Catégorie: Restos

Bonne table ou… évi-table !

La cantine Max y Jeremy
Bistrot à tapas
Paris 10e

La Cantine Max y Jeremy © Greta Garbure

C’est avec une amie polonaise de passage à Paris que je suis allée m’encanailler dans ce bistrot à tapas parisien de la rue du Faubourg Saint-Denis, quartier populaire qui se boboïse à la vitesse grand V.
En vous disant ça, je vous dis déjà presque tout.

La cantine « Max y Jeremy » est un bistrot avenant que fréquente une clientèle de quartier plutôt jeune. On y joue la carte tapas parce que c’est tendance mais aussi parce l’un de nos deux protagonistes, Max Gues (qui s’occupe de la logistique) est fou du Pays basque, et Jeremy Gatelet (notre hôtepassionné par l’Espagne.
Tous les deux trentenaires issus d’écoles de commerce et créateurs de Malys, société de service pour les professionnels de la restauration (consulting), ils avaient déjà ouvert ensemble deux précédentes adresses avant de s’établir dans ce coin.

Le comptoir © Greta Garbure

Le comptoir © Greta Garbure

Vue de la salle © Greta Garbure

Vue de la salle © Greta Garbure

Mais passons à table.

C’est l’heure du déjeuner et nous choisissons évidemment des tapas pour commencer, la côte de bœuf de Galice (sélectionnée par Imanol Jaca au Pays basque) n’étant servie que le soir en semaine (le midi seulement le vendredi et le samedi). Dommage car j’aurais bien tenté l’expérience, d’autant que les pièces font entre 900 g et 1,400 kg (prix au kilo : 65 €). Et puis, ma commensale n’a pas l’air très viande.

Nous choisissons chacune trois tapas pour nous les partager : « pan con tomate et pétale de jambon serrano » (4,50 €), accras moresques de morue et cabillaud sauce tomate au piment d’Espelette » (5 €) et « croquetas de bellota » (6 €) pour moi, et « txistorra (saucisse basque au piment) roquette » (5,50 €), « Œuf bio cuit basse température, crème de champignons » (6,50 €) et « crumble de tomates au parmesan » (5,50 €) pour mon acolyte. Prises par trois, les tapas sont à 16 €. Elles sont préparées à la minute.

Ensemble des tapas © Greta Garbure

Ensemble des tapas © Greta Garbure

Pan con tomate © Greta Garbure

Pan con tomate © Greta Garbure

Acras moresques © Greta Garbure

Acras moresques © Greta Garbure

Croquettes de jambon © Greta Garbure

Croquettes de jambon © Greta Garbure

Saucisse txistorra © Greta Garbure

Saucisse txistorra © Greta Garbure

Œuf au velouté de champignons © Greta Garbure

Œuf au velouté de champignons © Greta Garbure

Crumble de tomates, gyozas basques au boudin noir © Greta Garbure

Crumble de tomates, gyozas basques au boudin noir © Greta Garbure

Bon, le pan con tomate, les croquettes et les acras sont… comme là-bas, la txistorra aussi. En revanche l’œuf et sa crème de champignons procurent une drôle de sensation en bouche. Nous aurions préféré que la crème soit servie chaude car son gras laisse un film désagréable sur le palais. Et, bien visible, le germe de l’œuf est présent, pas très ragoûtant ! Étonnement aussi avec le crumble de tomate au parmesan, servi avec des tartines de boudin basque et une étrange crème foisonnée. Boudin et crème, le duo ne fonctionne pas. Nous nous en expliquons d’ailleurs avec Jeremy.

Nous poursuivons avec deux tapas chaudes : une « paëlla de riso » (pâtes langues d’oiseau et petits légumes chorizo, supions et moules » (7,50 €) et un « Parmentier de canard ». La paëlla est jolie dans l’assiette mais les supions un peu mollassons. Quant au Parmentier de canard, il ne casse pas trois pattes à un… canard !

Paëlla de riso © Greta Garbure

Paëlla de riso © Greta Garbure

Parmentier de canard © Greta Garbure

Parmentier de canard © Greta Garbure

Nous décidons de zapper les desserts.

Le premier verre qui nous a été servi pour accompagner cette dînette est un vin espagnol : un Navarra « Señorio de Sarria » Roble 2011 (cépages Garnacha, Tempranillo, merlot) élevé 3 mois en barriques de chêne américain qui se révèle rond et fruité en bouche avec des arômes de fruit rouge et des notes épicées. Il se laisse boire sans déplaisir. Ce ne sera pas le cas des deux suivants : un malbec d’Argentine « La Chamiza polo amateur » 2013 et un carménère chilien « Aromo » (D.O. Maule Valley) 2013.

Vin Señorio de Sarria Roble 2011 © Greta Garbure

Vin Señorio de Sarria Roble 2011 © Greta Garbure

Bon, bon, bon…Tout ça est un peu décevant. Surtout pour quelqu’un qui a l’habitude de la cuisine basque comme c’est mon cas.

Pourtant, il y a beaucoup de gentillesse au niveau de l’accueil et du service et l’on sent une volonté de bien faire.

Cela dit, ne nous en faisons pas trop pour eux. Car il est évident qu’ils ont touché leur cible : une clientèle jeune et branchée dont la motivation première est de passer un bon moment entre copains en buvant un verre et en picorant quelques nourritures dans l’air du temps ! Pas d’avoir une émotion « gastronomique ».

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

La Cantine Max y Jeremy
75, rue du Faubourg Saint-Denis
75010 Paris
M° Château d’eau ou Strasbourg Saint-Denis
Ouvert du lundi au samedi, de 9 h à 2 h du matin
Tél : 09 51 46 29 99
Courriel : cantinemyj@malys.fr

Logo La Cantine Max y Jeremy

Bonne table… ou évi-table !

AL DENTE

Restaurant italien
Paris 7e

Façade Al Dente

Façade Al Dente

Vous le savez déjà si vous êtes l’un de nos fidèles lecteurs, j’ai eu une tranche de vie italienne dont je garde d’excellents souvenirs gourmands. C’est assez dire que je suis toujours partante pour tester un « Italien ».

« Al Dente » se trouve dans le 7e arrondissement de Paris, dans le quartier des ministères et se situe donc d’emblée dans les « Italiens » chics fréquentés par une clientèle dans l’aisance. Le décor est sobre et design — gris, rouge et noir — mais sans les excès du design milanais parfois un peu trop d’avant-garde, en tout cas pour y prendre des repas en toute sérénité.

Salle

Autre de vue de la salle

Ce que l’on remarque en premier, c’est l’efficacité qui règne au niveau du service. Ça ne chôme pas !

Pour bien commencer, impossible de résister au « spritz », cet apéro vénitien auquel nous avons déjà fait allusion et que Patrick et moi apprécions particulièrement. Petit moment de détente qui nous permet de choisir tranquillement ce que nous allons manger.
Et comme nous nous amusons d’un rien, nous trouvons rigolo que Patrick se soit habillé raccord avec les chaudes tonalités dudit breuvage, ne négligeant même pas d’avoir un stylo assorti !

Patrick raccord avec les tonalités su spritz ! © Greta Garbure

Patrick raccord avec les tonalités du spritz ! © Greta Garbure

Les entrées nous séduisent au premier coup d’œil et nous trouvons très maligne la possibilité de les commander en solo ou à partager. Pour nous, ce sera un « Fritto misto de calamars, gambas et éperlans (12,80 € en solo, 18,90 € en duo) et, comme rien ne nous fait peur, telle une grosse cerise sur le gâteau, nous commandons aussi une « Burrata pugliese, tomate cerise et basilic » (14,30 € en solo) car nous avons envie de la goûter et que c’est un test imparable chez les « Italiens ».

Fritto misto de calamars, gambas et éperlans © Greta Garbure

Fritto misto de calamars, gambas et éperlans © Greta Garbure

Burrata pugliese, tomates cerise et basilic © Greta Garbure

Burrata pugliese, tomates cerise et basilic © Greta Garbure

Disons-le tout net, la friture est somptueuse, légère, goûteuse, chacun des éléments qui la composent étant cuits à la perfection. Quant à la burrata, bien que très qualitative, elle aurait peut-être demandé à être émoustillée par un filet d’anchois qui, par contraste, aurait mieux mis en valeur sa crémosité.

L'ardoise des plats du jour © Greta Garbure

L’ardoise des plats du jour © Greta Garbure

Pour le plat, je me décide — après moults atermoiements — pour un grand classique : des « Spaghetti alle vongole (palourdes) » (21,60 €). Patrick choisit plutôt un plat sur l’ardoise du mois :  des « Tagliatelle au ragoût d’agneau  » (22,70 €). Mes spaghetti sont « à la chitara », c’est-à-dire de section carrée car non pas filés mais découpés à l’aide d’une sorte de grille appelée chitara (guitare). Cela leur donne un beau volume en bouche et une mâche plus gourmande que des spaghetti filés. Les palourdes sont délicieuses et le jus subtil. Patrick semble un peu déçu par ses tagliatelle — trop plat de ménage à son goût — mais c’est de ma faute, j’aurais dû lui expliquer qu’en Italie un « ragù » est une sauce longuement mijotée, à base de viande mais pas avec une vraie garniture de viande. C’est tout de même très bon.

Spaghetti alle vongole (palourdes)

Spaghetti alle vongole (palourdes)

Tagliatelle au ragoût d'agneau © Greta Garbure

Tagliatelle au ragoût d’agneau © Greta Garbure

Sur ces plats, nous avons bu des vins au verre et c’est peut-être là que le bât blesse car si la carte des vins italiens est très belle et très diversifiée et qu’il y a quelques vins français (assez peu), au verre (12 cl : 5,60  €) ou à la carafe (25 cl : 9,70 €, 46 cl : 16,8 cl) le choix est réduit à la portion congrue : un vin des Abbruzzes (en blanc, en rosé ou en rouge) qui se laisse boire mais sans nous ébouriffer.

Vient le moment du dessert où, oh surprise, je découvre avec joie un « Baba au limoncello » (11 €) qui a tout de suite mes faveurs. Plus sage (pour une fois), Patrick se « contente » d’une « Glace straciatella et caramel » (maison Pozzetto, 9,30 €).

Baba au limoncello © Greta Garbure

Baba au limoncello © Greta Garbure

Glace stracciatella et caramel © Greta Garbure

Ouvert depuis 9 ans par Sylvain Lindon (oui, oui, le frère de l’autre !) et son épouse Marie, « Al Dente » s’est taillé une jolie réputation dans le quartier, avec une clientèle d’hommes d’affaires au déjeuner et plus familiale au dîner, sans oublier quelques célébrités qui habitent le quartier. Les produits sont bons, les cuissons justes, les plats équilibrés, de quoi satisfaire une clientèle pas extraordinairement experte mais exigeante.
Mentionnons que la carte propose aussi un petit choix de carpaccios (entre 14, 5 et 18,5 €) et une belle déclinaison de pizzas (une dizaine entre 12,9 et 16,5 €).

Allez, un café à l’italienne et Ciao !

Carte 35/40 € hors boissons.

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine et Patrick

Al Dente
38, rue de Varenne
75007 Paris M° Varenne
M° Rue du Bac

Tél : 01 45 48 79 64
Site : http://www.restaurantaldente.com

Ouvert du mardi au samedi de 12 h à 14 h 30
et de 19 h 45 à 22 h 45

Bonne table… ou évi-table !

LÉO DUPONT
Marchand de vin et restaurateur
Paris 6e

La façade

La façade

C’est à Montparnasse que ça se passe, à deux pas du carrefour Vavin — et dans Vavin… il y a vin ! — et ça fait du bien au quartier, certes déjà pourvu en restaurants un peu chicos mais où un bar à vins « cave à manger » manquait cruellement.

En plus, l’endroit est mythique puisqu’il se situe à l’entrée de la rue de la Grande Chaumière qui fut, de la toute fin du XIXe siècle jusqu’aux années trente-quarante, LA rue des ateliers d’artistes à l’époque où Montparnasse était le creuset de la « nouvelle » peinture française et grouillait d’intellectuels (Max Jacob, Blaise Cendrars, André Breton, Apollinaire, Léon-Paul Fargue, Jean-Paul Sartre, Jean Cocteau, Raymond Radiguet), d’écrivains américains (Miller, Hemingway) et bien sûr de peintres (Picasso, Matisse, Juan Gris, Soutine, Chagall, Léger, Marcel Duchamp, Fujita, Bourdelle, le Douanier Rousseau et j’en passe), sans oublier leur muse (et amante) à tous : Kiki de Montparnasse, immortalisée par Man Ray. La rue de la Grande Chaumière fut plus précisément le repaire de Gauguin et de Modigliani.
Et au 16 — où se tient le bar à vins — il y avait déjà un bistrot qui fut repris par Castelucho-Diana, le premier marchand de couleurs à s’établir dans la rue. Pour l’anecdote, c’est lui qui vendra et fera livrer à Picasso la toile brute sur laquelle le maître peindra Guernica.
Le lieu redeviendra un bistrot dans les années 60.

L’une des choses qui frappent le plus quand on a poussé la porte de la pimpante devanture ripolinée en jaune poussin et qu’on s’est avancé jusqu’à la salle du fond, c’est donc le beau volume de la verrière lumineuse qui évoque l’un de ces ateliers qu’on imagine autrefois encombrés de chevalets, de toiles, et d’amis un peu miséreux tâtant certainement de la bouteille mais crevant de faim.

La verrière © Greta Garbure

La verrière © Greta Garbure

La salle ouvrant sur l'arrière-cour

La salle ouvrant sur l’arrière-cour

La salle de la verrière et son mur-expo © Greta Garbure

La salle de la verrière et son mur-expo © Greta Garbure

Une autre vue de la salle (dos à la cour) © Greta Garbure

Une autre vue de la salle (dos à la cour) © Greta Garbure

Alors, je ne sais pas pour vous, mais moi qui ai un passé d’étudiante en Histoire de l’Art, ça m’émeut et le lieu me parle tout de suite. Patrick s’attarde d’abord dans la première salle car, avec son long comptoir, c’est là que se tient la cave à vins et tous ses trésors et c’est quand même sa partie.

La cave à vin et l'amorce du comptoir

La cave à vin et l’amorce du comptoir

L'armoire à vins © Greta Garbure

L’armoire à vins © Greta Garbure

Mais il fait soif et le verre de l’apéro — un menetou-salon 2012 du domaine Philippe Gilbert — est le bienvenu.

Menetou-Salon 2012 © Greta Garbure

Menetou-Salon 2012 © Greta Garbure

Nous en profitons pour faire notre choix sur une carte courte mais plaisante, comme j’aime bien. D’une part, ça évite de se prendre la tête pendant des heures pour se décider et d’autre part, ça laisse à penser que les produits sont frais et que tout est fait maison, ce qui est le cas ici.

Comme il fait un peu frisquet en cette fin novembre, j’opte pour la « soupe de châtaigne au foie gras » (12 €) tandis que Patrick, plus audacieux, ose un « tartare de haddock et poire au vinaigre de cidre (avec céleri-branche et coriandre) » (12 €) que je goûterai quand même puisque nous partageons (presque) tout équitablement. Le foie gras « au naturel » vient de la maison Cauna dans les Landes (ferme de Jean Sarthe, Les Délices de Saint-Orens).

Ces deux entrées sont épatantes, cuisinées avec simplicité mais élégance, très goûteuses, et nous laissent augurer d’une suite émoustillante pour nos papilles.
Comme ces deux premières assiettes sont un peu disparates (chaud et froid ; légumes/foie gras et poisson fumé/fruit), nous avons gardé le même vin, même s’il y aurait sans doute eu des accords plus pertinents. Mais tout va pour le mieux.

Soupe de châtaigne au foie gras © Greta Garbure

Soupe de châtaigne au foie gras © Greta Garbure

Tartare de haddock et poire au vinaigre de cidre © Greta Garbure

Tartare de haddock et poire au vinaigre de cidre © Greta Garbure

Nos plats arrivent, réjouissants à souhait à l’œil et, nous allons le découvrir aussitôt, encore plus en bouche. Notre choix s’est porté sur un « onglet de veau grillé, jus de veau au poivre de Setchuan, pommes de terre rissolées, pleurotes et lardons » (21 €) pour Patrick qui a une prédilection pour l’onglet, et un « suprême de pintade fermière, poêlée de légumes (poireaux, carottes, panais, chou romanesco) » (plat du jour du menu à 20 €) pour moi qui suis dans un cycle très « volailles ».
Les cuissons sont ajustées au petit poil, le suprême est un vrai suprême — comme expliqué ici :
http://gretagarbure.com/2013/12/28/les-mots-des-mets-la-saveur-cachee-des-mots-30/ —, les garnitures joliment travaillées, l’harmonie des saveurs fonctionnant comme un camaïeu.
En un mot, nous sommes heureux, nos palais et nos estomacs aussi !
Bravo donc à Émilie qui s’occupe du contenu des assiettes !

Onglet de veau grillé, jus de veau au poivre de Setchuan © Greta Garbure

Onglet de veau grillé, jus de veau au poivre de Setchuan © Greta Garbure

Suprême de pintade fermière, poêlée de légumes anciens © Greta Garbure

Suprême de pintade fermière, poêlée de légumes © Greta Garbure

Nous accompagnons nos plats du même vin : un rasteau 2010 domaine du Trapadis (Helen Durand vigneron) qui fonctionne assez moyennement avec les deux mais qui est fédérateur sur deux plats antinomiques. Quoique le reuilly qui suivait aurait été beaucoup plus adapté.

Rasteau 2010 © Greta Garbure

Rasteau 2010 © Greta Garbure

Bon, comme souvent — quand il n’y a pas de baba ! — je renâcle un peu devant le sucré et préfère terminer mon repas par une « assiette de fromages » (12 €). Ce n’est pas le cas de Patrick qui s’octroie des « croustillants au sésame, crème à la fleur d’oranger et cerises amarena » (9 €), un dessert tout en légèreté.

L'assiette de fromages © Greta Garbure

L’assiette de fromages © Greta Garbure

Croustillants aux sésames, crème à la fleur d'oranger et cerises amarena © Greta Garbure

Croustillants aux sésames, crème à la fleur d’oranger et cerises amarena © Greta Garbure

Pas vraiment avec mais histoire de goûter un vin supplémentaire, nous buvons un Reuilly 2013 de chez Jacques Rouzé.

Reuilly 2013 © Greta Garbure

Reuilly 2013 © Greta Garbure

Et c’est là que se manifeste l’enthousiasme délirant de Patrick :
Eh bien oui parce que j’ai plus souvent l’habitude d’incendier les cartes des restaurants qui plument le con-sommateur plutôt que de leur tresser une couronne de laurier mais là « pas d’aigreur, c’est le sieur » Armand qui nous réjouit à la fois le cœur et l’esprit !

Dans l’assiette comme dans le verre, on a rendez-vous avec le plaisir, c’est déjà bien, mais aussi et c’est plus rare, avec l’honnêteté ! Quand on reconnaît les vins et les noms de tous ces producteurs, amis ou brièvement rencontrés, on devine que l’on est dans une bonne maison. De plus, d’un simple coup d’œil à la colonne de droite, on sait immédiatement que l’on va pouvoir s’offrir de beaux plats ET de jolies bouteilles, sans piocher dans son compte-épargne-logement.

Croyez-en notre longue expérience des cartes de vins indigentes et aux tarifs injustifiés, vous serez en face d’un des meilleurs rapports prix-sourire de tout Paris. Faites votre choix ou confiez votre sort au patron, vous ne le regretterez pas.
Son discours est celui d’un véritable amoureux des produits, solides et liquides. Les connaisseurs seront en pays de connaissance ; quelques exemples qui vous parleront ou pas :

Carte des vins rouges :

Carte des vins rouges

Carte des vins rouges Léo Dupont

Carte des vins blancs :

Carte des vins blancs Léo Dupont

Carte des vins blancs Léo Dupont

Vignerons bios, nature ou traditionnels et grands amateurs ne s’y trompent pas : l’endroit est en train de devenir une adresse culte, in-con-tour-na-ble !

Cave à manger ou restaurant à boire, on s’y sent bien. Greta Garbure y a évidemment déposé son rond de serviette.

Rond de serviette

Émilie et Armand © Greta Garbure

Émilie et Armand © Greta Garbure

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine & Patrick

 Léo Dupont
16, rue de la Grande Chaumière
75006 Paris
M° Vavin
Tél : 01 43 29 43 31
Site : http://www.leodupont.com
Programme des expositions sur internet.

Bonne table… ou évi-table !

Les Climats

Restaurant chic dédié aux vins de Bourgogne
Paris 7e

La belle salle © Christine Tamalet

La belle salle style Art déco © Christine Tamalet

Nous étions déjà venus en juillet 2013 et comme il faisait très beau, nous avions déjeuné dans le délicieux petit jardin de poupée. Comme nous vous l’avons raconté en septembre 2013, ça nous avait bien plu et d’ailleurs, nous y avions laissé le rond de serviette de Greta Garbure sans barguigner ! Pour lire ce premier compte-rendu, c’est là : http://gretagarbure.com/2013/09/12/bonne-table-ou-evitable-7/

Mais très peu de temps après notre passage, le chef Chi Tam Phan était parti et avait été remplacé par Julien Boscus.

Julien Boscus © Greta Garbure

Julien Boscus © Greta Garbure

En juin dernier, j’ai eu une première fois l’occasion de goûter la cuisine de ce jeune chef lors d’un déjeuner de presse autour de l’époisses qui m’avait enthousiasmée, comme je vous l’ai narré ici : http://gretagarbure.com/2014/06/12/dejeuners-de-presse-13/

La salle avec la verrière © Greta Garbure

La salle avec la verrière © Greta Garbure

Toutefois un déjeuner de presse, c’est particulier et ça ne reflète pas forcément la cuisine de l’endroit, en tout cas pas toutes ses facettes, aussi j’avais très envie de revenir.

Dérogeant aux habitudes, ce n’est pas avec Patrick que j’ai testé à nouveau cette table mais avec, avec… ?

J'attends une invitée surprise ! © Greta Garbure

J’attends une invitée surprise ! © Greta Garbure

Avec une copine comédienne et chanteuse de grand talent : la ravissante Brigitte Chamarande ! Et ce n’est rien de le dire, il faut la voir sur scène !

Brigitte Chamarande © Greta Garbure

Brigitte Chamarande © Greta Garbure

Et j’incite vivement tous ceux qui aiment le rock à venir la voir et l’écouter le samedi 28 mars à 20 h 30
dans son spectacle « Rodeo drive rock’n’roll tour » à la Flèche d’Or
(102 bis, rue de Bagnolet, 75020 Paris – tél. 01 44 64 01 02 ou flechedor.fr pour les réservations).
Vous verrez : ça déménage !


•    •

Bon, je replante rapidement le décor : le restaurant est situé dans l’immeuble qui fut autrefois l’hôtel particulier des « Demoiselles de la Poste ». Le style Art Nouveau (revisité par la décoratrice Bambi Sloan) est superbe et la cave, entièrement dédiée aux vins de Bourgogne, somptueuse !

Rappelons que dans le vignoble bourguignon, le mot « climat » désigne un lieu-dit cadastré caractérisé par un type de sol et un microclimat. D’où le nom du restaurant.

Les Climats © Christine Tamalet

Les Climats © Christine Tamalet

Mais commençons par le verre de l’apéro. Le toujours très sémillant sommelier Franck-Emmanuel Mondésir (que j’ai connu précédemment au restaurant « Oth Sombath » et dont nous ferons sans doute le portrait un jour prochain) nous suggère un Ladoix 1er cru « Les Gréchons » 2011 blanc du domaine Chevalier qui nous séduit immédiatement. Les petites gougères au comté révèlent bien son « gras », l’amuse-bouche « potimarronné » aussi.

Ladoix 1er cru chevalier © Greta Garbure

Ladoix 1er cru chevalier © Greta Garbure

Amuse-bouche potimarronné © Greta Garbure

Oui, le Ladoix nous plaît tellement que nous décidons d’en reprendre un verre sur l’entrée : des « Langoustines rôties dans un beurre au saté maison, poitrine de cochon grillée, champignons sauvages et concombres » (28 €) pour Brigitte et des « Saint-Jacques saisies minute, onctueux de châtaignes, beurre d’agrumes et pommes granny smith » (28 €) pour moi bien que le « Tourteau relevé de fins aromates et sauce aux fruits de la passion, encornets, avocats et pamplemousses roses » (27 €) m’ait fait longuement hésiter. C’est délicieux, les cuissons sont précises, l’harmonie avec les « atours » fonctionne impeccablement, c’est aimable, de la dentelle ! Et précisons que les champignons sauvages sont français.

Langoustines rôties © Greta Garbure

Langoustines rôties © Greta Garbure

Saint-Jacques saisies minute © Greta Garbure

Saint-Jacques saisies minute © Greta Garbure

Hésitation toujours pour le plat ! Ah ! quel dilemme que la lecture d’une carte où tout est tentant ! Voyons, voyons : le « Lièvre de Beauce en deux façons, râble lardé cuit à la goutte de sang, feuille de chou sablée de poudre d’amande, navets glacés à la fine de Bourgogne et sirop d’érable ; cuisse en civet traditionnel, crème de panais et foie gras » (42 €) m’attire irrésistiblement mais est-ce bien raisonnable ? Je ne peux m’empêcher de penser que ce serait le plat que Patrick aurait choisi. Il y a aussi du chevreuil (44 €).
Le poisson a l’air de tenter mon amie Brigitte. « Turbot poché à four doux, crème onctueuse de choux-fleurs, sommités multicolores et andouille de Guéméné, beurre blanc relevé à la moutarde à l’ancienne » (36 €) ou « Bar sauvage braisé dans un fumet, tartare d’huîtres fines de claires au gingembre, feuille de pain de seigle, duxelles de champignons rosés et velouté de cresson » (38 €) ? Ce sera turbot !

Bar sauvage braisé tartare d'huîtres © Greta Garbure

Bar sauvage braisé tartare d’huîtres © Greta Garbure

Moi, finalement, je craque pour le « Veau et truffe de Bourgogne, quasi cuit à la ficelle, gnocchi au parmesan et légumes d’automne, bouillon relevé d’un condiment truffe » (37 €).

Veau et truffe de Bourgogne © Greta Garbure

Veau et truffe de Bourgogne © Greta Garbure

Pour accompagner ces plats très joliment dressés, Franck-Emmanuel nous sert un verre de Saint-Aubin 1er cru 2011 du domaine « Au pied du Mont Chauve ».

Saint-Aubin 1er cru © Greta Garbure

Saint-Aubin 1er cru © Greta Garbure

Régal sur toute la ligne ! Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que ces assiettes qui paraissent compliquées lorsqu’on lit leur intitulé — et qui représentent un travail de forçat en cuisine — sont évidentes lorsqu’on les déguste car tous les éléments qui les composent ne sont pas simplement juxtaposés mais fonctionnent comme les pièces d’un puzzle parfaitement assemblé. Une prouesse qui me bluffe car je n’aime pas quand la surenchère est gratuite dans l’assiette, ce qui est souvent le cas. Mais là, je le dis et je le répète, c’est une symphonie en bouche !

Bon, ni Brigitte ni moi n’avons envie de prendre de dessert et comme Patrick n’est pas là pour faire du forcing, nous sommes d’emblée d’accord pour clore ce repas d’anthologie par le fromage emblématique de la Bourgogne : l’époisses… mais travaillé en « crémeux, salade de légumes croquants au vinaigre de cidre et pain d’épices maison » (12 €). Une très jolie manière d’endimancher ce fromage sur lequel Franck-Emmanuel insiste pour nous servir du rouge — un verre de Gevrey-Chambertin 2011 cuvée « Vieilles Vignes » de Sylvie Esmonin — et ma foi, nous ne regrettons pas de nous être laissé guider !

Époisses en crémeux salade de légumes © Greta Garbure

Époisses en crémeux salade de légumes © Greta Garbure

Gevrey-Chambertin Sylvie Esmonin © Greta Garbure

Gevrey-Chambertin Sylvie Esmonin © Greta Garbure

Je n’évoque pas plus la carte des vins car nous ferons bientôt un focus sur cette très belle cave bourguignonne mais sachez que depuis l’arrivée de Franck-Emmanuel (en même temps que Julien Boscus), le livre de cave a été entièrement revu et réédité et mentionne : 210 vignerons, 1200 références, 3550 blancs et 3550 rouges en cave de jour, 12800 bouteilles en cave de conservation + une carte des vieux millésimes (des années 90) et une carte des magnums.

La cave de jour © Christine Tamaret

La cave de jour © Christine Tamaret

Très joli repas donc, bonifié par l’amitié. Un p’tit café avant de nous quitter — on n’a pas envie de partir — et compliments réitérés au chef.
Et bien évidemment, Greta Garbure remet son rond de serviette à sa place jusqu’à la prochaine !

Rond de serviette

Menu du déjeuner en 2 services (entrée + plat ou plat + dessert) : 36 € hors boissons.
Menu du déjeuner en 3 services (entrée + plat + dessert) : 42 €.
À la carte : entrées entre 18 et 26 €, plats entre 26 et 76 € pour deux, desserts entre 12 et 16 €.
2 menus carte blanche le soir : 6 services à 75 €, 8 services à 95 € (hors vins).
Vins à partir de 15 à 7850 € la bouteille.
Vins au verre.
Addition moyenne de 50 € au déjeuner et de 80 € au dîner (hors vins).

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Les Climats
41, rue de Lille
75007 Paris

M° Rue du Bac
Tél : 01 58 62 10 08
Ouvert du mardi au samedi de 12 h à 14 h 30 et de 19 h à 22 h 30.
Terrasse-jardin ouverte au déjeuner quand le temps le permet.
Courriel: restaurant@lesclimats.fr
Site : http://www.lesclimats.fr

 

Bonne table… ou évi-table ?

The Duke’s, bar du Westminster
bar so british but french cuisine
Paris 2e

Le bar

Quand Patrick faillit à son devoir et n’est pas là pour m’accompagner au restaurant pour notre chronique, tant pis pour lui, j’y vais avec une doublure ! Na !

Et là, c’est à Londres que je suis partie sans lui ! À Londres ?
Yes… London !
En tout cas, on pourrait le croire parce qu’avec ses boiseries gothiques en acajou, ses fresques, ses tableaux de scènes de chasse et de chiens de race, ses fauteuils club en cuir vert et son long comptoir qui a vu tant de cocktails défiler, le cadre smart et cosy du Duke’s est terriblement british ! Pas de doute, on est vraiment à Londres en plein cœur de la City !

Bon, vous l’aurez compris, en fait je suis à Paris au lounge bar de l’hôtel Westminster : The Duke’s… et c’est presque la même chose !
Un cadre déjà épatant pour aller prendre un verre avec un(e) ami(e), voire donner ses rendez-vous d’affaires.
Mais l’on peut aussi s’y régaler d’une carte courte au déjeuner comme au dîner. Et quand je dis régaler, excusez du peu car c’est Christophe Moisand, chef du restaurant étoilé (1 étoile) « Le Céladon » qui fait aussi la cuisine pour le Duke’s ! Normal, le Céladon est niché lui aussi au sein de l’hôtel Westminter !

Christophe Moisand © Greta Garbure

Christophe Moisand au piano… mais pas le sien ! © Greta Garbure

Mais passons aux travaux pratiques !

Nous commençons par un verre de marsanne à l’apéritif qui nous prépare bien les papilles !

Marsanne © Greta Garbure

Marsanne © Greta Garbure

Pour le choix de l’entrée, je n’ai absolument aucune hésitation car le « velouté de cocos de Paimpol magret de canard fumé » (18 €) s’impose à moi comme une évidence tandis que mon camarade est quant à lui subjugué par la « terrine de gibier au poivre long, confit de coings » (24 €). Surmonté de cœurs de canard, le velouté est fort goûteux et la terrine somptueuse.

Cocos de Paimpol magret et cœurs de canard © Greta Garbure

Cocos de Paimpol magret et cœurs de canard © Greta Garbure

Velouté de cocos de Paimpol magret de canard © Greta Garbure

Velouté de cocos de Paimpol magret de canard © Greta Garbure

Terrine de gibier © Greta Garbure

Terrine de gibier © Greta Garbure

En plat de résistance, nous nous partageons la « joue de bœuf braisée, choux vert et shitaké » (25 €) et l’ « entrecôte de cochon ibérique rôtie, jus condimenté et lentilles vertes du Puy » (27 €), histoire de bien nous prémunir contre les frimas ambiants. Mais le « filet de sandre au confit de chou rouge et châtaignes » (28 €), le « lieu jaune de petit bateau en papillote, croquant de légumes et citron confit » (26 €) ou la « vapeur de suprême de pintade fermière, sauce soja et graines de sésame wasabi » (24 €) auraient pu nous régaler tout autant.
Nos assiettes jouent à fond la saison et le terroir — comme j’aime — mais sous la patte de Christophe Moisand, ces plats de campagne ont pris une réelle élégance de gentleman farmer !

Joue de bœuf braisée, choux vert et shiitake © Greta Garbure

Joue de bœuf braisée, choux vert et shiitake © Greta Garbure

Entrecôte de cochon ibérique lentilles © Greta Garbure

Entrecôte de cochon ibérique lentilles © Greta Garbure

Au dessert, nous délaissons les pourtant sympathiques « tartelette chocolat/griotte comme une forêt noire » (12 €), le Paris-Brest sauce amande/noisette (12 €) — désolée Patrick tu n’avais qu’à être là ! —, le dôme caramel beurre salé, glace confiture de lait » (11 €) pour nous précipiter de conserve sur le « pudding diplomate, gelée et compotée de coings » (11 €) ! Bon, coing en entrée et coing en dessert, nous sommes très coin-coin aujourd’hui mais c’est un fruit qu’on a trop peu souvent l’occasion de déguster, alors autant en profiter quand c’est au programme !

Pudding diplomate gelée de coings © Greta Garbure

Pudding diplomate gelée de coings © Greta Garbure

Zoom sur le pudding diplomate © Greta Garbure

Zoom sur le pudding diplomate © Greta Garbure

Côté glou-glou, le sommelier nous a fait goûté ses vins coups de cœur : un corbières 2009 « La cuvée des vignerons de Camplong » et un côtes-du-Rhône Visan « Les Truffières » 2012 du domaine des Lauribert qui ont parfaitement fait glisser nos saines nourritures solides. En revanche, je ne vous donne pas les prix car ces vins ne figuraient pas sur la carte du Duke’s, très courte puisque ne s’y côtoient qu’une dizaine d’appellations (sans compter une dizaine de champagnes) de 9 à 14 € le verre de 12 cl et de 40 à 70 € la bouteille.

Nous sommes donc des convives heureux !
Une fort jolie table plus abordable que sa grande sœur « le Céladon», une gageure dans cette rue de la Paix qui est l’une des plus chères de Paris… et pas qu’au Monopoly !

On peut même y grignoter plus simplement un croque-monsieur (14 €), une tartine de foie gras ou de saumon fumé (19 €) ou le très réputé club sandwich, classique (22 €) ou au saumon fumé (25 €).

Formule déjeuner (plat ou entrée du jour + dessert + 1 verre de vin ou 1/2 bouteille d’eau minérale + 1 café) servie de 12 h à 15 h : 38 €

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine Vié

Le Duke’s bar
Hôtel Westminster
13, rue de la Paix
75002 Paris
M° Opéra
Tél : 01 42 61 55 11
http://www.hotel-westminster-opera-paris.fr 

Piano-bar du mardi au samedi de 18 h 30 à 21 h 30.
Soirée jazz les vendredi et samedi de 21 h 30 à 00 h 30.