La chronique de Greta Garbure

VACANCE(S)

Bon, comme c’est quand même moi qui commande sur GRETA GARBURE MAGAZINE, j’ai obligé Blandine et Patrick à partir en vacances au mois d’août ! Tout le mois d’août !

Ils l’ont bien mérité, non ?
Surtout Blandine… je trouve !
Patrick, pourquoi tu tousses ?

Et puis, ce sera sûrement l’occasion pour eux de revenir avec plein d’idées de sujets dans leurs musettes, valises, épuisettes, filets à papillons, etc.

Alors, rendez-vous le lundi 1er septembre pour de nouveaux articles et peut-être même de nouvelles aventures à vous annoncer !

En attendant, profitez-en pour vagabonder sur notre magazine et lire ou relire les 650 papiers qu’ils ont déjà écrits, toutes rubriques confondues (une quarantaine), en 20 mois d’existence !
C’est riche, varié, décalé, culturel, pédagogique, drôle, bref, tout à la fois pertinent et impertinent !

Et puis, je les connais bien les deux zèbres ! Indisciplinés comme ils sont, ça ne m’étonnerait pas qu’ils vous envoient quand même des cartes postales ! TOUS LES JOURS ! On parie ?

Diou Biban, WWW.GRETAGARBURE.COM est « LE » magazine du goût, des lettres et des saveurs qu’il faut lire !!!

Blandine & Patrick en Normandie © Greta Garbure

Qu’on se le dise et qu’on le dise à ses amis !

Bon été et bonnes vacances !

GG

Évasion

Renaissance du
Regina Biarritz Hôtel & Spa

REGINA_REC

Un peu d’histoire

Il paraît qu’autrefois on appelait le Regina « le petit palace de Biarritz » ! Ça, c’était au temps où l’aristocratie européenne fréquentait les établissements de bains sur la plage, le casino et autres lieux de plaisance de la ville (destination qui avait été initiée avec la villégiature impériale de Napoléon III et d’Eugénie de Montijo au XIXe siècle). Période faste qui vit également pousser d’élégantes villas de tous styles comme des champignons.

Construit en 1906 sur un plateau dominant la mer, face au phare et à la Chambre d’Amour, le Regina — qui fut d’abord une succursale du Regina de Paris, ainsi baptisé en l’honneur de la reine Victoria — fut rapidement édifié (il ouvrit dès l’été 1907) et contenait au départ « 168 chambres offrant aux voyageurs tout le confort moderne, mais sans luxe inutile » (in La belle histoire des palaces de Biarritz, tome II, Marie d’Albarade, éditions Atlantica 2007). Un tourisme mondain qui souffrit du krach boursier de 1929, du nombre important de réfugiés espagnols qui fuirent le franquisme en 1936 et s’installèrent de l’autre côté de la frontière. La clientèle se fit alors surtout américaine et anglaise. Puis la seconde guerre mondiale arriva et il fut hélas transformé en casernement d’Allemands : « Fin 1944. L’hôtel n’est plus que l’ombre de lui-même » (opus cité) puisque même la verrière fut brisée.

Retapé à la fin des années 50, il subit ensuite différents aménagements et travaux, au gré des changements de propriétaires. Puis, en 1998, il devint « Hôtel Regina et du golf », puis « Mercure Thalassa Regina et du Golf » dans les années 2000.

La renaissance

Mais, le Regina avait un peu perdu son âme ! D’où appel à candidatures afin de redonner toutes ses lettres de noblesse à cet établissement. C’est NAOS GROUPE qui le remporta avec le projet audacieux de positionner le Regina dans l’hôtellerie haut de gamme. L’hôtel a donc fermé ses portes fin novembre 2013 pour une transformation en 5 étoiles, le pari étant, dans le cadre de la restructuration d’un patrimoine d’exception, de garder son cachet et son identité à ce lieu mythique. Et c’est fin juin qu’il a rouvert ses portes, les travaux titanesques ayant eu lieu en un temps record. Nous y étions conviés avec une vingtaine de journalistes !

Je passe rapidement sur le fait qu’une grève surprise bloqua les Parisiens — donc Bibi — 3 h à l’aéroport d’Orly et qu’au lieu d’être sur place pour le déjeuner, nous sommes finalement arrivés à bon port à l’heure du goûter, criant un peu famine. Mais malgré le timing serré, nous avons toutefois eu le temps d’en prendre plein la vue en voyant surgir le Regina : d’une blancheur immaculée, de forme pentagonale et surmonté de deux dômes, on le repère immédiatement depuis le front de mer et il faut dire ce qui est : il ne manque pas de majesté !

FRONT-MER-BIARRITZ

Puis, nouveau choc visuel en rentrant dans l’hôtel et en découvrant le superbe patio de près de 300 m2, surmonté de sa lumineuse verrière !

REGINA BIARRITZ-PATIO-1

Le patio

Bon, nous avons fait fi des mondanités et nous nous sommes d’abord sustentés avec les canapés initialement prévus pour un lunch auquel les « locaux » — dont Patrick — avaient déjà eu droit quelques heures plus tôt. Vite fait quand même, avant une conférence de présentation pendant laquelle nous prendrons le café. Elle a lieu sur une petite mezzanine au premier étage, juste-au-dessus du bar, ce qui nous permet d’admirer le beau volume de ce patio qui fait penser à un grand vaisseau et à ses coursives.

BAR-REGINA BIARRITZ

Le bar

Pascal Lemarchand (PDG de Naos Groupe), Christine Reverchon (Directrice de Marque Naos Hôtels), Georges Blanc (conseiller pour la carte du restaurant), Joëlle Guillemot (Omnisens, marque des produits de soin du Spa), Benoît Bayle, directeur du Regina, nous expliquent chacun leur rôle et la démarche globale pour que le Regina redevienne « le petit palace de Biarritz » !

De gauche à droite : Christine Reverchon, Joëlle Guillemot, Pascal Lenormand, Georges Blanc et Benoît Bayle © Greta Garbure

De gauche à droite : Christine Reverchon, Joëlle Guillemot, Pascal Lenormand, Georges Blanc et Benoît Bayle © Greta Garbure

La visite

Puis, visite de l’hôtel sur deux étages, le troisième étant privatisé. Toutes les chambres ont évidemment vue sur l’extérieur : la mer ou le terrain de golf. Nous déambulons donc dans une succession de chambres, de suites ou de suites junior, de style Art Déco, salles de bains comprises. Nous remarquons d’ailleurs que beaucoup ont une douche spacieuse plutôt qu’une baignoire. L’ensemble a un petit côté rétro qui ne manque pas de charme. D’ailleurs, appréciez :

                         REGINA BIARRITZ-SUITE JUNIOR 1                         REGINA BIARRITZ-SUITE JUNIOR 2

                                   REGINA BIARRITZ-SDB-2                                             REGINA BIARRITZ-SDB-1

                         REGINA BIARRITZ-SUITE JUNIOR 3                         REGINA BIARRITZ-SALON SUITE JUNIOR-4

                         REGINA BIARRITZ-SALON SUITE JUNIOR-3                         REGINA BIARRITZ-SALON SUITE JUNIOR-2

                         SUITE                         SUITE REGINA BIARRITZ-2

                              SUITE REGINA BIARRITZ-3                                   SUITE-REGINA BIARRITZ

L’apéritif

Mais l’heure de l’apéritif est venue ! Le temps de faire un brin de toilette et hop, rendez-vous sur la piscine ! Oui, oui, j’ai bien dit SUR la piscine et non autour ! Une piscine avec un fond qui se relève comme un chariot élévateur et qui s’ajuste au millimètre près à sa margelle : le raccord est parfait et l’on n’imaginerait jamais qu’on marche sur l’eau ! Allez champagne pour tout le monde !

Verres de champagne © Greta Garbure

Dîner au « numéro 1 by Georges »

Retraversons le patio qualifié de « couture » à cause des mannequins qui le jalonnent comme autant de témoins, et accédons au restaurant. Également dans le style Art Déco avec des tables disposées de telle manière que chacun est chez soi. Il y a aussi une petite terrasse.

PATIO COUTURE REGINA BIARRITZ-2

SALLE RESTAURANT REGINA BIARRITZ

TERRASSE RESTAURANT REGINA BIARRITZ

Par un heureux hasard, nous nous retrouvons à table avec Madame et Monsieur Michel Veunac, maire de Biarritz, ce qui nous vaut une soirée délicieuse.

Comme il s’agit du repas d’inauguration « presse et notables », Georges Blanc et la brigade du « Numéro 1 by Georges » (Pascal Clerc assisté de Sébastien Bredoux) ont mis les petits plats dans les grands. Trop, peut-être !

La brigade © Greta Garbure

La brigade © Greta Garbure

Jugez plutôt : 

Menu du N° 1 by Georges

Enfin, on ne va quand même pas se plaindre ! Surtout, on peut se réjouir qu’il y ait une nouvelle table de ce standing à Biarritz !

Huître creuse en gelée « Terre et mer » © Greta Garbure

Huître creuse en gelée « Terre et mer » © Greta Garbure

Chartreuse d'aubergine et poivron doux © Greta Garbure

Chartreuse d’aubergine et poivron doux © Greta Garbure

Br de ligne en marinière d'aromates au chardonnay © Greta Garbure

Bar de ligne en marinière d’aromates au chardonnay © Greta Garbure

Filet de bœuf © Greta Garbure

Filet de bœuf fondant aux condiments, riz basmati © Greta Garbure

Pêche blanche au jus de groseille et basilic, sorbet © Greta Garbure

Pêche blanche au jus de groseille et basilic, sorbet © Greta Garbure

Éclair Paris-Biarritz © Greta Garbure

Éclair Paris-Biarritz au caramiel sur un voile de chocolat noir © Greta Garbure

Les vins sont bien choisis :
— Le jurançon est particulièrement sec et apéritif, les arômes de fruits exotiques et d’agrumes respectent leurs cépages. Bio.
— Le viré clessé est un miracle de concentration et d’élégance, à la fois profond et onctueux, on a le beurre et la brioche en bouche. Peut-être le meilleur de son appellation.
— Le château Peyrabon était… bon.

Jurançon © Greta Garbure               Viré-Clessé © Greta Garbure               Château Peyrabon © Greta Garbure

Présent, Périco Légasse — dont nul n’ignore qu’il est basque d’origine — a d’ailleurs pris la parole au nom de tous les journalistes présents pour encourager la brigade.

Georges Blanc (à gauche), Périco Légasse (à droite), et… © Greta Garbure

Georges Blanc (à droite), Périco Légasse (à gauche), et… © Greta Garbure

Bon, nous ne vous parlerons pas du Spa ni du hammam qui étaient en cours de finalisation et que nous n’avons donc pas pu tester, mais jetons-y un petit coup d’œil quand même :

REGINA BIARRITZ-SPA

Spa

Hammam

Et nous ne vous parlerons pas non plus du golf qui a pourtant belle allure :

visuel-golf-credit-CLAUDE-NORI

Fin de soirée

Alors, comment terminer cette journée ?
Un petit armagnac au bar pour moi avec Périco, un petit dessert (léger !) en rab pour Patrick et… bonne nuit les petits !

Ah non, j’ai d’abord droit à un concert privé du maestro Patrick !

Concert privé © Greta Garbure

Allez, au lit !

Ce fut une bonne journée !

Blandine & Patrick

P’tit billet d’humeur

Échos iconoclastes
et viniques (ta mère) !
3

On dirait que notre capacité d’écoute de l’Autre s’est aujourd’hui réduite à la mesure du zapping télévisuel. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais votre interlocuteur semble ne vous écouter que pour mieux rebondir par un « Ah bah ! c’est comme moi ! » ou un « Tiens, moi aussi ! », prélude à un copié-collé de votre dernière phrase, mais censé être évidemment plus drôle, plus extraordinaire, bien plus intéressant !

Alors que vous évoquez à mots choisis, avec sensibilité, toute l’émotion récemment procurée par un Puligny-Montrachet du Clos des Lambrays, « Ah bah ! c’est comme moi ! » dit aussitôt l’Autre con. « La semaine dernière, j’ai bu un Saint-Estèphe ou un Médoc, je ne sais plus, mais il était drôlement bon ! »

lambrays-puligny-cailleret-2002 via winenoodle.com

On peut s’autoriser un « C’est cela, oui… » consterné. Mais pas plus ! Surtout pas plus ! Sinon l’Autre pourrait bien surenchérir par un « Moi aussi, ça me rappelle… » ou « Comme dit Marcel, mon beau-frère… » !!!

Patrick de Mari

Nos mille-feuilles (morceaux choisis)

« Le lard frit est un des chemins
qui conduisent
à un instant de parfait bonheur ! »

Ventrèche de compétion © Greta Garbure

Ventrèche de compétion © Greta Garbure

LARD FRIT

Ventrèche grillée © Greta Garbure

Ventrèche grillée © Greta Garbure

« Au fond de notre jardin, près du poulailler, mon père installe de temps à autre un fumoir de sa fabrication, constitué d’une plaque de zinc enroulée sur elle-même et surmontée d’une cheminée tubulaire. Il y suspend de longues bandes de lard cru et place à sa base des pelletées de sciure d’épicéa qui se consume avec lenteur, sans flammes, produisant une fumée bleutée comme celle qui monte des coupes de bûcheron dans les sapinières d’automne, et flotte au faîte des grands arbres pour les couronner. Forêt des Vosges, plaisanterie vosgienne : « Tu aimes mieux ton père ou ta mère ? — J’aime mieux le lard ! » Il faut de nombreux jours pour que le fumage soit efficace. Quand mon père retire les bandes, celles-ci sont rabougries, durcies, ont troqué leurs teintes blanches, roses et fraîches, pour d’autres plus sourdes, la couenne est devenue cuir, et si on approche la narine, l’odeur de la viande se marie désormais au parfum sauvage du résineux et de la fumigation. Prendre un couteau bien affûté, une planche à découper, prélever de la bande de lard deux tranches d’une épaisseur d’un demi-centimètre, faire chauffer une poêle, y placer une petite noix de beurre, attendre qu’elle fonde puis disposer à plat les deux tranches. Musique et délices. La cuisine soudain bruit du grésillement de la chair en même temps que, de la poêle, se dégage un panache épais qui sent la graisse chaude, la viande grillée, la pomme de pin, le poil roussi. On contemple les mutations rapides du lard dont les parties grasses, sous l’effet de la chaleur, deviennent translucides et suantes tandis que les lignes de maigre virent au rose tyrien, au parme, au garance, voire à l’ocre terre de Sienne si on laisse la cuisson se prolonger de quelques secondes. Retirer. Coucher les deux tranches sur du pain de campagne. Arroser la tartine avec l’huile brûlante. Manger chaud. Mon père me prépare cela. Aucun régime ne prescrit cette recette et c’est dommage. Elle est pourtant un des chemins qui conduisent à un instant de parfait bonheur. Le parfum du lard qui frit, avec celui des oignons, ou les deux conjugués, provoque chez moi une salivation immédiate et une béatitude qui se prolonge bien après le repas. Casse-croûte serait plus approprié. Quelque chose d’improvisé, sans façon, sans embarras, vers les 10 heures du matin, comme un pied de nez aux convenances. Au retour du marché par exemple, le jeudi, quand, après avoir été devant l’étal de la camionnette ouverte du père Haffner, charcutier, paysan-éleveur de porcs à Montigny non loin du pays de Donon, comme face à la vitrine d’un magasin de jouets avant Noël, je dépose sur la table de la cuisine mes trésors — fromage de tête, boudin noir, boudin blanc aux trompettes-de-la-mort, lard fumé, museau, cervelas, petites saucisses, pieds panés, jambon à l’os, filet mignon — et que, pour rendre hommage à la bête sacrifiée et à son sacrificateur, je saisis le lard, le respire, en coupe deux fines tranches, prépare le pain, la poêle, comme le faisait mon père pour moi et, après m’être versé un verre de santenay de chez Borgeot, m’apprête à célébrer une messe à laquelle je ne suis pas près de renoncer. »

Tiré de « Parfums », par Philippe Claudel, de l’académie Goncourt, Stock, 2012.

Parfums de Philippe Claudel via rtl.fr

Morceau choisi par Blandine Vié

Un p’tit goût de revenez-y

Faites une bonne farce
à vos tomates !

Tomates farcies © Greta Garbure

Tomates farcies © Greta Garbure

C’est la saison des tomates !

Farcies, elles font le bonheur des repas d’été au jardin — il n’y a pas que le barbecue ! —
aussi bien chaudes que froides.

Bonnes filles, elles accueillent de nombreux types de farces pour varier les plaisirs.
Elles sont épatantes pour utiliser les restes !
Et n’hésitez pas à en faire « trop » car elles se conservent très bien au congélateur !

Le recette, c’est ici : http://gretagarbure.com/2013/08/17/savoir-faire-6/

Et pour les servir avec un coulis de tomates, c’est là :
http://gretagarbure.com/2013/09/06/savoir-faire-8/

Blandine Vié