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Nos mille-feuilles (nos feuilletages de la semaine)

La gourmandise ne fait pas grossir !

Ariane Grumbach

 

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Nous tenions à passer cette chronique en début d’année car c’est souvent la période où l’on a envie de prendre de bonnes résolutions et nous sommes d’accord avec l’auteur, faire un régime n’en est pas une bonne ! Certes, il faut surveiller son alimentation mais halte aux diktats alimentaires qui nous poussent à faire n’importe quoi : supprimer le gluten, les féculents, le gras, le sucre, le vin ; se convertir aux produits allégés ; manger des petites graines ou des baies de ceci ou de cela ; boire du thé vert ou du jus de grenade ; avoir l’obsession de la balance, etc. etc.

D’une part chaque être et différent et tous les métabolismes ne sont pas égaux, et d’autre part, une seule méthode prévaut pour être bien dans son corps : le bon sens ! Il faut en effet savoir raison garder et adopter des règles simples plutôt que farfelues. Comme par exemple manger le plus varié possible en respectant le calendrier des saisons et en achetant des aliments bruts pour les cuisiner plutôt que des aliments industriels ou des produits allégés qui sont des leurres. Comme dit l’auteur qui — ne l’oublions pas ! — est nutritionniste : « Quel est l’intérêt des produits allégés ? À mon avis, aucun ! (…) Un aliment « de base » aura davantage de goût, vous aurez plus de plaisir, vous ferez du bien à votre corps et vous en mangerez moins. » Elle met également en garde contre les fausses croyances telles que « manger bio serait diététique ». Non, il y a évidemment un tas de bonnes raisons de manger bio mais les produits bio ne sont aucunement plus légers que les autres.

Parmi tous les coups de gueule d’Ariane Grumbach, voici ceux que je préfère :
— On ne mange pas des calories, on mange des aliments !
— Être bien dans son corps, ce n’est pas une question de poids !
— Ce ne serait pas un peu de l’intox, la détox ?
— On n’a pas besoin que chaque repas soit équilibré.
— Non, les féculents ne font pas grossir !
— Fuyons les faux gras, les produits allégés, mettons du vrai beurre sur nos tartines !
— Arrêtez les régimes, tous les régimes !
— Mincir n’est pas une question de volonté !

Bref, Ariane Grumbach nous dissuade de nous orienter vers une alimentation fonctionnelle — l’orthorexie ! — et nous recommande plutôt une alimentation source de plaisir, seule garante d’un véritable bien-être de notre corps. Encore une fois : que du bon sens !
Présenté sous forme d’abécédaire, ce livre qui propose également un tas de conseils raisonnables, devrait se révéler pour tous les angoissés de la nourriture un indispensable petit vademecum !

Greta Garbure ne peut évidemment qu’adhérer à cette « philosophie » du bien-manger !

Blandine Vié

La gourmandise ne fait pas grossir
(Une diététicienne dit non aux diktats alimentaires)
Ariane Grumbach
Éditions
carnetsnord collection bien-être
Prix : 13 €

La chronique de Greta Garbure

Greta Garbure répond
au questionnaire de Proust

Questionnaire-de-Proust via carlitablog.blogspace.fr

1 • Le principal trait de mon caractère ?

Mettre les pieds dans le plat !
J’en conviens, c’est un crime de lèse-majesté quand on aime la cuisine autant que moi.

2 • La qualité que je préfère chez un homme ?

La gourmandise.
Mieux… les gourmandises !
Mais aussi la tendresse… 

3 • La qualité que je préfère chez une femme ?

Avoir de l’appétit !
Et le cran de ne pas accepter de se soumettre au code grégaire des apparences et aux diktats de la mode qui font des femmes des clones stéréotypés, à l’instar de ces pâtisseries maniérées qui ne se distinguent les unes des autres qu’à coups de colorants alimentaires.

Cupcakes via mondedelamodeetsatrs.blogspot.com

4 • Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?

Qu’ils sachent bien faire la cuisine !
Euh… surtout qu’ils m’aiment comme je suis.
Bref, leur indulgence.

5 • Mon principal défaut ?

La gourmandise ?
Mais à mon sens, ce n’est pas un défaut et encore moins un péché !
Sinon, j’ai beau chercher… j’ vois pas !!!

6 • Mon occupation préférée ?

Écrire.
Écrire sur la cuisine, c’est la cerise sur le gâteau.
Je suis gourmande de mots et de mets.

Plume et encrier via i-voix.net
7 • Mon rêve de bonheur ?

Que les vrais bons produits soient accessibles à tout le monde.
L’éducation du goût.
L’éducation tout court !

8 • Quel serait mon plus grand malheur ?

Ne plus avoir faim car la faim est un désir !
Être frappée d’agueusie.

9 • Ce que je voudrais être ?

Le meilleur dessert du monde pour l’homme que j’aime…
Mais pas sa Madeleine de Proust (private joke).

10 • Le pays où je désirerais vivre ?

Mais non… pas le Palais de Dame Tartine !
La France, si l’on ne considère que la gastronomie…
Et même si l’on considère le reste… la France quand même !
 

11 • La couleur que je préfère ?

Vin blanc, vin rouge, vin rosé, viande rouge (pas bleue), viande blanche, cochon noir de Bigorre, coq au vin jaune et aux morilles, poissons blancs (pas poissons rouges), truffes noires, truffes blanches, lentilles vertes, risotto noir à l’encre de seiche, polenta jaune ou blanche, piments verts et rouges, poivre noir, baies roses (modérément), citrons jaunes et verts, cerises rouges et confiture de cerises noires, petits fruits rouges, bière blonde, bière brune, folle blanche, chartreuse verte !
Euh ! J’ continue… ?
Car cette liste n’a rien d’exhaustif !
La cuisine est un arc-en-ciel !

12 • La fleur que j’aime ?

La fleur de sel !
Mais sûrement pas ces fleurs insipides censées décorer les assiettes !

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13 • L’oiseau que je préfère ?

Celui qui fait cuit-cuit dans mon assiette ! 

Cailles via picard.fr

 14 • Mes auteurs favoris en prose ?

Avec plus de 10 000 livres à la maison dont la moitié sont des livres de cuisine, j’ai l’embarras du choix pour les lectures !
Et des goûts si éclectiques que je ne peux distinguer quelques auteurs seulement, comme ça, au hasard.
Et puis, je peux aimer certains livres d’un auteur et pas les autres !
Mais on peut en discuter autour d’un verre…

15 • Mes poètes préférés ?

René Char pour n’en citer qu’un !
J’aime la poésie (presque) inconditionnellement.
Même celle du quotidien !
Et il y a beaucoup plus de poésie qu’on ne pense dans la cuisine…
 

16 • Mes héros favoris dans la fiction ?

Gargantua, Bérurier.
On voit tout de suite que j’aime bien les bellâtres un peu ténébreux !

Bérurier via palnete-genealogie.fr

17 • Mes héroïnes favorites dans la fiction ?

Je suis moi-même une héroïne !
Mais il vous faudra patienter jusqu’en 2015 pour lire mes publications et découvrir mes aventures !

18 • Mes compositeurs préférés ?

Si j’osais, je dirais que les pets d’après cassoulet sont une jolie musique !
Celle des flageolets — dont vous n’ignorez pas qu’ils sont des instruments de musique — aussi !
Après tout, c’est le questionnaire Marcel Prout… me souffle Patrick !

Cassoulet via balades-pyrenées.forumculture.net

 19 • Mes peintres favoris ?

Arcimboldo et ses gueules légumières ?
Brueghel et ses tablées de campagne, Rembrandt et son bœuf écorché ?
Un peu facile, non ?
Quoique… Pas mal, quand même !

Arcimboldo légumes via fr.wikipedia.fr  Le repas de noces de Brueghel via bruegel.pieter.free.fr  Bœuf écorché Rembrandt via devoir-de-philosophie.com

20 • Mes héros dans la vie réelle ?

Des héros, pas vraiment !
Mais des gens que j’admire et que j’aime !
Pour leurs qualités et leurs faiblesses…
Pour leur manière d’être…
 

21 • Mes héroïnes dans l’histoire ?

Pas Jeanne d’Arc.
Et pourtant, j’adore les grillades !
 

22 • Mes noms favoris ?

Dans l’intimité seulement. 

23 • Ce que je déteste par-dessus tout ?

Les foodistas anorexiques ?
Même pas ! En fin de compte, je les plains plutôt !
Alors l’hypocrisie et le mensonge.
Mais là, on rentre dans le cadre de l’intime…
 

24 • Personnages historiques que je méprise le plus ?

J’aurais bien dit Napoléon, mais quand même, y a eu Marengo !
Sinon… Évin, Élineau ! Mais sont-ils vraiment historiques ? Ou seulement hystériques… ?

25 • Le fait militaire que j’estime le plus ?

La bataille de polochons.

Bataille de polochons via meltybuzz.fr

26 • La réforme que j’estime le plus ?

Une réforme ? Oh la vache ! Tu parles d’une question !
Tu m’étonnes que Proust ait séché
 !
Quoique…
Réforme, vache, vache, réforme !
Mais oui, bon sang, mais c’est bien sûr !
La vache de réforme !
Car quand même, elle en a nourri des générations, cette bonne vieille !
Cette bonne vieille laitière qui a vêlé pendant 6 ans en moyenne et donné son lait avant de finir débitée en steaks !
Alors certes, le bœuf de Coutancie, l’Angus, le Fin gras du Mézenc, le bœuf de Bazas, le wagyu et compagnie sont des stars de nos cuisines, mais la vache de réforme, c’est la mère nourricière par excellence ! Et une Mamma, ça se respecte ! Alors oui… je l’estime !

En revanche, pour le côté plume, la réforme que je n’aime pas, c’est la réforme de l’orthographe de 1990 !
Qui n’est qu’un nivellement démagogique par le bas !
Voilà, c’est dit !

27 • Le don de la nature que je voudrais avoir ?

La beauté.
Puisque l’intelligence, l’humour, la gentillesse et le talent ne suffisent pas aux hommes de cœur (d’artichaut) !
 

28 • Comment j’aimerais mourir ?

Je dirais bien sur scène, voire « en Cène » entourée de douze amis, mais ce serait quelque peu prétentieux, non ?
Alors, cuisinée pour un festin ?
Euh… j’ délire, là ! Quoique…
Les convives ne seraient pas lésés, ma viande est persillée !
Sinon… tout pareil que Proust : aimée !
À côté de lui ! (Mon « Lui »… pas Proust !) 

29 • État d’esprit actuel ?

J’ai faim !
Et soif aussi !
C’est pas bientôt fini ce questionnaire à la noix ?

30 • Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence ?

Pas les fautes d’orthographe, en tout cas !
Ni les fautes sur les appellations culinaires.
Parfois, les fautes de goût.
Et ses fautes à lui…
 

31 • Ma devise ?

Celle-là, vous la connaissez déjà : Mets-m’en trop ! 

Bon, vous voulez mon avis ?
Il n’est pas complet ce questionnaire !
Et si on essayait un portrait chinois !!!
Mais après le dîner, alors !

© Blandine Vié

Nos mille-feuilles (morceaux choisis)

La salle à manger


Salle à manger via chateaux-belles-demeures.com
« C’est l’époque moderne qui a créé l’atmosphère de la table française ; la preuve en est établie par la salle à manger. Celle-ci n’a été conçue qu’à la fin du XVIIIe siècle. On constate que, jusqu’alors, il n’y avait pas de pièce spécialement affectée aux repas. Dans les châteaux historiques, nous ne trouvons aucune salle réservée aux cérémonies gustatives. On dressait la table dans une galerie ou une salle quelconque, où l’ambiance n’était pas créée. Encore le nouvel usage ne fut-il pas adopté sans résistance. Réserver une salle pour les repas, n’était-ce pas sacrfier à une matérialité visée dans les sept péchés capitaux ? Mais nous établirons en son temps que la gourmandise ne figurait dans les péchés qui entraînent la damnation éternelle que grâce à une traduction erronée — TRADUTTORE TRADITTORE — la « gula » de Salluste et de Cicéron, visée par la Sainte Église, se rapportant à la goinfrerie et non pas à la gastronomie, que le Dictionnaire de l’Académie et celui de Littré assimilent à la gourmandise. »

Lu dans « L’Amphitryon d’aujourd’hui », de Maurice des Ombiaux, 1936

Morceau choisi par Blandine Vié

 

 

Nos mille-feuilles (morceaux choisis)

Monsieur le Gourmand, à nous deux !…

« Monsieur le Gourmand, à nous deux !…

Ceci n’est pas un défi. J’aime beaucoup les gourmands. J’estime qu’ils sont nécessaires. Ils ont été le grand ressort de notre civilisation. Sans eux, nous en serions encore à nous balancer dans les branches et à vivre de la cueillette.
Car c’est ainsi que tout a commencé : nos devanciers se nourrissaient de fruits et de feuillage. Et puis, un jour, une famille de primates eut envie de goûter à ces plats nouveaux. Elle posa le pied sur le sol et se mit à chasser. Pour chasser en groupe, il faut communiquer entres chasseurs d’où la nécessité d’inventer un langage et d’adopter la station verticale. C’était parti !… Parti pour les restaurants à trois étoiles.

Du primate à l'homo-erectus via arpoma.com
Je ne plaisante pas. Raymond Dart, l’anthropologiste qui a découvert les fossiles des premiers hommes dans une caverne d’Afrique du Sud, a écrit : « Il y avait là des débris de cuisine, tel qu’en laissait derrière lui l’homme primitif. » Des débris de cuisine méritant un détour, dirait Michelin.
Le gourmand avait cessé d’être végétarien pour devenir omnivore. Cela se voyait à ses dents, lesquelles se différenciaient les unes des autres et n’étaient plus faites pour cette mastication perpétuelle de la créature condamnée à une alimentation faible en calories.
Il convient d’ailleurs de noter que les peuples qui ne sont ni gourmets, ni gourmands, ni gastronomes, ont inventé des nourritures inusables qu’on peut mastiquer indéfiniment, et surtout horizontalement, comme au temps où nous n’avions pas encore franchi les frontières de la vie animale.

La gourmandise © Blandine Vié
On se demande pourquoi l’Église a fait de la gourmandise un des sept péchés capitaux. Pas n’importe lequel. Il arrive en quatrième position, entre la luxure qui décharne et l’envie qui jaunit le teint. La gourmandise est-elle congénitale ? Je croirais plutôt qu’elle est le fruit de l’éducation. Il faut avoir appris de bonne heure à distinguer entre le bon, le moins bon et le franchement mauvais. Brillat-Savarin nous a dit à quel moment s’était déterminée sa vocation. Sa mère l’emmenait avec elle lorsqu’elle allait rendre visite à Mme d’Arestel, Supérieure des Visitandines de Belley. Celle-ci leur offrait un chocolat moiré, odorant, dont on devinait à le voir couler qu’il serait une caresse sur la langue. Le secret de ce chocolat était d’être fait de la veille. La sainte femme ne manquait pas d’ajouter :
— Le Bon Dieu me pardonnera ce petit raffinement puisqu’Il est Lui-même toute excellence.

Chocolat chaud via mamanjuju-a-la-maison.blogspot.com
Il paraît que les gens qui embrassent beaucoup ont un passé de bébé glouton. Ils continuent d’assouvir leur faim par un procédé dérivé de la tétée. Le gourmand est sans doute un bébé attardé qui embrassait avec ses petits bras et prenait possession de son environnement. Le gourmand est un possessif, c’est indéniable. C’est pourquoi les grandes réussites s’accompagnent en général d’une grande sobriété. Napoléon déjeunait sur le pouce en faisant la conquête de l’Europe. Dans le même temps, Louis XVIII, en exil, s’attablait devant un royaume de victuailles. Sa fourchette lui servait à opérer un transfert. C’est la raison pour laquelle, dans beaucoup de restaurants touristiques, on dispose devant le client des montagnes de victuailles. Pour lui donner l’illusion qu’il est un P.D.G. alors qu’il n’est peut-être qu’un petit cadre en vacances. »

Louis XVIII à table via vivelareine.tumblr.com

Lettre aux gourmets aux gourmands et aux goinfres sur leur comportement à table et dans l’intimité.
James de Coquet
Éditions Jean-Claude Simoën, 1977

 

Morceau choisi par Patrick de Mari

 

Chocolat show

LE CHOCOLAT EST GOURMANDISE

Apprécié des petits comme des grands et des hommes comme des femmes,  le chocolat est sûrement l’aliment qui symbolise le mieux la gourmandise. Et ce, d’autant qu’on peut le consommer aussi bien sous forme de dessert à l’heure des repas, que sous forme de grignotage intempestif à tout autre moment de la journée. Et force est de constater que toutes générations confondues, chacun entretient avec lui une relation privilégiée… voire des rapports passionnels !
C’est ainsi qu’il est présent dès le matin sur la table du petit-déjeuner (bol de chocolat fumant, céréales chocolatées, barre nichée au plus moelleux d’un petit pain au chocolat), puis tout au long de la matinée pour caler les petits creux (tablettes, barres chocolatées).
À l’heure du déjeuner, il est encore là… surtout si on déjeune hors de chez soi : chaque bistrot de quartier ne revendique-t-il pas une indétrônable mousse au chocolat sur sa carte ? Quelquefois même, il fait office de déjeuner à lui tout seul : combien de jeunes filles et de jeunes femmes troquent-elles le steak-salade contre une bouchée bien crémeuse ? Et en tout cas, il s’en grignote presque toujours un carré au café — un « napolitain » — dont il est désormais devenu le partenaire obligé.
Résolument incontournable au moment de la pause-goûter, il peut alors revêtir tous les aspects possibles et imaginables, de la traditionnelle tartine de grand-mère aux gourmandises les plus sophistiquées.
Le soir, il s’impose à nouveau à l’heure du dîner, en dessert familial plus convivial et, très souvent, c’est lui qui clôt la journée en jouant encore les prestataires de service après-dîner (tablettes, chocolats de confiserie)… surtout si l’on est téléphage !

Ganache via www.chocolat.fr
Mais si le chocolat rallie tous les suffrages et est à ce point consensuel — je dirais même plus… sensuel et consensuel ! — qu’on ne s’y trompe pas : c’est avant tout parce qu’il est le parfait alibi, au sens propre comme au sens figuré… d’où son rôle incontestable d’aliment-transfert ! En effet, il y a toujours une bonne raison (faim, gourmandise, curiosité), voire une bonne excuse (stress, fatigue, déprime, petit chagrin, etc.) pour manger du chocolat. C’est que, sans vouloir faire de la psychologie à deux sous, du bébé qui avale goulûment sa bouillie chocolatée (alors que pour les autres parfums, il chipote) à la petite grand-mère qui grignote deux ou trois chocolats à la liqueur devant son feuilleton préféré, en passant par l’adolescente, la femme d’affaires ou le quinquagénaire qui s’investissent émotionnellement dans le rocher, la tablette ou la barre chocolatée, tous établissent avec le chocolat une relation de plaisir, un lien charnel. Car avant tout, le chocolat suscite le plaisir et flatte les sens.
C’est d’ailleurs pourquoi son effet de séduction est si grand, presque magique : brillant et lisse, chaud et velouté, de texture onctueuse mais non grasse, le chocolat est une caresse au palais ; puissant et doux à la fois (même son amertume est ample et suave), il sait se faire velours, satin ou soie ; enfin, sa si voluptueuse longueur en bouche, tout en rondeur harmonieuse, fait fondre — voire mourir, diront certains — de plaisir ! Bref, de par sa chaude sensualité gourmande, le chocolat est une réponse immédiate à toute question existentielle !

© Blandine Vié

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Petits moelleux au chocolat

Petits moelleux au chocolat noir © Michel Cluizel

© Michel Cluizel

Préparation : 10 minutes
Cuisson : 5 à 7 minutes

Pour 8 à 10 pièces :
• 180 g de minigrammes de chocolat « noir de cacao » (72% de cacao)
• 160 g de beurre + pour les moules
• 60 g de sucre en poudre
• 60 g de farine
• 6 œufs

Préchauffez le four à 210 °C/th. 7. Beurrez des moules à cannelés (ou autres).
Faites fondre le chocolat au bain-marie, puis le beurre dans le chocolat chaud.
Dans un saladier, battez les oeufs entiers avec le sucre et la farine.
Mêlez les deux préparations. Répartissez dans les moules.
Enfournez à mi-hauteur et faites cuire 5 à 7 minutes.
Démoulez sur une grille au sortir du four et laissez refroidir.

Suggestion :
Servez à l’assiette avec une crème anglaise et poudrez d’un léger voile de cacao.

Vous pouvez décorer avec des petits morceaux de feuilles d’or et des rubans de chocolat.