Catégorie: Nos mille-feuilles

Nos mille-feuilles (nos lectures de la semaine)

L’Atelier d’Hugo Desnoyer

cv Desnoyer Ok Voilà un livre de cuisine qui m’a réjouie ! 85 recettes confiées par Hugo Desnoyer, artisan boucher de renom et fournisseur des plus grandes tables parisiennes. Un homme totalement passionné par son métier et ça se sent ! Il n’y a presque rien à rajouter sinon que les recettes sont épatantes et que 17 d’entre elles sont expliquées façon « Atelier », c’est-à-dire pas à pas avec des photos.

Hugo Desnoyer a lancé cet année un tout nouvel atelier-boucherie pour apprendre comment « sculpter » la viande ! Ce livre vient donc en contrepoint de cette démarche didactique. Agneau, bœuf, porc, veau, volaille, il y en a pour tous les goûts ! Je ne vais pas toutes les énumérer mais vous faire part de quelques-unes de mes préférées : — Canon d’agneau farci d’herbes et d’oignons, — Le gigot en trois parties : souris, selle et tajine aux dattes, — Bœuf mode lardé, — Daube de paleron au vin blanc et au citron, — Rôti du dimanche et purée à l’ancienne, — Côte de porc pour deux en croûte de sel, — Échine boulangère, — Échine de porc aux palourdes, — Rillettes de porc, — Noix de veau pâtissière, sauce aux trompettes, — Pigeons à l’ancienne, — Poularde de Bresse farcie sous la peau etc. etc.

Un livre que je vais garder à proximité de main… sans nul doute !

Blandine Vié

L’Atelier d’Hugo Desnoyer Préface : Christopher Thompson First Éditions 29,95 €

Nos mille-feuilles (morceaux choisis)

Le vignoble du Languedoc

Le vin bourru

« Le vin a connu la crise, après la guerre 1939-1945. Les caves particulières ont dû presque toutes fermer. Acheminé par des camionnettes à une coopérative qui se chargeait de la vinification, le raisin ne donnait plus qu’une boisson uniforme et banale. J’ai cessé pendant plus de trente ans de boire le vin de chez moi. 

     Et puis tout a changé, une fois de plus. Pour survivre à la mévente, à la chute de la consommation et des prix, le vignoble du Languedoc s’est transformé. Il produit moins, mais mieux. D’année en année nous découvrons de nouveaux vins de propriétaires que de jeunes viticulteurs composent à leur manière. J’ai rencontré dans la région de Clermont-l’Hérault un vigneron d’une cinquantaine d’années qui venait de refaire son vignoble et qui me disait, en parlant de son fils, vigneron comme lui :

   — Il m’a aidé à faire un vin que j’aime.

   Les jeunes générations aident les anciennes à retrouver des goûts que nous pensions perdus, et même à les améliorer. Bonne raison pour ne pas baisser les bras. D’ailleurs un peu partout, dans les guides officiels, dans les restaurants où l’on va, se dit à voix de plus en plus forte que le Languedoc, du Roussillon et des Corbières jusqu’aux coteaux du Gard, et même jusqu’à certains coins de l’Ardèche, est la grande région viticole de demain. On rencontre partout des dégustateurs étrangers qui recherchent les caves isolées, les nouveaux vignobles, qui investissent. Des caves particulières se constituent, composées de vins du Midi, ce qui était impensable il y a seulement vingt ans. Et les prix montent, y compris le prix des terrains de la région de Colombières qui se voyaient laissés à la broussaille. Dans certains endroits, il redevient possible de vivre de la vigne, avec un produit digne et bon. Je peux même affirmer, bien que cela soit impossible à établir, que le vin d’aujourd’hui est meilleur que dans mon enfance.

   Au contraire de l’eau, qui a perdu pureté et fraîcheur, le vin a pris du caractère, du goût, de la diversité, de la gloire. Du même coup, ici ou là, il ramène la vie tout entière. Tout ne va pas nécessairement vers le pire : c’est le jus rouge de la terre qui l’affirme.

Lu dans « Le vin bourru », Jean-Claude Carrière, Plon, 2000.

Morceau choisi par Blandine Vié

 

Nos mille-feuilles (morceaux choisis)

Un peu d’humilité
Messieurs les chefs…
Tout finit dans le trou des cabinets !

tirer-la-chasse-d-eau via educol.net

Euh… c’est pas moi qui le dis ! C’est San-Antonio !

poop via thejrexperiment.com
Entrée en matière
… pas encore fécale, mais ça va viendre !

« La faim me taraude. J’évoque avec nostalgie les plateaux d’amuse-gueules que proposait la valetaille de Martin Maldone, hier soir. J’ai souvenance d’un toast aux œufs de caille-mayonnaise qui me fait saliver. Il paraissait grillé à point, juteux, ce toast !

Oh ! merde, la bouffe ! La bouffe ! Sempiternelle. Claper, déféquer, claper ! La fête biquotidienne. La consolation. Un de mes potes boulimiques, un jour, en détresse, me fait soudain : « Heureusement que je mange ! » Le chéri. Fallait le voir tortorer de dos. Cette puissance dans les deltoïdes ! Ce lent mouvement de marée. La manière qu’il engloutissait de tout son corps. Mobilisation générale des organes : estomac, foie, reins. La passivité admirable de ses boyaux, ce gros con ! « Heureusement que je mange. » Moi, ça m’est resté comme doctrine. Quand je vois quelqu’un atteint de plein fouet (autre facilité de langage) par le chagrin, je me dis, à travers ma compassion : « Heureusement qu’il va manger. » Le poulet chasseur, les rognons au madère, le gratin de fruits de mer restent un dernier secours. Le gus (ou la nana) en désespoir, lentement sera happé par ce qu’il happe. C’est la superbe connivence du bide et de l’âme. L’esprit prend sa source dans une bouteille de pommard.

Mangez, le temps fera le reste ! Bande de dégueulasses que nous sommes ! Tripes pleines ! Chieurs ! Cachons-nous, saligauds ! Faisons l’autruche devant le malheur, la tête dans la cuvette de nos chiottes ! »

Princesse patte-en-l’air, 1990

wc à la turque via lorans.com

Diarrhée verbale…

 « On vit une sacrée époque, mon fils : ou les cuisiniers sont décorés de la Légion d’honneur (pour les remercier de la qualité de nos excréments), … »

Al capote, 1992

toilettes à la turque via frankzappa.canalblog.com

Tirez la chasse d’eau !

 « Je souffre des reins, m’étant démis je ne sais quoi en exécutant cette cabriole arrière dans « ma » tombe. N’en outre je porte un gros pansement à la main droite car la blessure par balle s’est infectée et j’ai des lancées jusqu’à l’épaule. Pauvre viande, si bravache et si faible ! Pauvre homme, rouleur de mécaniques et si avide d’honneurs qui transforme pourtant en merde les nourritures les plus raffinées. »

La matrone des sleepinges, 1993

 Ma cel Prout via journalepicurien.com

Ah ! La poésie désenchantée de San-Antonio ! 

Morceaux choisis par Blandine Vié

Pot de chambre via mabulle-le-blog.com

Nos mille-feuilles (nos feuilletages de la semaine)

Le Guide Gourmand des Abbayes

Nicole Masson

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Voilà une idée qu’elle est bonne !

Une jolie invitation à nous faire découvrir la richesse des traditions de fabrications artisanales monastiques ! Pour notre part, nous souhaitons qu’elles perdurent le plus longtemps possible et nous faisons le vœu que cela vous incite à la tentation : celle de la gourmandise !
Intelligemment conçu, ce guide nous propose 4 itinéraires — le Nord-Ouest, le Nord-Est et l’Île-de-France, le Sud-Est, le Sud-Ouest — pour découvrir les bonbons, caramels, confiseries, miels, confitures, gelées, pâtes de fruits, pâtisseries, biscuits, fromages, bières, cidres, vins, eaux-de-vie, liqueurs et tisanes encore fabriqués artisanalement dans le secret des abbayes, monastères et couvents ! Des périples pour enchanter notre palais, attiser notre curiosité mais aussi et aiguillonner notre spiritualité. On peut d’ailleurs se focaliser sur une seule adresse sans faire un pèlerinage exhaustif.

Un inventaire dont je ne soupçonnais pas l’importance !

Car si l’on connaît tous l’anis de Flavigny, les fromages et bières trappistes, les eaux-de-vie des Pères Chartreux,  ainsi que quelques autres spécialités religieuses, je n’avais pour ma part jamais entendu parler des « Fructi-Moines » et des « Moinillons » (bonbons durs) de l’Abbaye de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire), du nougat du Prieuré de Sainte-Marie (Bazougers), des éventails (petites galettes croquantes) du Monastère des Bénédictines de Rouen, des « charcuteries de la Trappe » de l’abbaye Notre-Dame-de-Grâce à Bricquebec, du « timanoix » (fromage à pâte pressée affiné à la liqueur de noix) de l’Abbaye Notre-Dame de Timadeuc à Bréhan, des tablettes de chocolat de l’Abbaye La Joie Notre-Dame à Campénéac, des macarons en pâte d’amandes de l’Abbaye Notre-Dame du Val d’Igny, de la farine et des pâtes alimentaires de l’Abbaye Notre-Dame d’Oelenberg  à Reiningue, de l’huile d’olive de l’Abbaye Notre-Dame de Ganagobie ou de Notre-Dame de Castagniers, des guimauves de l’Abbaye Notre-Dame de Bon-Secours à Blauvac, des bougies en cire d’abeille du Monastère de La Paix-Dieu à Anduze, de la crème de noix du Monastère de la Transfiguration à Terrasson-Lavilledieu, du Saint-Paterne, fromage à pâte molle de l’Abbaye Notre-Dame du Pesquié à Foix et de cet étonnant « Scofa », gâteau qui tient son nom des ingrédients qui le composent (Sucre, Crème, Oeufs, Farine, Amandes) du Monastère du Carmel de Bayonne, recette qui circule entre les congrégations et s’adapte aux régions.

Une liste qui ne s’arrête pas là tant les buffets, les armoires et les caves de ces lieux de culte chargés d’histoire regorgent de provisions gourmandes !

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Le livre est très pratique à consulter, joliment mis en page, et les illustrations joyeuses de Caroline Donadieu pour les cartes vous permettent de vous repérer en un clin d’œil.
Un livre dont il faut absolument avoir un exemplaire dans sa voiture pendant les vacances !

Bon ! Et si je me servais une petite chartreuse verte ?

Blandine Vié

Le guide gourmand des abbayes
Anne Masson
Dessins de Caroline Donadieu
Éditions du Chêne
144 pages
16,95 €

Nos mille-feuilles (morceaux choisis)

Conseils à une épouse

Symbole féminin via femininsacre.com
Puisque c’est aujourd’hui la « Journée Mondiale des Droits de la Femme », pour une fois Blandine fait relâche !
Elle m’a tout de même laissé ce texte avant de partir !
Sans autre précision que de me dire que c’était tiré d’un manuel d’éducation des dames et des demoiselles des années 60.

Quant à Patrick… il est injoignable !!!
Bizarre, non ?

Je publie donc ce texte en leur absence !
Mais, Diou Biban,  je m’en tiendrai dorénavant à ma chronique !
Non, mais !

Conseils à une épouse - copie

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GG