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Dans les rayons

Mamy Thérèse :
une boutique parisienne
entièrement dédiée
aux madeleines

Ce n’est pas à cause de Proust et du passage de « Un amour de Swann » évoquant le héros se remémorant avec nostalgie « les gâteaux courts et dodus appelés petites madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques» que lui servait sa tante Léonie que Jacques Mercier, le fondateur de cette boutique, a tout quitté après 20 ans dans la com pour créer une « madeleinerie » à Paris. Non, sa nostalgie à lui fut bel et bien de retrouver le goût des madeleines de sa grand-mère Mamy Thérèse — d’où le nom de l’enseigne — qui les réussissait comme personne dans sa Lorraine natale quand il était petit. Car ne l’oublions pas, la tradition de la madeleine est une tradition lorraine.

Préparées sur place selon la recette de base de son aïeule, elles sont désormais déclinées en une incroyable litanie de variétés.

©Greta Garbure

D’inspiration  » art nouveau nancéen », la biscuiterie est située dans le Marais, à mi-chemin entre Bastille et Saint-Paul. La boutique est petite car la partie fabrication n’est séparée des comptoirs de vente que par une grande cloison vitrée.

Le premier comptoir est en libre-service pour les madeleines traditionnelles au poids (nature, amandes, citron, orange, café, chocolat pépites, bergamote, pistache, etc.) et le second, à la demande avec un service personnalisé qui offre la possibilité de tester les madeleines les plus gourmandes à l’unité (chocolat au lait, cœur fondant praline, pistache, cœur fondant griotte, menthe, mûre et yuzu, cœur fondant framboise, etc.) ou de repartir avec un coffret à partager ou à offrir. Il existe même une madeleine sans gluten. Toutes les créations éphémères sont élaborées par le chef pâtissier Benoît Molin qui est le partenaire de Jacques Mercier.
Il y a également un bar à guimauves (recettes conçues par Benoît Molin sans blanc d’œuf), aux délicieux parfums : citron, orange, coquelicot, réglisse, noix de coco, lavande.
Les prix : à partir d’1,10 € la madeleine ; au poids : à partir de 4 € les 100 g ; guimauves : 6,60 € les 100 g ; les petits loupés de Mamy Thérèse : 1,80 € les 100 g.

Mamy Thérèse, c’est aussi toute une gamme de produits salés pour les déjeuners sur le pouce : salades gourmandes, madeleines salées garnies, quiches lorraines, tourtes et pâtés lorrains, soupes aux croûtons de madeleines et autres.
Enfin, il y a un mini corner épicerie fine mettant en exergue de jolis produits de petites entreprises artisanales, par exemple des confitures.

Bref, cette boutique est un enchantement pour qui veut retrouver le goût inégalé de la « vraie » madeleine de nos grands-mères. Les madeleines de Mamy Thérèse sont toutes à croquer !

Mamy Thérèse,
19, rue Saint-Antoine
75004 Paris
M° Saint-Paul ou Bastille
Horaires : de 8 h à 19 h sans interruption 6 j/7j (fermé le lundi)
E-boutique : http://www.mamytherese.com

Blandine Vié

Photos copyright © JM Coulier

P’tit billet d’humeur

Arrêtez de me demander
quel est le meilleur restaurant de Paris !

De me demander ou d’affirmer !

Plan de Paris via plandeparis.info

Oh que je déteste qu’on me pose cette question !
Ou qu’on prétende que c’est Machin, Untel ou Tartempion !

D’abord, parce que ni vous ni moi n’avons mangé dans TOUS les restaurants de Paris !
Et que, non, ce n’est pas parce qu’un établissement n’est pas connu des guides et des chroniqueurs de tout poil (quoique certains soient chauves) qu’il n’est pas digne d’intérêt. Il y en a même d’excellents qui ne font pas le buzz parce qu’ils fonctionnent très bien sans ça et que, peut-être bien, ils ne feraient pas forcément face en cas de ruée chez eux !

Et puis, parce que ça dépend de nombreux paramètres qui changent la donne : avec qui vous voulez y aller, pourquoi (repas d’affaires, tête-à-tête, fête de famille, dîner de copains, etc.), quel budget vous voulez mettre, quelle sorte de cuisine vous voulez manger, à quelle saison, pour déjeuner ou pour dîner, etc.

Nous n’avons pas tous les mêmes palais ni les mêmes attentes et c’est bien pour ça que nous argumentons nos chroniques au maximum sur Greta Garbure.
En fait, nous sommes comme des critiques littéraires ou cinématographiques. Il fut un temps où Jean-Jacques Gautier, célèbre critique dramatique au Figaro faisait la pluie et le beau temps dans le milieu du théâtre et du cinéma. On lisait sa chronique pour savoir s’il avait aimé ou pas telle pièce ou tel film. Il y avait une part de lecteurs qui le suivaient dans ses choix quand il aimait, mais paradoxalement, il y avait aussi ceux qui se précipitaient quand il n’aimait pas, parce qu’en matière de goûts, chacun a sa propre histoire, son propre camp. Et c’est tant mieux si le goût n’est pas universel et qu’il y a des chapelles !

En tout cas, moi, je ne vous conseillerais pas le même restaurant si vous désirez dîner avec un vieux copain de fac ou une copine foodista entichée de cuisine moléculaire, si vous voulez négocier une affaire avec un milliardaire russe sensible à l’épate, si vous voulez souhaiter l’anniversaire de votre belle-mère, si votre beau-frère qui rit très fort de ses propres blagues vous accompagne, ou si vos petits neveux braillards et votre teckel grincheux font partie de la fête.

Pas plus que je ne m’avancerais en vous indiquant une adresse pour un tête-à-tête. Parce que là encore, tout dépend de qui vous emmenez ! Une midinette romantique plus attentive aux fleurs et aux chandelles qu’au contenu de son assiette ? Une sportive qui compte les calories et les taux de protéines, de glucides et de lipides pendant tout le repas ?  Une bourgeoise « griffée » de la tête aux pieds qui cherchera vainement sur la carte des pâtes à la sauce Vuitoni ? Une secrétaire à qui vous voulez faire le coup de la promotion canapé (mais si, mais si, ça existe encore !) ? Votre femme pour votre anniversaire de mariage ? Votre Dulcinée pour un dîner de rupture ? Une cougar ? Une (ou un) ex pour un p’tit goût de revenez-y ? Un grand enfant qui ne rêve que de blanquette et de crème caramel comme les faisaient sa mémé ? Un amoureux aussi transi que les barquettes Findus qui constituent son ordinaire ? Un rappeur tatoué dont le dress code est pour les trente prochaines années un survêt « Niké », des baskets « Ah dis ! Das… ist schön ! » (ou le contraire) et une grosse grosse montre en or (Séguéla, t’es has been avec ta Rolex !) ? Un globe-trotteur qui ne se nourrit plus que de yassa de poulet, de lambis à la créole, de dal indien aux lentilles corail, de soupe thaïlandaise aux boulettes de poisson, voire d’insectes frits à l’apéro, et qui trouvera fade tout autre frichti ? Un buveur de vins exclusivement « nature » qui vous fera un caca nerveux si vous osez siroter votre bordeaux préféré devant lui ? Un intello qui, au fur et à mesure que défileront les plats, vous parlera des huîtres chez Balzac, de la bisque de homard chez Casanova, des Halles de Paris chez Zola, du pot-au-feu prôné par Mirabeau, de la soprano colorature australienne Nellie Melba pour qui a été créée la recette de la pêche qui lui est dédiée, de l’amour de Sarah Bernhardt pour les fraises et des madeleines chez Proust ?

Vous trouvez que je caricature ? Moi, je vous dis… pas tant que ça !

En plus, c’est sans compter sur les phénomènes de mode qui, par vagues panurgistes successives, précipitent le chaland que vous êtes chez les cuisiniers-chimistes, chez les chefs japonisants, dans les restaurants qui troquent le plat du jour contre une carte de burgers, et vous incitent même à vous nourrir auprès de Food Trucks brinquebalants !

Bon, vous l’aurez compris, avant de conseiller un resto à quelqu’un, il faut presque le recevoir en consultation !
Mais vous pourriez aussi vous faire confiance et pousser la porte d’un restaurant juste pour le plaisir, en suivant votre intuition !

Blandine Vié