Tagué: Saint Sylvestre

Les mots des mets

RÉVEILLON,
le mot qui ne veut rien dire !

Ni à Noël, ni le 31 décembre !

Plateau de fruits de mer © Greta Garbure

Plateau de fruits de mer © Greta Garbure

La Saint Sylvestre est le dernier jour de l’année.
Et subséquemment, la veille du 1er jour de l’année suivante.

On a coutume de faire un repas festif le soir du 31 décembre — avec une prédilection pour les fruits de mer — en attendant les 12 coups de minuit pendant lesquels on boit du champagne pour fêter la nouvelle année. Généralement, on fête plutôt la Saint Sylvestre entre amis et on remet ça le 1er janvier en famille pour un déjeuner tardif.

En effet, ce n’est pas parce que le repas du 31 décembre a lieu la veille du 1er janvier que c’est pour autant un « réveillon », mot qu’on utilise improprement dans cette circonstance.
À la rigueur on pourrait appeler ça un… « veillon » — le veillon de la Saint Sylvestre ou le veillon du jour de l’An — mais pas un ré-veillon qui, comme son nom l’indique, implique de veiller deux fois.
Raison pour laquelle, on ne devrait employer ce terme qu’à Noël. Et encore, seulement si l’on respecte la coutume de souper deux fois !

C’est qu’à Noël autrefois, quand le catholicisme était la religion du plus grand nombre et que l’Église avait encore de l’ascendant sur ses ouailles, le 24 décembre, il fallait attendre que sonne l’heure de la messe de minuit. 

On ne pouvait donc aller se coucher et on organisait une veillée avec les parents, les voisins, les amis. Pour occuper le temps, on mangeait — maigre bien sûr, puisque c’était avant la messe — mais comme c’était jour de fête, on soignait particulièrement ce repas, notamment en multipliant les choses offertes. C’est pourquoi le souper de veille s’appelait « grand souper » ou « gros souper ». Puis on allait à la messe et, au retour, au lieu de se mettre au lit, on organisait une nouvelle veillée : la re-veillée ! Cette fois on mangeait gras, et en mettant au menu des mets sortant de l’ordinaire, ceux qu’on ne pouvait s’offrir tout au long de l’année. (Relisez « Les Trois Messes Basses » d’Alphonse Daudet.)

C’est ce second repas qui a donné son nom au réveillon. Avec un cortège de plats qui, à force de revenir ce jour-là, devinrent traditionnels.
Or aujourd’hui, il n’y a plus guère qu’en Provence que la tradition est encore — un peu — pérenne.

Le terme « réveillonner » est donc impropre à Noël en dehors du contexte religieux qui fait de ce repas festif un diptyque. Même si l’on festoie à nouveau le 25 décembre !
Mais il est encore plus incongru pour qualifier le repas de la Saint Sylvestre !
Alors, amis restaurateurs, s’il vous plaît, plus de menu du réveillon de la Saint-Sylvestre ! Seulement du rêve…

Blandine Vié

Un p’tit goût de revenez-y !

Une Saint-Sylvestre cauchemardée !

St-Sylvestre via boutenac.fr

Il paraît que ça se passe comme ça dans certains milieux !

Patrick a enquêté pour vous in vivo ! C’est ici :

https://gretagarbure.com/2013/12/30/saynetes-4/  

Pain surprise via lepharedecloharscarnoet.blogspot.com

Y a pas à dire, le protocole et les bonnes manières se perdent ! Hélas !

Vivement l’année prochaine qu’on passe à autre chose !

Heureusement, l’année prochaine, c’est… tout de suite !

P’tit billet d’humeur

Les boulets de Noël…
et de la Saint-Sylvestre !

Les boules de Noël… vous les accrochez dans le sapin !
Mais les boulets de Noël… ce sont eux qui s’accrochent à vous !

Boulet via leschroniquesdeloki.com

Le pire, c’est que vous les aimez bien !
Enfin, certains !
Vous savez :
— Votre vieille tante du fin fond de l’Ariège qui ne vous rend visite qu’une fois l’an : si gentille mais qui vous offre tous les ans un nouveau napperon au crochet !

Napperon au crochet via morganetill.canalblog.com

— Votre beau-frère avec qui vous adorez faire des parties de pêche à la mouche l’été — à la pêche, on ne parle pas — mais dont les blagues sont un peu fatigantes dès qu’il prend place autour d’une bonne table !
— Votre propre sœur qui tient AB-SO-LU-MENT à apporter le dessert chaque année pour Noël… hélas ! C’est tous les ans la même histoire ! Certes, sa bûche est « faite maison »… mais d’un lourdingue ! D’ailleurs, c’est plus une bûche mais un tronc d’arbre, une souche ! Greta, faudrait vraiment lui apprendre à faire ENFIN la crème au beurre !

Bûche de Noël via arcus.centerblog.net

— Votre meilleur ami pour qui fêtes de fin d’année riment avec déguisements, langues de belle-mère, cotillons et confettis ! André, je t’en supplie ! Pas la peine d’enfiler ton costume de Père Noël cette année : notre petit dernier a 14 ans !
— Votre conjoint(e) qui programme toujours des huîtres en entrée ! D’accord, vous adorez ça, toute la famille adore ça… mais douze douzaines à ouvrir, qui c’est qui va s’y coller… sinon vous !

Huîtres via slate.fr

Bon, comme chaque année, vous savez bien que tous ces petits tracas qui vous énervent avant le jour fatidique font partie des « joies » incontournables de la fête et font même le charme de votre mythologie familiale ! Votre soirée sera comme d’habitude inénarrable et vous fera des souvenirs dont vous rirez jusqu’à l’année prochaine !

Boulet via gogocamino.com

En revanche, il y a aussi les autres !
Les VRAIS boulets !
Les casse-pieds irréductibles !
Ceux qui s’incrustent !
Les copains des copains qu’on a eu la charité d’inviter et qui vous sabordent la soirée !
Les soiffards qui confondent champagne et limonade !
Les fumeurs qui empuantissent votre salle à manger parce qu’ils trouvent qu’il fait trop froid pour aller en griller une dehors ou sur le balcon !
Les emmerdeurs qui critiquent votre sauternes — quand même, un 1947, ça aurait eu plus de classe ! — alors qu’ils ont déjà râlé en dégustant les huîtres parce qu’ils auraient préféré du vinaigre à l’échalote plutôt que du citron !

Verre de château d'Yquem via weekendesk.fr

Les mêmes qui reprennent trois fois de la dinde et surtout de la farce tout en vous expliquant que votre recette ne vaut pas un pet à côté de celle de leur maman chérie et que vous auriez pu faire une purée de potimarron à la place de la purée de céleri !

Dinde via docteurbonnebouffe.com

Les jamais rassasiés qui saccagent la boîte de chocolats que vient de vous offrir votre grand-mère !
Les malotrus qui ne lâchent pas leur portable de toute la soirée !
Ou ceux qui monopolisent la conversation pour vous raconter leurs exploits ou leurs conquêtes !
Les ingrats qui répéteront au bureau, à la gym ou au bistrot que s’ils avaient su, ils seraient restés chez eux devant un bon film !
Ah ! les gredins !

Bon, je suis sûre que cette liste est non exhaustive et que vous pourrez l’allonger à l’envi !

Boulet via csc-scc.gc.ca

Alors, l’année prochaine, invitez plutôt un vrai pauvre… pas un pauvre con !

Blandine Vié

P’tit billet d’humeur

Une Saint-Sylvestre pour adultes !

31 décembre via uscseptemes.over-blog.com

Ce soir, nous tenterons d’être heureux ou de le faire croire !
Nous mangerons de bonnes choses ou pas, en quantités raisonnables ou pas !
Nous boirons plus que d’habitude, en tout cas plus que de raison !
Nos budgets et nos résolutions exploseront en vol !
Mais demain, il sera bien temps…!
Et si nulle personne mal intentionnée ne fait remarquer le subterfuge, nous pourrons même tout reporter à l’année prochaine !
Mais l’important, c’est ce soir.

La Saint-Sylvestre !
Soyons tous les « Titi » de ce « Grosminet ».
Embrassons-nous !

Patrick de Mari

Gui via ariege.com

Post scriptum pour adultes consentants (en un seul mot ! )

On cherchera par l’entrebâillement d’une huître la perle de la soirée !
Des moules s’ouvriront, d’autres pas !
Des bigorneaux seront taquinés, d’autres pas !
Des gourmandes dégusteront la truffe du Père Igor !
On s’embrassera sous les boules de Guy, de Noël (ou de Patrick) !
Commenceront des joutes amoureuses iniques… mais pas toutes !
Mais le petit Jésus ne sera pas toujours mis dans la crèche !
Les 12 coups de minuit ne seront que rarement assurés !
Les dindes et les pintades ne seront pas toutes fourrées !

Boule de guy via le-cercle.uquam.ca

Et le lendemain au réveil, les Charlize Theron et les George Clooney de la veille seront peut-être légèrement décevants…!!!

2014 via ladepeche.fr

Saynètes

Une Saint-Sylvestre cauchemardée !

St-Sylvestre via boutenac.fr
Si le talon du stiletto de Madame ne s’était pas cassé dans l’escalier, l’obligeant à le descendre sur les fesses, elle aurait réussi le camaïeu parfait avec sa robe fushia et vert pomme achetée exprès pour l’occasion. Au lieu de ça, elle a dû se changer précipitamment et remettre celle de l’année dernière qui la boudine un petit peu.

Dans la voiture, Monsieur est à deux doigts (exactement) de déboutonner le col de sa chemise et klaxonne depuis bientôt une dizaine de minutes pour l’inciter à presser un peu le mouvement, histoire d’arriver chez leurs amis avant l’année suivante ! Il fait un froid polaire, la route est déjà verglacée et ils habitent dans un bled improbable, loin, trop loin, de tout et de tout le monde. Rien que l’évocation de la route du retour est déjà un cauchemar !

Talon cassé via urbangirlinparis.fr

« Ah bah vous êtes les premiers ! » Évidemment… à 20 h ! Les autres invités arrivent tous en même temps… à 22 h ! Vous êtes limite ivre mort à cause de la sangria dont vous n’avez laissé que quelques fruits au fond de la vasque, l’estomac gonflé par les Tuc® généreusement mis à votre disposition afin que vous ne détruisiez pas l’ordonnancement du buffet et ne vidiez pas les pains surprises de leurs substances. Bien vu ! Résultat : le temps des présentations et des embrassades passé, les plus rapides (pas vous) ont pillé les verrines, renversé le bol de guacamole, piétiné les chips et attaqué avec une violence inouïe la terrine de chevreuil !

Pain surprise via lepharedecloharscarnoet.blogspot.com

Chouette ! On passe à table ! Les plaisanteries habituelles fusent : « Comment se met-on ? », « Oh ! On va peut-être dîner avant, non ? ». Le temps de hausser les yeux au ciel, tout le monde est assis. Il vous reste un tabouret devant un guéridon branlant ajouté à la hâte après l’arrivée inopinée d’un prétentieux qui fait déjà le beau, entouré de toutes et tous.

On apporte les huîtres : creuses, n° 5, c’est-à-dire des coquilles quasiment vides ! Alors, vous vous tartinez du pain de seigle, en attendant ! Ah ? Qui a fini le muscadet ? Bon ! Voyons la suite. Le foie gras semble avoir beaucoup plu, en début de tablée ! Mais à votre goût, l’entame est un peu sèche ! Pas de sauternes ? Bah non ! Alors vous froncez les sourcils et dites à la cantonade qu’il serait plus équitable de poser les plats devant vous de temps en temps…!

Trop tard pour les gigots qui commencent leur long cheminement à l’autre bout de la table. Le comique surnuméraire raconte une histoire prétendûment drôle, sa fourchette suspendue au-dessus du plat, alors que vous attendez la langue pendante mais l’irritation montante ! Il a déjà bouffé les deux souris qu’il s’était octroyées d’office quand parviennent devant vous les os presque décharnés, sanguinolents et froids… Heureusement qu’il reste quelques haricots verts !

2 gigots via belloucroque.blogspot.com

Vous avez été enfin entendu : on vous propose d’entamer les croûtes intactes du plateau de fromages ! Rien qu’à vous !
Comment ça plus de pain ?

L’omelette norvégienne flambée crame sur son passage une mèche de cheveux de Madame qui se met à couiner. La permanente ne mérite plus son nom ! Le dessert a commencé à fondre, Madame aussi pour le bellâtre italianisant qui lui roucoule des couplets d’Éros Ramazotti en la regardant dans les yeux depuis au moins trois coupes de crémant !

Omelette norvégienne flambée via foofreporter.fr

Avant même les cafés, certaines se lèvent et décrètent que c’est l’heure de danser ! Ce serait un plaisir de les voir ainsi « se frotter aux réalités de la vie » si la vôtre n’était pas littéralement enroulée autour du pseudo-napolitain. Pendant ce temps-là, vous tentez de tenir à bout de bras la belle-mère de votre ami qui vous a arraché à votre siège et se fait ouvertement espiègle, voire gourmande… sur des rythmes qui vous évoquent plus un documentaire sur les Bantous du Sud-Kenya que le haut du top 50 !
Vous vous croyez sauvé par le gong : il est minuit ! Après vous être étranglé avec vos 12 grains de raisin sans que personne ne s’inquiète de vous voir écarlate, suffoquant, avec des larmes plein les yeux, une litanie de convives plus ou moins bien intentionnés vient en file indienne vous baver sur les joues dans le meilleur des cas, ou bien carrément vous introduire une langue de veau jusqu’aux amygdales comme le fait la vieille vorace de tout à l’heure ! Mais que faisait la main du rital négligemment posée sur le sein de Gisèle pendant que, de toute évidence, il lui souhaitait avec l’autre, une très, très bonne année ? « Oui, vous aussi, beaux nénés ! Ah ah ah ! ».
Les mélodies multiculturelles ayant démontré les limites de votre enthousiasme pour la chose dansée, vous vous mettez d’accord, après moultes négociations, pour programmer une retraite discrète. Insensible aux jérémiades du crooner de pizzeria, vous arrachez, dans l’ordre, votre camarade de jeux, vos manteaux, écharpes, bonnets, moufles, et demandez à l’assemblée indifférente qu’on veuille bien déplacer l’Alfa Romeo rouge qui bloque votre véhicule de fonction. Évidemment, c’est le brillantiné énamouré qui s’était garé devant vous, senza vergogna !

Alfa Romeo rouge via neoves.com

Le retour se fait au jugé à cause de la neige et du sommeil qui se sont abattus sur vous en même temps. Un sandwich rillettes-cornichons et une bière plus tard, vous vous couchez, soupirant l’un et l’autre, mais pour des raisons sans doute différentes…

Patrick de Mari