Glanes et cueillettes sauvages

Asperges sauvages, ornithogales,
prêles et respounchous !

Une fois n’est pas coutume, voilà un sujet qui nous a été inspiré par une discussion sur Facebook suite à la publication de photos d’asperges baptisées… sauvages.

Et, de fait, le nom « asperges sauvages » est souvent employé improprement pour qualifier plusieurs variétés de plantes qui se ressemblent plus ou moins. Confusion d’ailleurs entretenue par les commerçants eux-mêmes car on en trouve parfois sur les marchés bien qu’il s’agisse d’un produit de cueillette.

Remettons donc de l’ordre dans tout ça bien que, théoriquement, lors d’une année à la météorologie normale, la saison démarre entres la mi-février et la mi-mars et touche à sa fin entre la mi-avril et la fin avril (en fonction des régions). Mais vu le curieux printemps que nous avons cette année, les premières ne sont apparues qu’à l’époque où d’habitude elles disparaissent.

Les asperges sauvages (les vraies)

Les vraies asperges sauvages (Asparagus Acutifolius) font partie de la famille des « Asparagacées » et peuvent être de formes et de couleurs assez variées (de vert tendre à violet). Elles ressemblent quand même beaucoup aux asperges vertes tout en étant beaucoup plus fines (de 1 mm à 6-7 mm de diamètre). Elles peuvent être assez hautes, surtout en fin de saison. Elles sont communes dans le Sud de la France et sur le pourtour du bassin méditerranéen.

Pour les cueillir, il faut les casser à la main juste au point où elles se brisent naturellement (en moyenne 25 cm en-dessous de la pointe), ce qui est gage de leur tendreté dans l’assiette.

Une seule précaution à prendre : les fourmis les adorent, raison pour laquelle il peut être judicieux de les faire blanchir.

Asperge sauvage via brumedeprintemps.centerblog.net

Asperges sauvages via la-cachina.over-blog.com
Asperges sauvages via asiemut.canalblog.com
Asperges sauvages via visoflora.com
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Les ornithogales

Les ornithogales (Ornithogalum) font partie de la famille des « Liliacées » bien que certains botanistes les rattachent de manière optionnelle à la famille des « Asparagacées ». Pour cette raison, on les surnomme souvent « asperges des bois » ou « aspergettes » alors que le terme « asperges sauvages » reste impropre. On les trouve dans les prairies, sur les talus, dans les bois clairsemés et jusqu’à 1200 m d’altitude.

Les tiges des ornithogales sont des hampes lisses qui se terminent par des bourgeons floraux. Elles sont de couleur vert tendre et ressemblent un peu à de petits épis.

On surnomme aussi l’ornithogale « dame-de-onze-heures » car ses fleurs s’épanouissent  à cette heure tardive. L’espèce la plus connue est l’ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum Pyrenaicum). Mais attention, le genre contient aussi des espèces toxiques.

Quand les ornithogales sont apparus sur les marchés à la fin des années soixante-dix — avant on ne les commercialisait pas — ils étaient vendus — déjà — sous le vocable erroné d’asperges sauvages, voire de « prêles », ce qui n’était pas non plus correct bien que la prêle puisse être aussi comestible, comme nous allons le voir.

Ornithogale des Pyrénées via valleedelantenne.info
Ornithogales via delph.cuisineblog.fr

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Les prêles

Les prêles (equisetum arvense), encore surnommées « queues de rat » ou « queues de cheval » sont des pousses fines et droites de 30 cm environ (en début de saison) avec un épi au bout et de couleur brun-rouge. Elles sont communes le long des champs et des prés et dans les lieux sableux et frais. Elles se consomment comme les asperges.
Attention ne les confondez pas avec les prêles des marais (bord d’eau ou de mare) qui elles, son toxiques.

Prêles via lejsl.com

Prêles via gite-la-source.com

Les respounchous (ou tamier)

Les respounchous (ou repountsous ou repountchous), c’est le nom vernaculaire du tamier commun (Tamus Communis), plante de la famille des « Discoréacées » qu’on surnomme aussi « herbe aux femmes battues ». On les trouve surtout en Languedoc (Aveyron, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn) et plus particulièrement sur le bord des chemins, dans les fossés, à proximité des haies et des lisières de bois. Il ne faut cueillir que les jeunes pousses afin qu’elles ne soient pas amères. Il est de toute façon conseillé de les blanchir. On les  consomme à l’instar des asperges sauvages.
Attention, ne la confondez pas avec le bryone dioïque qui est toxique.

Respounchous via vermicel.canalblog.com

Mais qu’il s’agisse d’asperges sauvages, d’ornithogales, de prêles ou de respouchous, une même règle s’impose : les cueillir jeunes avant que les fleurs ne s’épanouissent si vous ne vouslez pas avoir l’impression de mâcher de l’herbe !


Blandine Vié

Les mots des mets (la saveur cachée des mots)

La vulve de truie ! 


Incipit testamentum porcelli via cochon amoureux.over-blog.com

Quel rapport entre le cheval de Troie, la porcelaine et un écrou ?
Ne cherchez plus, c’est… la vulve de truie, mets jadis très prisé ! 

En théorie le cochon est l’animal vivant sur pied et le porc l’animal abattu et apprêté pour la boucherie. La femelle du cochon s’appelle truie. On peut aussi dire coche bien que ce ne soit plus guère usité.

Mais savez-vous d’où vient le mot « truie » ?
Du bas latin « troia » féminin de l’expression « porcus trojanus », autrement dit « porc troyen » c’est-à-dire « porc farci », par référence… au cheval de Troie de la légende qui, à sa manière, était farci ! Plaisante allusion, semble-t-il de l’auteur Martial !
Et c’est ainsi que par facétie, « trojanus » dans son sens figuré le plus trivial (farci) a donné naissance au mot « truie » ! 

Il faut dire que les Romains avaient une prédilection pour la viande de porc et notamment pour… la vulve de truie farcie, qui était considérée comme l’un des mets les plus raffinés qui soient.
Pline rapporte d’ailleurs que de grands débats avaient lieu pour savoir laquelle était la meilleure : la vulve de truie nullipare (qui n’a pas encore mis bas), celle de la truie primi-parturiente (qui met bas pour la première fois) ou celle de la truie multi-parturiente (qui a eu plusieurs portées). Au point que le Sénat dut intervenir et qu’il trancha en faveur des truies ayant déjà mis bas mais, semble-t-il, surtout pour des raisons économiques, afin qu’on ne tue pas toutes les femelles avant qu’elles n’aient eu des petits.

Zoom sur une vulve de truie

Apicius donne quant à lui la recette dans son livre de cuisine « De Re Coquinaria » (le premier connu à ce jour), hélas sans proportions ni temps de cuisson : « Achetez des vulves de truies, de la chair de porc hachée, du poivre, du cumin, du garum, deux blancs de poireaux, des pignons de pin.
Recette : Nettoyer les vulves et les laisser mariner pendant 24 heures dans le garum. Le lendemain, les cuire à l’eau. Pendant la cuisson, préparer la farce en broyant ensemble la chair de porc hachée, le poivre, le cumin, les deux blancs de poireau et le reste de garum. Ajouter à ce mélange les pignons de pin. Une fois cuites, farcir les vulves et les coudre. Les plonger dans un mélange d’eau, d’huile d’olive, de garum et d’aneth avec un petit bouquet garni et cuire. »
Pétrone y fait également allusion.

Fausses vulves de truies farcies (calmars)

Fausses vulves de truies farcies (calmars)

Bon, votre plat est prêt ?
Alors pour servir ce mets « raffiné » avec tout le « raffinement » qui lui semble dû, dressez-le maintenant sur un plat de porcelaine chaud et dégustez !
Comment ? J’ai dit… « porcelaine » ?
Tiens ! Ce mot ne commencerait-il pas par « porc…» ?
Tout juste !
Mais savez-vous pourquoi ?
Parce qu’il existe dans la mer un coquillage ressemblant à une vulve de truie et qu’on l’a donc appelé « porcella », en latin toujours.
Et c’est parce que la porcelaine — celle de nos assiettes — est un matériau qui ressemble à ce coquillage qu’on la baptisée ainsi !
Cochonne qui s’en dédit !

Coquillage porcelaine via paranormal-fr.net

Mais ce n’est pas tout !
Parce que figurez-vous qu’en latin classique « porc » peut aussi se dire « sus scrofa domesticus ». « Sus » a d’ailleurs donné « suidés », le nom de la famille porcine. Le mot « domesticus » veut quant à lui dire « domestique », on l’aura deviné !
C’est par opposition à « sus scrofa » qui est en fait le porc sauvage, le sanglier ».
Mais que veut donc dire « scrofa » ?
Truie, encore et toujours !

Mais là où ça devient franchement cocasse, c’est que « scrofa » a également donné le mot… « écrou » !
Comment ?

Par l’intermédiaire d’une comparaison vulgaire, l’écrou étant un orifice où l’on engage une tige filetée appelée vis — je n’ai pas dit « vit » ni même « vié » mais j’aurais pu d’autant que celui du porc est justement en forme de tire-bouchon (et non sa queue)…
La comparaison existe d’ailleurs dans d’autres langues comme le portugais où les mots sont homonymes (porca).

Bonnet Turbo Kukuxumusu Enrosque via les4nages.com

Ah ! Les surprises de l’étymologie ne cesseront jamais de faire ma joie !
Tiens ! Justement… joie !
Non… une autre fois…

Blandine Vié

Plats mythiques

Le navarin d’agneau


Navarin d'agneau via lamourdesmets.blogspot.com
C’est un plat dont l’appellation suscita de nombreuses querelles à la fin du XIXème siècle, et le Figaro fit même une grande enquête auprès de ses lecteurs en 1898 pour en savoir plus !

Une chose est sûre : la viande du navarin doit être impérativement d’agneau. En revanche, le choix des légumes reste problématique : il ne saurait s’agir de haricots — réservés au ragoût — ni non plus de pommes de terre — réservées au « haricot » de mouton, le terme  haricot venant dans ce cas-là du vieux français « halicoter »… qui signifie couper en morceaux !

Néanmoins certains partisans — dont Victorien Sardou — prétendirent à l’époque que le navarin devait se servir obligatoirement accompagné de pommes de terre… mais revenues à part et bien dorées, et non cuites en même temps comme un vulgaire ragoût !
Le propriétaire du célèbre restaurant Paillard s’en mêla et assura que le mot navarin ne pouvait venir que de navet !
Enfin, Philéas Gilbert, culinographe bien connu (à son époque !), apporta son témoignage ; au lendemain de la bataille de Navarin, l’amiral de Rigny donna l’ordre d’améliorer l’ordinaire de l’équipage du Trident : le riz du « rata » habituel fut donc amélioré par l’ajout de différents légumes, et fut dès lors baptisé « ragoût de Navarin » !

C’est cette version qui prévalut, aussi admet-on aujourd’hui que le navarin est en fait un ragoût d’agneau à base de légumes divers — tous ceux que l’on peut avoir sous la main en saison… dont si possible des navets ! Mais la formule n’est pas vraiment codifiée et n’a rien d’immuable.

L’agneau étant plus goûteux au printemps, il est devenu presque rituel de préparer le navarin avec des petits légumes nouveaux, aussi le trouve-t-on souvent sous l’appellation « navarin d’agneau printanier » !

Navarin d'agneau via viande.com


La recette

Navarin d'agneau via blog.recettes-2-cuisine.com

Préparation : 30 minutes
Cuisson : 1 heure 30 minutes

Pour 6 personnes : 1,800 kg de morceaux d’agneau mélangés avec os (poitrine, collet, haut de côtelettes) – 500 g de carottes primeurs – 500 g de navets primeurs – 500 g de pommes de terre nouvelles – 1 kg de petits pois frais en cosses – 2 bottes de petits oignons frais nouveaux – 60 g de beurre – 2 cuillerées à soupe d’huile – 1 cuillerée à soupe arasée de farine – 1 bouquet garni (1 branche de thym, 1 feuille de laurier, 3 branches de persil plat) – 4 branches de persil plat – 1 cuillerée à soupe de sucre en poudre – sel fin, poivre du moulin

Épluchez tous les légumes : oignons, carottes, navets, pommes de terre, petits pois. Lavez-les et coupez-les en morceaux s’ils sont gros. Pelez les oignons en leur laissant un petit bout de queue.

Faites chauffer l’huile et 20 g de beurre dans une cocotte. Faites-y dorer les morceaux de viande de tous côtés, puis retirez l’excédent de matière grasse (avec une feuille de papier absorbant). Singez (pour le sens de ce mot, voir http://gretagarbure.com/2013/03/18/les-mots-des-mets/). Mélangez sans laisser roussir.

Cuisson du navarin via gastronomie etvins.wifeo.com
Mouillez d’eau juste à hauteur, ajoutez une carotte et un navet (pour donner du goût au bouillon de cuisson), le bouquet garni et le persil. Salez et poivrez. Portez à frémissement en écumant si nécessaire, puis couvrez et laissez mijoter 20 minutes sur feu doux.
Par ailleurs, mettez les navets dans une casserole à part avec 20 g de beurre, 2 cuillerées à soupe d’eau et le sucre en poudre. Faites-les glacer 20 minutes sur feu doux, en les retournant souvent. Retirez du feu dès qu’ils sont bien colorés et égouttez-les.
Introduisez les carottes dans la cocotte et poursuivez la cuisson 20 minutes.
Pendant ce temps, dans une casserole à part, faites fondre les oignons avec 20 g de beurre et 2 cuillerées à soupe d’eau. Ne laissez pas colorer.
Introduisez alors tous les légumes en attente dans la cocotte (navets compris, sauf les petits pois. Mélangez, rectifiez l’assaisonnement et terminez la cuisson 30 minutes à couvert, en n’introduisant les petits pois que 10 à 15 minutes avant la fin de cuisson, en même temps que les petits oignons.
Pour servir, retirez le bouquet garni et parsemez de persil ciselé.

Navarin d'agneau printanier via camcookandco.blogspot.com

Notes :

- Il est important de choisir des morceaux d’agneau avec os et de les mélanger, car ils donneront beaucoup de sapidité au plat !
- On peut ajouter les navets en même temps que les autres légumes, sans les faire glacer à part, mais cette méthode          « caramélise » légèrement le bouillon de cuisson… ce qui rend la sauce plus savoureuse !

Navarin d'agneau via kuisto.fr

VARIANTES

Navarin d’agneau aux fèves, aux poivrades et à la sarriette
C’est une variante très goûteuse, mais qui nécessite un peu plus de temps pour la préparation, notamment à cause de l’épluchage des fèves et des artichauts. Il faut écosser les fèves et les débarrasser une à une de la fine membrane qui les recouvre. Il faut également parer les artichauts, les couper en quatre et bien les citronner pour les empêcher de noircir. Ensuite, faire sauter les légumes au beurre et les introduire aux trois-quarts de la cuisson dans la cocotte où mijote la viande. Remplacer le thym du bouquet garni par de la sarriette effeuillée, cette herbe mettant particulièrement bien les fèves en valeur.

Navarin d’agneau lié au coulis de légumes
Certains grands chefs — Bernard Loiseau en a été l’instigateur — suppriment les liaisons traditionnelles à la farine  (qu’ils jugent trop lourdes) et lient plutôt la sauce en réduisant une petite partie des légumes en coulis, qu’ils incorporent alors dans la sauce vers la fin de cuisson.

Navarin d’agneau au four, en cocotte lutée
On fait dorer la viande sur le feu sans la singer, puis on ajoute tous les autres ingrédients — on peut glacer préalablement navets et petits oignons — on mouille au vin blanc sec ou à l’eau, on assaisonne et on lute la terrine avec une pâte faite de farine et d’eau. On fait cuire 1 heure 30 à 2 heures à four moyen (180° C/thermostat 6).

BV

Nos mille-feuilles (morceaux choisis)

Vin bouchonné ? Goût de soufre ?

Greta Garbure a les bons remèdes !


Vignerons de tous les pays, unissez-vous !

Votre vin n’est plus « sain, loyal et marchand » ?
Qu’à cela ne tienne !
Le voisin de la grand-mère de Greta Garbure propose de vous ouvrir les portes de son officine.
Rien que des bonnes choses : la santé par les plantes, mais pas que…!
Certains produits améliorateurs datent un peu mais pas tous… !

Goût de bouchon
Vins tournés


Lu dans un vieux grimoire en miettes dont le titre semble être « 2000 conseils et procédés pratiques ».

Blandine & Patrick

Bonne table… ou évi-table ?

O’Breizh
Cuisine de produits bretons
(mais pas crêperie)
Paris 8ème


Voilà un restaurant guère plus grand qu’un mouchoir de poche où les tables — 42 x 62 cm, nous avons mesuré — sont vraiment à touche-touche. Ça permet de caser 23 couverts là où nous pensons qu’il n’en faudrait que 19 pour avoir, sinon ses aises, du moins un minimum de confidentialité. Parce que là, 
on n’est pas loin de la table d’hôte. C’est compliqué pour s’asseoir sur la banquette, c’est compliqué de caser ses vêtements, c’est compliqué de prendre des notes, c’est compliqué de faire des photos, c’est compliqué de casser les pinces des langoustines sans éclabousser son voisin, c’est compliqué de ne pas « profiter » de la conversation de la table d’à côté, et il faut presque un chausse-pied pour se glisser dans les toilettes.

En plus il y a un corner épicerie qui mange un peu d’espace et pour l’anecdote, les bouteilles qui ne sont pas dans l’armoire à vins sont en attente dans des cartons sous les banquettes !

Nonobstant ce manque d’aisance, le cadre est avenant avec de grandes ardoises et des photos au mur. La bonne humeur du chef et propriétaire André que l’on voit officier depuis la cuisine ouverte sur la salle participe également à une atmosphère sympathique.

Une fois encastrés à nos places, la lecture de l’ardoise du jour nous fait tellement saliver qu’un problème se pose : qu’allons-nous choisir ? Il y a 6 entrées et 4 nous font envie ! Il y a 6 plats et 5 nous tentent !

Ardoise du jour © Bandine Vié

Après moult hésitations, finalement nous nous décidons pour des harengs fumés qui vont se révéler très moelleux et fumés sans trop et des couteaux persillés (15,30 €) dont la cuisson est absolument parfaite.

Filets de hareng fumé © Blandine Vié
Couteaux persilés © Blandine Vié

Pour les plats, Patrick a jeté son dévolu sur  un filet de bar sauvage de l’île de Groix (19,50 €) et moi sur des langoustines au Kari Gosse (26,50 €). Au passage faites-moi penser à vous parler un jour de ce savoureux curry breton.
Tant pis pour l’anguille fumée et pommes de terre (18,50 €), le plat d’ormeaux (26,50 €), les deux filets de sole et pommes de terre (26,50 €).

Filet de bar sauvage © Blandine Vié
Langoustines au kari Gosse © Blandine Vié

Ce que nous dégustons est somptueux quant à la qualité des produits (en provenance directe de la Bretagne par arrivage quotidien pour la majorité d’entre eux) et la maîtrise des cuissons. Enfin, les assaisonnements et les sauces sont subtils et ne masquent pas les saveurs iodées de nos assiettes. Nous avons presque l’illusion de respirer des embruns tant on sent le goût du frais pêché. C’est simple mais juste, ce qui est finalement le plus bel hommage que l’on puisse rendre aux produits de la mer ainsi sobrement mis en valeur. 

Sur ces merveilles, un vin blanc s’imposait, on en a goûté trois ! Au verre ! Non, mais qu’est-ce que vous pensiez ? Un bon sauvignon de Touraine 2011 du domaine de l’Aumonier de Sophie et Thierry Chardon (5,60 € le verre, 22 € la bouteille), apéritif à souhait, puis un chablis 2009, cuvée le Finage de la Chablisienne (6,50 € le verre, 29 € la bouteille), parfait par ses notes salines, et pour finir un chenin 2010 domaine de l’Aumonier également (5,00 € le verre, 23 € la bouteille) un dessert à lui tout seul : abricot sec, amande, poire, miel. 

Du coup, en vrai dessert nous n’avons pris qu’un kouign amann pour deux : un pur délice au goût beurré — normal pour ce gâteau qui signifie « gâteau au beurre » en breton — mais non gras, qui a clos ce repas comme un point d’orgue.

Kouign Amann © Blandine Vié

Question prix, il y a une formule à 28,50 € au déjeuner (maquereau ou hareng fumé + 1 plat de poisson + 1 verre de sauvignon).

À la carte, le soir donc, il faut compter entre 50 à 60 € par personne + le vin. C’est cher mais pas rare dans ce quartier d’affaires huppé où l’on n’a pas forcément cette qualité pour ce prix-là.

Greta Garbure aurait bien laissé son rond de serviette dans ce repaire breton pour la qualité de la table, mais où le poser ?

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine & Patrick


Restaurant O’Breizh
27, rue de Penthièvre
75008 Paris
Tél  01 42 56 27 32
Ouvert du lundi au dimanche midi et soir.
Corner épicerie à partir de 10 h 30.
Site : http://www.obreizh.com