La chronique de Greta Garbure

À la belle cochonne

La machine à fabriquer les saucisses qui fait rêver Mariette © Greta Garbure

La machine à fabriquer les saucisses qui fait rêver Mariette © Greta Garbure

Comme vous le savez désormais toutes et tous, Blandine Vié et Patrick de Mari ont écrit un livre de nouvelles :

« Cochonneries en tous genres ».

La nouvelle est usuellement définie comme étant un récit court où le style littéraire, l’originalité du sujet et surtout la chute ont donc leur importance.

Aujourd’hui, Greta Garbure vous offre le début de la première des 28 nouvelles du livre : 

« À la Belle Cochonne »

« Depuis l’enfance, Mariette était fascinée par la charcuterie. C’était arrivé de manière tout à fait fortuite dans sa vie. Petite fille, ses parents l’avaient emmenée voir Achille Zavatta au cirque Medrano – on était à la fin des années 50 – et elle avait été frappée par cette scène, ce qui avait peut-être auguré de son appétit charcutier : le clown faisait entrer un petit cochon dans une sorte de grosse boîte à roulettes (un peu comme la voiturette d’un marchand de glaces), puis il tournait une manivelle et de l’autre côté sortaient des chapelets de saucisses ! Raccourci saisissant qui était une simplification grossière du travail des artisans-bouchers-charcutiers mais qui avait frappé son esprit de gamine de 6 ans. Elle rêvait d’avoir la même boîte magique et de fabriquer des saucisses.

D’autres événements – si toutefois on peut les qualifier de tels – avaient nourri ce fantasme porcin à son insu. Ainsi, pendant la période des fêtes de fin d’année, comme elle faisait toujours les commissions avec sa mère – on ne disait pas encore les courses ! –, elle admirait la vitrine des charcuteries dans lesquelles chaque artisan avait coutume de réaliser une sculpture, généralement animalière, en… saindoux ! Bestiaire éphémère, éburnéen et urbain. Mais attention ! Pas du saindoux centrifugé ressemblant à de la paraffine. Non, du vrai saindoux soyeux qui caressait la bouche. Sa mère lui en faisait parfois une tartine au goûter, assaisonnée de sel et de poivre : un accord sauvage qui changeait du morceau de pain beurré et poudré de chocolat ou de la confiture mais qui avait ses faveurs. Et puis il y avait aussi la saucisse grillée du samedi, rituelle au déjeuner, toujours servie avec une purée maison qui allait si bien avec sa peau croustillante et sa texture juteuse à coeur.
Enfin, fille unique, elle avait fait de son nourrain – un énorme cochon rose en porcelaine qui avait la particularité d’avoir le cul et les sabots noirs – une sorte de confident. Dans la mesure où, au lieu d’y glisser des pièces de monnaie sonnantes et trébuchantes, elle lui confiait des petits carrés de papier pliés en quatre sur lesquels elle écrivait ses secrets et ses rêves. Son cochon était une tirelire où elle thésaurisait les doutes, les illusions, les songeries et les espoirs de son for intérieur, à l’instar d’un journal intime. Un pourceau aux entrailles riches de promesses, comme ceux qu’on élève dans les fermes et qui recèlent mille gourmandises en devenir. »

J’espère que cette rapide lecture vous aura donné l’envie de commander le fameux « Petit livre rose » chez votre libraire ou sur internet. La presse, écrite et parlée, commence à exprimer des critiques très favorables voire élogieuses.

Alors, n’attendez plus :

Cochonneries en tous genres deviendra votre livre de chevet, foi de Greta Garbure !

Couverture

Cochonneries en tous genres
Blandine Vié & Patrick de Mari
Éditions Les Itinéraires
Prix: 14,90 €

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