Saynètes

Est-ce que l’État va aussi interdire
à l’Église catholique
de faire la promotion du vin à la messe
pendant l’Élévation ?


Vin de messe via ecologyandchurches.wordpress.com

Dans la liturgie catholique, l’Élévation est la mise en évidence du pain ET DU VIN lors de la messe, au moment de leur consécration pendant l’Eucharistie (ou transsubstantiation). Vous savez, la conversion du pain et du vin en corps et sang du Christ quand le prêtre parle au nom de Jésus et dit « ceci est mon corps, ceci est mon sang ». En mémoire de la Cène où le Christ a dit « Buvez-en tous, car ceci est mon sang… » !

La Cène de Vinci via t3m.voila.net

Car dans l’acception religieuse, la transsubstantiation — littéralement la conversion d’une substance en une autre — le pain et le vin se transforment vraiment et substantiellement en corps et sang du Christ, tout en conservant leurs caractéristiques physiques ou espèces (texture, goût, odeur) initiales.

Calice via intothewine.fr

Bon, là j’vous la fais façon cours de catéchisme voire de théologie, mais je vais instantanément passer mon micro à Bérurier, le fidèle adjoint du commissaire San-Antonio pour qu’il vous explique pourquoi le vin a son importance dans la religion catholique.
Car même en prenant en considération la séparation des Églises et de l’État (effective depuis la loi du 9 décembre 1905) et même si l’on n’est ni pratiquant ni croyant, le catholicisme, c’est une part de l’héritage historique et culturel de la France.

Bérurier via palnete-genealogie.fr

Mais avec sa gouaille inénarrable, mon cher Béru va vous raconter bien mieux que moi :

« Le Précieux toussote dans son creux de poing, essuie les résultats à ses basques et enchaîne :
   — Qu’un Arbi soye musulman, un Israëlite juif et un empafé de Rosbif anglichecan, je dis banco ! Faut qu’en ait pour tous les goûts. Mais qu’un Bérurier qu’a eu des chanoines dans ses aïeuls et dont toute la lignée a été baptisée depuis Vers-cinq-jais-tôt-risque se permisse de se convaincre à la musulmanerie sous prétesque que sa vioque est ratone, alors pour le coup j’insurge. À cause de tes coraneries, cousin, t’as jamais picolé une larmette de vin : de là te vient tout le néfaste. Comment un homme peut-il se targuer d’être un homme quand il ignore le picrate ? J’entends un homme qu’a encore dans son sang le produit de nos vignes ! Pas possible, cousin… Pas possible. Ou alors faut pas venir me bonnir que la Terre est ronde ! » (N’en jetez plus ! – 1971)

Et :

« Le Gravos se débarrasse de la bouilloire et déclare, agenouillé près du tuméfié :
   — Ouv’ grand tes baffles, Alexandre-Benoît, que je te cause un dernier coup. Voilà : à présent t’es chrétien. Ton Coran, tu peux le carrer dans tes gogues si les pages seraient pas trop épaisses. Grâce à moi t’es devenu un vrai Bérurier. Dès que t’auras colmaté tes ébréchures, cavale chez le Nicolas de l’endroit pour acheter une caisse de pichtegorne. Lésine pas : prends du chouette, car va s’agir de te faire un palais, vu que le tien à écluser du thé, il doit pas avoir plus de sensibilité qu’une cuvette de pissotière. Pour pas trop te dépayser les muqueuses, attaque par du blanc. Un petit pouilly de Loire, ou un crépy d’Haute-Savoie ça serait idéal pour t’enchanter au départ les glands de sale hiver. Ensuite d’après quoi tu passeras au rouge. Le rouge, c’est un vin d’homme. Vas-y mollo au début : deux trois litres par jour, pas plus ; jusqu’à ce t’apprécie pleinement.
 « Mais une fois que ton gosier a chopé sa vitesse de croisière, alors là, chique pas les bêcheurs : BOIS ! Pour le coup, ta transformation s’opér’ra. Tu deviendras un brave homme cousin. Promis, juré ! Le monde sera à ta mesure et toi à la sienne. Allez, j’te pardonne tes dégueulasseries. » (Idem)

Et enfin :

« — Dis donc, Gros, murmuré-je, tu vas entrer dans les ordres, toi, à force de vouloir baptiser tes contemporains. Qu’est-ce que c’est, cette lubie ? Je te savais pas porté sur la curaterie.
   Il hausserait les épaules s’il n’avait les deux ailerons soudés au torse.
   — Me prends pas pour un bigot, simplement j’ sus adjectif, mon pote. Les hommes se chicornent pour des questions politiques ou religieuses, en général, exaguète ?
   — Hélas.
   — S’ils se tuent pour une religion, c’est que ces cons-là ont besoin d’en avoir une, tu me suis ?
   — Très bien, mais pourquoi leur imposerais-tu le catholicisme ?
   Bérurier ne prend même pas la peine de se recueillir pour affûter sa réponse. Il la livre spontanément :
   — Tu connais, toi, une autre religion basée sur le picrate ? Le Jésus de l’Enfant Marie qui change la flotte en rouquin. Qui cabaliste sur du pinard en affirmant comme quoi que c’est son sang ! Et dont on célèbre la messe en se filant du muscadet plein le ciboire. Si t’en sais d’autres, j’ sus preneur ! Moi, j’estime que, religion pour religion, autant s’en farcir une qui t’incite au godet ! Une qui prend sa source dans un pied de vigne, bon Dieu de foutre ! » (Idem)

Ce que Sana confirme par ailleurs :

« Miguel del Panar leur sert un vin de Mendoza très chaleureux. Il explique « aux Français » que ce sont les prêtres qui ont amené la vigne en Argentine, au XVIe siècle, pour le vin de messe, ce qui prouve bien que le catholicisme est la meilleure des religions ! » (Les cochons sont lâchés, 1991)

Eucharistie via catholique-sens-auxerre.cef.fr

Et de fait, interdire le vin à l’église n’engendrerait-il pas un désastre culturel puisque ce serait nier deux mille ans de civilisation ?


Blandine Vié

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3 Commentaires

  1. Pingback: La chronique de Greta Garbure |

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