Catégorie: Restos

Bonne table ou… évitable !

La Cicciolina

Trattoria italienne
Paris 11e

Pizza Valentina © Greta Garbure

Pizza Valentina © Greta Garbure

Je ne vais pas au restaurant qu’avec Patrick. J’y vais parfois aussi avec un copain (ou une copine). Ce fut le cas pour cet Italien où, pour tout vous dire, je n’avais que modérément envie de traîner mes guêtres à cause de son nom racoleur : la Cicciolina !
Car les plus jeunes d’entre vous ne s’en souviennent peut-être pas mais la Cicciolina fut une actrice pornographique italienne qui commença à être populaire grâce à l’émission « Voulez-vous coucher avec moi ? » sur Radio Luna, qui montrait ses seins à la moindre occasion et qui, profitant de sa réputation sulfureuse, créa le buzz en tentant une carrière politicienne dans les années 80. Du bon goût à la Berlusconi si vous voyez ce que je veux dire.

Au passage, j’en profite pour vous donner une petite leçon d’italien. Car la légende veut que ce surnom veuille dire quelque chose de mignon comme « Chérie-chérie ». Mais que nenni !
Car en italien, « cicciolina », ça vient de « ciccia » qui veut dire « viande » en langage populaire. Un peu l’équivalent de notre « bidoche ». Et « cicciolo », ça signifie « excroissance de chair », et plus précisément « rillon » en boucherie. La « cicciolina », c’est donc un surnom qu’on pourrait traduire par « la bien en chair », la « dodue ». Tout ça à cause de son opulente poitrine. Bref, que de l’élégance et du raffinement !

Nous n’avons pas rencontré le quatuor masculin (Laurent, Thomas, Mickaël et Maxime) à la barre de cet établissement pour lui demander le pourquoi du choix de cette enseigne, mais c’est en tout cas bien en référence à la pulpeuse italienne puisqu’un cocktail de la carte fait référence au vrai patronyme de la dame : Ilona Staller.

Mais heureusement, je ne suis pas blasée et j’ai donc entraîné mon ami Michel dans ce resto du quartier branché d’Oberkampf, côté Ménilmontant. Et ce fut tant mieux ! Car nous avons passé une excellente soirée.

Nous avons dédaigné la salle, gaie avec son olivier en plein milieu, mais un peu bruyante, pour dîner en terrasse… c’est-à-dire sur le trottoir ! Mais la rue est calme pour Paris.

La salle

La salle

Autre vue

Autre vue

La salle de nuit

La salle de nuit

À l’apéro, tandis que Michel a bu un verre de Vermentino (5 €), je n’ai pas pu résister au spritz (6 €), ce cocktail vénitien qui est l’un des rares apéritifs que j’apprécie, surtout quand il fait chaud. D’ailleurs, la soif a fait que je n’ai pas pris la photo…

En antipasti, nous nous sommes partagé une assiette de jambon San Daniele et de mozzarella fumée (14 €) et une salade de poulpe, pommes de terre et tomates (13 €). Je revenais de Sète mais je ne suis jamais rassasiée de poulpe et de céphalopodes en tout genre. Rafraîchissant et très bon. Du coup, j’ai même pas eu envie de râler pour les pommes de terre vitelottes et les fleurs, un rien snobinardes.

Antipasti

Mozzarella fumée et jambon San Daniele © Greta Garbure

Mozzarella fumée et jambon San Daniele © Greta Garbure

Salade de poulpe « la piovra » © Greta Garbure

Salade de poulpe « la piovra » © Greta Garbure

Comme il s’agit d’une trattoria, pour le plat, nous avons le choix entre Pasta ou Pizze ! Ce sera un de chaque…

Pasta

Pizze

Pâtes « Souvenir de la mer » : tagliolini à l’encre de seiche, crème citron, basilic, noix et salicorne (16 €) ; et « Pizza Valentina » : mozzarella, thon mariné, pignons, oignons rouges, tomates cerises et basilic (16 €). Petite remarque quant à l’intitulé : la salicorne n’est pas une algue mais une petite plante au goût anisé qui pousse sur le littoral, sur les dunes généralement. Les pâtes étaient très bonnes même si, personnellement, je ne les aurais pas associées au basilic et la pizza vraiment délicieuse, aussi bien la pâte que la garniture. Il y avait très longtemps que je n’en avais pas mangé une aussi bonne, c’est vous dire. Mon acolyte approuve.

Pasta « Ricordi di Mare » (souvenir de la mer) © Greta Garbure

Pasta « Ricordi di Mare » (souvenir de la mer) © Greta Garbure

Impossible de ne pas goûter le gorgonzola — un autre de mes péchés mignons — avant le dessert !

Gorgonzola et parmesan © Greta Garbure

Gorgonzola et parmesan © Greta Garbure

Dolci

Et pour finir, tarte au citron meringuée (8 €) pour moi et « panna cotta kiwi et menthe » (8 €) pour mon partenaire. Tiens comment se fait-il que j’ai aussi une photo de tiramisù (8 €) ? L’animal serait-il encore plus gourmand que Patrick au niveau des desserts et se serait-il fait apporter un peu de rab ? Il faudra qu’un jour, je tente d’élucider ce mystère : pourquoi les hommes sont-ils si souvent des becs sucrés ?

Bon, j’ai trouvé la meringue de ma tarte un peu trop blonde et trop sèche (je l’aime plus blanche et plus souple) mais la tarte elle-même très honorable. Je n’ai pas goûté les desserts de Michel mais il les a fini tous les deux jusqu’au bout, ce qui est bon signe.

Tarte au citron meringuée © Greta Garbure

Tarte au citron meringuée © Greta Garbure

Panna cotta kiwi et menthe © Greta Garbure

Panna cotta kiwi et menthe © Greta Garbure

Tirami-sù © Greta Garbure

Tirami-sù © Greta Garbure

Ne nous quittons pas sans parler des vins auxquels nous avons fait plus qu’honneur ! D’abord à un « Nero d’Avola 2013 de « Terre di Ginestra », un domaine sicilien (31 €) : un rouge au nez de fruits mûrs et de baies rouges, intense, long en bouche, très cerise, avec des tanins très fins, très fondus, tout en souplesse.
Puis avec un  « Puglia » cuvée « Primitivo » 2013 des fiefs de San Marzano (34 €), tout aussi fruité et plaisant.

Nero d'Avoloa 2013 Terre di Ginestra © Greta Garbure

Nero d’Avoloa 2013 Terre di Ginestra © Greta Garbure

Puglia 2013 Feudi di San Marzano © Greta Garbure

Puglia 2013 Feudi di San Marzano © Greta Garbure

Une carte des vins dans laquelle il fait bon piocher.

Vins

Bref, petite adresse très conviviale, moins « bobo » qu’on pourrait le penser au premier abord même si la clientèle est plutôt jeune et le quartier « branchouille ».
Surtout, tout y est fait maison et plutôt bien. Aussi, saluons la jeune chef Rosalia Puglia — et le pizzaiolo — pour cet aimable dîner qui nous a fait passer un très bon moment en Italie.
Dans l’assiette : pas de mauvais goût, que du bon malgré quelques tics décoratifs dont nous espérons que Rosalia saura se débarrasser rapidement !

La chef Rosalia Puglia © Greta Garbure

La chef Rosalia Puglia © Greta Garbure

Saluons également la gentillesse, l’efficacité et le charmant accent (elle est vénitienne) d’Ida qui s’est occupée de notre table avec attention et humour. Et le service, ça compte aussi pour une part dans l’appréciation d’une maison.

Voilà ! Jolie soirée amicale, donc ! On se quitte comme ça ? Non, allez un dernier verre !
Une grappa Poli (5 €) qu’on sirote avec gourmandise en devisant gaiement.

Grappa Poli © Greta Garbure

Grappa Poli © Greta Garbure

Arrivés tôt, nous avons fait durer le plaisir jusqu’au dernier métro (euh, j’ai quand même raté la correspondance !).
Mais bon, c’est pas tous les jours la Sainte Blandine !

Invitation d’une attachée de presse

Blandine Vié

La Cicciolina
11 Rue Crespin du Gast
75011 Paris
Tél : 01 43 55 70 57

 

Bonne table ou… évi-table ?

Matsuri :
une chaîne de restaurants japonais
à comptoir tournant :
populaire et jamais décevant !

Sushi de seiche © Greta Garbure

Sushi de seiche © Greta Garbure

En japonais, MATSURI signifie « fête populaire » ! Et ce nom s’applique parfaitement au concept de la chaîne de restaurants créée en 1986 et reprise en 1996 par Éric Woog, actuel PDG, chaîne qui compte aujourd’hui 20 établissements dont 15 en France, 1 en Suisse et 4 au Maroc.

Éric Woog

Éric Woog

Le principe est original : les plats défilent sous les yeux des clients (assis) grâce à un comptoir tournant. C’est très malin parce qu’on est tenté par toutes ces assiettes-portions à l’exceptionnelle fraîcheur et à la grande variété. C’est le chef japonais Dai Tamura qui les met au point.

Comptoir tournant © Greta Garbure

Comptoir tournant © Greta Garbure

Gunkan sushi œufs de saumon) sur le comptoir tournant © Greta Garbure

Gunkan œufs de saumon sur le comptoir tournant © Greta Garbure

Petits California sous cloche © Greta Garbure

Petits California sous cloche © Greta Garbure

Financier au thé vert matcha sur le comptoir tournant © Greta Garbure

Financier au thé vert matcha sur le comptoir tournant © Greta Garbure

La vocation de Matsuri est de proposer des mets japonais de qualité au plus grand nombre grâce à un comptoir tournant. Cette singularité permet de limiter le nombre de serveurs et d’offrir le meilleur rapport qualité-expérience-prix. Avec un ticket moyen de 20 € et une carte composée à 90% de produits frais — Matsuri travaille avec les plus grands fabricants japonais — le pari est tenu.
Autre originalité : les plats — qui sont préparés sur place, sous les yeux des clients — sont présentés dans de petites assiettes dont la couleur indique le prix : de 2 à 5 €.

Barême du prix des assiettes © Greta Garbure

Barême du prix des assiettes © Greta Garbure

Par ailleurs, les restaurants se distinguent par une décoration chic aux matières nobles (jolis bois blonds).

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Je ne suis pas une experte en cuisine japonaise ni une crudivore acharnée. Les restaurants à sushis sont pléthore, qui vendent surtout du riz avec des petits bouts de n’importe quoi. Du faux japonais de cavalerie très rentable. Je n’aime pas.
Il y a aussi de très grands restaurants japonais avec des chefs d’une dextérité incroyable. Une restauration de luxe trop chère pour se sustenter au quotidien mais une expérience à tenter une fois dans sa vie.
Matsuri constitue une offre intermédiaire que je trouve très satisfaisante : les produits sont bons, très frais et d’une grande diversité ! Par ailleurs, les restaurants sont très conviviaux, que l’on soit en famille ou entre amis.

La preuve en images :

Calmars légèrement épicés © Greta Garbure

Calmars légèrement épicés © Greta Garbure

Makis anguille fumée © Greta Garbure

Makis anguille fumée © Greta Garbure

Sashimis saumon, radis râpé, feuille de shiso © Greta Garbure

Sashimis saumon, radis râpé, feuille de shiso © Greta Garbure

Sushis crevettes © Greta Garbure

Sushis crevettes © Greta Garbure

Tamaki de crevette panée et avocat © Greta Garbure

Tamaki de crevette panée et avocat © Greta Garbure

Tartare de crevettes et dorade © Greta Garbure

Tartare de crevettes et dorade © Greta Garbure

Tataki saumon mi-cuit © Greta Garbure

Tataki saumon mi-cuit © Greta Garbure

Salade d'algues légèrement épicée © Greta Garbure

Salade d’algues légèrement épicée © Greta Garbure

Et je vous recommande vivement le saké chaud, désaltérant et digestif !

Saké chaud © Greta Garbure

Saké chaud © Greta Garbure

 Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Bonne table ou… évi-table !

La cantine Max y Jeremy
Bistrot à tapas
Paris 10e

La Cantine Max y Jeremy © Greta Garbure

C’est avec une amie polonaise de passage à Paris que je suis allée m’encanailler dans ce bistrot à tapas parisien de la rue du Faubourg Saint-Denis, quartier populaire qui se boboïse à la vitesse grand V.
En vous disant ça, je vous dis déjà presque tout.

La cantine « Max y Jeremy » est un bistrot avenant que fréquente une clientèle de quartier plutôt jeune. On y joue la carte tapas parce que c’est tendance mais aussi parce l’un de nos deux protagonistes, Max Gues (qui s’occupe de la logistique) est fou du Pays basque, et Jeremy Gatelet (notre hôtepassionné par l’Espagne.
Tous les deux trentenaires issus d’écoles de commerce et créateurs de Malys, société de service pour les professionnels de la restauration (consulting), ils avaient déjà ouvert ensemble deux précédentes adresses avant de s’établir dans ce coin.

Le comptoir © Greta Garbure

Le comptoir © Greta Garbure

Vue de la salle © Greta Garbure

Vue de la salle © Greta Garbure

Mais passons à table.

C’est l’heure du déjeuner et nous choisissons évidemment des tapas pour commencer, la côte de bœuf de Galice (sélectionnée par Imanol Jaca au Pays basque) n’étant servie que le soir en semaine (le midi seulement le vendredi et le samedi). Dommage car j’aurais bien tenté l’expérience, d’autant que les pièces font entre 900 g et 1,400 kg (prix au kilo : 65 €). Et puis, ma commensale n’a pas l’air très viande.

Nous choisissons chacune trois tapas pour nous les partager : « pan con tomate et pétale de jambon serrano » (4,50 €), accras moresques de morue et cabillaud sauce tomate au piment d’Espelette » (5 €) et « croquetas de bellota » (6 €) pour moi, et « txistorra (saucisse basque au piment) roquette » (5,50 €), « Œuf bio cuit basse température, crème de champignons » (6,50 €) et « crumble de tomates au parmesan » (5,50 €) pour mon acolyte. Prises par trois, les tapas sont à 16 €. Elles sont préparées à la minute.

Ensemble des tapas © Greta Garbure

Ensemble des tapas © Greta Garbure

Pan con tomate © Greta Garbure

Pan con tomate © Greta Garbure

Acras moresques © Greta Garbure

Acras moresques © Greta Garbure

Croquettes de jambon © Greta Garbure

Croquettes de jambon © Greta Garbure

Saucisse txistorra © Greta Garbure

Saucisse txistorra © Greta Garbure

Œuf au velouté de champignons © Greta Garbure

Œuf au velouté de champignons © Greta Garbure

Crumble de tomates, gyozas basques au boudin noir © Greta Garbure

Crumble de tomates, gyozas basques au boudin noir © Greta Garbure

Bon, le pan con tomate, les croquettes et les acras sont… comme là-bas, la txistorra aussi. En revanche l’œuf et sa crème de champignons procurent une drôle de sensation en bouche. Nous aurions préféré que la crème soit servie chaude car son gras laisse un film désagréable sur le palais. Et, bien visible, le germe de l’œuf est présent, pas très ragoûtant ! Étonnement aussi avec le crumble de tomate au parmesan, servi avec des tartines de boudin basque et une étrange crème foisonnée. Boudin et crème, le duo ne fonctionne pas. Nous nous en expliquons d’ailleurs avec Jeremy.

Nous poursuivons avec deux tapas chaudes : une « paëlla de riso » (pâtes langues d’oiseau et petits légumes chorizo, supions et moules » (7,50 €) et un « Parmentier de canard ». La paëlla est jolie dans l’assiette mais les supions un peu mollassons. Quant au Parmentier de canard, il ne casse pas trois pattes à un… canard !

Paëlla de riso © Greta Garbure

Paëlla de riso © Greta Garbure

Parmentier de canard © Greta Garbure

Parmentier de canard © Greta Garbure

Nous décidons de zapper les desserts.

Le premier verre qui nous a été servi pour accompagner cette dînette est un vin espagnol : un Navarra « Señorio de Sarria » Roble 2011 (cépages Garnacha, Tempranillo, merlot) élevé 3 mois en barriques de chêne américain qui se révèle rond et fruité en bouche avec des arômes de fruit rouge et des notes épicées. Il se laisse boire sans déplaisir. Ce ne sera pas le cas des deux suivants : un malbec d’Argentine « La Chamiza polo amateur » 2013 et un carménère chilien « Aromo » (D.O. Maule Valley) 2013.

Vin Señorio de Sarria Roble 2011 © Greta Garbure

Vin Señorio de Sarria Roble 2011 © Greta Garbure

Bon, bon, bon…Tout ça est un peu décevant. Surtout pour quelqu’un qui a l’habitude de la cuisine basque comme c’est mon cas.

Pourtant, il y a beaucoup de gentillesse au niveau de l’accueil et du service et l’on sent une volonté de bien faire.

Cela dit, ne nous en faisons pas trop pour eux. Car il est évident qu’ils ont touché leur cible : une clientèle jeune et branchée dont la motivation première est de passer un bon moment entre copains en buvant un verre et en picorant quelques nourritures dans l’air du temps ! Pas d’avoir une émotion « gastronomique ».

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

La Cantine Max y Jeremy
75, rue du Faubourg Saint-Denis
75010 Paris
M° Château d’eau ou Strasbourg Saint-Denis
Ouvert du lundi au samedi, de 9 h à 2 h du matin
Tél : 09 51 46 29 99
Courriel : cantinemyj@malys.fr

Logo La Cantine Max y Jeremy

Bonne table… ou évi-table !

AL DENTE

Restaurant italien
Paris 7e

Façade Al Dente

Façade Al Dente

Vous le savez déjà si vous êtes l’un de nos fidèles lecteurs, j’ai eu une tranche de vie italienne dont je garde d’excellents souvenirs gourmands. C’est assez dire que je suis toujours partante pour tester un « Italien ».

« Al Dente » se trouve dans le 7e arrondissement de Paris, dans le quartier des ministères et se situe donc d’emblée dans les « Italiens » chics fréquentés par une clientèle dans l’aisance. Le décor est sobre et design — gris, rouge et noir — mais sans les excès du design milanais parfois un peu trop d’avant-garde, en tout cas pour y prendre des repas en toute sérénité.

Salle

Autre de vue de la salle

Ce que l’on remarque en premier, c’est l’efficacité qui règne au niveau du service. Ça ne chôme pas !

Pour bien commencer, impossible de résister au « spritz », cet apéro vénitien auquel nous avons déjà fait allusion et que Patrick et moi apprécions particulièrement. Petit moment de détente qui nous permet de choisir tranquillement ce que nous allons manger.
Et comme nous nous amusons d’un rien, nous trouvons rigolo que Patrick se soit habillé raccord avec les chaudes tonalités dudit breuvage, ne négligeant même pas d’avoir un stylo assorti !

Patrick raccord avec les tonalités su spritz ! © Greta Garbure

Patrick raccord avec les tonalités du spritz ! © Greta Garbure

Les entrées nous séduisent au premier coup d’œil et nous trouvons très maligne la possibilité de les commander en solo ou à partager. Pour nous, ce sera un « Fritto misto de calamars, gambas et éperlans (12,80 € en solo, 18,90 € en duo) et, comme rien ne nous fait peur, telle une grosse cerise sur le gâteau, nous commandons aussi une « Burrata pugliese, tomate cerise et basilic » (14,30 € en solo) car nous avons envie de la goûter et que c’est un test imparable chez les « Italiens ».

Fritto misto de calamars, gambas et éperlans © Greta Garbure

Fritto misto de calamars, gambas et éperlans © Greta Garbure

Burrata pugliese, tomates cerise et basilic © Greta Garbure

Burrata pugliese, tomates cerise et basilic © Greta Garbure

Disons-le tout net, la friture est somptueuse, légère, goûteuse, chacun des éléments qui la composent étant cuits à la perfection. Quant à la burrata, bien que très qualitative, elle aurait peut-être demandé à être émoustillée par un filet d’anchois qui, par contraste, aurait mieux mis en valeur sa crémosité.

L'ardoise des plats du jour © Greta Garbure

L’ardoise des plats du jour © Greta Garbure

Pour le plat, je me décide — après moults atermoiements — pour un grand classique : des « Spaghetti alle vongole (palourdes) » (21,60 €). Patrick choisit plutôt un plat sur l’ardoise du mois :  des « Tagliatelle au ragoût d’agneau  » (22,70 €). Mes spaghetti sont « à la chitara », c’est-à-dire de section carrée car non pas filés mais découpés à l’aide d’une sorte de grille appelée chitara (guitare). Cela leur donne un beau volume en bouche et une mâche plus gourmande que des spaghetti filés. Les palourdes sont délicieuses et le jus subtil. Patrick semble un peu déçu par ses tagliatelle — trop plat de ménage à son goût — mais c’est de ma faute, j’aurais dû lui expliquer qu’en Italie un « ragù » est une sauce longuement mijotée, à base de viande mais pas avec une vraie garniture de viande. C’est tout de même très bon.

Spaghetti alle vongole (palourdes)

Spaghetti alle vongole (palourdes)

Tagliatelle au ragoût d'agneau © Greta Garbure

Tagliatelle au ragoût d’agneau © Greta Garbure

Sur ces plats, nous avons bu des vins au verre et c’est peut-être là que le bât blesse car si la carte des vins italiens est très belle et très diversifiée et qu’il y a quelques vins français (assez peu), au verre (12 cl : 5,60  €) ou à la carafe (25 cl : 9,70 €, 46 cl : 16,8 cl) le choix est réduit à la portion congrue : un vin des Abbruzzes (en blanc, en rosé ou en rouge) qui se laisse boire mais sans nous ébouriffer.

Vient le moment du dessert où, oh surprise, je découvre avec joie un « Baba au limoncello » (11 €) qui a tout de suite mes faveurs. Plus sage (pour une fois), Patrick se « contente » d’une « Glace straciatella et caramel » (maison Pozzetto, 9,30 €).

Baba au limoncello © Greta Garbure

Baba au limoncello © Greta Garbure

Glace stracciatella et caramel © Greta Garbure

Ouvert depuis 9 ans par Sylvain Lindon (oui, oui, le frère de l’autre !) et son épouse Marie, « Al Dente » s’est taillé une jolie réputation dans le quartier, avec une clientèle d’hommes d’affaires au déjeuner et plus familiale au dîner, sans oublier quelques célébrités qui habitent le quartier. Les produits sont bons, les cuissons justes, les plats équilibrés, de quoi satisfaire une clientèle pas extraordinairement experte mais exigeante.
Mentionnons que la carte propose aussi un petit choix de carpaccios (entre 14, 5 et 18,5 €) et une belle déclinaison de pizzas (une dizaine entre 12,9 et 16,5 €).

Allez, un café à l’italienne et Ciao !

Carte 35/40 € hors boissons.

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine et Patrick

Al Dente
38, rue de Varenne
75007 Paris M° Varenne
M° Rue du Bac

Tél : 01 45 48 79 64
Site : http://www.restaurantaldente.com

Ouvert du mardi au samedi de 12 h à 14 h 30
et de 19 h 45 à 22 h 45

Bonne table… ou évi-table !

LÉO DUPONT
Marchand de vin et restaurateur
Paris 6e

La façade

La façade

C’est à Montparnasse que ça se passe, à deux pas du carrefour Vavin — et dans Vavin… il y a vin ! — et ça fait du bien au quartier, certes déjà pourvu en restaurants un peu chicos mais où un bar à vins « cave à manger » manquait cruellement.

En plus, l’endroit est mythique puisqu’il se situe à l’entrée de la rue de la Grande Chaumière qui fut, de la toute fin du XIXe siècle jusqu’aux années trente-quarante, LA rue des ateliers d’artistes à l’époque où Montparnasse était le creuset de la « nouvelle » peinture française et grouillait d’intellectuels (Max Jacob, Blaise Cendrars, André Breton, Apollinaire, Léon-Paul Fargue, Jean-Paul Sartre, Jean Cocteau, Raymond Radiguet), d’écrivains américains (Miller, Hemingway) et bien sûr de peintres (Picasso, Matisse, Juan Gris, Soutine, Chagall, Léger, Marcel Duchamp, Fujita, Bourdelle, le Douanier Rousseau et j’en passe), sans oublier leur muse (et amante) à tous : Kiki de Montparnasse, immortalisée par Man Ray. La rue de la Grande Chaumière fut plus précisément le repaire de Gauguin et de Modigliani.
Et au 16 — où se tient le bar à vins — il y avait déjà un bistrot qui fut repris par Castelucho-Diana, le premier marchand de couleurs à s’établir dans la rue. Pour l’anecdote, c’est lui qui vendra et fera livrer à Picasso la toile brute sur laquelle le maître peindra Guernica.
Le lieu redeviendra un bistrot dans les années 60.

L’une des choses qui frappent le plus quand on a poussé la porte de la pimpante devanture ripolinée en jaune poussin et qu’on s’est avancé jusqu’à la salle du fond, c’est donc le beau volume de la verrière lumineuse qui évoque l’un de ces ateliers qu’on imagine autrefois encombrés de chevalets, de toiles, et d’amis un peu miséreux tâtant certainement de la bouteille mais crevant de faim.

La verrière © Greta Garbure

La verrière © Greta Garbure

La salle ouvrant sur l'arrière-cour

La salle ouvrant sur l’arrière-cour

La salle de la verrière et son mur-expo © Greta Garbure

La salle de la verrière et son mur-expo © Greta Garbure

Une autre vue de la salle (dos à la cour) © Greta Garbure

Une autre vue de la salle (dos à la cour) © Greta Garbure

Alors, je ne sais pas pour vous, mais moi qui ai un passé d’étudiante en Histoire de l’Art, ça m’émeut et le lieu me parle tout de suite. Patrick s’attarde d’abord dans la première salle car, avec son long comptoir, c’est là que se tient la cave à vins et tous ses trésors et c’est quand même sa partie.

La cave à vin et l'amorce du comptoir

La cave à vin et l’amorce du comptoir

L'armoire à vins © Greta Garbure

L’armoire à vins © Greta Garbure

Mais il fait soif et le verre de l’apéro — un menetou-salon 2012 du domaine Philippe Gilbert — est le bienvenu.

Menetou-Salon 2012 © Greta Garbure

Menetou-Salon 2012 © Greta Garbure

Nous en profitons pour faire notre choix sur une carte courte mais plaisante, comme j’aime bien. D’une part, ça évite de se prendre la tête pendant des heures pour se décider et d’autre part, ça laisse à penser que les produits sont frais et que tout est fait maison, ce qui est le cas ici.

Comme il fait un peu frisquet en cette fin novembre, j’opte pour la « soupe de châtaigne au foie gras » (12 €) tandis que Patrick, plus audacieux, ose un « tartare de haddock et poire au vinaigre de cidre (avec céleri-branche et coriandre) » (12 €) que je goûterai quand même puisque nous partageons (presque) tout équitablement. Le foie gras « au naturel » vient de la maison Cauna dans les Landes (ferme de Jean Sarthe, Les Délices de Saint-Orens).

Ces deux entrées sont épatantes, cuisinées avec simplicité mais élégance, très goûteuses, et nous laissent augurer d’une suite émoustillante pour nos papilles.
Comme ces deux premières assiettes sont un peu disparates (chaud et froid ; légumes/foie gras et poisson fumé/fruit), nous avons gardé le même vin, même s’il y aurait sans doute eu des accords plus pertinents. Mais tout va pour le mieux.

Soupe de châtaigne au foie gras © Greta Garbure

Soupe de châtaigne au foie gras © Greta Garbure

Tartare de haddock et poire au vinaigre de cidre © Greta Garbure

Tartare de haddock et poire au vinaigre de cidre © Greta Garbure

Nos plats arrivent, réjouissants à souhait à l’œil et, nous allons le découvrir aussitôt, encore plus en bouche. Notre choix s’est porté sur un « onglet de veau grillé, jus de veau au poivre de Setchuan, pommes de terre rissolées, pleurotes et lardons » (21 €) pour Patrick qui a une prédilection pour l’onglet, et un « suprême de pintade fermière, poêlée de légumes (poireaux, carottes, panais, chou romanesco) » (plat du jour du menu à 20 €) pour moi qui suis dans un cycle très « volailles ».
Les cuissons sont ajustées au petit poil, le suprême est un vrai suprême — comme expliqué ici :
http://gretagarbure.com/2013/12/28/les-mots-des-mets-la-saveur-cachee-des-mots-30/ —, les garnitures joliment travaillées, l’harmonie des saveurs fonctionnant comme un camaïeu.
En un mot, nous sommes heureux, nos palais et nos estomacs aussi !
Bravo donc à Émilie qui s’occupe du contenu des assiettes !

Onglet de veau grillé, jus de veau au poivre de Setchuan © Greta Garbure

Onglet de veau grillé, jus de veau au poivre de Setchuan © Greta Garbure

Suprême de pintade fermière, poêlée de légumes anciens © Greta Garbure

Suprême de pintade fermière, poêlée de légumes © Greta Garbure

Nous accompagnons nos plats du même vin : un rasteau 2010 domaine du Trapadis (Helen Durand vigneron) qui fonctionne assez moyennement avec les deux mais qui est fédérateur sur deux plats antinomiques. Quoique le reuilly qui suivait aurait été beaucoup plus adapté.

Rasteau 2010 © Greta Garbure

Rasteau 2010 © Greta Garbure

Bon, comme souvent — quand il n’y a pas de baba ! — je renâcle un peu devant le sucré et préfère terminer mon repas par une « assiette de fromages » (12 €). Ce n’est pas le cas de Patrick qui s’octroie des « croustillants au sésame, crème à la fleur d’oranger et cerises amarena » (9 €), un dessert tout en légèreté.

L'assiette de fromages © Greta Garbure

L’assiette de fromages © Greta Garbure

Croustillants aux sésames, crème à la fleur d'oranger et cerises amarena © Greta Garbure

Croustillants aux sésames, crème à la fleur d’oranger et cerises amarena © Greta Garbure

Pas vraiment avec mais histoire de goûter un vin supplémentaire, nous buvons un Reuilly 2013 de chez Jacques Rouzé.

Reuilly 2013 © Greta Garbure

Reuilly 2013 © Greta Garbure

Et c’est là que se manifeste l’enthousiasme délirant de Patrick :
Eh bien oui parce que j’ai plus souvent l’habitude d’incendier les cartes des restaurants qui plument le con-sommateur plutôt que de leur tresser une couronne de laurier mais là « pas d’aigreur, c’est le sieur » Armand qui nous réjouit à la fois le cœur et l’esprit !

Dans l’assiette comme dans le verre, on a rendez-vous avec le plaisir, c’est déjà bien, mais aussi et c’est plus rare, avec l’honnêteté ! Quand on reconnaît les vins et les noms de tous ces producteurs, amis ou brièvement rencontrés, on devine que l’on est dans une bonne maison. De plus, d’un simple coup d’œil à la colonne de droite, on sait immédiatement que l’on va pouvoir s’offrir de beaux plats ET de jolies bouteilles, sans piocher dans son compte-épargne-logement.

Croyez-en notre longue expérience des cartes de vins indigentes et aux tarifs injustifiés, vous serez en face d’un des meilleurs rapports prix-sourire de tout Paris. Faites votre choix ou confiez votre sort au patron, vous ne le regretterez pas.
Son discours est celui d’un véritable amoureux des produits, solides et liquides. Les connaisseurs seront en pays de connaissance ; quelques exemples qui vous parleront ou pas :

Carte des vins rouges :

Carte des vins rouges

Carte des vins rouges Léo Dupont

Carte des vins blancs :

Carte des vins blancs Léo Dupont

Carte des vins blancs Léo Dupont

Vignerons bios, nature ou traditionnels et grands amateurs ne s’y trompent pas : l’endroit est en train de devenir une adresse culte, in-con-tour-na-ble !

Cave à manger ou restaurant à boire, on s’y sent bien. Greta Garbure y a évidemment déposé son rond de serviette.

Rond de serviette

Émilie et Armand © Greta Garbure

Émilie et Armand © Greta Garbure

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine & Patrick

 Léo Dupont
16, rue de la Grande Chaumière
75006 Paris
M° Vavin
Tél : 01 43 29 43 31
Site : http://www.leodupont.com
Programme des expositions sur internet.