Catégorie: Traditions, us et coutumes

Traditions, us et coutumes

La Pâque russe
(dimanche 5 mai)
et ses desserts traditionnels

Œuf russe via BV
Fête chrétienne correspondant à nos Pâques et que les orthodoxes — qui pratiquent toujours le dogme des chrétiens originels tel qu’il était avant le schisme du catholicisme — célèbrent en l’honneur de la résurrection du Christ et de la fin du carême. Toutefois, elle est décalée par rapport aux Pâques occidentales car le calendrier liturgique orthodoxe diffère du calendrier civil grégorien (le nôtre) et fait toujours référence au calendrier julien, ce qui engendre un écart plus ou moins sensible d’une année sur l’autre, parfois jusqu’à 5 semaines. C’est d’ailleurs le cas cette année où la Pâque russe tombe dimanche 5 mai.

Le carême orthodoxe est plus sévère que le carême catholique puisqu’il dure six semaines + la semaine de la Passion pendant lesquelles on s’abstient de consommer non seulement de la viande, mais aussi tous les produits d’origine animale (œufs, laitages) alors qu’avec le printemps, leur production s’accroît. Ces réserves accumulées  servent donc à préparer des plats de fête, notamment la « pashka », à base de fromage blanc, en forme de pyramide tronquée, et les « koulitchi », grosses brioches au safran, les deux desserts traditionnels de la fête pascale russe.

Koulitch et pashka via voyages.ideoz.fr
Après la messe de minuit, on échangeait également des œufs peints de couleurs franches (surtout en rouge) et marqués des lettres XB, initiales des mots « Khristos Vaskriessy » qui signifient « Christ Ressuscité ». Au fil des ans, les œufs furent plus précieusement décorés.

Œuf pour la Pâque russe face © Coralie Marcadé     Œuf pour la Pâque russe pile © Coralie Marcadé

La pashka

Pashka via saveursdumonde.net

C’est un entremets très riche et d’une grande finesse, absolument délicieux. En Russie on utilise un fromage blanc appelé « tvorog » (prononcez « dvarog ») difficile à trouver en France sauf dans les épiceries russes où son prix est élevé. À défaut, on peut utiliser n’importe quel fromage blanc en faisselle à 40%.

À préparer 48 h à l’avance (une fois le fromage égoutté).

Préparation : 1 heure
Repos : 24 heures

Pour 8 personnes : 1 kg de fromage blanc pressé « à la russe » c’est-à-dire très épais et très sec (voir note) – 250 g de beurre extra-fin mou – 4 jaunes d’œufs – 250 g de sucre en poudre – 1 cuillerée à café de vanille en poudre – 125 g de crème fraîche – 125 g de fruits confits variés (ou de macédoine) – un morceau d’angélique confite – quelques cerises confites 

Passez trois fois de suite le fromage blanc soigneusement égoutté au moulin à légumes à grille fine. Vous pouvez aussi le travailler au robot. Le but est de casser la masse et de la rendre crémeuse, et même neigeuse.
Travaillez le beurre en pommade onctueuse. Passez-la également au moulin ou au robot pour la rendre réellement aérienne.
Mêlez intimement fromage et beurre et passez encore une fois au moulin ou au robot pour obtenir une crème vaporeuse.
Dans une terrine, travaillez les jaunes d’œufs au batteur avec le sucre en poudre et la vanille jusqu’à ce que le mélange blanchisse.
Incorporez au fromage blanc ainsi que la crème fraîche, en travaillant longuement à la cuillère en bois, jusqu’à obtention d’une masse homogène parfaitement lisse et onctueuse, mais très molle.
Incorporez encore les fruits confits coupés en dés (ou la macédoine) à l’exception de l’angélique et des cerises, en les incorporant bien dans la masse.
Tapissez un moule à pashka d’une étamine légèrement humidifiée et essorée, puis tassez-y la préparation. Rabattez l’étamine, posez une soucoupe et un gros poids par-dessus.
Placez le moule en équilibre (à l’aide d’une rondelle de bouchon placée sous un côté du moule par exemple) dans un plat creux et mettez 24 heures au réfrigérateur, en écopant au fur et à mesure l’eau qui s’écoule dans le plat.
Pour servir, démoulez la pashka sur un plat et décorez-la avec des petits morceaux d’angélique et de cerises confites. Traditionnellement, on dessine les lettres XB en fruits confits eu sommet de la pashka.
Servez frais.

Note : Égouttez 1,500 kg de fromage blanc à 40% (en faisselle), enfermez-le dans une mousseline, nouez les quatre coins et suspendez-le au robinet de l’évier pour laisser s’égoutter le fromage en permanence.
Laissez ainsi s’égoutter plusieurs jours, jusqu’à ce que le fromage ait perdu son sérum au point de ne plus peser que 500 à 600 g, ce qui peut prendre de 2 à 4 jours selon le temps qu’il fait.

La bonne astuce : Si vous ne disposez pas d’un moule à koulitch, faites-en un avec des gabarits en carton tapissés de papier sulfurisé. Certains utilisent même un pot de fleur (neuf), ce qui arrondit un peu les angles de la pyramide (refaçonnez-la au sortir du pot) mais a l’avantage de continuer à permettre l’écoulement du sérum pendant la phase de raffermissement.

Paskha via babouchka.loula.over-blog.com

Le koulitch

Koulitch via sucreengrain.canalblog.com
Le koulitch est une grosse brioche safranée et glacée que l’on sert traditionnellement pour accompagner la pashka le jour de la fête de Pâques en Russie. Selon la tradition orthodoxe, chaque famille porte ses koulitchi la veille à l’église pour les faire bénir par le pope, puis les garnit de très fines bougies.

Préparation : 1 heure
Repos : 6 heures au moins
Cuisson : 1 heure à 1 heure 10 minutes

Pour 12 personnes (2 koulitchi) : 1,250 à 1,500 kg de farine (type 45) - 1 cuillerée à soupe de sel fin – 1 cube de levure fraîche de boulanger (40 g environ) – 25 cl de lait – 200 g de beurre – 100 g de sucre en poudre – 4 jaunes d’œufs – 1 gousse de vanille – 2 doses de safran (4 g en tout) – 15 cl de crème fraîche liquide (UHT) – 100 g de raisins de Smyrne – 100 g de fruits confits variés (ou de macédoine) – un peu d’huile
glaçage :100 g de sucre glace – 1/2 citron 

Émiettez la levure dans le lait tiède, puis incorporez-la à 250 g de farine. Laissez lever 1 à 2 heures dans un endroit tiède.
Mélangez 1 kg de farine et le sel dans un grand saladier.
Travaillez le beurre en pommade avec le sucre en poudre jusqu’à obtention d’une crème onctueuse, puis incorporez les jaunes d’œufs un à un à cette crème.
Hachez finement la gousse de vanille, incorporez-la à la crème ainsi que le safran, en émulsionnant bien. Incorporez également à la préparation, puis versez dans le saladier de farine et mélangez. Au besoin, si la pâte est trop mollette, incorporez-lui un peu plus de farine (par fractions de 50 g, mais pas plus de 250 g en tout).
Ajoutez alors le levain à la pâte, pétrissez longuement, roulez en boule et laissez reposer 3 à 4 heures sous un linge, jusqu’à ce que la pâte double de volume.
Au bout de ce temps, pétrissez à nouveau la pâte en lui incorporant les raisins secs et les fruits confits coupés en dés (ou la macédoine). Divisez-la en deux boules et garnissez-en deux moules à brioches hauts préalablement huilés, en veillant à ce qu’elles ne les remplissent qu’aux trois-quarts.
Faites une collerette en papier aux moules (comme pour un soufflé) pour que la pâte puisse lever sans déborder. Laissez encore lever 1 à 2 heures.
Préchauffez le four à moyen : 180° C/thermostat 5/6.
Enfournez les moules à mi-hauteur et laissez cuire 1 heure à 1 heure 10, voire un peu plus.
Démoulez au sortir du four et laissez refroidir complètement sur une grille, en éliminant les collerettes.
Quand les koulitchi sont complètement refroidis, délayez le sucre glace avec le jus de citron et nappez-en la surface des brioches en laissant le glaçage former des coulures sur les côtés. Laissez sécher à l’air libre.

Koulitchs via cuisinetvoyage.canalblog.com


BV

Traditions, us et coutumes

Pipe portugaise

Magritte via doti17.over-blog.com
Dans « l’Encyclopédie de la vigne, du vin et des alcools » du Club Des Amateurs de Vins Exquis (Cave SA) dirigé par le grand Jacques Perrin, on peut lire :
« Grande futaille dans le commerce du vin dont le nom provient de la «pipa» portugaise. Il s’agit d’un fût de forme particulière, allongé et aux extrémités légèrement coniques.
Traditionnellement utilisée pour le porto, le madère, le marsala et les autres vins portugais, la contenance de la pipe peut varier d’une région à l’autre du pays. Dans la vallée du Douro, lieu de production du porto, la récolte de chaque vignoble est mesurée en pipe de 550 l. À Villa Nova de Gaia, près de l’embouchure du Douro où le porto mûrit dans les chais, une pipe varie en contenance de 550 à 630 l. Du fait de leur forme allongée, non seulement les douves des fonds mais encore celles de la pipe à leurs extrémités sont munies d’un joint en jonc de rivière qui assure l’étanchéité. La forme particulièrement allongée de la pipe a pour fonction de faire évoluer le vin plus rapidement, car il bénéficie d’une plus grande surface de contact avec l’air au travers du bois. Les pipes de porto sont souvent centenaires. Elles sont construites dans des bois de chêne aux fibres très serrées, souvent en provenance de Pologne (chez Martinez et Cockburn). Les propriétés du chêne des forêts de la région de Dantzig permettent de réduire les pertes par évaporation de 2% par année. Les pipes du siècle passé sont régulièrement entretenues. Les douves sont périodiquement détartrées et remplacées pour celles qui se mettent à couler. Les pipes neuves ne sont pas immédiatement utilisées pour le mûrissement du porto. Trop riches en tanins qui altéreraient le fruité recherché dans le porto, les pipes neuves reçoivent d’abord des vins rouges pendant au moins 18 mois. Dans les tonnelleries des grandes maisons de porto, les déchets de ce bois de chêne sont transformés en sciure qui est utilisée pour fumer les poissons, en particulier le saumon. La pipe est aussi utilisée pour le Madère (418 l) et pour le Marsala (422 l). »

Fûts à porto via teiaportuguesa.com

On peut aussi boire le porto dans des p…s à porto en verre, surtout si l’on vient de le tirer au chai avec une p…tte. Mais il en faudra alors une par tête de p… !

Pipe à porto via vinetpassion.com
Aujourd’hui, vous mangez bien-sûr une p…rade. Au coin du feu, vous pouvez également vous faire une flûte de P…r-Heidsick sans p…r mot en fumant une bonne p… avec la sœur de Kate Middleton, entre people, pour faire jaser les p…lettes et se fendre la p….

Étiquette champagne Piper-Heidsieck via winepaper.fr
Bruyère ou écume, elle devra être taillée en partie à la main et ensuite soigneusement culottée. Ça ne vous coûtera pas cher sauf si les dés sont p..és.
Dans ce cas, soit c’est du p…au, soit vous allez au casse-p….

Mais attention ! La Saint-Claude ne pardonne pas tout, nom d’une p… !

Paul Cézanne, le fumeur de pipe via commons.wikipedia.org      Vincent Van Gogh, autoportrait via commons.wikimedia.org     Van Gogh autre autoportrait via fr.wikipedia.org

P……dM

 

Tradition, us et coutumes

Mardi-Gras, dernier des 7  jours… charnels !

Beignets via tatachip.canalblog.com
Mardi-Gras clôt — et non pas clôture, s’il vous plaît ! — la période du Carnaval. Une période de 7 jours qui précède le carême et pendant laquelle — quand la France était encore profondément catholique et respectait les prescriptions hygiénistes (et donc alimentaires) de l’Église — on avait coutume autrefois de manger gras. Histoire de faire quelques réserves avant la période de sévères restrictions, jeûnes et abstinences qui allait suivre, donc manger maigre (privation de viande et d’œufs notamment) après avoir mangé gras. Cette semaine  était appelée « Semaine des 7 jours gras » ou, plus joliment encore « jours charnels »… puisque la consommation de la chair y était permise !

Beignets via recettes.grand.mere.free.fr
Selon notre calendrier grégorien qui tient compte des mouvements du soleil, Mardi-Gras est une fête mobile calculée par rapport à la date de Pâques. C’est-à-dire que, selon les années, il tombe entre le 3 février et le 9 mars. Toujours un mardi, ça va de soi. Et donc toujours la veille du Mercredi des Cendres qui débute le carême (carême-prenant), censé durer jusqu’au Samedi-Saint. Or, si l’on compte bien, cela fait 47 jours jusqu’à Pâques et non 40 comme on le croit généralement. C’est que le carême de pénitences ne s’observait pas le dimanche (et il y en a 6 pendant la période) ni le jour de la pause de la Mi-Carême, et qu’il ne s’agit donc pas de 40 jours consécutifs, même si la modération restait cependant conseillée durant ces jours intercalaires.

Beignets via campingsitesetpaysagesdefrance.wordpresse.com

Les « sept jours gras » se terminaient en apothéose par le Mardi-Gras. Et même si aujourd’hui où l’on ne jeûne plus pendant le carême (ou seulement le Vendredi-Saint pour les croyants pratiquants) — mais où l’on fait des cures de détox… hi ! hi ! hi ! — on ne fête plus non plus la semaine grasse, on a gardé la tradition du Mardi-Gras, jour de liesse où l’on mange traditionnellement des beignets ou des crêpes.

Manger des beignets et/ou des crêpes ce jour-là était symbolique puisque c’était une coutume étroitement liée à la prospérité familiale. Et ce, dans toutes les couches de la société, même chez les laboureurs comme le rapporte Victor Hugo… « afin que le blé ne soit pas carié » !

Beignets via sucrissime.com
De nombreux dictons sont d’ailleurs liés à cette fête.
Mais je ne vous en offrirai qu’un qui, je pense, va faire plaisir à plusieurs d’entre vous à l’avant-veille de la Saint-Valentin :

À Mardi-Gras, qui n’a pas de viande tue son coq.
Et qui n’a pas de coq… tue sa femme !

Cependant le dicton ne précise pas de quelle femme il s’agit : la sienne ou celle du coq !

Nature morte au coq et à la poule de Anne Vallayer-Coster (1744-1618) via notesdemusees.blogspot.fr

BV

Traditions, us et coutumes

Mardi-Gras : les Merveilles Landaises


Merveilles landaises via cuisine.journaldesfemmes.com

Autrefois les merveilles étaient de toutes les fêtes calendaires dans les Landes. On les présentait dans un grand panier tapissé de torchons lors de toutes veillées : Noël, carnaval ou jours de « pelère »… c’est-à-dire de tue-cochon !
Aujourd’hui on les prépare toujours pour Mardi-Gras et la Mi-Carême, et l’on peut dire que chaque famille a « sa » recette. Ainsi, certaines « daounes » (maîtresses de maison) ne mettent pas du tout de sucre dans la pâte, d’autres préfèrent ne pas y mettre de beurre, et d’autres encore laissent « bouillir » la pâte (c’est-à-dire fermenter selon l’expression locale) jusqu’au lendemain !

Merveilles landaises via recettesdemoune.canalblog.com


Préparation : 30 min

Repos : 1  h
Cuisson : 30 à 40 min

Pour un très gros panier de merveilles :
750 g à 1 kg de farine – 100 g de sucre en poudre – 2 sachets de sucre vanillé – 2 sachets de levure chimique en poudre – ½ cuillerée à café de sel – 6 œufs – 20 cl de crème fraîche épaisse – 150 g de beurre – 1 citron non traité – 2 cuillerées à soupe de rhum ou d’eau-de-vie – 1 cuillerée à soupe d’eau de fleur d’oranger – huile de friture
+ sucre en poudre ou sucre glace

La pâte : Dans un grand saladier, mélangez 750 g de farine, le sel, le sucre en poudre, le sucre vanillé, la levure et le sel. Creusez en puits. Cassez-y les œufs entiers, la crème fraîche, le beurre juste fondu, le zeste du citron préalablement lavé et finement râpé, le rhum ou l’eau-de-vie et l’eau de fleur d’oranger. Travaillez peu à peu à la cuillère de bois puis, quand la farine est complètement absorbée (au besoin, rajoutez de la farine pour que la pâte soit malléable), renversez le contenu du saladier sur le plan de travail et finissez de la pétrir vigoureusement à la main jusqu’à ce qu’elle soit souple et homogène. Roulez-la en boule et laissez-la reposer 1 à 2 heures sous un torchon.
Découpage : Au bout de ce temps, abaissez la pâte sur 2 mm d’épaisseur maximum. Découpez-y des losanges de 4 à 5 cm de côté, à la roulette dentelée ou au couteau.
Cuisson : Faites chauffer le bain de friture jusqu’à ce qu’il soit bouillant mais non fumant (175 °C). Plongez-y les merveilles par fournées (pas trop à la fois pour ne pas faire tomber la température de l’huile), laissez-les gonfler et dorer sur les deux faces, retirez-les au fur et à mesure à l’aide d’une écumoire, puis égouttez-les sur du papier absorbant.
Présentation : Disposez les merveilles sur un plat ou dans une corbeille garnie d’un linge. Poudrez-les abondamment de sucre en poudre ou de sucre glace.

Merveilles landaises via motsetmauxdemiche.blog50.com


Nota bene
: La quantité exacte de farine dépend de sa qualité d’absorption.

Le bon truc à l’ancienne : faites frire les merveilles dans de la graisse de canard plutôt que dans de l’huile.

Merveilles landaises via www.mespetitsbonheurs.com
BV

Traditions, us et coutumes

L’année du serpent… monétaire international !

2013, l'année du serpent via www.terrafemina.comOn a quitté l’année du dragon, nous voilà sous la protection du serpent. Rien ne peut l’empêcher, on est fait comme des rats. Avec la fièvre de cheval que j’ai chopée à cause de ce temps de chien, ça me fait un effet bœuf ! Cette fête du lichun symbolise le début du printemps. Chouette ! On ne s’en rend pas encore bien compte aujourd’hui, mais c’est bon signe, non ?
Dans le même temps, les Vietnamiens fêtent le Têt et les Coréens le Seollal. Les Japonais ont rejoint notre calendrier grégorien (sans pour autant accrocher des boules de geisha au sapin…!!!) et sont donc déjà devenus plus vieux depuis le 1er janvier alors que les Thaïlandais et les Laotiens attendront le mois d’avril pour célébrer Songkran ou Pii mai.
Dans les villes de France abritant d’importantes communautés asiatiques, nous chassons ensemble les mauvais esprits en nous mettant en pétard(s) et assistons à la danse des lions, à des spectacles de marionnettes dans les rues sympathiquement colonisées, juste retour des choses. Jean-Pierre Pernaut danse le gangnam style en présentant l’incontournable marronnier. Des images montrent des enfants en larmes, apeurés par les faciès grimaçants des animaux géants et les explosions assourdissantes et puantes.

Pétards chinois fête du printemps via www.marketing-chine.com

Les tables à plateaux tournants verront défiler des plats par dizaines, magnifiques, délicieux, rituels. Au Vietnam, on mangera en priorité le porc au caramel jus de coco et nuoc mam, le banh-têt, riz gluant et porc enroulés dans des feuilles de bananier, et pour finir, les pastèques fraîches et les indispensables fruits tropicaux confits.
En Chine, après le grand nettoyage annuel de la maison, le repas comprend obligatoirement du poisson qui se prononce « yu » comme le mot « surplus », ce qui signifie que l’on ne manquera de rien tout au long de l’année (on doit même en laisser dans son assiette pour être encore plus sûr de vérifier la prophétie). Le dessert est traditionnellement le niangao, gao se traduisant par « gâteau » mais aussi « grandir ». Ce « gâteau de l’an » est donc une promesse de croissance pour toute la famille réunie et dans tous les domaines. Atrocement roboratif, on n’est pas non plus obligé de se forcer à le finir : son retour intempestif aurait une signification sans doute beaucoup moins bénéfique pour le reste de l’année.

Poisson chinois (on mange aussi les yeux) via delicatesseny.typepad.fr

Niangao (pâte de haricot rouge entre 2 couches de riz glutimineux parfumé au longane) via wikimédia commons
La moindre bourgade comptant au moins son million d’habitants, les restaurants sont souvent de dimensions et de contenances inhabituelles, vues par des yeux occidentaux. Et là, quand les enfants-rois sont enfin couchés, les chansons fredonnées, sussurées (rarement célinedionisées) sur des sonorités acidulées, finissent de vous endormir aussi sûrement que l’alcool de riz aromatisé à l’extrait de rose (mei kwei lo).
À chaque pays ses usages, ses traditions séculaires…

Verre chinois pour alcool de riz via www.newkadolille.com
J’attends, sans hâte excessive mais avec une certaine curiosité de croiser les regards incrédules des Bordelais quand les premiers dragons rouges et or défileront sur les allées de Tourny, suivis par les familles hilares des nouveaux propriétaires chinois des châteaux fraîchement investis. En attendant de voir des marchands ambulants de dim-suns ou de canards laqués dans les rues de Gevrey-Chambertin, nos amis Chinois vont pouvoir arroser leur repas de Nouvel-An avec des vins bien de chez eux !
Sans jouer les Cassandre, il est à parier que nos hérauts de Bercy auront bientôt leurs effigies vénérées chez ces néo-vignerons venant déverser leurs yuans sous-évalués au milieu des successions inextricables grâce à des prélèvements confiscatoires.
Sera-ce l’année du serpent… monétaire international ?

Serpent via www.chine-informations.comPdM