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P’tit billet d’humeur

Galeries marchandes


Durant la première semaine d’avril, le tout Bordeaux est en émoi pour la semaine des « Primeurs », tout comme pour la grand-messe de Vinexpo, un an sur deux au mois de juin. Le particulier mort-de-soif est naturellement interdit de séjour, seuls les badgés ont le droit de s’y désaltérer.

Les Asiatiques sont au Grand-Hôtel ou au Grand-Barrail, qu’importe pourvu que ce soit Grand !
La presse spécialisée bénéficie d’un accueil spécial : c’est la moindre des choses.
Ceux qui ont la primauté des Primeurs sont logés chez l’habitant : de nombreux châteaux ouvrent leurs portes en même temps que leurs bouteilles classées. Des journalistes éminents et des blogueurs en passe de le devenir, des importateurs importants et des gros acheteurs sont nourris et joliment hébérgés. Les dégustations privées y sont extrêmement privées, parfois même individuelles pour les sommités.
Chacun y trouve son compte, on est venu de tout près ou de très loin pour goûter  des vins inaccessibles ou espérer trouver le joli vin du dimanche, pour acheter des milliers de caisses pour quelques millions de dollars ou pour compléter son fond de cave.

Vinexpo 2011 via agence-fleurie.com


Le Festival de Cannes ne saurait se résumer à de la moquette rouge sur des marches qui mènent à une salle de cinéma plus ou moins élégamment occupée. Bien que…

Les participants, les accrédités, les invités de tous rangs se croisent sur la Croisette : normal, ils sont venus pour ça. Les cancans de Cannes sont colportés pour le plus grand bonheur d’un vulgum agglutiné et hystérique, en troisième rideau derrière les bodyguards aux aguets et les photographes braillards et blasés. Les stars scintillantes ou tout juste clignotantes sont d’abord endiamantées et ensuite mitraillées. Drôle de chronologie !
Même une pluie d’orage ne douche pas les enthousiasmes quand on espère entrevoir un talon cassé, un sein baladeur ou, plus extraordinaire encore, un outrage au dress code imposé.
Un jour ancien, je fus dans cette foule… loin des paillettes, anonyme même chez les cons les plus discrets, je n’ai pas vu un seul film, une seule vedette, j’ai mangé sans appétit des pizzas à quatre fois leur prix habituel, tout juste toléré par des serveurs dont l’humilité confinait à celle d’Alain Delon, sans même être passés par l’Actor’s Studio.
Et pour ce qui est de goûter le caviar beluga à la cuillère à soupe sur des yachts à la blancheur immaculée, mieux vaut « avoir la puissance de feu d’un porte-avion »… comme disait Michel Audiard !

Cannes le tapis rouge via meltybuzz.fr

À Monaco en revanche, tout se paye, et cher. Mais la denrée la plus recherchée, c’est le brassard qui permet de se faufiler derrière les rails de sécurité, au milieu des commissaires, et d’être admis dans les stands. Ce laisser-passer vaut (et coûte) de l’or et constitue une sorte de Graal. En 1973, j’étais quatrième assistant d’un co-co-directeur de production sur le tournage chaotique d’un film américain sur le monde de la Formule 1. On avait pu me dégoter la chambre la plus misérable de toute la Principauté, seulement égayée d’un lavabo grand comme un verre à dents. Mon bagage se résumant au strict nécessaire pour un naturiste militant, mon élégance fut discutable en certaines circonstances imprévues. Au moins les buffets ouverts des palaces locaux comblèrent mon appétit de post-adolescent et au-delà. Les bulles de champagne, les viennoiseries et les pains surprises de brunchs gargantuesques mirent à mal (déjà) une ligne que je ne cesse pourtant de m’envier aujourd’hui.
Jackie Stewart gagna sur Tyrrell et son équipier François Cevert à qui il restait 4 mois à vivre, arriva en troisième position grâce à moi, mais ceci est une autre histoire…

Grand Prix Monaco juin 1973 via f1-grandprix.com

Pour avoir eu le privilège de participer à ces trois manifestations dans des conditions certes inégales, je peux en tirer ces quelques enseignements insignifiants :

1) C’est à Bordeaux qu’on boit le mieux, les traiteurs traitent vraiment bien. Vous demanderez à l’incomparable photographe du vin (mais pas que !) Armand Borlant combien de fois je suis revenu réclamer du rab de Parmentier de confit de canard au foie gras et aux truffes. Arrosé de Rauzan-Ségla 98, je vous confirme que c’est très supportable.

2) C’est à Cannes que l’on s’embrasse le plus, qu’il faut ab-so-lu-ment qu’on s’appelle pour faire une bouffe (tomates-burrata- châteldon) pour parler d’un scénario, pour fieler sur la plus botoxée d’entre elles.

3) C’est à Monaco qu’on trouve au mètre carré le plus de Ferrari, de champagne et de putes.

Moralité : il n’y a pas de moralité.
On y joue partout la comédie, une certaine comédie d’un certain pouvoir.

Après avoir usé de tous ces droits exorbitants, ne pas en être dupe serait un devoir.
Y suis-je parvenu ?
Sans doute pas complètement.

Patrick de Mari

 

La chronique de Greta Garbure

PIPELETTE, MAIS PAS PEOPLETTE !

Un nouveau blog sur le boire et le manger ?
Bah ! oui, c’est comme ça !
Pourquoi ?
Bah… parce que !

À peine sort-on de table qu’on pense déjà :
– au repas suivant, celui qu’on va se mijoter ou faire au resto, qu’il s’agisse d’un petit bistrot ou d’un étoilé,
– au marché où l’on va dénicher un petit producteur formidable,
– à la bouteille épatante qu’un caviste va nous faire découvrir,
– au saucisson corse du prochain apéro… une vraie merveille,

- au fromage au lait cru dont on va s’accorder une lichette au goûter avec un verre de vin parce qu’on n’aura pas la patience d’attendre jusqu’au soir,
– au pain qu’on va acheter exprès en faisant un détour parce que c’est là qu’il est le meilleur dans le quartier,
– à la pâtisserie où l’on rentre pour acheter un palmier qui nous a fait de l’œil dans la vitrine, et d’où l’on ressort avec deux éclairs au café et un sachet de macarons,
– au panier de cèpes qu’un copain doit vous apporter parce qu’il a fait la cueillette du siècle et qui vous fait déjà fantasmer sur un risotto,

- à la friture d’anchois que vous accompagnerez d’un rancio sec,
– au parfum du fricot qui embaume la maison et titille vos narines,
– aux bouchées à la reine dont vous refaites la recette pour la troisième fois parce qu’il y manque encore un petit quelque chose,
– au petit salé que vous allez préparer la veille pour une soirée entre copains,
– au saladier de mousse au chocolat dont vous ne pouvez vous empêcher de « torcher » les parois avec les doigts,
– au riz au lait dans lequel une fève tonka oubliée peut vous émouvoir au-delà de toute raison…
J’en passe, et sûrement des meilleures encore… évidemment !
Car, vous l’avez compris, nous ne serons jamais rassasiés !

Oui, dans « http://www.gretagarbure.com », nous vous parlons de tout ça.
Et de bien d’autres choses encore.
Nous poussons les portes des cuisines, nous soulevons les couvercles des marmites, nous descendons dans les caves, nous débouchons des bouteilles, nous parcourons les vignes, nous rendons visite aux artisans pour qu’ils nous montrent leur savoir-faire, nous faisons le marché, nous goûtons des produits, nous testons des recettes, nous feuilletons des livres, nous vous donnons de bonnes adresses, nous interviewons des chefs, nous voyageons, nous vous racontons les derniers potins.
Mais attention, pas les potins des journaux à scandales !

Car si jamais nous mentionnons le Rocher… il sera en chocolat ou à la noix de coco !

Si nous évoquons Monaco… ce sera pour ses petits restaurants italiens en vogue.
Et si nous papotons un jour à propos de Caroline et de Stéphanie… ce sera des Sœurs Tatin, les deux Demoiselles de Lamotte Beuvron !

Enfin, nous vous disons aussi tout ce qui ne nous plaît pas, nous fait rire ou nous consterne dans les petits mondes de la cuisine et du vin. Et Diou Biban, comptez sur moi, Greta Garbure, avec mon franc-parler et ma langue bien pendue, pour vous servir tout ça à la louche !
Vous comprendrez pourquoi ma devise est : « Mets-m’en trop ! »