Le coin du donneur de leçons

Les Sinistres et les Sinistrés

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Aujourd’hui, il paraît que toute l’intelligence du monde est concentrée sur un objectif : empêcher quelques p’tits cons de bousiller nos vies, celles de nos enfants, de nos familles. Oui mais, sans faire de vagues hein, en respectant les apparences, c’est-à-dire les lois de nos démocraties en carton pâte. Heureusement, la géométrie variable ça nous connaît ! Notre niveau de conscience évolue assez facilement entre le degré zéro et le sens le plus aigu de la moralité, ce qui nous permet de décorer en loucedé un dignitaire indigne, de brader en une seconde nos savoir-faire industriels et transférer ainsi des milliers d’emplois en Chine ou au Qatar, tricher sur ses comptes de campagne, ses comptes en banque, les comptes de la Nation, les comptes de la Cour des Comptes… et puis, au nom d’une virginité toute neuve — achetée avec l’argent de nos impôts — réclamer un blanc-seing que le bas peuple ne saurait remettre en question avant la fin provisoire des mandats de ces Messieurs. 

En attendant, les sondages leur servent à mesurer leurs niveaux d’incompétence et la marge qui les tient encore à distance d’une révolution. En cas d’urgence il leur suffit alors d’adopter ou de créer de nouveaux mensonges, appelés dorénavant « éléments de langage ». Qu’importe donc que le chômage ait augmenté si nous pouvons entendre que l’inversion de sa courbe va sans doute se produire avec seulement 4 ans de retard ! Un peu comme quand nos spécialistes de la météo audiovisuelle ne se trompent que de 12 heures : vous vous êtes baladés toute la journée en plein soleil avec votre imperméable ou recouverts d’une crème solaire indice 60 sous une pluie battante. Mais ils ont eu finalement raison ! Nous ne sommes que des chipoteurs ! Tous autant qu’ils sont pensent s’en sortir en disant, sans pudeur : « J’ai pas eu d’bol ! »

Ce serait risible si nous ne connaissions aucun vigneron n’ayant « pas eu d’bol ! »

On peut toujours ergoter sur ceux qui se prétendent presque pas responsables (irresponsables ?) et jamais coupables. Mais de parfaits innocents qui morflent, on en connaît un paquet dans l’appellation Pic Saint-Loup, complètement ravagée.

Comme quoi il y a plusieurs façons de n’obtenir aucun résultat de son travail : la grêle ou la politique.

Notre sympathie va aux sinistrés, notre mépris aux sinistres.

Patrick de Mari

Nos mille-feuilles (nos feuilletages de la semaine)

Coups doubles

Sylvia Gabet

 Couv Coups doubles

C’est mon credo depuis mon premier livre — La cuisine des célibataires — écrit… pfff… au siècle dernier : cuisiner par anticipation ! Je n’ai cessé de le dire, de l’écrire et de le répéter dans presque tous mes livres depuis les années anti-gaspi. Préparer un plat en prévoyant une plus grosse quantité pour avoir la base d’un autre plat le lendemain. Je crois bien que je le dis dans au moins une bonne moitié de mes 130 livres.

Alors bon, même si pour moi c’est du déjà vu parce que je suis un peu l’initiatrice du concept, je me réjouis de voir que ça rentre enfin dans les mœurs.

Sylvia Gabet propose en effet à son tour 40 plats à déguster et recycler soit 80 recettes au total : 40 recettes du jour à transformer en 40 plats différents pour le lendemain. Comme par exemple le pot-au-feu qui devient parmentier.
On pourra lire aussi mon petit livre « Les restes du pot-au-feu » paru aux éditions de l’Épure en 2004 qui décline avantageusement le thème en une trentaine de recettes. En partant du postulat que plus qu’une cuisine de restes, c’est une cuisine d’anticipation et de pré-cuisson.

Un livre judicieux donc — je ne vais pas dire le contraire — qui peut rendre quelques petits services et faire faire des économies de temps et d’argent.

Blandine Vié

Coups doubles
Sylvia Gabet
Éditions de La Martinière
Prix : 21,90 €

Nos mille-feuilles (nos feuilletages de la semaine)

J’ai pas le temps de cuisiner !

Laurent Mariotte

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Voilà un livre moderne intelligent ! Je sous-entends par-là qu’ils ne le sont pas tous, sacrifiant souvent à la mode et aux tendances, alignant les recettes sans vraiment de réflexion.

Ce qui m’a plu avec ce livre, c’est d’abord sa conception qui affirme une volonté réelle de faire de la VRAIE cuisine, simple mais équilibrée et régalante, en moins de 30 minutes.
En outre, comme nous n’avons pas tous le même objectif ni les mêmes problématiques de temps, de budget, de savoir-faire, de poids, Laurent Mariotte diversifie ses recettes en en tenant compte.
Les 60 recettes proposées sont donc classées en cinq chapitres : J’ai des bouches à nourrir ; J’ai plus rien dans le frigo ; Je cuisine sans me ruiner ; Je surveille ma ligne ; Je mets les petits plats dans les grands.

Ses dix commandements pour une cuisine express sont également pleins de  bon sens.

Parmi mes recettes préférées : les nems de petits pois au jambon fumé ; la soupe de fraises glacée aux dragées ; le ktipiti ; le saumon à l’unilatérale sur purée d’avocat ; l’omelette roulée aux orties ; la soupe glacée à l’oseille au fromage de chèvre frais ; les poireaux vinaigrette ; les blancs de poulet rôtis aux endives à la crème moutardée ; la tarte aux oignons roses de Roscoff ; l’ananas caramélisé à la coriandre ; les petits pots de crème au café ; la salade de petits pois aux oignons rouges et citron confit aux herbes ; le muge à la poutargue en carpaccio ; la purée de chou-fleur au cheddar et tournedos de bœuf… et je m’arrête là mais je vous garantis que toutes recettes sont salivantes !

Un seul mot donc : Achetez ce livre qui ne peut que vous donner envie de cuisiner  (même si vous pensez ne pas en avoir le temps) tout en régalant les vôtres !

Et puis tiens, je vais terminer par une confidence : « Petits plats en équilibre » est la seule émission de cuisine que je supporte à la télévision. Comme c’est bizarre ! Il doit y avoir une bonne raison, non ?

Blandine Vié

J’ai pas le temps de cuisiner
Laurent Mariotte
60 recettes simples et bluffantes prêtes en 30 minutes maximum
168 pages
Prix : 19,90 €

Plats mythiques

Cocotchas en persillade

Cocotchas en persillade © Greta Garbure

Cocotchas en persillade © Greta Garbure

Les cocotchas sont la partie charnue inférieure de la mâchoire (menton) du cabillaud de la morue. Détachées du cabillaud — c’est-à-dire de la morue fraîche — et salées à bord, puis repaquées ou mises en saumure à terre, elles constituent un morceau de choix d’une consistance un peu gélatineuse, mais d’une grande délicatesse. On les trouve essentiellement en Espagne.
En France, on en trouve également au Pays basque où on les appelle kokotxas et où elles sont plus couramment prélevées sur le merlu (colin).
Enfin, on peut aussi en trouver dans certains ports, en Bretagne et en Normandie (Fécamp par exemple) où il était traditionnel de partir à la pêche à la morue.

Cocochas en saumure © Greta Garbure

Cocochas en saumure © Greta Garbure

Cocochas © Greta Garbure

Cocochas © Greta Garbure


La recette

Préparation : 10 min
Dessalage : 12 à 24 h
Cuisson : 10 min

Pour 4 personnes
• 500 g de cocotchas

• 2 à 3 gousses d’ail nouveau
• 1/2 bouquet de persil

• 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
• une belle noix de beurre
• 1 citron
• sel, poivre

La veille, mettez les cocotchas à dessaler, de 12 à 24 h.

Faire dessaler les cocotchas © Greta Garbure

Faire dessaler les cocotchas © Greta Garbure

Au moment de les cuisiner, égouttez-les et séchez-les dans du papier absorbant.

Les cocotchas dessalées © Greta Garbure

Préparez la persillade en hachant l’ail et le persil.

Faites chauffer l’huile et le beurre dans une poêle. Disposez-y les cocotchas côte à côte, côté peau gélatineuse sur le dessus sinon elles vont attacher. Laissez cuire 10 minutes à peine en retournant les cocotchas à mi-cuisson. Salez et poivrez.

Les cocotchas en cuisson © Greta Garbure

Les cocotchas en cuisson © Greta Garbure

Parsemez de la persillade et arrosez les cocotchas de sauce.

Arroser les cocotchas de leur sauce © Greta Garbure

Arroser les cocotchas de leur sauce © Greta Garbure

Servez sur des assiettes chaudes et présentez avec un citron coupé en quartiers.

Cocotchas en persillade, pommes vapeur © Greta Garbure

Cocotchas en persillade, pommes vapeur © Greta Garbure


Un peu de bla-bla

Les cocotchas © Greta Garbure

Les cocotchas © Greta Garbure

— Servez avec des pommes de terre vapeur.

— Certains préfèrent fariner les cocotchas avant de les poêler. Je ne suis pas adepte de cette méthode qui empèse la sauce.

Blandine Vié