P’tit billet d’humeur

Respectons les insectes !

Dans les années 70, à la création du premier McDonald’s (marque américaine alors peu connue) dans une galerie marchande (concept inédit) des Champs-Élysées (avenue encore chic), j’ai découvert le bonheur sans pareil de déjeuner face à un mur en faisant gaffe à ne pas laisser couler la sauce sur mon pantalon ou mes chaussures. Après de nombreux essais, mon goût s’est définitivement porté sur l’emblématique Big Mac. À n’importe quelle heure du jour, je quittais mon bureau, prenais ma voiture, tournais pour trouver une place, cavalais jusqu’à ce tabernacle païen renfermant la récompense qui allait rassasier à la fois la faim et le snobisme souriant qui m’agitaient. De retour, je me calais dans mon fauteuil avec l’air béat de l’homme rebelle qui vient de donner un coup de pied de l’âne à ses semblables, brisant les codes, repoussant les limites, « à l’américaine » !

Et puis un jour, sans préméditation, une image et des sensations gustatives différentes me firent retrouver le chemin du bistrot d’en face. La perspective s’imposa à moi de mordre dans un tiers de baguette fraîche, croustillante, fendue dans sa longueur, dont le patron aurait étalé sur les deux côtés une bonne couche de beurre parfumé avant d’y glisser des tranches de saucisson des monts d’Auvergne, épaisses de plusieurs millimètres, qui se chevaucheraient. Selon l’humeur, des petits cornichons aigrelets s’insinueraient comme par surprise, afin de rompre avec une monotonie menaçante.
J’avais décroché sans douleur d’une drogue qui n’avait pas dit son nom mais dont l’impact sur mon temps de digestion et mon poids était devenu bien réel.
Quand mon pouvoir d’achat me permit de fréquenter des lieux de restauration plus conformes à un début de standing de cadre moyen, je pus enfin me tenir à distance de cette tentation de revenir sur le lieu des crimes gastronomiques que j’avais si souvent perpétrés.

Alors, si aujourd’hui on me propose de me nourrir d’insectes, je ne dis pas non a priori. Je me porte même volontaire pour avaler sauterelles et grillons, blattes et fourmis, vers et larves. Plutôt cuits si possible.

Mais de grâce, pas entre deux buns mollassons, mêlés à de la viande d’origine inavouable, un carré de fromage en plastique et du ketchup de contrebande. Meeeerde…!!!

Creepy burger aux vers de farine, en vente chez Speed burger pour Halloween

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Patrick de Mari

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