Tagué: Beignets

P’tit billet d’humeur

Pour Mardi-Gras, j’ferons quoi ?
Des crêpes ou des beignets ?
Force centrifuge ou force centripète ?

19-soleil

La Palice l’avait sûrement dit avant Hervé This :
« La cuisine, c’est de la physique et de la chimie » !

Hervé This aime d’ailleurs beaucoup nous gratifier de lapalissades qu’il enrobe d’un jargon très élaboré pour nous vendre ses « vérités » scientifiques que je trouve souvent assez réductrices, ce qu’a d’ailleurs prouvé la cuisine moléculaire avec ses tubes à essais et ses éprouvettes, ses cuissons à l’azote liquide, ses fumées fumeuses et ses poudres de perlimpinpin !
Car la cuisine n’est évidemment pas qu’une somme d’ « expériences ». Il y a aussi le savoir-faire ancestral, la transmission et le petit côté magique qui ne s’explique pas mais qui fait la différence au niveau du goût. Le petit supplément d’âme qui flatte aussi le palais et l’estomac.

Toujours est-il que Mardi-Gras est un bon jour pour expérimenter la physique et savoir quelle est votre tendance à vous : force centrifuge ou force centripète ?

Oui, oui, je répète !
Force centrifuge ou force centripète ?

Bref, pour fêter le dernier jour gras avant le début du Carême
qui commence demain avec le Mercredi des Cendres ?
Des crêpes ou des beignets ?
Parce que… ça change tout !

Eh oui, bonnes gens, telle une chiromancienne explorant les lignes de votre main ou une cartomancienne vous dévoilant les arcanes secrets de votre moi caché, selon que vous préférez les crêpes ou les beignets, je peux quant à moi vous révéler des vérités insoupçonnées sur votre caractère et votre philosophie de la vie !

Allez, dites-moi !

• • •

Vous préférez les crêpes ?

Des crêpes © Greta Garbure

Des crêpes © Greta Garbure

Alors c’est que la force centrifuge est en vous !

Centrifuge (on dit aussi axifuge) : de « centrifuger » qui vient du latin fugere = « fuir » et de centre. Cela se traduit par une tendance à éloigner les corps du centre de rotation.

En langage culinaire, cela signifie que la pâte va s’étaler sur toute la surface de la poêle, formant un disque lunaire presque parfait.
C’est dit : vous êtes jovial, débonnaire, expansif. Vous aimez aller vers les autres, sortir, vous mettre en scène.

Si vous aimez É-TA-LER de la confiture sur vos crêpes, cette tendance est renforcée.
Vous pourriez même être limite extraverti !

C’est cette recette qui vous convient :
https://gretagarbure.com/2015/02/01/plats-mythiques-36/

• • •

Vous préférez les beignets ?

Beignets via tatachip.canalblog.com

Alors c’est que la force centripète est en vous !

Centripète : du latin petere = « chercher à gagner » et de centre. Cela se traduit par une tendance à vouloir se rapprocher du centre de gravité.

En langage culinaire, cela signifie que la pâte va se resserrer, se rétracter, se recroqueviller, peut-être même se ratatiner un peu sous l’action de la chaleur du bain de friture.
C’est dit : vous aimez la solitude, vous êtes pondéré, retenu, pudique, secret, parfois replié sur vous-même.
Vous êtes peut-être même un rien rétensif, autant dire constipé, métaphoriquement parlant.

Si vous aimez les beignets fourrés, cette tendance est renforcée. Vous êtes certainement un adepte du cocooning et un tantinet casanier.
Vous pourriez même être limite introverti ! Attention à ne pas devenir misanthrope !

La recette qu’il vous faut est là :
https://gretagarbure.com/2013/02/11/traditions-us-et-coutumes-5/

• • •

Vous aimez les deux ?

Eh bien, c’est que vous êtes lunatique, voire cyclothymique !
Attention aux troubles bipolaires !

Ou alors, vous êtes tout simplement un gourmand insatiable, incapable de résister à la tentation… quelle qu’elle soit !
Attention, cela peut vouloir dire que, dans d’autres domaines, vous êtes également incapable de faire des choix dans la vie ! 

Si ma consultation vous a plu,
vous pouvez envoyer vos promesses de dons à :
blandine©gretagarbure.com !

Blandine Vié

Savoir-faire

La main à la pâte (3)

Pour mémoire, nous avons déjà évoqué les pâtes à tartes : La main à la pâte (1) :
https://gretagarbure.com/2013/07/17/savoir-faire-4/

et la pâte à choux : La main à la pâte (2) : https://gretagarbure.com/2014/03/01/savoir-faire-18/ 

Crêpes via cuisineaz.com

LES PÂTES LIQUIDES :
à frire, à beignets, à crêpes, à gaufres

Pâte à frire légère salée (scampi fritti, tempura)

Mixez 125 g de farine, 1 pincée de sel, 10 cl de bière blonde et 1 cuil. à soupe d’huile, puis incorporez 2 blancs d’œufs montés en neige. Laissez reposer cette pâte 1 h avant d’y enrober les ingrédients à frire, puis de les plonger dans un bain de friture bouillant (175 °C). Égouttez les beignets sur du papier absorbant. Servez chaud avec du sel et des quartiers de citron.

Pâte à tempura via assiettesgourmandes.fr

Pâte à frire salée (beignets)

Mixez 250 g de farine, ½ cuil. à café de sel, ½ sachet de levure chimique en poudre et 2 œufs entiers, puis ajoutez 15 cl de bière et 1 cuil. à soupe d’huile : la pâte doit être fluide et lisse, sans grumeaux. Laissez reposer 1 h.

Pâte à frire via alixia1313.canalblog.com

Pâte à frire sucrée (beignets)

Mixez 250 g de farine, ½ cuil. à café de sel, 1 cuil. à soupe de sucre en poudre, ½ sachet de levure chimique en poudre et 2 œufs entiers, puis ajoutez 15 cl de lait et 30 g de beurre juste fondu : la pâte doit être fluide et lisse, sans grumeaux. Laissez reposer 1 h.

Pâte à beignets via leromanculinaire.blogspot.com

Pâte à crêpes

Pour 20 à 24 crêpes :

Mettez 250 g de farine et 1 bonne pincée de sel dans une terrine, creusez en puits, cassez-y 3 œufs entiers. Mélangez au batteur électrique jusqu’à ce que le mélange soit lisse et homogène, sans grumeaux. Délayez alors peu à peu avec 50 cl de lait, en battant jusqu’à obtention d’une pâte fluide. Ajouter encore 1 cuil. à soupe d’eau de fleur d’oranger, 1 cuil. à soupe d’huile et facultativement 1 cuil. à soupe d’alcool pour parfumer (rhum, eau-de-vie, whisky). Mélangez à nouveau. Laissez reposer la pâte pendant 1 heure, puis faites cuire les crêpes comme à l’accoutumée

Louche de pâte à crêpes © Greta Garbure

Nos conseils :

– On peut ne mettre qu’1 œuf entier et 2 jaunes dans la pâte et n’incorporer les 2 autres blancs montés en neige qu’au moment de la confection des crêpes.

– Remplacez la moitié du lait par 25 cl de bière blonde pour des crêpes plus légères.

– 1 cuil. à soupe de sucre en poudre dans la pâte à crêpes ou la pâte à gaufres la fait dorer à la cuisson et la rend plus croustillante.

Pour faire des crêpes salées, supprimez l’eau de fleur d’oranger et l’alcool. Il ne vous restera plus qu’à les fourrer (béchamel aux crevettes, aux moules, aux champignons, aux épinards et au jambon, au poulet, au fromage, etc.) et à les faire gratiner 5 à 10 min à four chaud (juste sous le gril).

Pâte à gaufres

Pâte à gaufres via pate-a-crepe.info
Pour la recette des gaufres, il vous faudra patienter jusqu’à demain, jour de la Mi-Carême !
(https://gretagarbure.com/2014/03/27/desserts-de-grand-mere-13/)

Blandine Vié

Desserts de grand-mère

Les Pets de nonne

Pets-de-nonne via aux-petits-bonheurs.eklablog.com
Ce sont des beignets soufflés en pâte à choux.
On en mange depuis très longtemps puisqu’il semblerait que les Romains les appréciaient déjà beaucoup.
Tombés dans l’oubli au Moyen-Âge parce qu’on leur préféra alors les beignets de type merveilles (https://gretagarbure.com/2013/02/11/traditions-us-et-coutumes-5/), ils sont redevenus en vogue à la Renaissance, et même suffisamment populaires au XVIIe siècle pour que Diderot et d’Alembert les citent dans leur Encyclopédie.
Aujourd’hui, ils sont surtout appréciés dans l’Est de la France — mais aussi en Belgique et en Allemagne — notamment pendant la période de Carnaval.
À Baume-les-Dames, en Franche-Comté, on poudre les beignets d’un mélange de sucre et de cannelle en poudre.

Les pets de nonne (on peut aussi écrire pets-de-nonne) portent un nom imagé qui peut se décliner sous d’autres formes : « pets de putain », « pets de vieille » (en Aveyron) ou, de manière plus édulcorée, « soupirs de nonnes », voire « bugnes de vent ».
Ces expressions viennent évidemment du fait que les beignets contiennent de l’air à l’intérieur mais un tas de légendes sont nées pour expliquer métaphoriquement l’origine de ces pets dont je vous laisse supputer les explications oiseuses et venteuses… !

Pets de nonne via la cath.com

La recette

Pets-de-nonne via positiveeatingpositiveliving.blogspot.fr
Préparation : 30 min

Cuisson : 5 min par fournée

Pour 4 personnes
• pâte à choux sucrée pour 4 personnes
(recette ci-dessous)
• 1 cuillerée à soupe d’eau-de-fleur-d’oranger
• 5 cl de rhum ambré
• huile de friture
• sucre en poudre ou sucre glace

Pets de nonne via dailymotion.com
Préparez de la pâte à choux sucrée comme expliqué hier : https://gretagarbure.com/2014/03/01/savoir-faire-18/

Pâte à choux via cuisinemaison.net

Dès qu’elle est prête, c’est-à-dire une fois les œufs incorporés, parfumez-la avec l’eau-de-fleur-d’oranger et le rhum. Battez à nouveau la pâte.
Faites chauffer le bain de friture. Faites-y tomber des cuillerées de pâte grosses comme des noix, mais pas trop à la fois. Laissez dorer et gonfler : en principe, les pets se retournent d’eux-mêmes mais au besoin, aidez-les à l’aide d’une écumoire.
Quand ils sont uniformément dorés et bien gonflés, égouttez-les sur du papier absorbant. Procédez à la cuisson des autres fournées.

Pets de nonne via matvpratique.com
Pour servir, dressez les pets-de-nonne sur un plat et poudrez-les de sucre en poudre ou de sucre glace.
Servez les pets de nonne de préférence chauds.

Pets de nonne via audinette.com

Et maintenant, allez en pets !
Je voulais dire… en paix, bien sûr !

Blandine Vié

Tradition, us et coutumes

Mardi-Gras,
dernier des 7  jours… charnels !

Beignets via tatachip.canalblog.com
Mardi-Gras clôt — et non pas clôture, s’il vous plaît ! — la période du Carnaval. Une période de 7 jours qui précède le carême et pendant laquelle — quand la France était encore profondément catholique et respectait les prescriptions hygiénistes (et donc alimentaires) de l’Église — on avait coutume autrefois de manger gras. Histoire de faire quelques réserves avant la période de sévères restrictions, jeûnes et abstinences qui allait suivre, donc manger maigre (privation de viande et d’œufs notamment) après avoir mangé gras. Cette semaine  était appelée « Semaine des 7 jours gras » ou, plus joliment encore « jours charnels »… puisque la consommation de la chair y était permise !

Beignets via recettes.grand.mere.free.fr
Selon notre calendrier grégorien qui tient compte des mouvements du soleil, Mardi-Gras est une fête mobile calculée par rapport à la date de Pâques. C’est-à-dire que, selon les années, il tombe entre le 3 février et le 9 mars. Toujours un mardi, ça va de soi. Et donc toujours la veille du Mercredi des Cendres qui débute le carême (carême-prenant), censé durer jusqu’au Samedi-Saint. Or, si l’on compte bien, cela fait 47 jours jusqu’à Pâques et non 40 comme on le croit généralement. C’est que le carême de pénitences ne s’observait pas le dimanche (et il y en a 6 pendant la période) ni le jour de la pause de la Mi-Carême, et qu’il ne s’agit donc pas de 40 jours consécutifs, même si la modération restait cependant conseillée durant ces jours intercalaires.

Beignets via campingsitesetpaysagesdefrance.wordpresse.com

Les « sept jours gras » se terminaient en apothéose par le Mardi-Gras. Et même si aujourd’hui où l’on ne jeûne plus pendant le carême (ou seulement le Vendredi-Saint pour les croyants pratiquants) — mais où l’on fait des cures de détox… hi ! hi ! hi ! — on ne fête plus non plus la semaine grasse mais on a gardé la tradition du Mardi-Gras, jour de liesse où l’on mange traditionnellement des beignets ou des crêpes.

Manger des beignets et/ou des crêpes ce jour-là était symbolique puisque c’était une coutume étroitement liée à la prospérité familiale. Et ce, dans toutes les couches de la société, même chez les laboureurs comme le rapporte Victor Hugo… « afin que le blé ne soit pas carié » !

Beignets via sucrissime.com
De nombreux dictons sont d’ailleurs liés à cette fête.
Mais je ne vous en offrirai qu’un qui, je pense, va faire plaisir à plusieurs d’entre vous :

À Mardi-Gras, qui n’a pas de viande tue son coq.
Et qui n’a pas de coq… tue sa femme !

Cependant le dicton ne précise pas de quelle femme il s’agit : la sienne ou celle du coq !

Nature morte au coq et à la poule de Anne Vallayer-Coster (1744-1618) via notesdemusees.blogspot.fr

Blandine Vié