourme © Greta Garbure

Agneau de Haute-Loire rôti et confit, petits farcis gratinés à la fourme © Greta Garbure

Veau en sautoir, macaroni et haricot beurre © Greta Garbure

Veau en sautoir, macaroni et haricot beurre © Greta Garbure

Une petite pause fromage est bienvenue avant le dessert et pour ma part, je ne résiste jamais à un saint-nectaire fermier car c’est sans doute mon fromage préféré. Mon acolyte préfère goûter la « tomme aux artisous de la ferme Brancouny ».  La tomme est un fromage auvergnat fermier au lait cru de vache dont la croûte est « sculptée » par l’artisou qui n’est autre qu’un acarien. C’est lui qui le façonne et lui donne ce goût particulier, artisou étant le nom auvergnat du ciron que l’on retrouve sur la mimolette. Fouchtra ! Dommage, il fait très chaud et ce fromage en a un peu pâti. En revanche, mon saint-nectaire est au top.

Assortiment de fromages © Greta Garbure

Tomme aux artisous © Greta Garbure

Saint-Nectaire fermier © Greta Garbure

Saint-Nectaire fermier © Greta Garbure

Sur les viandes, nous avons bu un « VIP » (Very Impressionnant Pinot) 2012 produit en Auvergne. Un vin nature léger et fruité que, une fois n’est pas coutume, nous avons gardé jusqu’à la fin du repas.

Very impressionnant pinot © Greta Garbure

Very impressionnant pinot © Greta Garbure

Au dessert, mon accompagnateur a envie de fraîcheur et opte pour une sobre assiette de fruits rouges accompagnée d’une quenelle de sorbet myrtilles et de « thé de carcadé » (hibiscus).

Fraise et compagnie ©  Greta Garbure

Fraise et compagnie © Greta Garbure

Moi, je préfère un dessert de grand-mère comme je les aime : une « poêlée de cerises et sa brioche perdue, crème glacée au lait d’amande » qui, de fait, me fait retomber en enfance.

Poêlée de cerises, brioche perdue © Greta Garbure

Poêlée de cerises, brioche perdue © Greta Garbure

Mais pris de remords, mon acolyte regrette de ne pas avoir goûté la spécialité emblématique de la carte des desserts : les « meules de gaufrettes au foin de Mézenc, paille de kadaïf, caramel fleur de sel » et nous convenons de nous en partager une. Ce dessert esthétiquement très réussi est créatif mais je le goûte du bout des lèvres car je préfère rester sur ma brioche perdue. 

Meules de gaufrettes © Greta Garbure

Meules de gaufrettes © Greta Garbure

Les mignardises s’annoncent. Prendrons-nous un café ?

Mignardises © Greta Garbure

Mignardises © Greta Garbure

Et bien non, nous préférons clore ce repas par une tisane de foin du Mézenc préparée avec l’herbe riche en flore rare (30 espèces environ) et séchée du plateau du Mézenc, celle-là même qui nourrit le bœuf fin gras du Mézenc qui est une viande saisonnière (printanière) exceptionnelle bénéficiant d’une AOC-AOP. Et c’est effectivement une ponctuation finale aussi séduisante que digestive !

Tisane de foin du Mézenc © Greta Garbure

Tisane de foin du Mézenc © Greta Garbure

Avant de nous retirer, nous bavardons un moment avec François Gagnaire qui nous explique un peu sa démarche. Il se sentait prisonnier dans le cadre rigide d’un long partenariat et a eu envie d’être plus libre dans ce bistrot, « son » bistrot « nature »… même s’il n’est pas à l’abri d’une étoile à Paris !
Mais une question me démange :  » Chef, pourquoi le nom d’Anicia ? »
Pour trois raisons me répond-il :
– C’est le nom de l’ancienne ville romaine du Puy ;
– C’est également le nom de la variété communément appelée « lentille verte du Puy » ;
– Enfin, c’est un nom à connotation féminine, comme un prénom, et je trouvais ça à la fois doux et emblématique des produits que je défends. »

C’est en tout cas une adresse à suivre où des produits de terroir d’excellente qualité sont travaillés avec beaucoup de créativité, de sensibilité et de sincérité. C’est certain, nous reviendrons !

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Anicia par François Gagnaire
97, rue du Cherche-Midi
75006 Paris
Tél : 01 43 35 41 50
M°  Duroc ou Vaneau
Site : http://www.aniciabistrot.com

Bonne table ou… évi-table !

Les Terrasses de l’Hôtel La Réserve

Restaurant d’été
Paris 8e

Il y a des jours où, quand le destin s’en mêle, il n’y a rien à faire. Ainsi, rendez-vous était pris pour déjeuner au restaurant « Les Terrasses » en ce mois de juin qui semble avoir oublié qu’en principe en juin, c’est l’été. À tout le moins le printemps. Mais ce jour-là, ce fut le déluge ! Spécialement à l’heure du déjeuner. Impossible donc de s’installer dehors, aussi avons-nous été redirigées vers le Grand Salon, ma commensale et moi.

Le cadre est évidemment somptueux, très Grand Siècle, tout en marbres, grands miroirs, colonnes et dorures. Les fauteuils de velours grenat sont profonds, la salle très lumineuse malgré les cinquante nuances de gris externes et l’on se croirait dans quelque palais princier.

Nous zappons l’apéritif mais prenons notre temps pour lire la carte.

Carte

Carte des vins au verre

La même entrée nous séduit : une « Salade de haricots verts, tourteau, sauce goma sésame » (38 €) que nous accompagnons d’un verre de Puligny-Montrachet 2013 de chez François Carillon (26 €).
La salade est rafraîchissante à souhait, composée de tronçons de romaine (dont personnellement j’aurais coupé le bout des côtes un peu piqueté), de haricots verts cuits comme il faut et de tourteau décortiqué sans que le moindre petit bout de cartilage ne soit oublié. La sauce est discrète. J’eusse aimé une belle pince sur le dessus (je dis ça pour rire car j’adore le crabe). Nous apprécions car l’ensemble est harmonieux.

Salade de tourteau aux haricots verts © Greta Garbure

Salade de tourteau aux haricots verts © Greta Garbure

Pour le plat, ma partenaire choisit une « Marinière de poisson aux épinards, coquillages » (42 €) tandis que j’opte pour une « Côte de veau de lait, purée » (65 €), cuisson rosée. La marinière assure et la côte de veau avec son petit jus est délicieuse bien qu’un peu moins rosée que prévu. Mais jolie viande bien travaillée. La purée est absolument exquise. Voilà un plat réconfortant comme je les aime !

Marinière de poissons aux épinards, coquillages © Greta Garbure

Marinière de poissons aux épinards, coquillages © Greta Garbure

Côte de veau de lait, purée de pommes de terres © Greta Garbure

Côte de veau de lait, purée de pommes de terres © Greta Garbure

La côte de veau de lait et son jus © Greta Garbure

La côte de veau de lait et son jus © Greta Garbure

 

La purée © Greta Garbure

La purée © Greta Garbure

Bon, l’heure du dessert arrive, aussi consultons-nous la carte.

Carte des desserts

Mon amie s’abstient mais je tiens à goûter le dessert du jour : un « Millefeuille fruits rouges et son sorbet » (22 €) qui se révèle un véritable délice malgré une structure qui n’a rien d’un mille-feuilles et une pâte feuilletée cuite ambrée, un nouveau code de pâtisserie. Bon, je ne boude pas mon plaisir, les fruits rouges sont épatants.

Millefeuille fruits rouges et son sorbet © Greta Garbure

Millefeuille fruits rouges et son sorbet © Greta Garbure

Gros plan sur les fruits rouges © Greta Garbure

Gros plan sur les fruits rouges © Greta Garbure

Pour le glou-glou, nous avons gardé le même vin sur tout le repas, même sur la côte de veau qui s’en accommodait très bien.

Puligny-Montrachet 2013 © Greta Garbure

Puligny-Montrachet 2013 © Greta Garbure

Certes, le changement de programme indépendant de notre volonté nous a fait évidemment regretter de ne pas avoir déjeuné sous les frondaisons de l’avenue Gabriel.

Ne nous leurrons pas non plus : nous sommes ici dans le « Triangle d’Or » de Paris et les prix sont à la mesure. Ils peuvent paraître excessifs mais il y a une clientèle pour ça. Une clientèle qui a l’aisance financière et qui ne tient pas à se mélanger. Mieux, qui tient à se protéger en ne fréquentant que des lieux où l’on est entre gens du même monde.

Comme toujours quand on va au restaurant, le tout est de savoir où l’on va, pourquoi et avec qui.

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Les Terrasses
La Réserve Paris Hôtel and Spa
42, avenue Gabriel
75008 Paris
M° : Franklin-Roosevelt
Tous les jours de 11 h à minuit.
Réservation : 01 58 36 60 50
Site : http://www.lareserve-paris.com

Bonne table ou… évi-table !

 Muxu

New french bistrot un peu basque
Paris 11e

Le chef Ethan Goode

Le chef Ethan Goode

Bon, à première vue le lieu ne paye pas de mine ! De la rue, ça ressemble à un bistrot où vous entreriez pour boire un café ou un demi. Sans plus. À l’intérieur, la structure du lieu n’est pas vraiment revisitée mais la déco, très urbaine, est faite dans un esprit loft (discret) avec quelques objets rigolos. On n’est pas à New York mais c’est du néo-style fait avec du vieux. Dans la tendance.

Après les politesses d’usage, nous voici installés. À midi, la carte se réduit à une formule courte mais attractive. Voici celle de notre déjeuner :

Formule du midi © Greta Garbure

Formule du midi © Greta Garbure

Bon, pour une fois nous ne partageons pas nos plats Patrick et moi car nous avons envie tous les deux des mêmes : « Tête pressée de joue de porc, sauce gribiche » et « steak tartare frites ». Il faut dire que même à la fin du mois de mai, le temps n’est pas très printanier. Ne craignons donc pas les calories !

Comme apéritif, nous préférons un verre de vin blanc (chacun le sien) dont Patrick vous parlera plus loin. Avec des pickles de carottes maison. Car ici, TOUT est fait maison ! Et c’est l’un des charmes de cette adresse.

Carottes en pickles © Greta Garbure

Carottes en pickles © Greta Garbure

Le pressé de joues de porc était formidable, avec une viande fondante, des légumes cuits juste ce qu’il faut et une gelée goûteuse à souhait. Rien à voir avec ces trucs gélatineux de cavalerie. Un vrai régal d’autant que la gribiche était elle aussi excellente.

Pressé de joue de porc sauce gribiche © Greta Garbure

Pressé de joue de porc sauce gribiche © Greta Garbure

Ah ! La belle paire de câpres ! © Greta Garbure

Ah ! La belle paire de câpres ! © Greta Garbure

Constat de qualité également pour le steak tartare. Néanmoins, nous avons trouvé l’assaisonnement un peu léger et on nous a alors apporté un ketchup maison de piquillos qui est une vraie trouvaille et une vraie réussite qui customise le tartare façon basque. Il faudrait le proposer d’emblée. Je vais essayer d’en faire à la maison. Une seule remarque : l’entrée et le plat sont servis avec la même petite salade, c’est redondant ! Quant aux frites, je les ai beaucoup aimées mais Patrick les a trouvées trop blanches, pas assez saisies. Ah ! Les goûts et les couleurs !

Steak tartare © Greta Garbure

Steak tartare © Greta Garbure

Steak tartare malaxé © Greta Garbure

Steak tartare malaxé © Greta Garbure

Ketchup de piquillos © Greta Garbure

Ketchup de piquillos © Greta Garbure

Frites © Greta Garbure

Frites © Greta Garbure

Pour le dessert, Patrick a choisi la « soupe de fraise-rhubarbe », dessert qui m’a paru un peu compliqué puisqu’il était également composé de mousse au chocolat, de graines de courge, de liqueur de verveine et de menthe. Mais il y avait une belle harmonie entre ces différentes saveurs. De toute façon, je n’aurais pas su résister au « gâteau basque crème fouettée caramel beurre salé ».

Soupe de fraises-rhubarbe, mousse au chocolat, graines de courge, menthe © Greta Garbure

Soupe de fraises-rhubarbe, mousse au chocolat, graines de courge, menthe © Greta Garbure

Gâteau basque crème caramel beurre salé © Greta Garbure

Gâteau basque crème caramel beurre salé © Greta Garbure

Les vins

Les vins © Greta Garbure

Les vins © Greta Garbure

Pour notre part, nous avons choisi de tâter de l’Ours blanc, mis en bouteilles par la famille Perrin (Beaucastel). Il s’agit d’un assemblage de cépages méditerranéens qui sait mettre un peu de soleil dans la grisaille et de l’humeur souriante au cas (improbable) où l’on en manquerait !
La raboseta nous a laissés à distance.

Lubéron Ours blanc 2015 © Greta Garbure

Lubéron Ours blanc 2015 © Greta Garbure

La Raboseta © Greta Garbure

La Raboseta © Greta Garbure

À la fin du repas, nous avons pu discuter avec le nouveau chef Ethan Goode. Passé par les cuisines du Frenchie (rue du Nil à Paris) et par celles de nombreux établissements dans le monde (car nous avons affaire à un chef voyageur) nous l’avons trouvé un peu fou, ce qui est le propre de tous les passionnés. Car figurez-vous qu’il fait tout lui-même. Ainsi, même la liqueur de verveine du dessert, c’est lui qui la prépare avec la verveine de son jardin. Et tout à l’avenant !

L’équipe du restaurant se compose de plusieurs associés : Marc Etcheberrigaray — d’où les clins d’œil basques —, Mathieu Blin, David Duchamp et Vincent Hadjadj. Une team qui mène bien sa barque. Et ce nouveau chef devrait bientôt faire parler de lui. En tout cas, nous le suivrons.

Bon, un petit bémol quand même : le fond musical est un tout petit fort, en tout cas durant le déjeuner.

Et puis, pour ceux qui ignorent la signification de « Muxu », en basque, cela veut dire petit baiser. Mais c’est aussi le nom d’un macaron de l’excellente maison Pariès qui, plus encore qu’un baiser, est une caresse en bouche.

Voici quelques autres suggestions de menus qui vous donneront une idée plus précise :

         Formule du midi      Formule du midi 3      Formule du midi 4

Menu du soir                    Menu du soir 4

Invitation directe du chef et de l’équipe du restaurant.

Blandine & Patrick

Muxu
16, rue Duguerry
75011 Paris
Tél : 01 48 07 44 43
M° : Parmentier, Goncourt, Belleville
Ouvert du mardi au samedi de 11 h 30 à 14 h 30 et de 19 h 30 à 22 h 30.
Fermé le dimanche et le lundi.
Site : http://www.muxu-paris.com

Bonne table ou… évi-table ?

  Café Martini

Restaurant italien
Paris 4e

Devanture

 

J’y étais déjà allée boire un verre avec un ami car le lieu s’y prête bien. Mais sans me souvenir du nom de l’enseigne. Ou plutôt en me rappelant qu’on pouvait y grignoter une plancha de charcuterie ou de fromages (le comptoir réfrigéré est appétissant) mais pas qu’on pouvait y faire un vrai repas.
Jolie surprise donc que la découverte de ce restaurant italien niché juste derrière la place des Vosges.

Nous y avons déjeuné au mois de mai et, malgré le dicton, le fond de l’air était encore frais. Mais il fait toujours assez beau pour boire un spritz à l’apéro même si on oublie de le prendre en photo parce qu’on regarde le cadre sous toutes les coutures et qu’on louche sur les charcuteries et les fromages.

Un coin de la salle © Greta Garbure

Un coin de la salle © Greta Garbure

Face à la rue © Greta Garbure

Face à la rue © Greta Garbure

La trancheuse et la salumeria

La trancheuse et la salumeria

La vitrine de charcuteries et de fromages © Greta Garbure

La vitrine de charcuteries et de fromages © Greta Garbure

D'autres charcuteries © Greta Garbure

D’autres charcuteries © Greta Garbure

Fromages © Greta Garbure

Fromages © Greta Garbure

Lard et fromages © Greta Garbure

Lard et fromages © Greta Garbure

En revanche, nous avons immortalisé la finocchiona, une saucisse au fenouil dont nous ferions bien notre ordinaire.

Finocchiona © Greta Garbure

Finocchiona © Greta Garbure

Mais il est temps de se sustenter avec du plus consistant. Faisons donc notre choix :

          Carte du soir          Formule du midi          Ardoise du déjeuner

Nous optons pour la formule du déjeuner mais avec une entorse pour l’entrée : Patrick choisit les « gamberoni in saor » (à la vénitienne aux oignons confits à l’aigre-douce) et moi le « tortino di polpo, di patate et di olive taggaschie » (olives réputées de Taggia dans la province d’Imperia). Les brochettes sont somptueuses et heureusement que nous partageons sinon j’aurais été jalouse ! Petite note d’originalité : la brochette est en réalité un spaghetti que l’on peut consommer. Les oignons sont sublimes. Le gâteau de poulpe, pommes de terre et olives est plus roboratif mais tout aussi séduisant.

Brochette de gamberoni aux oignons confits © Greta Garbure

Brochette de gamberoni aux oignons confits © Greta Garbure

Le spaghetti magique © Greta Garbure

Le spaghetti magique © Greta Garbure

L'oignon rouge comme une œuvre d'art © Greta Garbure

L’oignon rouge comme une œuvre d’art © Greta Garbure

Gâteau de poulpe, de pommes de terre et d'olives © Greta Garbure

Gâteau de poulpe, de pommes de terre et d’olives © Greta Garbure

Pour les plats du jour, chacun le nôtre : « Spaghetti alla marinara »  (marinière de coquillages) pour Patrick et « vitello tonnato » qui me rappelle mes années en Lombardie pour moi.  Le vitello tonnato est très bon mais la sauce au thon n’y joue que le rôle d’un condiment alors qu’en Italie elle nappe la préparation, donc petite déception mais simplement due à la confrontation de mes souvenirs. Nostalgie quand tu nous tiens ! Quant aux spaghetti, ils sont bien garnis mais nous les aurions aimé avec un peu plus de peps.

Gâteau de poulpe, de pommes de terre et d'olives © Greta Garbure

Gâteau de poulpe, de pommes de terre et d’olives © Greta Garbure

Vitello tonnato © Greta Garbure

Vitello tonnato © Greta Garbure

Pour le dessert nous avons testé le tiramisu et Patrick n’a pas résisté au panettone en pain perdu accompagné d’une glace au yaourt. De quoi nous donner envie de venir goûter ici tous les jours !

Panettone en pain perdu © Greta Garbure

Panettone en pain perdu © Greta Garbure

Tiramisù © Greta Garbure

Tiramisù © Greta Garbure

Sur ce menu très plaisant, nous avons bu un pinot grigio très agréable du dernier millésime 2015, c’est-à-dire un enfant sage qui a su se tenir à sa place sans se faire remarquer pour de mauvaises raisons, mais bien aromatique quand même sur les agrumes.

Pinot grigio Specogna 2015 © Greta Garbure

Pinot grigio Specogna 2015 © Greta Garbure

Et bien sûr, un café à l’italienne !

C’est donc une escale très plaisante que ce Café Martini tenu par Alexandre Degli Esposti dont la famille est bolognaise (c’est sa grand-mère qui a créé PastaVino rue de Buci). Actuellement, la cuisine est élaborée par Antonella Rossi. En tout cas, après cette première expérience, nous ne manquerons pas d’y revenir dîner un soir pour savoir si Greta Garbure y laisse son rond de serviette.

Voir les prix sur la carte et les ardoises, en cliquant sur les photos.

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine & Patrick

Café Martini
11, rue du Pas de la Mule
(Place des Vosges)
75004 Paris
Tél : 01 42 71 59 73

M° Bastille
Ouvert du lundi au vendredi de 12 h à 14 h 30 et de 17 h à 2 h.
Samedi de 12 h à 2h et dimanche de 11 h à 17 h.