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La chronique de Greta Garbure

Les crêpes rugbystiques !

Pile de crêpes ovales © Greta Garbure

Pile de crêpes ovales © Greta Garbure

Pour célébrer à la fois le début du Tournoi des 6 Nations et Mardi-Gras, Greta Garbure crée les crêpes rugbystiques, c’est-à-dire ovales, en forme de ballon de rugby !

Il fallait y penser ! Greta l’a fait !

Alors pour faire ces crêpes, c’est simple comme tout :

1) Il vous faut de la pâte à crêpes. Nous vous en avons déjà donné la recette ici : https://gretagarbure.com/2015/02/01/plats-mythiques-36/

2) Il vous faut une poêle ovale :

Une poêle ovale © Greta Garbure

Une poêle ovale © Greta Garbure

Seule recommandation : selon l’épaisseur du fond de la poêle, la cuisson peut prendre un peu plus de temps qu’avec une poêle à crêpes traditionnelle et doit être ajusté.

Diou biban, et voilà le travail !

Cuisson d'une crêpe © Greta Garbure

Cuisson d’une crêpe © Greta Garbure

 Quand elles sont toutes cuites, ça fait une belle beuchigue, non ?

Bon, et si vous voulez en savoir plus sur Mardi-Gras, c’est là :
https://gretagarbure.com/2013/02/12/tradition-us-et-coutumes/

Lieux de vie, lieux de vin

Rugby champagne

Nouveau Stade Bordeaux © Greta Garbure

Nouveau Stade Bordeaux © Greta Garbure

Durant Vinexpo, la grand-messe bisannuelle du vin, journalistes et assimilés croulent sous les invitations à déguster, à déjeuner, à découvrir. Les événements, coordonnés et relayés par des attachées de presse toutes plus charmantes les unes que les autres, se succèdent ou parfois se chevauchent (non, les événements…).

Ce matin-là, après deux visites sur des stands amis, j’ai pris du retard. Je dois malheureusement faire mon deuil des accords fromages-portos qui me tentaient bien. Il est midi et une amie (une belle rousse) qui voulait me faire connaître les mérites d’une carafe à vin révolutionnaire, m’attend pour déjeuner dans un restaurant au bord du lac à midi et demi. Tout va bien, je serai à l’heure. Sauf que… sauf que un éminent reporter-photographe de chez Bettane-Desseauve me fait une proposition, juste indécente vu le timing qui se resserre dangereusement : prendre une coupe de champagne à l’invitation de Clément Fayat, au beau milieu de la pelouse du grand et splendide stade que son entreprise vient de construire. Désolé, Louise mais je ne peux pas résister !

Une navette nous aide à faire sans efforts exagérés les 200 mètres qui nous séparent du nouveau saint des saints bordelais. Alors, se révèlent à mes yeux incrédules les coulisses puis la scène du théâtre des futures exploits des rugbymen de l’Union Bordeaux Bègles et des footbaleurs des Girondins. Je suis immédiatement aimanté par le vert cru, violent, de la pelouse qui contraste avec le blanc et le gris clair, si reposants.

Vert, blanc, gris © Greta Garbure

Vert, blanc, gris © Greta Garbure

Discours convenus, remerciements courtois, mais moi, pendant ce temps, je suis comme un gosse à Disneyland. C’est vraiment un magnifique stade, au point d’imaginer que même les supporters seront sensibles à cette beauté architecturale et s’y comporteront en gentleman… C’est dire !
Sans doute les premiers effets des flûtes de champagne prestement distribuées par des hôtesses sélectionnées, jolies, à l’uniforme impeccable, girondes quoi !

Mais, comme pour Kisscool®, il y a un deuxième effet décoiffant qui se manifeste chez moi lorsqu’un joueur de l’UBB susnommée me propose de tirer (nooon !!!) une pénalité face aux poteaux ! Je laisse l’instant, immortalisé par le correspondant de guerre œnophile, parler de lui-même. Merci Guy pour ce souvenir impérissable, en tout cas moins périssable que ma cheville après cet exercice plus de mon âge ! L’histoire ne dira pas si le ballon est passé là où il le devait, non, elle ne le dira pas !

Silence dans le stade © Guy Charneau

Silence dans le stade © Guy Charneau

Patrick tire © Guy Charneau

Patrick tire © Guy Charneau

Guy Charneau, le correspondant de guerre œnophile  © maphoto60@gmail.com

Guy Charneau, le correspondant de guerre œnophile © maphoto60@gmail.com

Même déguisé en homme-sandwich pour Greta Garbure, la faim commence à me tenailler. Ben tiens, tu m’étonnes : avec tout ça, 13 h 47 sonnent frénétiquement au beffroi ! Ce ne sont pas quelques gougères et trois ou quatre millésimes du château La Dominique qui me feront oublier mon rendez-vous ! Un coup de téléphone penaud et une erreur d’aiguillage plus tard, le restaurant a fermé ses cuisines quand nous arrivons au port… Damned ! Heureusement que le sport est sorti grandi face à ces vaines préoccupations alimentaires. D’autant que dans les allées, les stands de ravitaillement n’ont pas manqué, merci à ceux qui se reconnaîtront.

Encore des instants futiles, des petits bonheurs furtifs, des plaisirs fugaces… La vie, quoi !

Patrick de Mari

Nos marronniers

Saint-Patrick ou…
SYMPATRICK !

Saint-Patrick via fr.wikipedia.org
Cette fête irlandaise ne s’est pas encore téléportée en France comme sa cousine celte Halloween, même si la bière coule à flots plus que d’habitude dans certains pubs.
C’est d’autant plus réjouissant que le plat traditionnel pour la célébrer, c’est du corned beef avec du chou !
Même avec une bonne stout pour faire passer, avouez que du « singe » pour faire la fête, c’est à vous dégoûter de la gastronomie à tout jamais.

Comment ? Vous n’avez pas fait votre service militaire dans la Légion Étrangère, vous ne savez pas ce que c’est que du singe ?
C’est justement le surnom du corned beef dans les pays francophones, ancienne pitance des soldats et des prisonniers. Il se présente sous forme d’un agglomérat gélatineux de menus bas-morceaux de bœuf désossé et salé, d’où le nom de corned qui vient de corn = grains (ici de sel). La forme de la boîte est caractéristique.

Corned beef via export-forum.com                         Corned-beef via fr.wikipedia.org

Quant au surnom de singe, deux anecdotes l’expliquent sans pour autant qu’on sache quelle version est la bonne !
Pour les uns, ce terme serait né au XIXe siècle lorsque des soldats français étaient en poste au Congo. Tout simplement parce qu’il y avait un singe sur l’étiquette de la boîte.
Et pour les autres, cela vient plutôt de l’ouvre-boîte qui faisait partie du paquetage traditionnel du troufion pendant la guerre de 14-18 et qui portait la marque « Le singe ».

Ouvre-boite Le Singe via militaria-1418.com

Mais revenons à Saint-Patrick, de son vrai nom Maewyn Succat qui serait né en Écosse ou au Pays de Galles vers 385. Pour la faire courte, enlevé par des pirates en 405, il resta prisonnier 6 ans avant de devenir prêtre, puis évêque, et de partir évangéliser l’Irlande. C’est à lui que l’Irlande doit le symbole du trèfle, censé représenter la Sainte-Trinité.
Il mourut le 17 mars 461. On fête donc le jour de sa mort — ça tombe bien, on boit de la bière ! — qui est aussi devenu le jour de la fête nationale irlandaise. La première fête de la Saint-Patrick a eu lieu en 1737 à Boston où beaucoup d’Irlandais avaient émigré.
Patrick est aussi le patron des ingénieurs.

Trèfle via webnanas.canalblog.com

Voilà pour le quart d’heure culturel.

Bon côté cuisine, ce n’est tout de même pas à Greta Garbure que le chou vert va faire peur !
Une garbure plantureuse (https://gretagarbure.com/2013/03/02/plats-mythiques/), une soupe au chou bien mitonnée, une potée auvergnate, un bon gros chou farci aux allures débonnaires (https://gretagarbure.com/2014/03/06/plats-mythiques-14/), une pintade au chou avec des petits lardons et une saucisse de Morteau en rondelles, ou encore une onctueuse embeurrée de chou, quelles délices !

La cuisine à la bière ne rebute pas non plus notre équipe : une carbonnade flamande, un potjevleesch, un coq à la bière, un lapin à la gueuze et aux pruneaux ou des moules à la bière blanche ont des séductions auxquelles il est difficile de résister… une fois de temps en temps !
Boire une petite mousse, une pinte ou un formidable quand le contexte s’y prête, c’est également très agréable, l’été à une terrasse quand il fait très chaud… ou quand on regarde du rugby entre amis !
Mais nous, je pense que vous l’avez compris depuis longtemps, notre culture c’est plutôt le vin.

Guiness via cuisineplurielle.com

Alors ce clin d’œil, c’était surtout pour fêter notre Patrick à nous !
Diou biban, n’est-il pas très « sympatrick » notre Patrick ?

Blandine Vié

 

Gueules d’amour (portraits/interviews)

JEAN CORMIER TIRE LE PORTRAIT
DE 15 « GUEULES DE CHEFS » !
Belle occase pour moi
de tirer aussi le sien…

Jean Cormier

Son pedigree

jean Cormier via editionsdurocher.fr
Pas possible ! Ne me dites pas que vous ne connaissez pas Jean Cormier, journaliste, écrivain et réalisateur !
Si ? Bon, alors je vais vous la faire courte, façon « on va à l’essentiel » et pas façon RG !
Au physique, c’est un grand gaillard (1,90 m) baraqué, au regard bleu et au doux sourire.
Question identité… il est Santagraztar, donc Euskadien (Basque), il a fait ses premières Fêtes de Bayonne à l’âge de 14 ans, et maman Chachi « donnait toujours raison a son rejeton, surtout quand il avait tort » !
Voilà, ça dit tout en filigrane sur le bon…homme !
Côté pro, il a été grand reporter (et pas que par la taille) au Parisien Libéré, au Parisien tout court et à Aujourd’hui en France. Il fait partie de ces bourlingueurs qui ont sillonné la planète en tous sens.
De ses voyages, il a rapporté des bouquins sur Che Guevara, sur le curé de Soweto (entre autres) et il a aussi réalisé 5 documentaires (3 sur le Che toujours, et 2 sur les Indiens d’Amazonie).
C’est également un journaliste sportif qui a commis des milliers de chroniques — et des livres — sur le rugby, et a couvert le Tour de France 37 fois (le premier en 1967, alors qu’il n’était encore qu’un grand môme).
Nullement sur la touche, il continue à barouder et à crapahuter d’un continent à l’autre et à écrire un ouvrage par an.

Les Tontons trinqueurs

Homme d’amitié surtout, il a toujours vécu entouré de potes ! Et quels potes !
D’abord le grandiose et fulgurant Antoine Blondin (rencontré pour la première fois en 1965 au « Courrier de Lyon ») — son « Blondin d’amour » à lui — autour duquel gravitait une bande picaresque (un mot lourd de sens sous son air débonnaire) et des satellites pittoresques.
Des copains journalistes qui ont fait avec lui autant de Tours de France (voire plus) qu’un saphir sur un microsillon 33 tours, Roger Bastide (tonton Roro) en tête puisqu’ils ont fait 15 Tours ensemble.
Comme dit Jean : « Antoine, Roger, et moi Jeannot, c’était une trilogie qui fonctionnait à l’amitié, avec un A aussi grand que la tour Eiffel » !
Voilà pour le noyau dur !

Françoise et Antoine Blondin et Jean Cormier, archives familiales

Françoise et Antoine Blondin avec Jean Cormier

Bien sûr, il y avait aussi des rugbymen : quasiment « tout l’armorial du rugby français » selon sa formule !
Et tout ce que le quartier de Saint-Germain-des-Prés (son QG depuis sa jeunesse) a pu connaître de fêtards : personnalités de tout poil (on laisse le mot people au vestiaire, d’accord ?), artistes, acteurs, originaux, riverains.
Bref, une faune hétéroclite, nyctalope et assoiffée !
Dans le désordre et sans la moindre prétention d’exhaustivité, allez, je cafte le nom de quelques complices de bamboche : Jean Castel et Jean-Marie Rivière (hôtes bienveillants), Pierre Barouh, Carlos, Jean Carmet, Michel Bridenne, Claude Nougaro, Jacques Perret, Yvan Audouard, Kleber Haedens, Guy Boniface, Claude Spanghero, Stéphane Collaro, Daniel Robin, Jean-Jacques Simmler, Denis Lalanne, Jean-Pierre Rives (seul déconneur abstinent du monde de l’ovalie).
Mais aussi tous les autres puisque, dit-il : « nous avions l’amour de notre prochain, souvent le voisin de bar ! » : amis d’un soir, d’une virée, d’une vie. Qui aimaient se désaltérer en général, et en particulier dans « la Vallée de la Soif  » comme ils appelaient une concentration de bistrots germanopratins.
Des hommes pour qui il fut ou demeure Jeannot, Jeannot de chez la Corme, Jouan (comme au pays), Juan, Juanito…

Mais il faut bien comprendre que pour Jean, boire n’est pas un but ! C’est un adjuvant ! Qui aide à communiquer, à partager, « partager le temps et les idées ».
Une QSP pour faire sauter les verrous, pour extirper — ex-triper (sortir des tripes) serait plus juste ! — ses vérités intestines, pour explorer sa propre ténèbre, pour devenir le héros (ou pas) de sa nuit, pour se connaître en (in)conscience, à tout le moins pour mettre du piment dans sa vie (comme on dit à Espelette) !
Boire pour voyager, comme les deux somptueux héros de « Un singe en hiver », si magistralement campés par Gabin et Belmondo dans l’adaptation cinématographique qu’Henri Verneuil a faite du roman éponyme de Blondin.
Car comme il disait l’Antoine, à qui l’on a parfois reproché d’avoir voulu faire l’apologie de l’ivresse dans Un singe en hiver (1959) : « Il ne s’agit pas ici d’un plaidoyer pour la boisson (…) Aucun de mes personnages ne boit pour se saouler mais plutôt pour changer les couleurs de la vie. »
C’est sans doute encore plus vrai pour les écrivains, les artistes, les créateurs. Car faire couler l’alcool, c’est un peu comme une promesse de faire couler l’encre.
« N’oublie pas que l’on écrit avec un dictionnaire et une corbeille à papier, tout le reste n’est que litres et ratures », disait Blondin. Ou encore, pour mieux pouvoir faire face à la page blanche : « Et maintenant, au goulot ! »

Histoires d’amitiés bachiques qui ont donné l’émouvant bouquin Alcools de nuit, écrit à trois voix et six mains (on compte pas les verres) : Antoine Blondin, Roger Bastide et Jeannot Cormier (Rocher, 1988, réédité en 2007).

Alcools de nuit
Qui ont également abouti à la création, en 1987 (jusqu’en 2011), du « Marathon des Leveurs de coude », série de 13 épreuves imposées dans des établissements sélectionnés de Saint-Germain-des-Prés. Je crois même qu’au départ, il y avait 42 étapes, par référence à la distance (42 km) du marathon olympique pédestre !
Enfin, avec son ami Denis Lalanne, Jean a créé en 2011 le « Festival Singe-Germain », un festival germanopratin, culturel et sportif rendant hommage à Antoine Blondin.

Histoires d’amitié sans fin donc pour Jean. Mais jamais sans faim. Toutes les faims.
Histoires pérennes même avec ceux qui sont partis — ceux qui ne lèvent plus le coude parce qu’ils ont levé le pied ! — mais qui manquent. Même s’ils demeurent dans la pensée et dans le cœur.
Partis dans des ailleurs approximatifs. Au ciel ?
On dit que la nuit, pour ne pas se perdre, il faut chercher l’étoile du berger, qu’elle est un guide !
J’aime à penser que facétieusement, elle est aussi un clin d’œil de la part de nos buveurs de jaune qui se sont éclipsés : l’étoile des « Berger » ! Le pastis 51 et les autres…

Allez, on trinque !

Gueules de chefs

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Bon, Jean, maintenant que j’ai fait les présentations, parlons de ton dernier livre : « Gueules de chefs » (éditions du Rocher, 2013, 19 €).
Un bouquin qui dresse le portrait de 15 chefs.
Quinze comme au rugby, évidemment (ce qui explique pourquoi une majorité de chefs originaires du Sud-Ouest) : Iñaki Aïzpitarte, Daniel Boulud, Yves Camdeborde, Raquel Carena, Jean-Pierre Cazals, Christian Constant, Helène Darroze, Alain Dutournier, Christian Etchebest, Pierre Etchemaïté, Adeline Grattard, Stéphane Jego, Jean-Marc Lemmery, Joël Robuchon et Guy Savoy (par ordre alphabétique).

Pourquoi ce livre ?

« Je suis de la gueule et j’aime pas le chef, la notion de chef. Le chef qui commande à l’armée, etc.
Mais le chef associé à une toque, c’est bien. La toque, c’est mieux que le calot ou le képi, non ? Ce chef-là, il met de l’ordre dans mon assiette. Et cet ordre, c’est celui que je respecte le plus.
L’idée, c’était de construire une équipe de 15 chefs, comme une équipe de rugby.
J’ai beaucoup de potes chefs. Ils sont très organisés. Très respectueux de la liberté mais très méticuleusement organisés dans leurs cuisines.
Je suis passé par la cuisine pour mieux comprendre l’armée. » 

Mais comment ça s’est goupillé ?

« J’ai commencé par faire une liste des chefs que je connaissais.
C’est pour ça qu’il n’y a pas Ducasse. Je ne le connais pas en vrai.
J’ai connu Robuchon en 1981. Guy Savoy, Cazals. Ils sont tous très fête, ce sont des festayres comme on dit chez nous.

Le fédérateur, c’est un peu Yves Camdeborde que j’ai connu très jeune parce que sa famille tient une charcuterie à Pau.
Il a fait ses armes chez Christian Constant lorsqu’il était au Crillon.
Et moi avec quelques copains comme Benoît Dauga, on était potes avec Christian Constant. On entrait directement dans les cuisines du Crillon par la rue Boissy d’Anglas. On mangeait des palombes et on avait droit aux « retours » ! Les retours, ce sont les plus grandes bouteilles — comme un Montrachet 1986, un Petrus — qui n’étaient pas finies par les clients. Constant disait « les retours, c’est pour mes amis » et nous, on s’tapait les fonds de bouteilles !
C’est là, chez Constant que j’ai revu Camde — c’est comme ça qu’on l’appelle — et c’est devenu un vrai pote. Je suis le premier journaliste à avoir écrit un papier sur La Régalade dans Le Parisien !
Constant et ses 12 apôtres — tous les jeunes qu’il a formés — sont solidement proches ! C’est la mafia du rugby.

Daniel Boulud, un autre ami de Camde, je suis allé le voir à New York où il a 6 restaurants. Et tu te rends compte, Camde a fait le voyage en avion exprès, rien que pour nous présenter, et il est rentré à Paris aussitôt après !
Moi j’y suis resté 6 jours avec ma fille et en 6 jours, on a fait les 6 restaurants de Boulud, un par jour !
Et pour la sortie de mon bouquin au Flore, c’est Boulud qui a fait l’aller-retour !

Raquel Carena, c’est par Alain Dutournier, un copain de corrida et de rugby que je l’ai connue.

Iñaki Aïzpitarte, lui, on s’est rencontré par l’intermédiaire de Jean-Luc Poujouran, le boulanger des restaurateurs. On a passé une soirée géniale.

Pierre Etchemaïté, je l’ai connu par des potes du quartier.
Je l’ai présenté à Constant qui m’a dit : « Juan, puisque c’est un copain à toi, je le garde ! Mais si au bout de 3 jours il ne me plaît pas, je le vire ! » Il est resté 3 semaines puis est allé à La Régalade !

Adeline Grattard, c’est un peu différent. Elle ne fait pas partie de la bande. Mais comme tu le sais, je suis un grand voyageur. Je suis allé dix fois en Chine et à Hong Kong. Alors la bouffe chinoise, je la connais et je l’aime. Aussi, quand mon pote Denys Clément (grand reporter photographe à l’Équipe jusqu’en 2002, depuis photographe indépendant spécialisé dans le rugby, le reportage et la photographie culinaire, et aussi de Gueules de chefs), un homme de la terre, du vin, de la vigne mais aussi un marin et un montagnard, un homme tellurique, m’a dit : « Je connais un resto formidable », on y est allé et on y retourne régulièrement ! Et du coup, Adeline, il fallait qu’elle soit là aussi !

Jean-Pierre Cazals, j’ai fait sa connaissance par des potes du rugby.
Car beaucoup de rencontres se sont faites par les relais du rugby. Par exemple au Sous Bock, un bistrot près des Halles où l’on mange de bons produits : cèpes, soles, etc. Si tu comptes 5 soirées à seulement 2 verres, au bout de 10 verres, t’as eu le temps de discuter le bout de gras !

Stéphane Jégo, il a bossé 7 ans avec Camdeborde. Tu parles qu’il fait partie de la bande aussi. Mais tu vois, il vouvoie toujours Yves. Tout comme Yves vouvoie toujours Christian Constant. C’est le respect du maître même dans la déconne. J’aime bien ce sens des valeurs.

Jean-Marc Lemmery, lui, sa grand-mère était de Sainte-Engrâce, le même village que moi. Avant, il était kiné et puis un jour, il en a eu marre du palpé-roulé !

Guy Savoy, je l’ai approché par l’intermédiaire de Jean-Paul Dumond (de chez Drouhin) dont il était proche quand il était encore au Cap Vernet.

Bref, tout ça, c’est une grande chaîne d’amitié !
Pour la sortie du bouquin au Flore, il y a tout de même 2 chefs qui sont venus de Londres, 1 de New-York, 1 de Montréal, 1 de Toulon, 1 de Nice, 2 ou 3 du Pays basque. Rien que pour faire la fête !

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Le mot qui nous unit, c’est sincérité !
Et comme je suis un homme de partage, je suis content d’associer mon nom à ces gens-là. Je suis passionné, un homme de passion !
Mais je suis d’abord journaliste, personne ne se marche sur les pieds.
Je les admire. Ce sont des perfectionnistes. Ils font tous les jours la même chose.
Nous, on a le poids des mots car un mot, ça a un poids. Mais eux aussi, ils ont le poids des grammes de l’assiette !

Le rugby, c’est ça ! C’est excessif, mais ça veut dire générosité et partage.
C’est un clan. Et j’ai eu du bonheur à faire ce livre parce que ce sont tous des personnalités marquantes. Chacun a son parcours, sa gueule, sa tronche ! Ça le fait ! »

Jean, j’ai bien sûr la tentation de raconter par le menu l’histoire de ces 15 rencontres à mes lecteurs, mais évidemment, je ne vais pas le faire ! Je crois qu’on les a suffisamment mis en appétit pour qu’ils aient envie d’acheter ton livre et de déguster les 15 services de ce menu dégustation. Tu es d’accord ?

Le livre d’or du rugby 2013

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Mais puisque tout a commencé par le rugby, je voudrais encore évoquer ton « Livre d’Or du rugby 2013 », co-écrit avec Franck Mesnel, ancien demi d’ouverture de l’équipe de France, et préfacé par Bernard Laporte (Solar, 24,90 €).
Un bouquin — que dis-je, un bréviaire ! — que tu publies tous les ans depuis des lustres. Et qui raconte ipso facto une année de rugby avec les dates, les anecdotes, les chiffres (les tops et les flops), les moments forts et tutti quanti. Incontournable et indispensable pour tous les amateurs du ballon ovale !
Et comme on l’a vu, ce n’est pas du tout hors jeu (hors sujet), les troisièmes mi-temps étant un creuset où lève le ferment de l’amitié.
Rugby, bouffe et amitié : une belle et sain(t)e trilogie… sinon trinité, non ?

Un dernier verre avant de se quitter ?

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Avec Jean, notre amitié en est encore à ses prémices.
Disons que j’espère être en train de devenir son amie.
Mais en toute humilité.
Car hélas…
– même si nous sommes tous les deux du signe du verseau — quelle ironie ! — sûrement tout de même avec un ascendant verse-vins…
– même si je lève le coude avec une ardeur qu’on ne peut suspecter d’être feinte…
– même si j’ai écrit un livre sur les « alibofis » (les cojones pour ceux qui ne lisent pas le marseillais dans le texte)…
– même si j’ai aussi écrit « L’éro-toro-mane », une nouvelle ayant trait à l’univers de la corrida qui a été finaliste du Prix Hemingway 2013…
je ne suis que blandinesque…
… pas blondinesque !

Allez, un dernier verre pour la route…
Zoubis, mon Jeannot !

Blandine Vié

Dégustations

Les vins de J-M Dufouleur


Cette dégustation constitue le point d’orgue de l’interview de Jean-Marc Dufouleur que vous pouvez (devez !) lire dans la rubrique « Interviews » : https://gretagarbure.com/category/gueules-damours/interviews/

 

MOREY SAINT DENIS 1er cru « Les Monts Luisants » 2009 :

– Magnifique couleur dans le verre, qui vous appelle, vous interpelle: grenat, limpide, brillante. L’explosion des arômes fait presque reculer le nez. Au rugby, on dirait qu’on vient de prendre un « bourre-pif » ! La corbeille de fruits noirs semble trop petite pour les contenir tous: cassis, mûres, myrtilles mais aussi confiture de cerise d’Itxassou… En bouche, l’attaque est vive grâce à une acidité de bon aloi vu son jeune âge. Elle partage la vedette avec une structure tannique qui soutient bien l’importante matière qui fait des roulés-boulés sur la langue. Ce vin présente une fougue, aujourd’hui contenue, qui ne demandera qu’à s’extérioriser d’ici 4 à 5 ans jusqu’à…plus soif (c’est dire s’il en a encore sous la semelle!).

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MOREY SAINT-DENIS 1er cru « Les Monts Luisants » 2003
:

– La tenue commence à prendre des reflets très légèrement ambrés. Et puis le nez a vite fait de tenter un « demi-tour contact » digne du légendaire docteur Mias, tant la réduction se fait sentir. Là, on est dans les vestiaires après un match du mois d’août…! Mais il suffit de faire tourner le vin dans le verre pour l’aérer et la vilaine odeur s’évanouit aussitôt. On retrouve alors un fruité net, propre sur lui. L’alcool est présent (13,5%) mais la trame et le volume l’équilibrent. C’est un vin au moins aussi complexe que les règles du Board ! La bouche est à la fois kirschée et viandée, suffisamment pour faire hésiter entre un magret de canard sanguin et un faux-filet de la même couleur… C’est une magnifique expression du pinot issu d’un terroir riche. La finale est épicée comme un Clermont-Toulon au Grand Stade de France…à Saint-Denis !

MOREY SAINT-DENIS 1er cru « Les Monts Luisants » 2000 :

– Le maillot est d’époque et commence à faire son âge. Un peu délavé, plus vraiment gallois mais pas encore australien ! D’ailleurs, le match n’est pas encore fini pour lui. Il peut encore jouer une ou deux prolongations mais à son rythme. Le nez est animal, comme on l’aime quand on aime le pinot qui vit sa vie. Un petit manque de hauteur et de poids pour captiver la bouche du spectateur et capter les ballons en touche… Sa course sur le terrain est un peu latérale, on souhaiterait évidemment un pet de panache en plus dans une dernière relance audacieuse, à la Boniface… Parce que la race est là ! Il ne fera sans doute pas un beau vieux, lui non plus, mais sa maturité actuelle est belle et bonne.

La relecture du lendemain soir sur une échine de porc grillée et des pommes de terre sautées (comme les passes du même nom !) n’a pas inversé le score final de la rencontre:

– Le 2009 toujours aussi gaillard dans l’effort

– Le 2003 long et puissant comme un deuxième ligne

– le 2000, la mélée s’est un peu écroulée mais je crois que l’adversaire fatigué avait peut-être bien posé le bras sur l’herbe ou effacé l’épaule…involontairement bien sûr !

Morey Saint-Denis 1er cru « Monts Luisants » © PdM

PdM