Catégorie: MIAM-MIAM

Couenneries

Lentilles vertes au groin de porc

Groin aux lentilles © Greta Garbure

Lentilles vertes au groin de porc © Greta Garbure

Voilà ce qui arrive quand un émissaire du Pays basque vient vous rendre visite avec des victuailles plein sa musette !

Je passe sur les confits et cochonneries en tout genre, et plus précisément le genre à déguster à l’apéro en rondelles, chorizo, saucisses sèches au piment d’Espelette, boudin et autres cochonnailles canailles. Tiens ! on en profite pour aller voir de plus près ce que le mot canaille veut dire car, nom d’un chien ! — et j’emploie cette expression à dessein — ça vaut son pesant d’os à ronger : http://gretagarbure.com/2013/06/07/les-mots-des-mets-la-saveur-cachee-des-mots-14/ !

Je passe aussi sur la ventrèche subtilement nimbée d’un voile de piment d’Espelette, ventrèche qui le dispute au lard de poitrine traditionnel dans mon cœur ! Car il n’y a pas que dans le cœur des hommes qu’un cochon sommeille, n’en déplaise à Charles Monselet ! Dans celui des femmes aussi… parfois !

Non, je m’arrête sur ce morceau de roi — de reine ! — qu’est le groin du cochon traité en petit salé ! Sans doute, les charcutiers trouvent-ils plus politiquement correct de le vendre sous le nom de « museau de porc salé et cuit », mais ça revient au même ! Il s’agit bien du groin fouisseur du « Seigneur » de nos campagnes, avec ses deux superbes trous de nez  ! Museau soutenu par un fort cartilage permettant le fouissage et lui donnant cette texture cartilagilo-gélatineuse si particulière… et si délicieuse !

Zoom de groin de cochon via rocamadourlaboriedimbert.com

La recette… et ses beaux restes !

Lentilles vertes au groin de porc

Museau salé déballé © Greta Garbure

Groin de porc (museau salé) © Greta Garbure

Préparation : 10 min
Cuisson : 35 à 45 min

Pour 4 personnes (trois repas)
• 2 demi-groins (museaux de porc salés cuits)

• 250 g de lard de poitrine maigre, demi-sel
• 500 g de lentilles vertes du Puy
• 1 gros oignon
• 2 clous de girofle
• 3 belles carottes
• 1 petite branche de céleri
• 5 ou 6 branches de persil plat
• 2 branches de thym
• 2 feuilles de laurier
• sel fin ou fleur de sel, poivre du moulin
• moutarde

Faites blanchir le lard : plongez-le dans une casserole d’eau froide, portez à ébullition pendant 5 minutes, égouttez, rafraîchissez, épongez et coupez en lardons.

Mettez les lentilles dans une cocotte assez grande avec les carottes pelées et coupées en rondelles,  l’oignon coupé en quartiers et piqué des clous de girofle et les aromates (thym, laurier, céleri, persil) ficelés en bouquet. Poivrez. Recouvrez largement d’eau froide, portez sur feu doux et portez à frémissement pendant 30 minutes. Goûtez-les pour voir si les lentilles sont bientôt cuites : en principe 35 minutes suffisent, parfois un peu plus.

Cuisson des lentilles © Greta Garbure

Cuisson des lentilles © Greta Garbure

Salez au sel fin ou à la fleur de sel, mélangez et enfouissez les groins de cochon dans les lentilles. Réchauffez 5 minutes environ. Ne laissez pas surcuire, ni le museau ni les lentilles. Trop cuit, le museau se défait en fibres (charpie) et perd tout son moelleux et toute sa saveur. Quant aux lentilles, sans être al dente, elles doivent conserver de la mâche.

Groin dans les lentilles © Greta Garbure

Ajouter le groin de porc © Greta Garbure

Pour servir, éliminez le bouquet garni. Retirez une partie des lentilles à l’écumoire et disposez-les dans un grand plat creux. Posez un groin coupé en quatre par-dessus. Servez très chaud en accompagnant de moutarde.

Note : Surtout, égouttez aussitôt après cuisson les lentilles et les viandes (groin et lardons) qui restent, mais en conservant le jus de cuisson à part dans lequel vous rajouterez une louchée de lentilles. Réservez le tout au frais jusqu’à utilisation (recettes 2 et 3).

Assiette de lentilles au museau © Greta Garbure

À l’assiette © Greta Garbure

Salade de lentilles au groin de porc (avec les restes)

Préparation : 10 min

Pour 4 personnes
• 4 échalotes

• 1 cuillerée à soupe de moutarde blanche forte
• très bon vinaigre de vin
• huile de goût neutre (arachide, tournesol, etc.)
• 8 branches de persil plat (facultatif)
• sel fin, poivre du moulin

Pelez et ciselez ou hachez les échalotes selon le goût. Mettez-les au fond d’un saladier.

Hachis d'échalotes © Greta Garbure

Hachis d’échalotes © Greta Garbure

Ajoutez une bonne cuillerée de moutarde et poivrez. Mélangez. Ajoutez le vinaigre (1 à 2 cuillerées selon la quantité de lentilles), mélangez, puis ajoutez l’huile (4 à 6 cuillerées selon la quantité). Si possible, laissez macérer 5 à 10 minutes avant d’ajouter les lentilles et leur garniture.

Vinaigrette échalotes moutarde © Greta Garbure

Vinaigrette échalotes moutarde © Greta Garbure

Mettez les lentilles dans le saladier, mélangez. Goûtez pour savoir s’il faut rectifier ou non l’assaisonnement en sel.

Coupez le groin en gros dés et ajoutez-les à la salade.

Couper le groin en dés © Greta Garbure

Ah le joli groin ! © Greta Garbure

Éventuellement, parsemez de persil finement ciselé. Servez frais.

Salade de lentilles au groin de cochon © Greta Garbure

Salade de lentilles au groin de cochon © Greta Garbure

Velouté de lentilles
(avec les restes des restes)

Préparation : 10 min

Pour 4 personnes
+
20 cl de crème liquide

croûtons

Mixez les lentilles, leur lus de cuisson et éventuellement ce qui reste de légumes (carottes) et de viande (lardons, museau). Versez dans une casserole, ajoutez la crème, délayez, portez à frémissement. Rectifiez l’assaisonnement et servez chaud avec des petits croûtons !

Un peu de bla-bla

— Comme tous les légumes secs, les lentilles ne doivent jamais être salées avant leur mi-cuisson pour ne pas durcir leur peau. Là, c’est de toute façon une sage précaution que de n’assaisonner que vers la fin de cuisson — après avoir goûté — car le petit salé peut l’être plus ou moins.

— C’est meilleur avec des lentilles vertes, mais ça marche aussi avec des lentilles blondes.

Lentilles vertes du Puy © Greta Garbure

Lentilles vertes du Berry © Greta Garbure

— Si l’on préfère, on peut mettre du poivre en grains dans un nouet de mousseline et le plonger au cœur des lentilles.

Blandine Vié

Dans les rayons

 XINGARA, la cave à jambons
de Michel Mirail à Biarritz

Chiffonnade d'iberico © Greta Garbure

Chiffonnade d’iberico © Greta Garbure

Xingara logo

Tous ceux qui sont déjà allés aux Halles de Biarritz le savent déjà : la cave à jambons Xingara de Michel Mirail, c’est le palais des délices !
Et comme nous trouvons que le cochon devrait trôner 
au moins autant que la dinde sur la table de Noël, c’est le moment où jamais de vous en parler ! De vous en parler et surtout de vous faire saliver avec quelques photos des différentes gammes de produits d’exception proposées chez Xingara.

Mais d’abord un petit mot sur notre homme.
Originaire d’Arnéguy, un petit village frontalier au pied des montagnes basques, Michel Mirail a vécu de nombreuses années à Paris avant que le mal du pays ne lui fasse rejoindre sa terre natale. Issu d’une famille d’agriculteurs, il a été élevé dans l’amour des bons produits, naturels et authentiques, dans la culture du terroir.
Après 5 années d’études des procédés de fabrication et de voyages à travers l’Espagne à la recherche de producteurs de jambon ibérique, il ouvre boutique, avec son épouse, Christine Lhéritier (figure connue de la vie commerçante locale) qui, depuis juillet 2010, anime « la cave à jambons » aux Halles de Biarritz, sous l’enseigne Xingara.

Leur but est de proposer au consommateur des produits authentiques de qualité voire d’exception, élaborés par des producteurs et artisans dans le respect des terroirs d’origine.
À la base du concept, ils ont mis en place un cahier des charges très précis et très exigeant pour offrir au consommateur les meilleurs produits, estampillés XINGARA.
« Nous travaillons exclusivement avec de petits producteurs indépendants qui doivent être propriétaires de leur ferme, disposer d’un séchoir naturel et dont les animaux doivent être élevés en plein air » précise Michel Mirail.

Bon, on commence par quelques tapas ?

Michel Mirail a rassemblé sous le label URKULU (du nom de la montagne au-dessus d’Arnéguy), des petits producteurs de salaisons, de conserves, des charcutiers-cuisiniers du sud-ouest et participe à l’élaboration des produits sous son label. Toutes les charcuteries et conserves URKULU sont issues de cochons élevés en liberté pendant 16 mois minimum ; ces cochons se nourrissent dans les pâturages et avec les fruits qu’ils trouvent en alpage, leur alimentation étant complétée par du maïs et de l’orge, si nécessaire.
Pascal NIBAUDEAU, Chef du Pinasse Café au Cap Ferret et ex-chef étoilé du Pressoir d’Argent à Bordeaux, est le parrain et l’ambassadeur de la gamme URKULU.

Saucisson © Greta Garbure       Chorizo © Greta Garbure       Andouille gros plan © Greta Garbure

Boudin gros plan © Greta Garbure       Boudin en boîte © Greta Garbure      

          Coppa Xingara © Greta Garbure          Saucissetteaux © Greta Garbure

Dans l’ordre, de gauche à droite et ligne par ligne,vous pouvez reconnaître :
— saucisson,
— chorizo,
— andouille,
— boudin en peau,
— boudin en boîte,
— lomo et lomito,
— coppa,
— saucisseteaux.
(toutes photos © Greta Garbure)

Mais il y a aussi les jambons !

Jambon Dorrius gros plan © Greta Garbure

Jambon Dorrius © Greta Garbure

Michel Mirail propose une gamme sensationnelle de jambons ibériques sélectionnés avec la collaboration du « cortador » Florencio Sanchidrian (nommé ambassadeur du Jambon ibérique par l’Académie Internationale de la Gastronomie). Des jambons qui respectent la nouvelle réglementation espagnole, jugulant ainsi les appellations par farfelues qui existent depuis trop longtemps !

Les 4 catégories différenciées par 4 couleurs permettent de trouver une classification claire et facilement identifiable :
• étiquette noire bellota : élevages de cochons « Puro », truie et verrat iberico.
• étiquette verte bellota : élevages de cochons « Cruzado » truie ibérique et verrat de race Duroc.
• étiquette jaune iberico de campo : élevages « Cruzado » (la plupart du temps) qui terminent leur engraissement en montanera. Peut aussi correspondre à des bellotas déclassés pour cause de poids pris insuffisant à la sortie de la montanera et/ou à une perte de poids trop importante à l’affinage (jambons de moins de 6,5 kg).
• étiquette blanche cebo : élevage de porcs ibériques en semi-extensifs avec alimentation naturelle.

Pour avoir le droit de s’appeler bellotas, les cochons doivent se nourrir de glands et pour atteindre le poids nécessaire, ils doivent disposer d’un hectare par cochon. La durée minimum d’affinage du jambon est de 24 mois… Xingara va plus loin avec une durée d’affinage de 36 à 44 mois, ce qui donne à ce jambon son goût si savoureux.
Toutes les pièces sont rigoureusement sélectionnées directement par Xingara sur les lieux de production et sont classifiées dans une des 4 appellations Xingara.

Xingara, c’est aussi les jambons de bœuf, à la couleur et au goût si particulier. Ils viennent de la province de Léon, spécialisée dans le fumage depuis plusieurs siècles.

Déclinaison de jambons ibériques © Greta Garbure

Enfin, si les Halles de Biarritz accueillent le « temple du jambon » de Kiki, Christine, l’épouse magnifique, celui de Michel Mirail est devant l’entrée de l’autoroute, à l’espace des Templiers. Sa croisade à lui passe par ses bureaux mais surtout sa boutique-bar à vins et à tapas (on notera l’ironie de l’histoire puisque l’Ordre des Templiers fut dissous par le « Pape Clément » !). C’est là que l’on fait ses commissions, que l’on « pintxe » avant le dîner ou que l’on se confronte aux formidables découpes typiquement espagnoles : pluma, solomillo, secreto ou presa. Ces morceaux de cochon iberico bien cuits, c’est-à-dire peu, rosés humides plutôt que gris secs, sont des révélations, de divines surprises. Allez découvrir, même éloigné du centre ville, ce havre qui propose de si bons produits à consommer sur place ou à emporter, escortés par de si jolis vins (notamment du Prieuré Sainte-Marie d’Albas), conseillés par on ne sait qui…

Blandine Vié & Patrick de Mari

Jambons, jambons

Bonne table… ou évitable !

Menu d’automne
au restaurant Maison Blanche,

Paris 8e

MAISON BLANCHE Restaurant à Paris 2012 (2)

C’est toujours un plaisir de venir déjeuner dans ce restaurant situé au-dessus du théâtre des Champ-Élysées, ne serait-ce que pour la vue panoramique sur Paris (encore plus magique le soir). Mais, fine et précise, la cuisine d’Hervé Nepplé (sous la houlette des frères Pourcel) n’est pas le moindre attrait de cette table très chic de la très chic avenue Montaigne.

Disons-le tout de go, j’y suis allée début octobre… (un mois d’octobre très ensoleillé) et pour une fois sans Patrick ! Et si je précise la date, c’est parce qu’un ami (ami, vraiment ?), mettant en doute notre probité, nous a récemment brocardés sur Facebook parce que dans l’une de nos dernières chroniques sur un restaurant que nous avions visité en septembre, nous avons loué une entrée comportant des légumes devenus hors saison en décembre. Bon, passons…
J’en profite pour vous donner le lien de notre page sur Facebook si vous voulez aller y faire un tour : http://www.facebook.com/GretaGarbureMagazine

Pour ce repas, nous avons choisi le menu du jour avec juste une petite entorse : échanger une entrée contre un plat de poisson, les tellines nous faisant trop fantasmer ! Nous nous sommes donc partagé un « Velouté de potiron, pain perdu aux champignons forestiers et lard de Colonnata » vraiment bien inspiré et une « Truite de mer aux praires et tellines, pommes de terre confites au beurre d’algues Bordier » dont nous avons seulement regretté que les pommes de terre ne soient pas assez confites.

Velouté de potiron, pain perdu aux champignons © Greta Garbure

Velouté de potiron, pain perdu aux champignons © Greta Garbure

Truite de mer et tellines © Greta Garbure

Truite de mer et tellines © Greta Garbure

En plat de résistance, je n’ai évidemment pas résisté au « Tronçon de cochon Capelin des montagnes du Cantal, boudin galabart, pomme royale Gala et céleri » — cochonneries obligent — tandis que, plus raisonnable, mon hôte a préféré un « Suprême de canette de Challans, navet, kumquat et girolles ». 

Tronçon de cochon « Capelin », boudin galabart © Greta Garbure

Tronçon de cochon « Capelin », boudin galabart © Greta Garbure

Suprême de canette © Greta Garbure

Suprême de canette © Greta Garbure

Goûteux, équilibré, joliment présenté, parfait pour une clientèle distinguée qui fait plus attention à sa ligne qu’à son porte-monnaie ! C’est que l’avenue Montaigne est une vitrine française pour la haute-couture et le quartier brasse beaucoup de finances.

Une petite douceur pour terminer ? Pour moi, ce sera une « Fraîcheur croustillante au citron, pain de gênes balsamique », un entremets qui m’a enthousiasmée au point que je n’ai même pas goûté le « Biscuit chaud au chocolat Araguani, crème fouettée à la vanille Bourbon », des plus appétissants lui aussi.

Fraîcheur croustillante au citron © Greta Garbure

Fraîcheur croustillante au citron © Greta Garbure

Biscuit chaud au chocolat © Greta Garbure

Biscuit chaud au chocolat © Greta Garbure

Pour accompagner cet élégant repas, nous avons bu un jurançon sec domaine de Souch 2012 sur les entrées et un crozes-hermitage Domaine Combier 2012 sur les viandes. Pas de quoi porter plainte comme dirait Patrick qui a le tort de ne pas être là !

Jurançon sec domaine de Souch 2012 © Greta Garbure

Jurançon sec domaine de Souch 2012 © Greta Garbure

Crozes-Hermitage Domaine Combier 2012© Greta Garbure

Crozes-Hermitage Domaine Combier 2012© Greta Garbure

Merci pour ce moment… ai-je envie de conclure !
Le cadre était unique, la table gourmande, la compagnie agréable et le temps superbe pour une petite balade digestive avant de reprendre la gymnastique du clavier.

Menu déjeuner à 48 € (entrée + plat), 39 € si membre club.
Menu à 58 € (entrée + plat + dessert), 49 € si membre club.
À la carte : entrées de 28 € (velouté de potiron) à 115 € (caviar), poissons de 42 € (aiguillettes de Saint-Pierre) à 59 € (dorade sauvage aux praires et aux tellines), viandes de 35 € (tronçon de cochon) à 49 € (filet de bœuf black angus), desserts de 15 € (fraîcheur croustillante au citron ou émincé de poire sur un caramel fondant) à 18 € (figues noires et zestes d’orange confits ou tarte soufflée aux fruits exotiques).
Hors boissons.
Des prix élevés mais bien en phase avec le quartier.

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine Vié

Maison Blanche
15, avenue Montaigne
75008 Paris
Tél : 01 47 23 55 99
http://www.maison-blanche.fr
M° Alma-Marceau

Bonne table… ou évitable !

Carton rouge
Restaurant bar à vins
Paris 9e

Épaule d'agneau confite © Greta Garbure

Épaule d’agneau confite © Greta Garbure

Voilà un bistrot comme on les aime : agréable et régalant !
Le cadre est celui d’un bistrot contemporain (le rouge et le noir y dominent, apportant une touche chic), le personnel sympathique et la cuisine décline les classiques en les revisitant sans ces fioritures chichiteuses qui compliquent inutilement les assiettes des meilleures tables. Bref, on s’y sent bien, nos papilles, nos estomacs et nos gosiers aussi ! Car les vins ne sont pas en reste, comme va vous l’expliquer Patrick !

Allez… à table !

Nous commençons par une « crème de potiron et lard » (8,50 €) et une « salade de haricots verts et de fèves au chorizo » (8,50 €) tout à fait réjouissantes.
Mais nous avons d’abord hésité avec la « poêlée de champignons et œuf mollet bio » (10,50 €) et la « burrata crémeuse et sa fine purée d’artichauts camus, salade de mâche à l’huile de truffe » (12,50 €), tout aussi tentantes.

Crème de potiron et lard © Greta Garbure

Crème de potiron et lard © Greta Garbure

Salade de haricots verts et fèves au chorizo © Greta Garbure

Salade de haricots verts et fèves au chorizo © Greta Garbure

Hésitation aussi pour les plats de résistance ! Nous trouvons que la « noix d’entrecôte 350 g, pommes frites et béarnaise maison » (24 €) et les « blancs de seiche et linguine façon carbonara » (19 €) ont des attraits bigrement salivants mais nous craquons finalement pour une « épaule d’agneau confite, carottes fondantes à l’orange et coriandre fraîche » (22 €) et un « suprême de volaille rôti, gratin de macaroni zita, sauce diable » (22 €). Heureux choix que nous ne regrettons pas ! C’est goûteux, fondant, structuré, équilibré, respectueux de la tradition mais plus joliment mis en scène qu’à la maison.
Et cerise sur le gâteau — ou plus exactement… os sur le blanc — le suprême est un vrai suprême : http://gretagarbure.com/2013/12/28/les-mots-des-mets-la-saveur-cachee-des-mots-30/

Suprême de volaille, gratin de macaroni zita © Greta Garbure

Suprême de volaille, gratin de macaroni zita © Greta Garbure

On aurait bien repris de tout mais ça n’aurait pas été raisonnable ! D’ailleurs, pour une fois, sur mon insistance parce que j’adore l’amaretto, nous ne nous partagerons qu’un seul dessert au lieu des deux trois habituels : un « tiramisu à l’amaretto » (8 €) où un trait de liqueur en plus ne m’aurait pas déplu ! Mais gourmand comme il est de sucré, je me demande comment Patrick a fait pour résister à la « crème brûlée à la cassonade » (8 €), au « fondant au chocolat, cème anglaise au pralin » (11 €), à la « crème de marrons façon Mont-Blanc » (10 €).

Tiramisù à l'amaretto © Greta Garbure

Tiramisù à l’amaretto © Greta Garbure

Sur ce repas à la bonne franquette, nous avons bu le très chouette Pas de l’Escalette – Les Petits pas 2013 (6 € le verre, 18 € les 46 cl) mais pas une topette, pas non plus une fillette : une belle bouteille (24 €). Frais, facile, fruité, un vin de bon plaisir.

Le Pas de l'Escalette © Greta Garbure

Le Pas de l’Escalette © Greta Garbure

Pour une fois, figurez-vous que je me suis enthousiasmé à la lecture de la carte des vins ! Des « grands » noms, des « petites » appellations, l’inverse aussi, que des vins francs du collier. J’avais envie de tout boire ! Dangereux mais tellement tentant ! J’aurais bien avalé au goulot les blancs classiques : la cuvée des Conti en Bergerac, la cuvée Marie de Charles Hours, l’aligoté deMikulski, le mâcon villages des Bret Brothers, l’ Insolite des Roches Neuves à Saumur, mais également des Meursault, Châteaneuf-du-Pape, le Mas Jullien, le domaine de Vaccelli en Corse… le tout entre 21 et 74 €.

Dans les rouges, on peut commencer par le Brem de Thierry Michon, le Marcillac du Cros, le Saint-Chinian indispensable de Borie la Viarèle, des petits pinots et puis on continue l’ascension : Cuilleron, la Janasse, l’incomparable Arretxea, Foillard, les schistes de La Liquière…
À la recherche de vins plus puissants, on se fait choper par quelques jolis domaines : Aydie, Montcalmès, l’Oratoire Saint-Martin, un cornas de Voge, une côte rôtie de Gérin, à une marche du paradis, un gevrey-chambertin de Geantet-Pansiot, et tout ça de 19 à 72 €.

On se prend à rêver… qu’on revient demain !
Pour certains, l’escalade peut même se poursuivre vers la Grange des Pères, le Vieux Télégraphe, Beaucastel, Jamet, Trévallon…

Promis, j’arrête ! J’ai assez joué avec vos nerfs et Blandine s’impatiente ! Mais j’insiste car ce n’est pas si fréquent : les prix des vin sont ici extrêmement et exceptionnellement raisonnables !

Nous vous le répétons donc avec insistance : la cuisine simple et raffinée à la fois (ce n’est pas antinomique) du jeune chef David Gutman est séduisante en diable, la carte des vins élaborée par le propriétaire et passionné de vin Jean-Guillaume Hazeaux épatante, et tout ça à des prix très abordables !

Autant de raisons pour laisser ici le rond de serviette de Greta Garbure !

Rond de serviette

Menu du jour à 20 €
Carte 35-45 € hors vins.

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine et Patrick

Carton rouge
6, rue de Maubeuge
75009 Paris
Tél : 01 45 26 89 41
M° Notre-Dame de Lorette, Cadet ou Le Peletier.
Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 14 h 30 et de 18 h à 01 h.
Ouvert samedi de 18 h à 01 h.
Terrasse aux beaux jours.
http://www.carton-rouge-paris.com

Les mots des mets (la saveur cachée des mots)

Le nectar n’est plus du nectar !

Le nectar versé aux dieux de l'Olympe via quizz.biz

Encore une inversion de sens au fil du temps !
Car voilà un mot qui, à l’origine, signifiait « ce qu’il y a de meilleur à boire », rien ne pouvant surpasser le nectar !
Le nectar était en effet la boisson des Dieux de l’Antiquité vivant sur le mont Olympe, comme nous l’avons appris 
à l’école en histoire, en survolant la mythologie gréco-romaine.
Leur nourriture était qualifiée quant à elle d’ambroisie.

Le nom de nectar — boisson douce et agréable — a été donné par référence au nectar botanique que les abeilles butinent au cœur des fleurs pour fabriquer le miel.

Abeille européenne butinant du nectar via wpclipart.com

Un nectar divin dont on ne connaît évidemment pas la composition exacte et dont on a dit tout et son contraire : qu’il pouvait s’agir d’hydromel (on reste dans une certaine logique) mais aussi de bière alors qu’il semble bien qu’il s’agisse plutôt de vin, comme l’attestent de nombreux témoignages artistiques : céramiques, peintures sur des poteries grecques, vases en verres, etc. 

Vase en forme de grappe au musée Romain-Germanique via closdesvolontaires.blog.lemonde.fr

Certains auteurs ont fait la confusion entre nectar et ambroisie, du fait que l’ambroisie était censée être une substance divine « neuf fois plus sucrée que le miel » tout en étant elle-même plus ou moins liquide. Mais en fait, le vin — peut-être sucré — a très vite symbolisé le nectar divin. Un nectar qu’on versait aussi en offrande aux morts. Et que ce soit en Grèce ou à Rome, la libation (offrande de vin) s’effectuait à l’aide d’une coupe hémisphérique (baptisée phiale) ornée d’un ombilic symbolisant l’origine du monde.
Priver un dieu de nectar était d’ailleurs l’un des pires outrages qu’il puisse subir.

Phiale via commons.wikimedia.org

Ce vin était traditionnellement servi par Ganymède qui devint l’amant de Zeus en même temps que son échanson ! Son épouse Héra en était jalouse et exigea de Zeus son renvoi. Ce qu’il finit par faire mais pour l’envoyer parmi les étoiles où, sous la forme de la constellation du Verseau, il sert encore le nectar divin.

verseau via auclairstellaire.free.fr

Toujours est-il qu’aujourd’hui, le mot nectar n’est plus synonyme de ce qu’il y a de meilleur puisqu’au contraire, c’est le bas de la gamme des jus de fruits. Pire, en termes de législation, un nectar n’a même pas le droit à l’appellation « jus de fruits » puisque ce n’est pas un pur jus mais un jus — voire une purée de fruit — dilué d’eau et additionné de sucre, de beaucoup de sucre (20% !). Selon les marques, le fruit ne représente que de 25 à 50% de la boisson (environ).

Nectars de fruits © Greta Garbure

Nectars de fruits © Greta Garbure.

Relativisons tout de même l’expression « bas de gamme » car certains fruits trop pulpeux (l’abricot, la pêche, la mangue, la poire et la banane) ou trop acides (les fruits rouges) ne pourraient pas être transformés en boisson sans cet ajout d’eau. Même le nectar d’orange est issu de purée d’orange ayant déjà servi à l’élaboration de pur jus.

Mais, même si ces nectars offrent un éventail de saveurs que l’on peut trouver plaisantes, qu’ils se conservent plus longtemps et qu’ils sont moins chers que les jus de fruits, leur dilution fait qu’un nectar est peu intéressant sur le plan nutritionnel puisqu’il contient moins de vitamines et plus de calories (à cause du sucre).

Oserais-je dire, en pastichant irrespectueusement Lamartine, que malheureusement, à propos de nectar comme de sa pauvre condition : « L’homme est un dieu tombé »… qui ne se souvient guère des cieux ?

Blandine Vié