P’tit billet d’humeur

Ma petite veste noire

Patrick dégustant dans un chai © Greta Garbure

Patrick dégustant dans un chai © Greta Garbure

Lundi prochain, je fais partie d’un jury qui va décerner les Trophées des Grands Crus de Graves, invité à œuvrer par le syndicat viticole de l’appellation à Podensac, près de Bordeaux.

Patrick et sa veste noire © Greta Garbure

Patrick et sa veste noire © Greta Garbure

Alors, comme un enfant sage, je pense à préparer non pas ma trousse ou mon plumier mais mon stylo favori, mon petit carnet que je ne délaisse que pour le remplacer par un autre, d’une couleur différente selon l’occasion, et puis, lunettes assorties ou non, téléphone… Pour avoir tout cela à portée de main, je préfère une veste plutôt qu’une pochette, une banane, un sac à dos ou porté en bandoulière. J’ai donc ma veste fétiche qui m’accompagne souvent dans mes pérégrinations œnophiliques. Elle n’a que des qualités : pleine de poches, infroissable (même quand je lui parle rudement ou qu’elle passe plusieurs jours enfermée dans une valise) et surtout, elle est noire, ce qui dissimule bien les éclaboussures du vin… et mon ventre ! Mais j’oublie presque l’essentiel : je me sens bien dedans. Elle me rassure. Je n’ai pas à me préoccuper d’être ou de ne pas être élégant. Elle est là pour m’éviter les petits tracas du quotidien d’un dégustateur.
C’est mon tablier d’écolier, mon treillis militaire, mon bouclier de gladiateur (là j’exagère peut-être un peu…). On peut la comparer à une cotte, un bleu de travailleur. Je deviens alors mineur de fonds de bouteilles, ouvrier spécialisé dans le sirotage de crus. C’est l’impeccable uniforme d’un général assistant à une parade du 14 juillet mais là, ce sont les verres qui défilent. C’est ma soutane à moi, celle qui inspire aux vins des confessions complètes. Mon traje de luz, mon habit de lumière qui est censé me protéger de la charge désordonnée d’un vin manso ou de mes recibir de vins blancs et rouges, sol y sombra.
Mais je reconnais aussi que, devant un photographe, cette veste m’identifie.
Elle est pour moi ce que le bustier léopard est à la pute ! La croix verte en néon qui clignote et rassure dans la nuit. Le gilet jaune fluo de l’employé municipal et pourquoi pas l’habit vert d’un académicien qui souhaiterait ses bouteilles immortelles. L’habit ne fait pas le moine (comme dit Claude) mais en dit long quand il participe comme cette veste à une petite histoire personnelle, à des aventures modestes.


Elle me quittera un jour, à bout de résistance face à l’usure du temps et des nettoyages à sec. Mais je ne l’abandonnerai jamais !

Patrick de Mari

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