Lieux de vie, lieux du vin

Tous à Tavel le 16 juillet
à partir de 16 h !

Affiche-CT-2016

Des journées consacrées à la glorification d’appellations plus ou moins contrôlées, y en a !

Des occasions de picoler pour pas cher des vins pas trop frelatés, on en connaît !

Des alibis pédagogiques en vue de mieux briller au camping ou au golf, de mieux faire le kéké dans les dîners en ville à la rentrée, c’est pas ça qui manque !

Mais ce n’est pas le genre de la maison Greta Garbure de faire de la retape pour les milliers de manifestations commerciales souvent insipides et indolores.

Pourtant, là, difficile d’être en villégiature aux alentours de Tavel, dans la vallée du Rhône, sans s’y arrêter pour la journée plutôt que de bronzer idiot. Le programme, d’une rare densité, permet de satisfaire les corps et les esprits les plus délicats : des dégustations bien sûr mais surtout des rencontres avec vignerons, chefs, fromagers, sommeliers, artistes et artisans…

Alors, allez-y en confiance, vous nous remercierez.

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LES THÉMATIQUES 2016
En 1936 Tavel reçut la dénomination Appellation d’Origine Contrôlée (1 ère appellation en rosé) en même temps que 5 autres appellations. Quatre d’entre elles nous feront l’honneur de leur présence, afin de célébrer ensemble leurs 80 ans : Châteauneuf-du-Pape, Arbois, Cassis, Monbazillac.

La plage sera l’autre thème de cette quatrième édition.

« COULEUR TAVEL » est une manifestation initiée par le Syndicat Viticole de l’Appellation Tavel, créée il y a quatre ans pour célébrer les rosés de Tavel.
De nombreux vignerons feront déguster leurs vins dans un cadre unique : les magniques jardins de la Condamine. Une trentaine de Tavel différents seront proposés aux visiteurs, qui au grès d’une balade gustative pourront également écouter de la musique, voir une exposition, goûter des produits régionaux en accord avec les vins.

Bref, « Couleur Tavel » est bien plus qu’une fête des vins, c’est une manifestation incontournable en plein coeur de la saison touristique qui invite le public à allier le plaisir de la dégustation avec ceux de la gastronomie, de la culture et du patrimoine.

Syndicat Viticole de l’Appellation Tavel – Informations et réservations : Tel : 04 66 50 32 34

Patrick de Mari

Dans les rayons

Foodette
Le panier 4 repas

Le panier Foodette © Greta Garbure

Sollicités pour tester le panier Foodette, nous avons tenté l’expérience au mois de mai. C’est une idée qui fait florès sur internet et de nombreuses start up se sont lancées dans ce créneau du panier 4 repas permettant de préparer rapidement 4 dîners de saison équilibrés. Idéal quand on travaille et qu’on n’a pas le temps de faire les courses au quotidien. Car ces paniers contiennent des ingrédients pour faire la cuisine et non des plats tout faits. C’est donc une intention louable. Chez Foodette, après s’être inscrits sur le site http://www.foodette.fr, les clients reçoivent chaque mardi un grand panier (en fait un carton) dans lequel se trouve tout ce qui est nécessaire pour cuisiner 4 plats en moins de 30 minutes. La semaine où nous avons testé ce panier, Foodette avait créé un partenariat avec le magazine Saveurs pour l’élaboration des recettes. Mais passons en cuisine…

Au menu, voici les quatre plats prévus, dans l’ordre où il est conseillé de les préparer :
— Hampe grillée au piment doux et purée de carottes nouvelles
— Daurade au zaatar et purée de pois chiches au sésame
— Pizza-polenta aux tomates cerises et coppa
— Salade printanière au livarot

Plat n° 1 : la hampe

Les ingrédients de la mousseline de carottes © Greta Garbure

Les ingrédients de la mousseline de carottes © Greta Garbure

Je suis la recette à la lettre. Malheureusement, l’échalote du panier est pourrie ! Bon, moi j’en ai en magasin. Je prépare donc la marinade pour la hampe que j’ai coupée en quatre morceaux mais en pensant que ça aurait pu tomber sur quelqu’un qui n’a rien dans ses placards et qui s’abonne à Foodette justement pour pallier à cet inconvénient. Mauvais point.

L'échalote pourrie © Greta Garbure

L’échalote pourrie © Greta Garbure

La hampe marinée © Greta Garbure

La hampe marinée © Greta Garbure

Je prépare ensuite la mousseline de carottes et je sers : il est un peu curieux de parsemer la marinade crue sur la viande cuite mais honnêtement, la recette fonctionne très bien !

La hampe et la mousseline de carottes © Greta Garbure

La hampe et la mousseline de carottes © Greta Garbure


Plat n° 2 : la dorade

Les ingrédients pour la dorade © Greta Garbure

Les ingrédients pour la dorade © Greta Garbure

La dorade cuite © Greta Garbure

La dorade cuite © Greta Garbure

Les pois chiches en cuisson © Greta Garbure

Les pois chiches en cuisson © Greta Garbure

La purée de pois chiches © Greta Garbure

La purée de pois chiches © Greta Garbure

L’accord est judicieux mais nous avons trouvé que la marinade au « zaatar » (mélange de thym, sésame et sumac) n’apportait pas vraiment de saveur au poisson. Si c’était à refaire, je la mettrais plutôt dans la cavité ventrale de la dorade. De toute façon, la purée de pois chiches étant elle aussi parfumée d’épices (cumin et pâte de sésame), c’était suffisant.

Plat n° 3 : la pizza-polenta

Les ingrédients pour garnir la pizza © Greta Garbure

Les ingrédients pour garnir la pizza © Greta Garbure

L’originalité de la recette consiste à remplacer la pâte à pizza par de la polenta étalée en couche. Et c’est très astucieux ! Et très bon.

La polenta © Greta Garbure

La polenta © Greta Garbure

La pizza avant cuisson © Greta Garbure

La pizza avant cuisson © Greta Garbure

La pizza garnie © Greta Garbure

La pizza garnie © Greta Garbure


Plat n° 4 : la salade au livarot

Les ingrédients de la salade de livarot © Greta Garbure

Les ingrédients de la salade de livarot © Greta Garbure

Recette épatante que cette salade printanière au livarot ! Composée de boulghour et de quinoa, garnie de haricots verts, d’asperges vertes, de tomates cerises, de radis rouges, de noisettes décortiquées, de basilic, assaisonnée à l’huile de noisette et donc agrémentée de dés de livarot. Absolument délicieux et l’idée de garnir une salade de ce fromage est à retenir.

Haricots et asperges © Greta Garbure

Haricots et asperges © Greta Garbure

La salade sans les céréales © Greta Garbure

La salade sans les céréales © Greta Garbure

Les céréales © Greta Garbure

Les céréales © Greta Garbure

La salade de boulghour et quinoa au livarot © Greta Garbure

La salade de boulghour et quinoa au livarot © Greta Garbure

Bon, globalement, c’était un panier plein de bonnes idées mais nous avons tout de même quelques remarques à faire :
— Une fois de la viande et une fois du poisson, on peut considérer que sur quatre repas, c’est suffisant. Mais nous aurions trouvé plus équilibré d’alterner ces deux recettes avec les deux autres à base de céréales : polenta, boulghour et quinoa. Même si nous comprenons que la hampe est une viande non maturée très fragile (pour cette raison elle peut d’ailleurs être vendue chez les tripiers) et que le poisson doit lui aussi être consommé rapidement.
— L’incident de l’échalote est évidemment un bémol : la moindre des choses serait que tous les ingrédients soient vérifiés avant leur livraison puisque le site prône l’ultra-frais.
— Le programme des plats de la semaine suivante étant annoncé sur la brochure qui accompagne le panier, nous avons trouvé que les « aiguillettes de canard au cola, millet et carottes » étaient une recette fantaisiste et que l’utilisation d’un cola n’était pas très diététique alors que l’objectif de l’entreprise est aussi d’apprendre à bien manger.
— Quant aux prix, les formules sont à partir de 48 € en duo et à partir de 78 € en tribu. Chacun jugera selon son budget nourriture.

Blandine & Patrick

Brèves de terroir

Foot bowl

Les bowls sont la toute dernière tendance. Après les verrines, les cuillères chinoises, les mini-cocottes et les bocaux, il semblerait qu’ils soient même en passe de détrôner les box car ils sont conçus comme des plats uniques et limitent le nombre des récipients, donc la vaisselle.

Originaire d’Hawaï où on le prépare généralement avec du poisson cru mariné mélangé avec du riz, de l’avocat, des fruits et même des algues, le « poke bowl » se décline chez nous selon des variations « healthy » plus que gourmandes : bio, vegan, sans gluten, sans lactose, etc. Les céréales et les graines y ont souvent la part belle.

Alors saluons l’initiative des « bols de Jean ». Celui-ci a créé un bol spécial en partenariat avec UberEats, à l’occasion de la coupe d’Europe de football. Il s’appelle « Le Bol des Bleus » et il s’agit d’un bowl garni de blanquette de veau, spécialité française s’il en est ! Par ailleurs, le bol est en pain et il se mange.

Le bol de Jean à la blanquette de veau

Le bol de Jean à la blanquette de veau

Bon, nous ne l’avons pas goûté mais, la viande provenant de chez Hugo Desnoyer et le pain de chez Éric Kayser, c’est de bon augure. En tout cas, cette initiative franchouillarde change de tous ces plats french-chichiteux qui émaillent les cartes de nos restaurants.

Rappelons que Jean Imbert est un ancien vainqueur de Top Chef et que son concept est une alternative plutôt bienvenue dans la restauration où l’on constate l’omniprésence urticante du hamburger, depuis les MacDo jusqu’aux plus étoilés du petit livre rouge.

Quant à l’idée du bol qui se mange, elle est… culturelle ! Car nous ne procédions pas autrement au Moyen-Âge, quand l’assiette n’était encore qu’une tranche épaisse de pain (baptisée tranchoir) posée à même la table et sur laquelle on déposait les autres aliments :  viandes et ragoûts. Imbibées de sauce, ces tranches étaient ensuite distribuées aux pauvres.

En tout cas, être un peu chauvin un jour de finale de Coupe d’Europe… ça ne peut pas faire de mal !

Blandine Vié

Les bols de Jean
2, rue de Choiseul
75002 Paris
Tél : 01 44 76 00 58

Bonne table ou… évi-table !

Les Terrasses de l’Hôtel La Réserve

Restaurant d’été
Paris 8e

Il y a des jours où, quand le destin s’en mêle, il n’y a rien à faire. Ainsi, rendez-vous était pris pour déjeuner au restaurant « Les Terrasses » en ce mois de juin qui semble avoir oublié qu’en principe en juin, c’est l’été. À tout le moins le printemps. Mais ce jour-là, ce fut le déluge ! Spécialement à l’heure du déjeuner. Impossible donc de s’installer dehors, aussi avons-nous été redirigées vers le Grand Salon, ma commensale et moi.

Le cadre est évidemment somptueux, très Grand Siècle, tout en marbres, grands miroirs, colonnes et dorures. Les fauteuils de velours grenat sont profonds, la salle très lumineuse malgré les cinquante nuances de gris externes et l’on se croirait dans quelque palais princier.

Nous zappons l’apéritif mais prenons notre temps pour lire la carte.

Carte

Carte des vins au verre

La même entrée nous séduit : une « Salade de haricots verts, tourteau, sauce goma sésame » (38 €) que nous accompagnons d’un verre de Puligny-Montrachet 2013 de chez François Carillon (26 €).
La salade est rafraîchissante à souhait, composée de tronçons de romaine (dont personnellement j’aurais coupé le bout des côtes un peu piqueté), de haricots verts cuits comme il faut et de tourteau décortiqué sans que le moindre petit bout de cartilage ne soit oublié. La sauce est discrète. J’eusse aimé une belle pince sur le dessus (je dis ça pour rire car j’adore le crabe). Nous apprécions car l’ensemble est harmonieux.

Salade de tourteau aux haricots verts © Greta Garbure

Salade de tourteau aux haricots verts © Greta Garbure

Pour le plat, ma partenaire choisit une « Marinière de poisson aux épinards, coquillages » (42 €) tandis que j’opte pour une « Côte de veau de lait, purée » (65 €), cuisson rosée. La marinière assure et la côte de veau avec son petit jus est délicieuse bien qu’un peu moins rosée que prévu. Mais jolie viande bien travaillée. La purée est absolument exquise. Voilà un plat réconfortant comme je les aime !

Marinière de poissons aux épinards, coquillages © Greta Garbure

Marinière de poissons aux épinards, coquillages © Greta Garbure

Côte de veau de lait, purée de pommes de terres © Greta Garbure

Côte de veau de lait, purée de pommes de terres © Greta Garbure

La côte de veau de lait et son jus © Greta Garbure

La côte de veau de lait et son jus © Greta Garbure

 

La purée © Greta Garbure

La purée © Greta Garbure

Bon, l’heure du dessert arrive, aussi consultons-nous la carte.

Carte des desserts

Mon amie s’abstient mais je tiens à goûter le dessert du jour : un « Millefeuille fruits rouges et son sorbet » (22 €) qui se révèle un véritable délice malgré une structure qui n’a rien d’un mille-feuilles et une pâte feuilletée cuite ambrée, un nouveau code de pâtisserie. Bon, je ne boude pas mon plaisir, les fruits rouges sont épatants.

Millefeuille fruits rouges et son sorbet © Greta Garbure

Millefeuille fruits rouges et son sorbet © Greta Garbure

Gros plan sur les fruits rouges © Greta Garbure

Gros plan sur les fruits rouges © Greta Garbure

Pour le glou-glou, nous avons gardé le même vin sur tout le repas, même sur la côte de veau qui s’en accommodait très bien.

Puligny-Montrachet 2013 © Greta Garbure

Puligny-Montrachet 2013 © Greta Garbure

Certes, le changement de programme indépendant de notre volonté nous a fait évidemment regretter de ne pas avoir déjeuné sous les frondaisons de l’avenue Gabriel.

Ne nous leurrons pas non plus : nous sommes ici dans le « Triangle d’Or » de Paris et les prix sont à la mesure. Ils peuvent paraître excessifs mais il y a une clientèle pour ça. Une clientèle qui a l’aisance financière et qui ne tient pas à se mélanger. Mieux, qui tient à se protéger en ne fréquentant que des lieux où l’on est entre gens du même monde.

Comme toujours quand on va au restaurant, le tout est de savoir où l’on va, pourquoi et avec qui.

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Les Terrasses
La Réserve Paris Hôtel and Spa
42, avenue Gabriel
75008 Paris
M° : Franklin-Roosevelt
Tous les jours de 11 h à minuit.
Réservation : 01 58 36 60 50
Site : http://www.lareserve-paris.com

Dégustations

Boire du porto en 2016

Porto-Cruz-Rouge-ambiance-bouteille

La diversité de la gamme des portos permet tous les plaisirs, encore faut-il la connaître.

Parce que boire du porto, c’est comme boire du vin rouge : ça manque un peu de précision dans l’évocation du moment, des circonstances et de la nature véritable du breuvage. Or, comme avait pu le laisser penser Descartes, le bon sens et le porto sont les choses du monde les mieux partagées. Mais il ajoutait afin d’expliquer l’ironie de son propos « car chacun pense en être si bien pourvu que ceux-mêmes qui sont les plus difficiles à contenter en toute chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont ». L’arnaque est dans l’emploi du mot « mieux » alors que l’on devrait entendre la chose la « plus partagée ».

Voyons voir ça de près…

En effet, le porto est très partagé dans le monde entier mais de façon très inégale et pas vraiment à l’avantage des consommateurs français !
Ainsi, quand les Anglais boivent un porto après leurs repas festifs, il s’agit d’un vintage qui représente l’aristocratie des portos.
En revanche, nos habitudes d’achat nous conduisent plutôt à, invariablement, choisir les entrées de gammes dans le bas des linéaires de la grande distribution.
Leur service à température ambiante du placard à alcools n’améliore en rien la cérémonie de l’apéro, pas plus que les Tuc® ramollis.

Alors, n’hésitons pas aujourd’hui à remplacer ces mauvaises habitudes : soyons fous, ajoutons des glaçons et une rondelle d’agrume ! Les caouètes seront plus guillerettes, les olives moins fautives, le sauciflard plus flambard et les chips… toujours aussi grasses !
Après tout, nos parents (surtout grands et arrière-grands) trouvaient du dernier chic de siroter des fines à l’eau.
À l’époque du spritz triomphant qui bouscule la hiérarchie de nos access prime time, anisés et rosés, pourquoi pas le « porto piscine » ?
Mais seulement avec des ruby ou tawny sinon il y aurait sacrilège !

Patrick de Mari