Tagué: Graves

Nos marronniers

Rendons hommage aux pères
pour la fête des pères
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Rappelons que pendant toute cette semaine nous rendons hommage aux pères et grands-pères qui ont inspiré des cuvées à nos vignerons.

Aujourd’hui, nous vous proposons
deux vins rouges :

• La cuvée « Hommage à André Brusset » 2015, AOC Cairanne du domaine Brusset
André Brusset fut le fondateur du domaine en 1947 et cette cuvée est un hommage de son fils et de son petit-fils suite à son décès. Pour le millésime 2015, c’est une sélection de vieux grenaches et mourvèdre (des vignes de 80 ans) qui a été retenue.
Sa robe est pourpre profond avec une note fuchsia.
Son nez est intense avec des notes aromatiques de fumée, de fruits comme la mûre et la quetsche, avec une touche de suavité.
La bouche a une belle structure tannique, une saveur de raisin à maturité, une jolie matière sur une trame fine, un bel équilibre acide/alcool et une finale persistante sur la fraîcheur.
Les volailles à forte personnalité (magrets de canard, pintade farcie, faisan) lui vont bien.

Prix : 26 €
Domaine Brusset
70, chemin de la Barque
84290 Cairanne
Tél : 04 90 30 82 16
Courriel : domaine-brusset@wanadoo.fr
Site : http://www.domainebrusset.fr

• La cuvée « Henri Lévêque » 2011, AOC Graves du Château Chantegrive
Henri Lévêque fut le fondateur du Château Chantegrive, ce qui lui vaut cette cuvée hommage.
Il se pare d’une belle robe soutenue rubis profond.
Son nez dévoile des arômes de fruits noirs très mûrs, des notes épicées et vanillées.
En bouche, il a une belle ampleur, de la rondeur et de l’opulence. Bref, c’est un vin généreux aux tanins fins et soyeux qui s’accordent très bien avec les viandes rouges grillées ou braisées, les magrets de canard aux cèpes, les volailles rôties, certains fromages affinés et les desserts aux fruits rouges.

Prix : 27 € départ propriété
Château de Chantegrive
44, cours Georges Clémenceau
33720 Podensac
Tél : 05 56 27 17 38
Courriel : courrier@chateau-chantegrive.com
Site : http://www.chantegrive.com

Blandine Vié

Dégustations

Voyage de presse dans les Graves

Graves blancs au château Ferrande © Greta Garbure

Graves blancs au château Ferrande © Greta Garbure

Lundi 26 septembre : direction Bordeaux et plus précisément les Graves. Le programme est prometteur si le rythme des dégustations est toujours sur un mode stakhanoviste. Il y a aussi, surtout, l’intimité des maisons qui m’accueillent.

Château Carbonnieux © Greta Garbure

Château Carbonnieux © Greta Garbure

Domicilié pendant trois jours au magnifique château Carbonnieux, efficacement nourri par la délicieuse Marie-Hélène Lévêque à Chantegrive (poulet rôti de compétition et haricots verts du jardin), dîner au château Couhins (école et lieu de recherche de l’INAO) avec des propriétaires passionnés et passionnants, visites de vignes en pleines vendanges, de chais et de cuves en ébullition (fermentation) : Magence, Jouvente, Bardins, Chevalier, Château de France et clap de fin au château Olivier pour un dîner dit de prestige où les bouteilles s’échangent de tables en tables comme dans toute belle paulée.

Le talentueux propriétaire du château Magence © Greta Garbure

Le talentueux propriétaire du château Magence © Greta Garbure

Entre ces réjouissances, nous avons dégusté les crus blancs et rouges de Graves et de Pessac-Léognan, ce qui était quand même la raison essentielle de notre présence.
Au château Ferrande, nous attendaient, sagement alignées, une soixantaine de bouteilles de l’appellation Graves. Si le niveau général est convenable, en rouges 2012, certaines têtes dépassent nettement : 
Respide cuvée Callipyge, Magence (malgré la précision commerciale sur l’étiquette « élevé en fût de chêne » qui me file des boutons !), Clos du Mont cuvée Gabriel.
Les blancs 2014 et 2015 sont aujourd’hui plus flatteurs, avec des aromatiques amples de fruits bien mûrs et une finale sur le caillou, légèrement fumée : 
Magence encore et sa cuvée Symphonie, Chantegrive, Villa Bel Air, Crabitey, Floridène, Lionne, Vieux Château Gaubert, Respide à nouveau et peut-être le plus complet, mon coup de cœur, le château Camus 2015, une attaque vive voire espiègle, apaisée par un gras qui tapisse la bouche sans l’alourdir et déjà une belle longueur pour son âge.

Le lendemain, au château Le Sartre était réunie la noblesse de l’appellation Pessac-Léognan. En blancs non classés 2014, le 100% sauvignon est triomphant et parfois un peu variétal. Les assemblages avec du sémillon rendent les vins plus délicats, apportant suavité, rondeur et arômes fruités. Quelques vins m’ont particulièrement séduit :
Domaine de Grandmaison, Haut Bergey et Lafont-Menaut apportent du plaisir à des prix très raisonnables, autour de 10/15 €.
Dans les crus classés, les châteaux Couhins-Lurton, Carbonnieux, Fieuzal et le superbe et archétypique château Bouscaut avec une matière, une puissance, un gras en bouche et ce léger grillé en final si caractéristique des vins de graves. Le sauvignon est ici à son meilleur, mûr et concentré.

Les rouges sont majoritairement du millésime 2012. Présumée faible à sa sortie, cette année est aujourd’hui appréciée pour son fruité léger. Quelques très jolis vins gourmands, souples, aux tanins fondus :
Les châteaux Bardins, très éco-responsables et aux vins nets, très frais, Larrivet Haut-Brion, le Sartre, Les Carmes Haut-Brion et la divine surprise du château de Rouillac dont l’ascension ne se dément pas. Son 2010 récemment bu sur un jeune faisan m’a tiré des larmes des yeux (il faut dire que je suis sensible comme garçon !).

Pessac-Léognan Château de Rouillac 2005 © Greta Garbure

Pessac-Léognan Château de Rouillac 2005 © Greta Garbure

Parmi les crus classés présentés, les élevages sont plus ambitieux et marquent encore certains vins. En revanche, partout où le bois se fait plus discret, on trouve des bouteilles remplies de promesses, de plaisir telles Latour-Martillac et Malartic-Lagravière, absolument magnifiques tous les deux, le premier par son équilibre réjouissant, le second par une puissance contenue, une belle densité, une rondeur affichée qui annoncent déjà de sympathiques accords à table.
Mais il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte.

Jeudi, déjeuner et visite de la Cité du Vin avec le photographe spécialisé Guy Charneau.
Le soir, compétition amicale au Point Rouge à Bordeaux entre huit équipes confrontées à la découverte de cinq vins, à l’aveugle. En tête après la troisième devinette, nous nous effondrons en vue de l’arrivée (ces jeunes, ça ne tient pas la distance !). Félicitations à l’organisateur, le sommelier qui monte Alexandre Morin ainsi qu’aux compétiteurs.

La cité du vin à Bordeaux © Greta Garbure

La cité du vin à Bordeaux © Greta Garbure

Vendredi, direction le Médoc : découverte et lancement de la rose spécialement créée pour honorer le château Gruaud-Larose qui embaume illico le litchi, la poire, les agrumes et puis quand même un peu la rose aussi ! Le chef du restaurant Saint-Julien (à Saint-Julien) nous a parfaitement alimentés et la main basse opérée sur un Gruau-Larose 1989 s’est révélée judicieuse. L’armagnac Gimet 1978 de la propriété du maître de chais a sonné la fin des libations grâce à ses 59,9° (ah bah oui quand même !).

La rose Gruaud-Larose © Greta Garbure

La rose Gruaud-Larose © Greta Garbure

Au retour, comme il convenait de faire baisser le pourcentage d’alcool dans notre sang, nous nous sommes prudemment arrêtés au château Lamothe-Bergeron aimablement gouverné par Laurent Méry qui a proposé de nous adoucir les muqueuses avec un café et… un cognac Hardy de belle qualité. Quelle bonne personne !

Et samedi matin, retour à la case départ après un périple dense, très dense.

Dans l’attente de nouvelles aventures, je retiens un important enseignement : j’aime beaucoup la Badoit.

Patrick de Mari

Dégustations

Suite et fin (et soif) :
Pessac-Léognan

Au boulot. au goulot ! © Greta Garbure

Au boulot… pas au goulot ! © Greta Garbure

À l’invitation du Conseil des Vins de Graves et des Appellations Graves et Pessac-Léognan, nous étions quelques privilégiés à constater que les raisins blancs se montraient à leur avantage à la sortie des pressoirs et dans les cuves. Les merlots attendaient les vendangeurs sans impatience et les cabernets prenaient leur temps et encore un peu de soleil afin d’assurer leur parfaite maturité phénolique.

Envoyé (très) spécial du grand quotidien du web GretaGarbure.com, j’ai relaté hier la première journée de mon séjour dans les Graves : https://gretagarbure.com/2014/10/17/degustations-19/
Aujourd’hui, nous sommes au nord, à une dizaine de kilomètres de Bordeaux.
Je commence par la visite des parcelles du château Olivier, notamment sa belle croupe (!) de graves compactes de 8 ha (sur 55 plantés, au milieu d’un domaine de 220 ha : ça éloigne le voisinage ça, non ?!!). Piloté et instruit par Laurent Lebrun, le directeur général, le plaisir est intense de constater la parfaite santé du vignoble et l’enthousiasme de tous au moment de rentrer les premiers raisins noirs.

Château Olivier © Greta Garbure

Château Olivier © Greta Garbure

Mais la grosse dégustation des rouges de Pessac-Léognan commence bientôt et il faut rallier Smith-Haut-Lafitte et constater au passage les dernières réalisations de Florence et Daniel Cathiard sur leur grand domaine. À ce propos, ceux qui évoquent Disneyland sont sûrement des jaloux !

L’exercice consiste à goûter 35 rouges 2011 en tentant de prévoir leur évolution dans les prochaines années. En effet, après environ 2 ans d’élevage en barriques et 1 an en bouteilles, ils se stabilisent lentement et entament une longue période de fermeture avant qu’ils puissent espérer atteindre un début de maturité. Pour de nombreuses raisons (financières, sociologiques…), nous buvons TOUS nos vins très tôt, trop tôt, et pour certains, dans une jeunesse qui ne les met pas vraiment en valeur. La fraîcheur du fruité, pour importante qu’elle soit, n’est pas l’attrait principal d’un grand vin de Bordeaux et il est dommage de ne pas profiter, comme il se devrait, de la formidable complexité des arômes et du goût que seul peut lui procurer le temps. Mais ceci est une autre histoire… Plus tard, une volée d’une trentaine de blancs  2013 se fit aussi plaisamment goûter.

Pessac-Léognan et Graves classés blancs © Greta Garbure

Pessac-Léognan et Graves classés blancs © Greta Garbure

Seriez-vous intéressé de savoir que certains vins m’ont séduit plus que d’autres ? Alors, voilà :
En blanc : Carbonnieux, Lespault-Martillac, Smith-Haut-Lafitte.
En rouge : Rouillac, Chevalier, Bouscaut.
Et dans les deux couleurs : Malartic-Lagravière, Larrivet-Haut-Brion, château de France.
Et puis évidemment Latour-Martillac mais je ne suis pas certain d’être totalement objectif  ! Quoique…

Après une magnifique visite et une dégustation rapide de Haut-Brion et de Mission-Haut-Brion, il a été formellement démontré que les très grands vins ne s’offrent pas facilement et exigent de nombreuses années de repos avant, tels la Belle au Bois Dormant, de concéder leurs beautés.

Quelques beaux flacons ! © Greta Garbure

Quelques beaux flacons ! © Greta Garbure

Le « dîner de gala » m’a permis de retrouver l’inoxydable et si talentueux chef landais Jean Cousseau et d’entendre les discours informels des présidents responsables de cette formidable organisation qui a autorisé ce voyage de presse durant les vendanges, ce moment-clé que nous avons partagé du bout des yeux et du stylo, pour le plaisir.

À table ! On va enfin pouvoir boire du vin ! © Greta Garbure

À table ! On va enfin pouvoir BOIRE du vin ! © Greta Garbure

Patrick de Mari

Dégustations

Un joli voyage de presse
dans les Graves

The Latour-Martillac Team © Greta Garbure

The Latour-Martillac Team © Greta Garbure

Quand le TGV me dépose à la gare Saint-Jean de Bordeaux, je sais que m’attend Tristan Kressmann, le co-propriétaire du château Latour-Martillac.
Le trajet nous permet de parfaire la connaissance que, l’un de l’autre, nous avions esquissée lors de précédentes dégustations l’année dernière. Je dormirai trois nuits de suite dans la ravissante chartreuse familiale. Après un dîner chaleureux qui m’a permis d’apprécier la tenue de millésimes anciens du château et d’un doisy-daëne 1998 pour dormir bien : alors, au dodo ! J’adore les chambres d’amis dans lesquelles on peut faire son jogging ! Non pas que j’ai envie mais au cas où…

Une belle chratreuse © Greta Garbure

Une belle chartreuse © Greta Garbure

Un chai © Greta Garbure

Le chai de Latour-Martillac © Greta Garbure

Après le petit déjeuner, rendez-vous à 9 h au château Vénus, l’admirablement nommé. (Aïe ! Je ne suis pas trop sexiste en disant ça, au moins ?!!) De création récente, ce domaine est développé au pas de charge par Emmanuelle et Bertrand Amart sous la protection de la déesse éponyme. Et elle semble efficace pour pallier l’absence de tout engrais et désherbant de synthèse. Vendanges manuelles, bien sûr, sur les 6 ha plantés à 70 % de merlot et 30% de cabernet sauvignon. Le sémillon et le sauvignon donnent un blanc anecdotique par ses quantités et qui méritera de le rester dans le millésime 2013.
La robe du château Vénus, d’un rubis clair, étonne et annonce une matière légère. Le nez confirme cette première impression en nous orientant vers la framboise et la cerise. En bouche, c’est « gourmand et croquant » comme dit l’autre, d’une grande fraîcheur. Un vin immédiatement bon à boire, pour environ 9,50 €.
La cuvée APOLLON est plus ambitieuse mais bien équilibrée. Le 2010 commence à se montrer à son avantage et ce n’est pas fini ! Un vin intense, de belle facture, dans tous les sens du terme : 32 €.

Mais pas de temps à perdre malgré la qualité de la compagnie : je suis attendu à 10 h 30 au château Ferrande, si jolie demeure mais malheureusement si fermée depuis son rachat par le groupe Castel.

Le château de la Belle au Bois-Dormant ? © Greta Garbure

Le château de la Belle au Bois-Dormant ? © Greta Garbure

Les bouteilles de Graves, blanc 2013 et rouge 2011 attendent sagement avant d’être sacrifiées. Une soixantaine en 2 heures et demie, faut pas traîner. C’est évidemment trop peu pour prendre du plaisir mais assez pour se faire une idée précise sur chacune (comme dans un gang bang, enfin, c’est ce qu’on m’a dit…!). Certaines vendanges de blancs ont eu lieu trop tôt, ont donné des vins manquant par trop de densité et ainsi des caractéristiques habituelles de cette belle appellation. Mais d’autres sont là et bien là et il n’est pas difficile de s’enthousiasmer pour nombre d’entre eux. Demandez-les à votre caviste préféré, ils ne vous décevront pas !

Graves rouges 2013 © Greta Garbure

Graves rouges 2013 © Greta Garbure

De gros coups de cœur pour ces vins blancs aux sauvignons aromatiques et sémillons arrondis avec minéralité, salinité et parfois, encore une pointe carbonique :
— château Saint-Robert,
— château du Pont-de-Brion,
— château de Lionne,
— château Ferrande
— Villa Bel-air,
ainsi que pour les grands classiques qui font presque toujours très bon :
— clos Floridène,
— château Chantegrive, cuvée Caroline,
— château Rahoul.

Les Graves rouges 2011 :
Ce millésime a pour principal défaut d’être arrivé après l’excellent 2009 et l’immense 2010. Tout comme cette année dans tout le bordelais, le soleil de fin septembre et octobre a permis de vendanger des raisins arrivés à bonne maturité.
Aux Lionne, Pont-de-Brion, Villa Bel-Air, Chantegrive sus-cités, il faut absolument ajouter le délicieux château Lassalle, bien présent en bouche, avec une matière importante mais souple, déjà en rondeur, et une finale longue. Ainsi que le Crabitey que je vais goûter au château, à Portets. On n’a pas beaucoup de temps, notamment pour aller dans les vignes, mais la dégustation de plusieurs millésimes en rouge constitue une jolie surprise pour moi qui les goûte pour la première fois. J’en retiens le 2005 (mais il fallait être fort pour louper ce millésime) et puis le 2010 pour son parfait équilibre et sa puissance, sa finesse de tanins, son élégance (13,80 €) mais le 2011 est également extrêmement plaisant et peut se boire dès maintenant (12,50 €).

Arnaud de Butler du château Crabitey

Arnaud de Butler du château Crabitey

CRABITEY 10

Dîner en anglais au château de Cérons, mais attention, « se coucher tard… nuit » !

Alors, suite de ce compte-rendu… chargé : demain !

Patrick de Mari

Déjeuners de presse

Le château de Chantegrive
au restaurant Kaspia :
l’heure est grave(s) !

Verre de Château de Chantegrive rouge © Greta Garbure

Déjeuner en petit comité ! Nous sommes invités par Marie-Hélène et François Lévêque (frère et sœur), propriétaires du Château de Chantegrive (terroir de Graves) à Podensac, pour découvrir leur gamme.

Le repas a lieu dans le petit salon du restaurant Kaspia. Cadre ouaté dans les tons bleu canard mais un peu kitsch, avec toiles neigeuses pour suggérer une ambiance sibérienne.

Logo Kaspia © Greta Garbure

Une fois les présentations faites, nous prenons l’apéritif en goûtant deux blancs secs, deux vins primeurs venant juste de faire leurs Pâques !

• Le château de Chantegrive, graves blanc 2013
Sa robe est jaune pâle, assez vive, et son nez très fleurs blanches. En bouche, je l’ai trouvé très plaisant avec beaucoup de fraîcheur, du fruit, des notes d’agrumes prononcées (citron, pamplemousse), joliment acidulé, épatant pour l’apéro.
Entre 10 et 12,5 €.

Château de Chantegrive blanc 2013 © Greta Garbure

• Le château de Chantegrive, graves blanc, cuvée Caroline 2013
Sa robe est encore trouble mais plus profonde, avec des reflets tirant sur le vert, son nez plus élégant, légèrement citronné mais avec des touches de beurre et d’amande grillée, et cette pointe de tilleul que j’aime tant. En bouche, il est déjà rond même si on se doute bien qu’il ne peut que se bonifier avec le temps. La bouche est gracieuse et dévoile des arômes de pêche blanche, d’abricot et de fruits tropicaux.
Entre 10 et 12,5 €.

Château de Chantegrive cuvée Caroline 2013 © Greta Grabure

Mais passons au déjeuner proprement dit, dont je vous livre le menu :

Menu Château de Chantegrive chez Kaspia

Disons-le tout net : le menu est bizarrement composé — je ne sais pas par qui ! — et la concordance entre mets et vins loin d’être idéale.
C’est dommage car dans ces cas-là, ce sont toujours les vins qui en pâtissent car altérés — sinon gâtés — par des éléments perturbateurs ! Mais nous tenterons de rester objectifs en faisant bien la part des choses !

Le premier plat — qui se fait un peu attendre… et s’il y a bien du beurre sur la table pour patienter, il n’y a pas de pain ! — s’intitule « Œufs Barry ».
Avec l’humour décapant qui nous caractérise sur Greta Garbure, je ne peux m’empêcher — puisque nous sommes toujours en plein « octave de Pâques », c’est-à-dire, selon le calendrier liturgique latin, les 8 jours qui suivent la fête pascale — de me dire que c’est bizarre de commencer un repas par des œufs de Pâques en chocolat, fussent-ils au cacao Barry !
Trêve de plaisanterie, je m’informe auprès du garçon qui officie à notre table pour lui demander ce que signifie cette appellation, ne connaissant pour ma part que celle « à la Du Barry », donc à base de chou-fleur. Il ne sait pas et va s’enquérir. Pendant ce temps les assiettes arrivent : entrée hyper classique dont le dressage me rappelle les repas du dimanche chez ma grand-mère paternelle dans les années soixante. Visiblement, la nouvelle cuisine n’a pas encore pénétré jusqu’en Sibérie !

Œufs Barry © Greta Garbure

Il s’agit de deux œufs pochés sur toasts briochés : l’un surmonté d’une belle cuillerée de caviar « baeri » (esturgeon  d’élevage) — serait-ce là la raison du nom donné à la recette ? — et accompagné d’une sauce rose qui n’est pas une sauce aurore mais où je décèle un peu de tarama et de la moutarde qui en masque la douceur ; l’autre coiffé d’un cuillerée d’œufs de saumon — pas trop salés, ce qui est un bon point ! — et escorté d’une sauce crème à la ciboulette.

Malheureusement, l’un de mes œufs pochés est presque dur (même pas mollet) et je trouve que ce plat est d’une grande confusion car la moutarde et les œufs de saumon empêchent d’apprécier le caviar — et les vins — à leur juste valeur. Oui, les deux en même temps, c’est une faute de goût.

Œufs Barry ouverts © Greta Garbure

Le serveur revient nous dire que Barry est le nom de deux villages, l’un en France et l’autre en Russie. Vérification faite, il y a bien un village du nom de Barry dans les Hautes-Pyrénées (près de Tarbes), mais je n’en ai pas trouvé en Russie. Et je ne vois pas bien le rapport.
Il nous précise que c’est aussi le nom de l’ancien propriétaire du restaurant, ce qui semble une réponse plus appropriée au nom de baptême de la recette. Du coup, je comprends mieux le côté vieillot !

Sur ces œufs, nous buvons deux blancs, les mêmes qu’à l’apéro mais dans le millésime 2012.

• Le château de Chantegrive, graves blanc 2012
Il a une robe jaune pâle, un nez fleur d’acacia, de chèvrefeuille et de pêche blanche.
Il est un peu moins sur les agrumes (toujours du citron tout de même mais presque confit) et sa vivacité demeure, tout comme sa fraîcheur en bouche.
On l’imagine bien accompagner toute une gamme de poissons grillés, de coquillages (coques, bulots plus qu’huîtres) et de crustacés (crevettes, tourteau), des tapas, etc. Ou encore des petits feuilletés chauds, des choux carolines, des gougères, des entrées à base de légumes.
Mais avec les œufs Barry, cet accord est presque incongru.
Entre 10 et 12,5 €.

Château de Chantegrive blanc 2012 © Greta Garbure

• Le château de Chantegrive, graves blanc, Cuvée Caroline 2012
Plus épanoui, sa robe est dorée.
François Lévêque, mon voisin de gauche, me précise ses cépages (50% sauvignon, 50% sémillon) et m’explique qu’il est fait selon la méthode bourguignonne (je vous passe les détails techniques). Malicieusement, il ajoute qu’Hubert de Boüard — qui les conseille depuis 2011 — leur a appris à faire de meilleurs vins rouges mais qu’eux ont appris à Hubert de Boüard à faire du vin blanc ! Quoi ? Fallait pas le dire…

Bon, il a des arômes de citron, de vanille (le bois reste léger) et de fruits à noyaux. En bouche, il est souple et nerveux à la fois (ce n’est pas antinomique), ample, avec un bel équilibre entre acidité et rondeur. La finale est typée : concombre ? Non, curry (très léger, entendons-nous) !
Bref, un vin avec une belle rondeur gourmande parfait pour escorter les crustacés et les poissons blancs nobles (langoustines, homards, bar, lotte), surtout en sauce (sauces crémées, beurre blanc), viandes blanches, fromages doux. Marie-Hélène Lévêque le conseille aussi sur du foie gras mais je suis moins convaincue.
Entre 12 et 16,5 €.

Château de Chantegrive blanc cuvée Caroline 2012 © Greta Garbure

Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisque le plat de résistance se compose tout simplement d’une assiette de « jambon ibérique de bellota » (sic), flanquée d’une petite assiette de haricots verts en salade ! Plat froid, donc…
Ah ! ces appellations erronées en ce qui concerne le jambon ibérique ! « Bellota » est un abus de langage lorsqu’il est employé seul !

Au passage, je vous renvoie à nos articles sur le sujet :

https://gretagarbure.com/2013/10/07/appellations-culinaires-3/

https://gretagarbure.com/2013/10/08/reconnaissance-du-ventre-28/

https://gretagarbure.com/2013/10/09/reconnaissance-du-ventre-29/

https://gretagarbure.com/2013/10/09/reconnaissance-du-ventre-29/

D’ailleurs, comme la réglementation espagnole vient de changer car elle était trop brouillonne, nous publierons bientôt une mise au point.

Jambon ibérique © Greta Garbure

Nous disions donc que le jambon est ibérique !
À première vue, les haricots aussi !
Le jambon est de qualité quoiqu’un peu sec, mais quelle drôle d’idée de le servir en milieu de repas ! Le jambon ibérique, ça se mange à l’apéro ou à la rigueur en entrée ! Quant à la salade, parsemée de dés de tomates de serre, elle est plus qu’anodine.

Salade de haricots verts © Greta Garbure

Quel dommage !
Quel dommage pour les vins !

Nous les goûtons donc presque ex nihilo mais nouvel handicap : il n’y a pas assez de verres à dégustation dans le restaurant ! Le serveur précise même : on n’en a que 11 ! Passons…

Voici tout de même mes impressions :

• Le château de Chantegrive, graves rouge 2010
D’emblée il me plaît. Beaucoup. Son nez de fruits noirs, son volume, ses notes épicées, grillées, légèrement fumées et  des tanins très soyeux en bouche.
Sans doute mon préféré dans la gamme présentée.
Le genre de vin dont j’aime boire tranquillement un verre en écrivant mes articles.

Château de Chantegrive rouge 2010 © Greta Garbure

• Le château de Chantegrive, graves rouge 2009
Très beau aussi, profond et mûr.
On rêve de lui présenter une belle côte de bœuf pour un mariage, certes éphémère, mais flamboyant.

Château de Chantegrive rouge 2009 © Greta Garbure

• Le château de Chantegrive, graves rouge 2008
Ample également, je pense pourtant qu’il peut supporter encore quelques années avant d’exprimer tout son potentiel.

Château de Chantegrive rouge 2008 © Greta Garbure

• Le château de Chantegrive, graves rouge 2005
Toujours dans la même tonalité, mais il manque la viande rouge ou le gibier pour que leurs sucs s’harmonisent.

Château de Chantegrive rouge 2005 © Greta Garbure

Toutes ces bouteilles entre 13 et 16 €

Nous passons au fromage, un comté superbe (qui vient de la fromagerie « Cheese », rue Desaix, dans le 15e) présenté avec une salade de roquette dont le puissant parfum herbacé court-circuite un peu le nez des vins.
Et puis deux salades en suivant… Passons !
Que dire sinon que j’aurai préféré boire le Chantegrive blanc cuvée Caroline 2012 avec ?

Comté © Greta Garbure

Enfin, pour clore ce repas — et non le clôturer (je sais, je le répète souvent mais comme le disait mon prof de math en classe de quatrième : « la répétition, c’est l’âme de l’enseignement » !) — une assiette de fruits des bois (fraises des bois et framboises) un peu en avance sur la saison — et sûrement pas cueillis dans les bois ! — ponctue agréablement ce repas dont l’ambiance était très conviviale.

Fruits des bois © Greta Garbure

Je vous le dis, malgré tout ce qui n’allait pas dans ce repas,
Château de Chantegrive, ça chante… graves !

Blandine Vié

Château de Chantegrive
Grand vin de Bordeaux
Appellation Graves AOC
Famille Levêque
33720 Podensac
Tél : 05 56 27 17 39
Courriel : courrier@chateau-chantegrive.com
Site :
www.chantegrive.com