Tagué: Côtes-de-Provence

Nos marronniers

Rendons hommage aux pères
pour la fête des pères
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Rappelons que pendant toute cette semaine nous rendons hommage aux pères et grands-pères qui ont inspiré des cuvées à nos vignerons. 

Aujourd’hui, nous vous proposons
deux vins rouges :

• La cuvée « Comte de Rohan Chabot » 2004, AOC Côtes de Provence, cru classé du Château de Saint-Martin
Propriété de la même famille depuis le début du XVIIIème siècle, d’Adeline du Barry, l’actuelle maîtresse des lieux a dédié cette cuvée à son grand-père.
Elle est élaborée à partir d’une sélection de parcelles sur des cépages syrah, cabernet sauvignon et soit grenache (uniquement les années sèches), soit mourvèdre. Elle est élevée entièrement en barriques pendant 24 mois
Sa robe est rubis profonde, son nez complexe puissant et intense, sur les épices douces et les fruits noirs compotés. Viennent s’ajouter ensuite des arômes de vanille, réglisse, fève de cacao et cigarillo.
En bouche, l’attaque est souple avec des tanins soyeux sur des notes de fruits noirs. Équilibré avec une finale longue et épicée sur le bâton de réglisse et la crème de cacao, ce vin de garde est à son apogée et révèle tout son potentiel. Il est idéal pour accompagner les viandes goûteuses : gros gibier, gigot rôti aux gousses d’ail, cuisses de canard confites, fromages à pâte pressée, forêt-noire.

Prix : 50 € en coffret bois.
Château de Saint-Martin
Route des Arcs
83460 Taradeau
Tél : 04 94 99 76 76
Site : http://www.chateaudesaintmartin.com

• La cuvée « Paul Mas 1892 », IGP Pays d’Oc du domaine Paul Mas
Créée par Jean-Paul Mas en hommage à son grand-père Raymond (avec son épouse sur l’étiquette), cette cuvée est un assemblage de différents cépages (carignan, grenache noir, mourvèdre et vabernet sauvignon) et cultivés en agriculture biologique.
Ce vin sans mention de millésime a une robe brillante et profonde de couleur grenat et aux reflets violacés.
offre un nez intense de saveurs de fruits noirs, de fruits confits et de prune légèrement épicée.
La bouche est ample et souple, fruitée, avec des tanins fondus et une finale réglissée.
Ce vin de caractère mérite des plats eux aussi de caractère : viandes rouges, ragoûts, charcuteries et fromages régionaux.

Prix : 5,80 € départ propriété
Domaine Paul Mas
Route de Villeveyrac
34530 Montagnac
Tél : 04 67 90 16 10
Courriel : info@paulmas.com
Site : http://www.paulmas.com

Blandine Vié

P’tit billet d’humeur

Les rosés de l’été : enfer ou paradis ?

La Méditerranée © Greta Garbure

La Méditerranée © Greta Garbure

Vous le savez maintenant, http://www.gretagarbure.com n’est pas un « blog du vin » !

Nos choix sont clairs depuis le début de cette aventure : nous souhaitons écrire pour des lecteurs qui s’intéressent, de près ou de loin, à ce qu’ils consomment sans pour autant être des passionnés-supporters-sectaires-monomaniaques. Greta Garbure est omnivore et boit des vins de toutes natures et de toutes couleurs. Si nous privilégions toujours les vins sélectionnés et vendus chez des cavistes sérieux (il y en a de nombreux), nous prenons aussi en considération que plus de 80% du commerce des vins se font dans les grandes surfaces (il y en a trop !). Et que les achats de vins rosés ont littéralement explosé, notamment en cette saison estivale et particulièrement caniculaire cette année. Pour autant, nous ne pouvons encourager le triplement de l’absorption moyenne de vin, de pastis et de bière, au prétexte qu’il fait chaud et qu’il faut bien se désaltérer avant, pendant et après les repas ! Sous l’auvent de la caravane de Dupont-Lajoie comme au bord de la piscine à débordement d’une propriété de famille, le phénomène de déshydratation dû à l’alcool est accéléré par les rosés médiocres engloutis pour une pseudo bonne cause : la convivialité du moment, qui semble ne pouvoir se vérifier qu’en étant bourrés et en imposant cet état comme une stricte obligation saisonnière. Le triomphe national du rosé-pamplemousse-piscine en est la parfaite mais consternante illustration. De plus en plus partagé sur nos littoraux, il permet d’accélérer la marche du temps, du 14 juillet au 15 août et, à ses adeptes, d’être ainsi rapidement, concomitamment et doublement cramoisis et cramés à la fois, par les degrés du thermomètre et par ceux du rosé.

[Parfois, je me dis que je ne serais pas loin de pouvoir pactiser avec les gourous totalitaires de l’ANPAA (Association Nationale de Prévention et Alcoologie et Addictologie) s’ils acceptaient de parler de qualité et de bons usages du vin au lieu de souhaiter tout interdire et censurer, avec la constance dans l’effort que permettent les fonds publics et l’absence de contrôle d’efficacité dans leur emploi !]

Cet été sera encore meurtrier pour des millions de bouteilles qui seront nées et mortes pour presque rien. J’ai lu quelque part cette sentence admirable à propos du vin rosé : « … Car à l’inverse des rouges et des blancs, c’est un vin de plaisir qui n’exige aucune culture particulière pour être apprécié ! » Alors là, on est au paradis ! Grâce au rosé, c’est TF1, D8 et Gulli réunies à toute heure ! C’est l’art et la science à la portée du caniche abricot ! C’est la Joconde jugée selon la couleur du papier peint du living-room ! C’est la biture pour tous sans réfléchir ! Enfin ! Ben oui, me voilà en colère pour pas grand chose, mon plat à barbe sur la tête et des éoliennes hideuses à combattre comme autant de moulins chimériques et de bouteilles inutiles.

Méditerranée © Greta Garbure

Méditerranée © Greta Garbure

Mais heureusement, il y a les petits et grands vignerons qui osent faire des rosés qui leur ressemblent, qui font partie de leurs familles de vins blancs et rouges. Des vins qui se sirotent, se dégustent, s’apprécient pour eux-mêmes et non par convention collective. Cette année, j’ai eu le loisir de limiter mes dégustations de rosés à des valeurs que je juge sûres. Je n’ai donc pas subi de mauvaises surprises, mes confirmations m’ont même procuré de grands plaisirs. Et pour aggraver mon cas aux yeux des découvreurs de talents anonymes, je revendique mon goût affirmé pour les rosés de Provence et leurs proches voisins ! Dans la série « chez les grands, tout est grand », il faut bien noter que leurs prix sont à l’avenant, aux alentours d’une vingtaine d’euros. Ah ben oui, quand même ! Mais comme vous venez de louer une bicoque sur les Hauts de Saint-Tropez à 20 000 € la semaine, alors ce n’est pas le moment de chipoter sur les détails qui font la différence entre un bonheur sans nuages et une gueule de bois flotté !

Saint-Tropez via estateandmanor.com

Saint-Tropez via estateandmanor.com

Allez, dans le désordre, régalez-vous avec les jolis flacons des bandols du domaine de la Bégude, du château de Terrebrune et du domaine de Pibarnon, des micro-climats du château Simone et du château de Bellet, des séduisants classiques Sainte-Roseline, Sainte-Marguerite et Roubine, ainsi que le domaine Saint-André-de-Figuière ou les Minuty et Gavoty de toujours, sans oublier les excellents Aumérade, Rimauresq, Léoube, Peyrassol, Miraval (eh oui)… Ce n’est bien sûr qu’une sélection personnelle, donc forcément injuste, arbitraire, incomplète, etc. À vous de faire votre choix en ouvrant l’éventail des prix et des origines, depuis le très correct Roche-Mazet du Pays d’Oc voisin à 2,30 € chez Monsieur Leclerc, jusqu’à l’effarant Garrus du château d’Esclans à 90 € !

Côte d'Azur © Greta Garbure

Côte d’Azur © Greta Garbure

Patrick de Mari

PS : L’automne venu, il sera temps de se rappeler que l’AOC Côtes-de-Provence offre des blancs remarquables et de très grands vins rouges comme ceux des trop souvent cachés domaine Richeaume et château Revelette.

Mais ceci est une autre histoire…

Bonne table… ou évi-table ?

Le Petit Niçois
Restaurant de spécialités régionales (mais pas que…)
Paris 7ème

Voilà un déjeuner absolument pas prémédité, comme il nous arrive d’en faire de temps en temps. Au hasard.
Un samedi matin glacial à Paris dans le 7ème arrondissement. Après avoir rencontré un chef dans la matinée puis pris un café réconfortant dans un bistrot de passage, nous voilà en train de nous baguenauder à la recherche d’une table… restauratrice.
On s’arrête devant plusieurs établissements, on lit les cartes et bof ! Du pareil au même d’une enseigne à l’autre, du tape-à-l’œil, du très chérot, de la cuisine en kit en veux-tu en-voilà, de la branchitude formatée, de l’illusion d’optique ! Au point d’envisager la possibilité de sauter carrément le repas. Non, je plaisante !
Et puis, au détour d’une rue, un restaurant avenant nous attire enfin par ses spécialités régionales. Allez, vendu !

C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés attablés devant de jolies spécialités niçoises et provençales : petites olives du pays à picorer pendant que nous faisions notre choix, puis une Terrine de gibier maison (faisan) et sa confiture d’oignons et  un Tian de légumes aux gambas, beurre persillé. Terrine superbe, dixit Patrick… et j’ai renchéri !

Tian de légumes uax gambas © Blandine Vié

Terrine de faisan gros plan © ßlandine Vié
Puis Tripes à la méditerranéenne (sauce tomatée avec des pois chiches et des olives) pour Patrick, et Charlotte d’agneau confit aux aubergines pour bibi. Le tout bien fait, traditionnel mais avec élégance.

Tripes à la méditerranéenne © Blandine ViéCharlotte d'agneau confit aux aubergines © Blandine Vié
Pour une fois, on n’avait plus faim pour le dessert (entre 8 et 12 € à la carte) et même le Café gourmand (10 €) n’a pas tenté Patrick !

En revanche, si nous avions eu l’appétit pour, nous aurions bien goûté l’une ou l’autre des spécialités nissardes à la carte : Bouillabaisse de Nice (32 €), Petits farcis (22 €), Pieds et paquets (20 €), Caillette d’agneau et gratin de blettes (19 €).
Une autre fois maintenant que nous connaissons le chemin !

Pour la petite histoire, nous apprendrons que cette vieille institution a été reprise par Alain Hacquard (chef) et Carlos Romeira (directeur), respectivement ex-chef et ex-directeur de Lapérouse. La carte fait donc la part belle à la cuisine niçoise pour ne pas trahir l’enseigne, mais panache aussi avec des plats plus créatifs, quand même très ensoleillés pour la plupart.

Mais revenons à nos agapes. Patrick m’a fait découvrir un vin que je ne connaissais pas : le domaine de Rimauresq  2009 en Côtes-de-Provence (36,90 € la bouteille).
Un très bel assemblage syrah, mourvèdre, cabernet sauvignon, dominé à ce jour par les fruits (rouges et noirs) et les épices. Bu légèrement frais (14° environ, comme on devrait boire de nombreux vins rouges quand ils sont jeunes). Ce vin nous a enthousiasmé : les accords régionaux sont parfois imbattables.
Un petit bémol cependant : les verres côtelés dans lesquels il nous a été servi sont juste pas possibles !

Rimauresq dans des verres © Blandine Vié
Côté salle — qui a fait peau neuve elle aussi — c’est sobre et chic, dans des tons acier-bronze-marron glacé.

Service sympathique.

Formule du jour (Entrée + Plat + Dessert) à 22 €
Entrée + Plat + Dessert : 29 €
Carte environ 45-50 €
+ Boissons

Addition payée.

Blandine & Patrick

Le Petit Niçois
10, rue Amélie
Paris 7ème
Ouvert 7/7 jours, midi et soir.

M° Latour-Maubourg ou Invalides
Tél : 01 45 51 83 65
Fax : 01 47 05 77 46
Site : http://www.lepetitnicois.com