Couenneries

L’Amicale du Gras

Jean-Marcel, la mascotte de l'Amicale du Gras © Greta Garbure

Jean-Marcel, la mascotte de l’Amicale du Gras © Greta Garbure

Vous le savez, chez Greta Garbure, le gras ne nous fait pas peur. Bien au contraire, nous le vénérons car c’est lui qui fixe le goût et le goût… c’est la vie !

Aussi ne pouvons-nous que louer une initiative qui lui rend bellement hommage à une époque et dans une société où on le traque comme un ennemi et où l’on voudrait, au nom d’une ingérence moralisatrice toujours plus invasive, nous imposer à coup de messages sanitaires insidieusement matraqués du soi-disant politiquement correct alimentaire, à savoir du toujours plus allégé, du toujours plus light, comprenez du 0% de matières grasses.

Messages qui font pourtant le beurre — du beurre ? quelle ironie ! — des multinationales de l’agroalimentaire et de ses huiles — de l’huile ? quelle ironie ! — et de tous les charognards périphériques qui gravitent autour de cet Eldorado et s’en mettent plein les poches : publicité, marketing, agences de com chargées de nous faire peur, industries pharmaceutiques dont la vocation est de nous vendre (cher) des produits de substitution, charlatans et gourous de la diététique, succédanés de littérateurs qui se font les chantres d’un goût falsifié.

Tout en occultant la longue litanie des gras sournois qui engraissent — engraisser ? quelle ironie ! — bien plus maléfiquement les consommateurs, qui plus est à leur insu, tout en permettant à ces grands manitous de la bouffe de se gaver — se gaver ? quelle ironie ! — et d’engraisser concomitamment — engraisser ? quelle ironie ! — vite et bien leurs comptes en banques en réduisant au maximum les coûts de fabrication par l’introduction de diverses saloperies dans leurs productions.

Oui, toute une bande de manipulateurs aux postes de commandes voudrait nous faire croire que du gras de cochon, c’est bien plus nuisible pour la santé que l’huile de palme instillée dans toutes leurs cochonneries industrielles : cochonneries ? oh ! non ! cochon magnifique, tu ne mérites pas cette prise en otage linguistique !

N’écoutons donc pas ces discours mensongers et revendiquons plutôt le droit au gras. En saluant par exemple cette offensive régalante qu’est l’Amicale du Gras !

C’est le 20 avril 2013 que L’Amicale du Gras, association loi de 1901, a vu officiellement le jour (publication au Journal Officiel de la République Française). Cette association a pour objet « la promotion du goût, de la bonne chair et de la ripaille, sans gêne, sans peur et sans reproche. »
Notons au passage la malice avec laquelle ils écrivent « bonne chair ». Bonne chère nous aurait également contentés mais apprécions l’hommage appuyé à Rabelais.

En réalité, il y a presque 30 ans (en 1986) que l’Amicale du Gras a été fomentée par Frédérick-Ernestine Grasser-Hermé, dite « FeGH », qui se présente comme « penseur en nourriture ». Elle fédérait déjà une bande de copains tous addicts au gras.

De fait, l’Amicale du Gras réunit les amateurs du gras qualitatif, du gras brut, du gras authentique, du gras réconfortant, du gras patrimonial, du gras du lard qui donne son âme à la soupe, du gras qui rend moelleuse la viande qu’elle persille tendrement ou qu’elle protège d’un rempart de douceur à l’instar de l’amour maternel, du gras de cochon de lait qui rissole et embaume, du gras de jambon ibérique qui fond dans la bouche, du gras qui jute de la peau croustillante du poulet, du gras qui donne son identité au confit, du gras d’un poisson qui, sans lui, aurait goût de buvard, du gras qui fait l’onctuosité d’un fromage, du gras foisonné d’une crème délicieusement fouettée, du gras d’une motte de beurre débonnaire ou d’une huile d’olive de qualité, et même de la sensation de gras qu’on retrouve dans un vin et qui le bonifie !

Comme dit la sémillante, l’hyperactive et atypique égérie qu’est FeGH : « Notre matière grise est aussi une matière grasse puisque notre cerveau, qui est l’organe le plus gras dans le corps humain, a besoin quotidiennement de douze grammes de matière grasse. »

Vous imaginez bien que Greta Garbure ne peut que cautionner ce genre d’initiative à la gloire du gras puisqu’il ne s’agit pas de bêtement se bâfrer mais de rendre un hommage qui confine à la philosophie.

L’Amicale du Gras réunit ses membres deux fois par an pour un repas d’anthologie et remet un trophée (sculpté par la talentueuse Annouck Dupont) à un restaurateur partageant cet amour. L’Amicale du Gras a aussi une mascotte : le cochon Jean-Marcel !

Ayant eu l’insigne privilège de participer à ces déjeuners, je ne peux résister à la tentation de vous donner un aperçu du dernier, qui a eu lieu à la « porcherie » Liberté, chez Benoît Castel, un lieu que je vous recommande chaudement (150, rue de Ménilmontant, 75020 Paris). 

Le Liberté © Greta Garbure

Le Liberté © Greta Garbure

Le lieu fait aussi boulangerie — le pain y est absolument délicieux ! — et il y a l’intérieur des fours à bois d’une grande beauté :

Au four… © Greta Garbure

Au four… © Greta Garbure

Un autre four © Greta Garbure

Un autre four © Greta Garbure

Un troisième four © Greta Garbure

Un troisième four © Greta Garbure

Un vieux four © Greta Garbure

Un vieux four © Greta Garbure

Et jetons tout de suite un coup d’œil aux pains faits maison :

De jolis pains © Greta Garbure

De jolis pains © Greta Garbure

Bon comme du bon pain © Greta Garbure

Bon comme du bon pain © Greta Garbure

Pain granola © Greta Garbure

Pain granola © Greta Garbure

Mais passons maintenant au menu, qui, comme dit FeGH… est à lire avec suint !

Le menu cochon de la porcherie Liberté

Le menu cochon de la porcherie Liberté

Prenons d’abord l’apéro avec un verre de côtes catalanes « Les Petites sorcières » 2013 d’Hervé Bizeul, ou de Menetou-Salon La Tour Saint-Martin 2013 des domaines Minchin, tout en picorant quelques mignardises plus ou moins cochonnes :

Côtes catalanes Les Sorcières du Clos des Fées © Greta Garbure

Côtes catalanes Les Sorcières du Clos des Fées © Greta Garbure

Menetou-Salon La Tour Saint-Martin © Greta Garbure

Menetou-Salon La Tour Saint-Martin © Greta Garbure

Olives de Calamata © Greta Garbure

Olives de Calamata © Greta Garbure

Houmous © Greta Garbure

Houmous © Greta Garbure

Sandwich jambon façon pastrami © Greta Garbure

Sandwich jambon façon pastrami © Greta Garbure

La machine à jambon © Greta Garbure

La machine à jambon © Greta Garbure

Le tranchage du jambon blanc © Greta Garbure

Le tranchage du jambon blanc © Greta Garbure

Porc noir de Bigorre © Greta Garbure

Porc noir de Bigorre © Greta Garbure

Le noir de Bigorre tranché par Michel Coustalat, producteur © Greta Garbure

Le noir de Bigorre tranché par Michel Coustalat, producteur © Greta Garbure

Pâté en croûte © Greta Garbure

Pâté en croûte © Greta Garbure

Mais, cochon oblige, poursuivons avec le plat de résistance, des coustous de noir de Bigorre grillés :

Coustous en attente © Greta Garbure

Coustous en attente © Greta Garbure

Coustous grillés © Greta Garbure

Coustous grillés © Greta Garbure

Coustous manchonnés © Greta Garbure

Coustous manchonnés © Greta Garbure

Nous avons escorté ces cochonneries d’un festival de légumes-racines délicieusement cuits au four et accompagnés d’un beurre qui pleure et d’un beurre aux herbes savoureux :

Oignons, betteraves et céleris © Greta Garbure

Oignons, betteraves et céleris © Greta Garbure

Choux-fleurs au four © Greta Garbure

Choux-fleurs au four © Greta Garbure

Légumes-racines © Greta Garbure

Légumes-racines © Greta Garbure

Légumes-racines après cuisson © Greta Garbure

Légumes-racines après cuisson © Greta Garbure

Le beurre qui pleure © Greta Garbure

Le beurre qui pleure © Greta Garbure

Beurre aux herbes © Greta Garbure

Beurre aux herbes © Greta Garbure

Côté glou-glou, deux rouges épatants ont arrosé ces réjouissances : le bourgueil 2011 « Les Perrières » de Pierre et Catherine Breton et le côtes-du-Roussillon 2011 « Le clos des fées » d’Hervé Bizeul, avec des verres généreusement remplis par mes voisins de table :

Bourgueil Catherine et Pierre Breton © Greta Garbure

Bourgueil Catherine et Pierre Breton © Greta Garbure

L'excellent Clos des Fées d'Hervé Bizeul © Greta Garbure

L’excellent Clos des Fées d’Hervé Bizeul © Greta Garbure

Enfin l’insolite dessert, élaboré lui aussi avec une touche cochonne (du bacon grillé) par le maître de maison :

Lard contemporain par Benoît Castel © Greta Garbure

Lard contemporain par Benoît Castel © Greta Garbure

 Avouez-le, après ce repas cochon s’il en est, on ne peut qu’admirer le travail des artistes :

Les artistes au travail © Greta Garbure

Les artistes au travail © Greta Garbure

Et puis, comme il est l’heure de nous quitter, repartons tous avec une petite gâterie : un sablé cochon !

Sablés cochons © Greta Garbure

Sablés cochons © Greta Garbure

Sablé cochon © Greta Garbure

Sablé cochon © Greta Garbure

 

Bon… rendez-vous en octobre !

Blandine Vié

 

Publicités

Un commentaire

  1. MAYOL

    Bravo pour ce très joli résumé en mots et images d’un déjeuner cochon exceptionnel !!!
    VIVE LE COCHON, VIVE LE GRAS, VIVE L’AMICALE, VIVE LA FRANCE !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s