Nos mille-feuilles (nos feuilletages de la semaine)

COMBILOVE

Un art de vivre

Le Combi est la voiture de la liberté. Freedom comme dit la génération des sixties qui a été la première à l’utiliser. Un van exactement. Et en tant que tel, il séduit depuis plus de 65 ans, toutes classes sociales confondues.
« Il est à la fois symbole de communauté et de la liberté. Il nous permet de lever l’ancre pour atteindre la destination de nos rêves, quelle qu’elle soit. » comme nous le rappelle l’introduction.

On l’aura compris, ce très bel ouvrage s’adresse aux mordus du bus VW Type 2 (modèles T1 ou T6), le premier van de l’histoire de l’automobile, véritable étendard de la liberté. Oui, je sais, je répète ce mot de manière redondante mais c’est bien parce qu’il a permis à beaucoup de partir à la conquête du monde.
Ce grand livre format carré (295 mm x 298 mm) nous raconte  donc la place qu’a pris ce Camper au toit pliant dans la vie d’une trentaine de passionné sur toute la planète.

Qu’il soit utilisé comme véhicule de camping, pour faire des virées entre copains ou pour partir à l’aventure, le Combi est aujourd’hui un véhicule mythique recherché des collectionneurs.

De très nombreuses et très belles photos (multiples photographes) le mettent en scène aux quatre coins de la planète et cette balade est revigorante !

« Partir, partir… » chante Julien Clerc !
Rien de plus facile avec un Combi.
Lecteur casanier, s’abstenir…

Blandine Vié

CombiLove
Collectif
Éditions Glénat
Prix public : 35 €

Jeux de quille

Rita Hayworth en mieux !

Grande Cuvée 2001 blanc du Domaine de la Prose

Un coin de cave mal éclairé…
Un carton presque vide…
En-dessous, coincée par des plus jeunes, une bouteille…
Poussiéreuse…
Domaine de la Prose, Blanc, Grande Cuvée 2001.
Certes, jolie maison mais entre nous, le bouche-à-bouche ne peut pas réparer tous les outrages du temps qui est passé trop vite…
Voyons quand même !
Et alors là…

Une incroyable robe de soirée, dorée, ambrée.
Le fourreau d’une star des années 40/50, coup d’œil volé dans Cinémonde ou Ciné Revue. Odeur de vamp, trace de parfum derrière les oreilles, essence rare qui nimbe la silhouette de la femme-fleur, fleur d’été presque entêtante. Et puis, de la pâte de coing, des chaudes épices venant de l’image que l’on se fait de l’Orient, proche ou lointain. Nous n’irons pas à Madère, ou alors une autre fois : il n’y a pas le moindre indice, le premier soupçon d’oxydation. Ce vin est frais et franc comme l’or : opulent, puissant, volumineux mais sans la moindre lourdeur. Seize ans après avoir célébré ses 14° de naissance, nos prières à Saint-Georges d’Orques ont été entendues au-delà de nos espérances. Tant de vins de très nobles extractions sont morts avant d’avoir vécu… Cette bouteille est devenue respectable non seulement par son âge mais surtout pour son élégance aristocratique, la distance qu’elle établit instinctivement face à un éventuelle pignouf égaré dans sa proximité. Elle se fait aimer pour ce qu’elle est : une grande dame. Rita Hayworth plus que Zaza Gabor ou Marilyn. Sensuelle et séductrice, pas michetonneuse. Les 20 nouveaux euros que ses charmes coûtaient à l’époque étaient en fait des cadeaux, presque des offrandes.

Sublime surprise que ce vin survivant d’une ère dorénavant révolue. Si je me souviens bien, le vignoble était en conversion bio, pas encore en biodynamie. En tout cas, il était déjà soigneux Bertrand de Mortillet, bien avant que son domaine ne soit aujourd’hui certifié « demeter ». Vermentino et grenache blanc à très petits  rendements ont procuré à ce vin une remarquable ampleur, une si grande précision. Face à une pintade rôtie escortée par un risotto aux pois petits et frais, fèves et brocolis, on a eu les yeux humides quand le cul de la bouteille a affiché le mot « fin ».
Merci belle dame, du Languedoc ou de Shanghai, je ne sais plus…

Patrick de Mari

 

Bonne table ou… évi-table ?

La brasserie de l’Isle Saint-Louis

brasserie traditionnelle

Paris 4e

Avant d’y arriver, c’est déjà une magnifique promenade dans le cœur du vieux Paris. Jugez plutôt avec cette vue quand on vient du Pont Marie :

Depuis le Pont Marie © Greta Garbure

Une fois la porte poussée, on entre dans une salle de bistrot avec son beau comptoir et l’on se sent tout de suite en Alsace d’autant qu’une cigogne nichée derrière le bar nous fait de l’œil.

Derrière le comptoir © Greta Garbure

Un petit verre et quelques bretzels plus tard, ma complice étant arrivée, nous passons à table dans la grande salle.

La salle © Greta Garbure

Après étude minutieuse de la carte — nous hésitons entre plusieurs plats comme le « coq au riesling maison » (22 €), le « filet de haddock à la choucroute » (27 €), l’ « entrecôte bordelaise à la moelle, pommes faites maison » (26 €) ou encore la « raie au beurre noisette » (27 €), la « marmite de tripes au riesling » (21 €) ou même un « cassoulet maison » (22 €) — nous optons finalement pour une « choucroute spéciale pour deux avec jarret » (55 €).

Mais pour patienter, nous choisissons respectivement « la vraie rosette de Lyon » (7 €) et une « terrine de jambon de Bourgogne persillé » (9 €) en guise d’entrées. Rien de tel qu’un peu de charcuterie pour mettre en appétit ! les produits sont forts bons même si ce n’est pas vraiment là-dessus qu’on peut juger la cuisine du chef. Le « filet de hareng pommes à l’huile » (10€) ou la « tarte à l’oignon maison avec lardons » (12,50 €) auraient tout aussi bien pu nous séduire mais avant une choucroute…

Rien à dire sur ces cochonnailles qui sont des produits de qualité parfaits pour se préparer à des nourritures plus substantielles.

La vraie rosette de Lyon © Greta Garbure

Le jambon de Bourgogne persillé © Greta Garbure

Mais voilà justement que la choucroute arrive en majesté sur son réchaud, bien garnie et appétissante en diable. Nous apprécions beaucoup les charcuteries de très noble qualité et le jarret est merveilleusement cuit. En revanche, nous trouvons la choucroute un peu fade et c’est dommage car ce n’est pas facile à saler dans l’assiette. Détail qui compte : en plus de moutarde, ce plat est accompagné de raifort (excellent), ce qui lui va très bien. 

La choucroute © Greta Garbure

La choucroute dans l’assiette © Greta Garbure

Nous n’avons plus assez de place pour un munster fermier d’Alsace au cumin (7,50 €) avant le dessert qui sera le même pour nous deux à une nuance près : « tarte Tatin chaude crème fraîche » (9,50 €) pour moi mais accompagnée d’une boule vanille Berthillon (12,50 €), tout proche et célèbre glacier pour ma commensale.

Tarte Tatin avec crème fraîche © Greta Garbure

Tarte Tain avec glace vanille © Greta Garbure

Bon, la tarte Tatin est un dessert qui ne m’a jamais « bouleversifiée » outre mesure mais il n’y avait pas de  baba (mon obsession dans les brasseries !) alors… Elle est d’ailleurs honorable et nous contente.

Ma partenaire étant totalement addict au gewurztraminer, c’est ce vin que nous avons choisi sur ce repas  : gewurztraminer 2014 de la cave Dopff & Irion, cuvée René Dopff (28 €), servi dans ces beaux verres alsaciens à pied vert et gouleyant à souhait. Il est à noter que la carte des vins est composée principalement de vins de négoce mais plutôt bien choisis.

Gewurztraminer © Greta Garbure

Allez, nous n’allons pas nous quitter comme ça, terminons par un marc de gewurztraminer (12 €) dont les vertus digestives sont un alibi sans appel.

Marc de gewurztraminer © Greta Garbure

Il s’agit d’une maison tenue par la même famille depuis 1953 dont le leitmotiv a toujours été et demeure la qualité des produits. Aucun doute là-dessus. Il est appréciable aussi que la brasserie soit restée dans son jus (cadre et cuisine) et que le chef ne soit pas tenté par des audaces qui lui feraient perdre son âme. En semaine le plat du jour varie entre blanquette de veau, coquelet des Landes rôti façon grand-mère, parmentier de joue de bœuf, petit salé aux lentilles du Puy, etc.
C’est donc avec plaisir que nous reviendrons, mais de préférence un dimanche pour goûter l’institution dominicale : la poule au pot !

Invitation d’une attachée de presse

Blandine Vié

La Brasserie de l’Isle Saint-Louis
55, quai de Bourbon
75004 Paris
Tél: 01 43 5402 59
Ouvert de 12 h à 22 h 30
Sans réservation
Fermeture le mercredi
M° Pont Marie