Tagué: Marie-Hélène Lévêque

Nos marronniers

Rendons hommage aux pères
pour la fête des pères
(4)

Rappelons que pendant toute cette semaine nous rendons hommage aux pères et grands-pères qui ont inspiré des cuvées à nos vignerons.

Aujourd’hui, nous vous proposons
deux vins rouges :

• La cuvée « Hommage à André Brusset » 2015, AOC Cairanne du domaine Brusset
André Brusset fut le fondateur du domaine en 1947 et cette cuvée est un hommage de son fils et de son petit-fils suite à son décès. Pour le millésime 2015, c’est une sélection de vieux grenaches et mourvèdre (des vignes de 80 ans) qui a été retenue.
Sa robe est pourpre profond avec une note fuchsia.
Son nez est intense avec des notes aromatiques de fumée, de fruits comme la mûre et la quetsche, avec une touche de suavité.
La bouche a une belle structure tannique, une saveur de raisin à maturité, une jolie matière sur une trame fine, un bel équilibre acide/alcool et une finale persistante sur la fraîcheur.
Les volailles à forte personnalité (magrets de canard, pintade farcie, faisan) lui vont bien.

Prix : 26 €
Domaine Brusset
70, chemin de la Barque
84290 Cairanne
Tél : 04 90 30 82 16
Courriel : domaine-brusset@wanadoo.fr
Site : http://www.domainebrusset.fr

• La cuvée « Henri Lévêque » 2011, AOC Graves du Château Chantegrive
Henri Lévêque fut le fondateur du Château Chantegrive, ce qui lui vaut cette cuvée hommage.
Il se pare d’une belle robe soutenue rubis profond.
Son nez dévoile des arômes de fruits noirs très mûrs, des notes épicées et vanillées.
En bouche, il a une belle ampleur, de la rondeur et de l’opulence. Bref, c’est un vin généreux aux tanins fins et soyeux qui s’accordent très bien avec les viandes rouges grillées ou braisées, les magrets de canard aux cèpes, les volailles rôties, certains fromages affinés et les desserts aux fruits rouges.

Prix : 27 € départ propriété
Château de Chantegrive
44, cours Georges Clémenceau
33720 Podensac
Tél : 05 56 27 17 38
Courriel : courrier@chateau-chantegrive.com
Site : http://www.chantegrive.com

Blandine Vié

Dégustations

Voyage de presse dans les Graves

Graves blancs au château Ferrande © Greta Garbure

Graves blancs au château Ferrande © Greta Garbure

Lundi 26 septembre : direction Bordeaux et plus précisément les Graves. Le programme est prometteur si le rythme des dégustations est toujours sur un mode stakhanoviste. Il y a aussi, surtout, l’intimité des maisons qui m’accueillent.

Château Carbonnieux © Greta Garbure

Château Carbonnieux © Greta Garbure

Domicilié pendant trois jours au magnifique château Carbonnieux, efficacement nourri par la délicieuse Marie-Hélène Lévêque à Chantegrive (poulet rôti de compétition et haricots verts du jardin), dîner au château Couhins (école et lieu de recherche de l’INAO) avec des propriétaires passionnés et passionnants, visites de vignes en pleines vendanges, de chais et de cuves en ébullition (fermentation) : Magence, Jouvente, Bardins, Chevalier, Château de France et clap de fin au château Olivier pour un dîner dit de prestige où les bouteilles s’échangent de tables en tables comme dans toute belle paulée.

Le talentueux propriétaire du château Magence © Greta Garbure

Le talentueux propriétaire du château Magence © Greta Garbure

Entre ces réjouissances, nous avons dégusté les crus blancs et rouges de Graves et de Pessac-Léognan, ce qui était quand même la raison essentielle de notre présence.
Au château Ferrande, nous attendaient, sagement alignées, une soixantaine de bouteilles de l’appellation Graves. Si le niveau général est convenable, en rouges 2012, certaines têtes dépassent nettement : 
Respide cuvée Callipyge, Magence (malgré la précision commerciale sur l’étiquette « élevé en fût de chêne » qui me file des boutons !), Clos du Mont cuvée Gabriel.
Les blancs 2014 et 2015 sont aujourd’hui plus flatteurs, avec des aromatiques amples de fruits bien mûrs et une finale sur le caillou, légèrement fumée : 
Magence encore et sa cuvée Symphonie, Chantegrive, Villa Bel Air, Crabitey, Floridène, Lionne, Vieux Château Gaubert, Respide à nouveau et peut-être le plus complet, mon coup de cœur, le château Camus 2015, une attaque vive voire espiègle, apaisée par un gras qui tapisse la bouche sans l’alourdir et déjà une belle longueur pour son âge.

Le lendemain, au château Le Sartre était réunie la noblesse de l’appellation Pessac-Léognan. En blancs non classés 2014, le 100% sauvignon est triomphant et parfois un peu variétal. Les assemblages avec du sémillon rendent les vins plus délicats, apportant suavité, rondeur et arômes fruités. Quelques vins m’ont particulièrement séduit :
Domaine de Grandmaison, Haut Bergey et Lafont-Menaut apportent du plaisir à des prix très raisonnables, autour de 10/15 €.
Dans les crus classés, les châteaux Couhins-Lurton, Carbonnieux, Fieuzal et le superbe et archétypique château Bouscaut avec une matière, une puissance, un gras en bouche et ce léger grillé en final si caractéristique des vins de graves. Le sauvignon est ici à son meilleur, mûr et concentré.

Les rouges sont majoritairement du millésime 2012. Présumée faible à sa sortie, cette année est aujourd’hui appréciée pour son fruité léger. Quelques très jolis vins gourmands, souples, aux tanins fondus :
Les châteaux Bardins, très éco-responsables et aux vins nets, très frais, Larrivet Haut-Brion, le Sartre, Les Carmes Haut-Brion et la divine surprise du château de Rouillac dont l’ascension ne se dément pas. Son 2010 récemment bu sur un jeune faisan m’a tiré des larmes des yeux (il faut dire que je suis sensible comme garçon !).

Pessac-Léognan Château de Rouillac 2005 © Greta Garbure

Pessac-Léognan Château de Rouillac 2005 © Greta Garbure

Parmi les crus classés présentés, les élevages sont plus ambitieux et marquent encore certains vins. En revanche, partout où le bois se fait plus discret, on trouve des bouteilles remplies de promesses, de plaisir telles Latour-Martillac et Malartic-Lagravière, absolument magnifiques tous les deux, le premier par son équilibre réjouissant, le second par une puissance contenue, une belle densité, une rondeur affichée qui annoncent déjà de sympathiques accords à table.
Mais il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte.

Jeudi, déjeuner et visite de la Cité du Vin avec le photographe spécialisé Guy Charneau.
Le soir, compétition amicale au Point Rouge à Bordeaux entre huit équipes confrontées à la découverte de cinq vins, à l’aveugle. En tête après la troisième devinette, nous nous effondrons en vue de l’arrivée (ces jeunes, ça ne tient pas la distance !). Félicitations à l’organisateur, le sommelier qui monte Alexandre Morin ainsi qu’aux compétiteurs.

La cité du vin à Bordeaux © Greta Garbure

La cité du vin à Bordeaux © Greta Garbure

Vendredi, direction le Médoc : découverte et lancement de la rose spécialement créée pour honorer le château Gruaud-Larose qui embaume illico le litchi, la poire, les agrumes et puis quand même un peu la rose aussi ! Le chef du restaurant Saint-Julien (à Saint-Julien) nous a parfaitement alimentés et la main basse opérée sur un Gruau-Larose 1989 s’est révélée judicieuse. L’armagnac Gimet 1978 de la propriété du maître de chais a sonné la fin des libations grâce à ses 59,9° (ah bah oui quand même !).

La rose Gruaud-Larose © Greta Garbure

La rose Gruaud-Larose © Greta Garbure

Au retour, comme il convenait de faire baisser le pourcentage d’alcool dans notre sang, nous nous sommes prudemment arrêtés au château Lamothe-Bergeron aimablement gouverné par Laurent Méry qui a proposé de nous adoucir les muqueuses avec un café et… un cognac Hardy de belle qualité. Quelle bonne personne !

Et samedi matin, retour à la case départ après un périple dense, très dense.

Dans l’attente de nouvelles aventures, je retiens un important enseignement : j’aime beaucoup la Badoit.

Patrick de Mari