Nos mille-feuilles (nos feuilletages de la semaine)

ENCORE DES NOUILLES
Chroniques culinaires
Pierre Desproges

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Comme on le sait, Desproges disait « On peut rire de tout mais pas avec tout le monde ! », phrase répétée à l’envi et qui sert aujourd’hui d’alibi à beaucoup de pseudo-humoristes aux talents très approximatifs pour fourguer leurs élucubrations douteuses.

Mais pour ma part, à ce constat de Desproges, j’ajouterai : tout n’est pas drôle pour autant !

Car, disons-le tout net, s’il est aujourd’hui politiquement correct et de bon ton d’encenser Desproges — et d’ailleurs Coluche ! — j’avoue que pour moi, chez ces deux artistes, il y a des trucs que j’adore mais d’autres que j’aime moins, voire beaucoup moins. Et j’assume ce que je dis, contrairement à beaucoup qui sont devenus des fans posthumes alors qu’ils n’étaient pas toujours tendres du vivant de ces deux humoristes.

Attention, je pense que dans une société — surtout quand elle se veut démocratique ! — il est sain et même nécessaire qu’il y ait des provocateurs et des bouffons ! Mais si l’on peut rire de tout, tout ne fait pas forcément rire…

C’est donc avec circonspection que j’ai feuilleté ce bouquin puis que je l’ai vraiment lu. Et j’ai bien fait !

Avant de vous dire le pourquoi et le comment, je vous fais le pitch.
Pierre Desproges était un grand amateur de cuisine et de vins.
Or, en 1984, rédactrice en chef du magazine « Cuisine et Vins de France », Élisabeth de Meurville publiait des interviews de célébrités bonnes vivantes. Ayant rencontré Pierre Desproges, 
elle eut envie de lui proposer une série de chroniques plutôt que de faire son
 portrait. Ce qu’il refusa dans un premier temps. Mais, malicieuse, Élisabeth réussit à le convaincre en lui proposant de le payer en liquide… comprenez en bouteilles de rouge ou de blanc ! Ça, c’est drôle…

Bref, c’est comme ça que sont nées ces chroniques culinaires qui, Elisabeth et Desproges le racontent tous les deux, valurent au magazine « Cuisine et Vins de France » quelques désabonnements et quelques lettres plutôt vindicatives.

Toujours est-il qu’à l’initiative d’Elisabeth, ces chroniques (publiées entre septembre 1984 et novembre 1985) ont été réunies en un petit volume et qu’elles se laissent déguster comme autant de friandises. À mon sens inégales, un peu comme dans une boîte de chocolats où l’on picore des formats et des goûts différents dont certains plaisent plus que d’autres.
Ce recueil est néanmoins très régalant et d’une écriture enlevée qui console de la fadeur de chroniques d’auteurs plus contemporains !
Petite confidence : malgré un cynisme affiché, Desproges n’est jamais aussi bon que lorsqu’il parle d’amour ! Ainsi « L’aquaphile » et quelques autres sont de véritables petits bijoux.

À feuilleter également pour les dessins des illustrateurs de Charlie Hebdo : Cabu, Catherine, Charb, Luz, Riss, Tignous et Wolinski.

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Blandine Vié

Encore des nouilles
Chroniques culinaires
Pierre Desproges
Dessins de Charlie Hebdo
Préface d’Élisabeth de Meurville

128 pages
Les Échappés, éditions indépendantes
14,90 €

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