Catégorie: GLOU-GLOU

Lieux de vie, lieux du vin

Le Chameau Ivre

Patrick devant le Chameau Ivre © Greta Garbure

Patrick devant le Chameau Ivre © Greta Garbure

Il ne me viendrait pas une seconde à l’esprit d’être à Béziers sans passer boire un verre au Chameau Ivre. Non que le dessèchement sur pied me fasse peur : j’ai l’habitude de l’effet de fœhn sur les coteaux de Jurançon et de Monein, le passerillage ne peut me prendre par surprise !

Mais nous sommes là dans LE bar à vins et à tapas de Béziers et dorénavant également un VRAI restaurant avec un VRAI chef qui travaille des produits d’une indiscutable et rare qualité.

La nouvelle cuisine © Greta Garbure

La nouvelle cuisine © Greta Garbure

Choisissez parmi les plus belles bouteilles du Languedoc et d’ailleurs.

Saint-Chinian Mas Champart 2012 © Greta Garbure

Saint-Chinian Mas Champart 2012 © Greta Garbure

Chut ! du Mas Jullien © Greta Garbure

Chut ! du Mas Jullien © Greta Garbure

Philippe Catusse dévoile des trésors sur sa carte mais ses casiers secrets en recèlent bien d’autres encore.

Philippe Catusse © Greta Garbure

Philippe Catusse © Greta Garbure

Tous les vignerons de talent le connaissent et lui confient leurs vins, les autres redoutent son jugement très sûr.

Alors, laissez-vous faire, vous y serez bien !

Patrick de Mari

Le Chameau Ivre
Caviste – Bar à vins – Tapas
2500 références d’ici et d’ailleurs…
Bistrot
Midi et soir – Produits frais bio
15, place Jean Jaurès
34500 Béziers
Tél : 04 67 80 20 20
Courriel : lechameauivre@orange.fr

Dégustations

Balades bordelaises

Loin de toute tentation de « Bordeaux bashing », tout près au contraire de relations de bon voisinage aquitain, je dois vous rendre compte de deux récentes manifestations, différentes dans leurs organisations mais comparables dans l’esprit.
Enfin, quand je dis « je dois », c’est en fait un plaisir et aussi ma réponse aux personnes qui m’y ont convié. Et puis, c’est l’occasion de faire un point personnel sur ces vins que j’aime tant… et les autres.

Au château Bellefont Belcier, pas très loin du village de Saint-Émilion, le Grand Cercle des Vins de Bordeaux avait mis sur pied pour la presse un tasting du millésime 2011. Pas loin de 220 bouteilles étaient proposées à la dégustation, présentées par leurs propriétaires, directeurs ou maîtres de chais.

Grand vin de Reignac © Greta Garbure

Grand vin de Reignac © Greta Garbure

J’entends dire par-ci par-là que le handicap principal des 2011 est d’arriver après les deux très beaux voire exceptionnels millésimes 2009 et surtout 2010. Alors, aux propriétaires qui ne baissent pas les prix quand la qualité de leurs vins est moindre, pour des raisons qui leur appartiennent, je souhaite bonne chance ! Pareil pour ceux qui ne les auront baissé que de moins de 20%. Et bravo à ceux qui ont tout vendu à ces prix-là, ils sont fortiches. Pour une consommation rapide (non, pas dans la demi-heure quand même, vous pouvez lâcher votre tire-bouchon !), j’ai noté des références plaisantes et parfois excellentes. Des valeurs sûres mais également de bonnes surprises dans un millésime que j’ai entendu qualifier de « grand » par un commercial facétieux ! And my ass, is it chicken ?
Malgré les efforts unis et complices de certains commentateurs, l’honnêteté commande d’avouer que l’année fut difficile et les récompenses du travail fourni rares et parfois même absentes.
Je suis d’accord pour attribuer des tours de ruedo, parfois même un trophée, mais sûrement pas les oreilles et la queue ou bien juste celle de Mickey sur le manège des vanités. J’ai suffisamment de respect pour les vignerons du Bordelais pour ne pas mélanger les bonnes et les mauvaises années, les bonnes et les moins bonnes bouteilles, à des prix avantageux ou détestables. Les dithyrambes ne peuvent s’adresser qu’à quelques-uns particulièrement méritants mais globalement l’enthousiasme doit être relativisé : modéré pour ne pas laisser espérer de grands vins de garde en 2011 mais respecté pour les consommateurs inconditionnels qui trouveront peut-être des rapports qualité/prix à leur convenance, en cherchant vraiment bien !

Dégustation à l'aveugle © Greta Garbure

Dégustation à l’aveugle © Greta Garbure

Autre exercice à Podensac afin de décerner les « Trophées des Grands Crus de Graves ». Entre les éliminatoires et les finales, environ 85 vins à déguster, commenter, comparer et noter : des rouges 2012 et des blancs 2014, secs et moelleux.
Vu le temps imparti, trop court à mon avis, il ne faut pas lambiner ! On oublie la notion de plaisir personnel pour décortiquer chaque échantillon et juger de ses qualités à un instant t. Il est tentant de parler de ce qu’il deviendra à maturité mais on doit surtout le juger par rapport à l’idée que l’on se fait des caractéristiques de l’appellation. Ainsi, la salinité, un léger fumé et une pointe d’amertume rafraîchissante en finale sont souvent la signature de ces vins qui ont toute ma sympathie.
Les rouges 2012 bénéficient d’un agréable fruité allié à des corpulences moyennes, quand ils ne sont pas dominés par un boisé pas encore fondu.
Les blancs 2014 sont plus explosifs et le niveau d’ensemble permettra de trouver son bonheur parmi les vins sélectionnés.
Rappelons que ces délicieux vins de Graves se trouvent à partir de 6/8 euros, y compris chez les bons cavistes qui vendent aux prix de la propriété.

Trophées des Grands Crus de Graves 2015 © Greta Garbure

Trophées des Grands Crus de Graves 2015 © Greta Garbure

Les vainqueurs © Greta Garbure

Les plus hautes autorités de la Belgique et des Graves récompensent le château Crabitey  © Greta Garbure

À Bordeaux comme partout en France, les millésimes se suivent et ne se ressemblent pas, les appellations non plus et c’est tant mieux. Je lis trop souvent des jugements définitifs sur des vins qui ne méritent généralement ni autant d’indignité et de mépris ni d’éloges aussi démesurés.
En tout cas, un ou deux verres de Bordeaux par jour, c’est bon pour la santé, ai-je affirmé lors d’un séjour en Bourgogne. « Évidemment, m’a-t-on répondu du tac au tac, si vous aimez les médicaments…! »

Vite, docteur, une ordonnance !

Patrick de Mari

Jeux de quilles

Une effervescence « on the Rocks » !

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Je ne suis pas très favorable (euphémisme !) au mot piscine accolé à du rouge ou du rosé médiocre qui serait miraculeusement sauvé par des glaçons. Mais après tout, ça fait toujours moins de mal que bien des apéritifs aromatisés, anisés ou très chargés en alcool. L’étymologie de l’apéritif laisse présumer qu’il ouvre l’appétit. Alors il doit pouvoir allier la légèreté, un poil d’acidité et une charmante amertume en finale : le succès du Spritz, récent en France mais bien établi à Venise, est autant dû à l’Apérol et à l’eau gazeuse qu’au prosecco local. Ce prosecco qui fait une percée impressionnante : il vient de dépasser les ventes mondiales de notre champagne, du moins en nombre de bouteilles (330 millions environ). Pas d’inquiétude, ils ne boxent pas dans la même catégorie et il y a de la place pour tout le monde. D’ailleurs, nous avons en France d’autres bulles à faire valoir avec les crémants d’Alsace, de Bourgogne, de Bordeaux, de Loire, du Jura, clairettes, blanquettes et plus encore. Il faut se souvenir que c’est à Limoux qu’est né le premier vin effervescent, dès le XVIe siècle, et que le mauzac se plaît à y pétiller !
Sur GretaGarbure.com, nous avons déjà dit tout le bien que nous pensions du travail et des réalisations de la célèbre coopérative Sieur d’Arques : http://gretagarbure.com/2013/04/04/degustations-9/. Un jour, nous vous parlerons plus en détail des 4 terroirs, bien identifiés et délimités, dont on tire les cuvées « Toques et Clochers » qui magnifient le chardonnay à un niveau qui en surprendra plus d’un.

VERRE_On_The_Rocks_Sieur_d'Arques

Mais aujourd’hui, nous voulons vous parler du petit dernier de la maison, un vin qui va faire gémir ! De rage : les puristes, les connaisseurs à qui on ne la fait pas, les intégristes de la montagne de Reims… De plaisir : ceux qui cherchent (et trouvent) des nouvelles raisons d’être heureux de ce qu’ils boivent.

Titrant seulement 6°, on doit le servir très frais, dans des grands verres pleins de glaçons, d’où son nom « on the Rocks » ! Très fruitée, sur la pomme et les fruits jaunes, c’est une boisson parfaite pour les échanges sans façons, après un tournoi de pétanque ou de bridge, avant le dîner ou tard dans la nuit. Tout ça pour dire que ce vin blanc pétillant de Limoux a tout pour lui, tout pour se hisser en termes de qualité au-dessus d’une très grande majorité de cavas espagnols et de proseccos italiens. Au prix de 6,50 € en Grandes et Moyennes Surfaces, on aurait tort de s’en priver ! Il vise clairement les clientèles jeunes, décomplexées, les amateurs de boissons alcoolisées qui ne mettent pas immédiatement minable, ceux qui fuient le binge drinking et désirent au contraire conserver une certaine élégance en société. C’est une création commerciale ciblée, produite pour plaire au plus grand nombre et je ne m’offusquerai pas que les consommateurs séduits puissent prendre du plaisir tout en conservant quelques points sur leurs permis de conduire.

Allez la jeunesse, amusez-vous mais restez dignes .
Et les vieux aussi !

Patrick de Mari

Dégustations

« Salauds de jeunes ! »
C’est eux qui le boiront !

Il est de coutume de dire qu’un château d’Yquem ne devient véritablement un Yquem qu’au bout de, selon l’humeur du censeur sentencieux, 20, 30 voire 50 ans. Avant, ce n’est qu’un sauternes. Or, pour avoir maintes fois goûté des Yquem en Primeurs puis d’autres à peine âgés de quelques années, je veux affirmer avec force que même dans sa prime jeunesse, l’enfant est toujours prometteur et formidablement délicieux, complexe… émouvant diront certains.

Dans une des salles de Vinexpo, l’Union des Grands Crus présentait ses sauternes dans le millésime 2014, encore en cours d’élevage pour au moins un an ou deux. Arrivé tard (décidément, c’est une manie !), je commence cette dégustation horizontale au pas de course, juste au moment où les propriétaires et maîtres de chais quittent le navire. Livrées à ma curiosité professionnelle et à mon plaisir égoïste, les bouteilles sont belles, emmaillotées dans leur traditionnel papier doré opaque, afin de ne pas leur faire subir les altérations provoquées par la lumière.

Le niveau d’ensemble est haut (comme le chantent les sept nains qui rentrent du boulot). Ce millésime a connu un été quasiment indien (comme le chantait Joe Dassin) et les vendanges ont pu être rentrées avec une parfaite maturité et un botrytis bien développé (oui, je sais, les Vendanges de l’amour étaient chantées par Marie Laforêt mais la prolifération des champignons y était moins encouragée !).

Mais ce soir je ressens surtout, et à double titre, un grand moment de solitude : on me fait comprendre que c’est l’heure pour moi de lâcher mon verre et de laisser se faire le nettoyage et la nouvelle mise en place de la salle pour le lendemain. Et d’autre part l’impossibilité dans laquelle je me trouve donc de partager les sensations sublimes procurées par la dernière bouteille goûtée. Alors, illico, je trouve un bouchon et j’engouffre ce trésor dans ma sacoche, sous l’œil complice des employés qui vont bientôt pouvoir faire de même avec tous les autres flacons abandonnés.

Eh bien, à la fin du dîner j’ai fait un tabac auprès de mes amis en sortant de leur réfrigérateur ce nectar du château Lafaurie-Peyraguey. Non seulement, il s’est montré à l’aise face à une fourme d’Ambert à point mais de plus le voisinage immédiat d’un clafoutis de bonne tenue lui allait au moins aussi bien au teint… et au nôtre.

Château Lafaurie Peyraguey 2014 © Greta Garbure

Château Lafaurie Peyraguey 2014 © Greta Garbure

Il possède tout ce qu’on peut rechercher dans un beau sauternes en devenir : des arômes puissants sur des notes fruitées telles l’abricot, la mirabelle, la pêche jaune puis des saveurs miellées d’ananas et d’agrumes. C’est une explosion de fruits et de fraîcheur dans la bouche. On devine que la sucrosité aujourd’hui légèrement excessive disparaîtra au fil du temps et qu’une infinie complexité la remplacera pour le bonheur des générations futures (salauds de jeunes !).

La bouteille de château Lafaurie-Peyraguey emmaillotée © Greta Garbure

La bouteille de château Lafaurie-Peyraguey emmaillotée © Greta Garbure

C’est l’ébauche d’un très grand vin. Réservez-le aujourd’hui en Primeurs ou achetez-le plus tard, à sa sortie sur le marché. Il sera alors très recherché car c’est vraiment un des champions du millésime 2014.

Patrick de Mari

Lieux de vie, lieux de vin

Rugby champagne

Nouveau Stade Bordeaux © Greta Garbure

Nouveau Stade Bordeaux © Greta Garbure

Durant Vinexpo, la grand-messe bisannuelle du vin, journalistes et assimilés croulent sous les invitations à déguster, à déjeuner, à découvrir. Les événements, coordonnés et relayés par des attachées de presse toutes plus charmantes les unes que les autres, se succèdent ou parfois se chevauchent (non, les événements…).

Ce matin-là, après deux visites sur des stands amis, j’ai pris du retard. Je dois malheureusement faire mon deuil des accords fromages-portos qui me tentaient bien. Il est midi et une amie (une belle rousse) qui voulait me faire connaître les mérites d’une carafe à vin révolutionnaire, m’attend pour déjeuner dans un restaurant au bord du lac à midi et demi. Tout va bien, je serai à l’heure. Sauf que… sauf que un éminent reporter-photographe de chez Bettane-Desseauve me fait une proposition, juste indécente vu le timing qui se resserre dangereusement : prendre une coupe de champagne à l’invitation de Clément Fayat, au beau milieu de la pelouse du grand et splendide stade que son entreprise vient de construire. Désolé, Louise mais je ne peux pas résister !

Une navette nous aide à faire sans efforts exagérés les 200 mètres qui nous séparent du nouveau saint des saints bordelais. Alors, se révèlent à mes yeux incrédules les coulisses puis la scène du théâtre des futures exploits des rugbymen de l’Union Bordeaux Bègles et des footbaleurs des Girondins. Je suis immédiatement aimanté par le vert cru, violent, de la pelouse qui contraste avec le blanc et le gris clair, si reposants.

Vert, blanc, gris © Greta Garbure

Vert, blanc, gris © Greta Garbure

Discours convenus, remerciements courtois, mais moi, pendant ce temps, je suis comme un gosse à Disneyland. C’est vraiment un magnifique stade, au point d’imaginer que même les supporters seront sensibles à cette beauté architecturale et s’y comporteront en gentleman… C’est dire !
Sans doute les premiers effets des flûtes de champagne prestement distribuées par des hôtesses sélectionnées, jolies, à l’uniforme impeccable, girondes quoi !

Mais, comme pour Kisscool®, il y a un deuxième effet décoiffant qui se manifeste chez moi lorsqu’un joueur de l’UBB susnommée me propose de tirer (nooon !!!) une pénalité face aux poteaux ! Je laisse l’instant, immortalisé par le correspondant de guerre œnophile, parler de lui-même. Merci Guy pour ce souvenir impérissable, en tout cas moins périssable que ma cheville après cet exercice plus de mon âge ! L’histoire ne dira pas si le ballon est passé là où il le devait, non, elle ne le dira pas !

Silence dans le stade © Guy Charneau

Silence dans le stade © Guy Charneau

Patrick tire © Guy Charneau

Patrick tire © Guy Charneau

Guy Charneau, le correspondant de guerre œnophile  © maphoto60@gmail.com

Guy Charneau, le correspondant de guerre œnophile © maphoto60@gmail.com

Même déguisé en homme-sandwich pour Greta Garbure, la faim commence à me tenailler. Ben tiens, tu m’étonnes : avec tout ça, 13 h 47 sonnent frénétiquement au beffroi ! Ce ne sont pas quelques gougères et trois ou quatre millésimes du château La Dominique qui me feront oublier mon rendez-vous ! Un coup de téléphone penaud et une erreur d’aiguillage plus tard, le restaurant a fermé ses cuisines quand nous arrivons au port… Damned ! Heureusement que le sport est sorti grandi face à ces vaines préoccupations alimentaires. D’autant que dans les allées, les stands de ravitaillement n’ont pas manqué, merci à ceux qui se reconnaîtront.

Encore des instants futiles, des petits bonheurs furtifs, des plaisirs fugaces… La vie, quoi !

Patrick de Mari