Catégorie: Restos

Bonne table… ou évitable !

Penati al Baretto
Restaurant de haute cuisine italienne
Paris 8e

La salle

La salle

Le restaurant « Penati al Baretto », c’est le restaurant du très cossu mais très discret Hôtel de Vigny à deux pas des Champs-Élysées. Penati — Alberico Penati — c’est le nom du chef qui officia précédemment 10 ans au « Carpaccio » (1*) du Royal Monceau (entre autres). Et Baretto — si j’ai bien compris — ce serait le nom d’un cocktail italien à base de Martini blanc et de liqueur d’Amaretto.

Alberico Penati

Alberico Penati

En tout cas, c’est un restaurant où il fait (très) bon venir déjeuner ou dîner. D’abord parce que le cadre est chic comme tout avec sa jolie salle aux murs lambrissés couleur miel, parce que l’accueil de Sandro Funaro (qui a passé plus de 20 ans en Alsace, d’abord au « Crocodile » chez Émile Jung, puis au « château d’Issembourg ») est épatant, mais bien sûr, parce que la cuisine y est savoureusement intelligente ! Classique, à base de produits nobles, mais parée d’une touche créative qui lui donne de la pertinence et de l’élégance.

Outre le talent, ce qui distingue Alberico, c’est son goût intarissable pour aller dénicher les meilleurs produits dans les grandes régions d’Italie : bœuf « Scottona », veau « Le Fassone » du Piémont, agneau de lait des Pouilles, cochon de Sardaigne, « la pasta di Verrigni » des Abruzzes, les fameuses tomates de Gerardo di Nola, les petits haricots de Sorana (Toscane), et l’un des meilleurs jambons d’Italie d’Osvaldo de Cormons dans le Frioul !

Bon, commençons par un Spritz, ce cocktail vénitien qui a toutes nos faveurs (et parfaitement de saison fin juillet). Ça nous donne l’occasion de goûter de délicieux amuse-gueule tout en faisant notre choix — tant tout est tentant !!! — sur la carte. Notons au passage que l’huile d’olive est fabuleuse.

Spritz © Greta Garbure

Spritz © Greta Garbure

Huile d'olive et parmesan © Greta Garbure

Huile d’olive et parmesan © Greta Garbure

Amuse-gueule à l'apéro © Greta Garbure

Amuse-gueule à l’apéro © Greta Garbure

Allez à table ! Personnellement, je ne résiste pas aux « Fleurs de courgette farcies à la mozzarella et aux anchois comme à Positano, servies avec une petite sauce aromatique » (27 €), tandis que mon commensal préfère une petite « soupe de tomate aux croûtons, à la poutargue de Marzamemi et à la mozzarella » (35 €) en antipasti. Réjouissant ! Du goût et de la fraîcheur, de l’équilibre et de l’élégance !

Fleurs de courgettes farcies © Greta Garbure

Fleurs de courgettes farcies © Greta Garbure

Soupe de tomate aux croûtons et mozzarella © Greta Garbure

Soupe de tomate aux croûtons, poutargue et mozzarella © Greta Garbure

Avec un verre de vin blanc (falanghina 2013) qui — tant pis pour le cliché ! — porte en lui le soleil de l’Italie, et plus précisément de Campanie.

Falanghina 2013 © Greta Garbure

Falanghina 2013 © Greta Garbure

Nous poursuivons avec le plat de résistance et, malgré les nombreuses propositions de pâtes plus alléchantes les unes que les autres — ravioli d’ossobuco (34 €), spaghetti aux sardines (30 €), linguini Verrigni aux langoustines et courgettes (42 €), trofie ligures faits à la main avec ragoût de saucisse, laitue et pecorino (28 €), pici toscans faits main au ragoût de morue, câpres et olives (32 €) — notre choix se porte sur deux plats de riz : « Ris de veau aux girolles sur un risotto (Vialone nano) au romarin » pour l’un, « Riz noir (Venere) aux fruits de mer et crustacés » pour l’autre. L’autre c’est moi mais comme dab, nous partageons. Enfin pas trop car mon riz est tellement succulent que je veille au grain (de riz) !

Risotto au ragoût de veau et aux girolles © Greta Garbure

Ris de veau aux girolles sur un risotto au romarin                     © Greta Garbure

Riz noir aux fruits de mer © Greta Garbure

Riz noir aux fruits de mer et crustacés © Greta Garbure

Cette fois nous dégustons un verre de rouge (riofavara) de Sicile (cépage nero d’Avola) à la robe rubis intense et au fruité très développé (fruits rouges et fruits noirs). Une puissance tout en souplesse qui fait face à la fois à l’onctuosité de la sauce du veau et à l’iode des magnifiques fruits de mer.

On dirait bien que nous sommes heureux !

Riofavana © Greta Garbure

Riofavara © Greta Garbure

Au dessert, nous optons pour un baba au rhum — devinez pour qui ? — et pour un plus raisonnable « parfait glacé au citron de Sicile et fruits rouges aux amandes de Toritto » (16 €) dont la simplicité n’a d’égale que l’excellence.

Baba au rhum © Greta Garbure

Baba au rhum © Greta Garbure

Parfait au citron et fruits rouges © Greta Garbure

Parfait au citron et fruits rouges © Greta Garbure

Allez un petit café à l’italienne — ristretto pour moi — accompagné de mignardises pour clore ce repas transalpin et retournons vaquer à nos occupations plumitives.

Mignardises italiennes © Greta Garbure

Mignardises italiennes © Greta Garbure

Vous l’aurez compris, ce petit coin d’Italie est en fait un petit coin de paradis — cosy cosi… c’est rare ! — et si nous n’octroyons pas de rond de serviette à cette table qui nous a pourtant enchantés, c’est seulement à cause des prix qui ne la rendent pas accessible à tous. Certes en parfait accord avec le quartier (on est dans le « triangle d’or » de Paris), avec la qualité et la noblesse des produits, et bien sûr avec le formidable talent du chef qui met toute sa passion dans ses assiettes ! Mais… La prochaine fois, peut-être !

À la carte, à partir de 65 € au déjeuner, 80 € au dîner.
Les plats non chiffrés étaient les plats du jour.

Invitation d’un attaché de presse

Blandine & Patrick

Penati al Baretto
9-11, rue Balzac
75008 Paris
Tél : 01 42 99 80 00
http://www.penaltialbaretto.eu
Fermé samedi midi et dimanche.
De 12 h à 23 h 30

Bonne table ou… évi-table ?

La Cabane à huîtres
Vente à emporter
et dégustation sur place

Biarritz, Pyrénées atlantiques

La cabane à huîtres

Voici une découverte comme on aime en faire !

Tout commence par un petit tour à la Halle aux Poissons de Biarritz — Hiri barneko merkatua — et comme une envie de déguster des huîtres vu qu’il est midi passé, ce qui est une heure plus que légitime pour prendre l’apéro… et que, justement, la tentation est à portée de main, à l’Écaillerie !

On s’offre donc une assiette de fines de claires avec un verre de vin blanc, rituel qui en sublime naturellement la dégustation !

Huîtres © Greta Garbure
Et puis on tape la discute avec le blond Marc Nopal… qui ouvre les huîtres plus vite que son ombre !

Marc Nopal (à gauche) © Greta Garbure

Beaucoup d’adresses « mythiques » où nous serions bien allés faire un tour sont fermées — pour beaucoup, fin juin, c’est la période des congés avant le rush estival ! — et nos estomacs commencent à crier famine.
Marc nous signale alors qu’avec son frère Jean, ils ont une cabane à huîtres en ville, où l’on peut déguster des assiettes avec les produits de la pêche du jour mis en scène façon cassolettes ! Banco ! Tout à fait ce qu’il nous faut !
Aussitôt dit, aussitôt fait !

Historiquement, la cabane à huîtres, c’est une maisonnette aménagée au bord de l’océan où l’on vient pour manger des huîtres, des coquillages, des crevettes, à déguster tels quels ou cuisinés simplement. Il n’en reste plus beaucoup d’authentiques sauf peut-être en Charente-Maritime où elles témoignent de la tradition ostréicole.

La plus urbaine cabane de Biarritz est néanmoins pimpante, tout en bois blond clair, et l’accueil du brun Jean Nopal (le frangin) on ne peut plus sympathique et souriant. Mais ce n’est rien à côté de la carte ! Courte mais épatante et appétente !

Jean Nopal © Greta Garbure

L'ardoise © Greta Garbure

Cassolettes © Greta Garbure
Nous choisissons des chipirons (9 €) — je n’ai pas souvent l’occasion d’en manger ! — et des kokotxas de merlu frites (9 €). La kokotxa, c’est la partie basse du menton du merlu en basque. Celles de morue sont également très bonnes.
C’est tout parce qu’on a déjà mangé des huîtres avant !
Eh bien les amis, on a fait bonne pioche !
Les chipirons sont justement cuits et la friture légère ! Un régal !

Cassolette de chipirons © Greta Garbure

Cassolette de kokotxas © Greta Garbure

Kokotxa frite © Greta Garbure

Maintenant, qu’est-ce qu’on boit ?

« Un albariño de Galice dans l’appellation d’origine « Rias Baixas » (4,50 € le verre, 25 € la bouteille). Avec ses arômes de pêche jaune et d’abricot, ce n’est sans doute pas le plus approprié sur nos cazuelas (légèrement dominateur, le bougre !) mais j’en avais envie ! J’aime souvent les vins de Galice. D’ailleurs, on en reparlera. »

Nos cassolettes et nos verres © Greta Garbure

Bref, la vie est belle et l’humeur joyeuse ! Nous reviendrons !

Addition payée

Blandine & Patrick

L’Écaillerie
Jean et Marc Nopal
Fruits de mer Halles centrales de Biarritz
Tél : 05 59 24 06 72
Plateaux sur commande.

L'écaillerie

L'écaillerie verso

La Cabane à huîtres
Jean et Marc Nopal
Vente à emporter et dégustation sur place
62, rue Gambetta
64200 Biarritz
Tél : 05 59 54 79 65
Ouvert du mardi au samedi de 12 h à 14 h 30 et de 18 h à 23 h

La cabane à huîtres verso

Bonne table ou… évi-table !

Le Bar-Bu
Café-brasserie
Biarritz (Pyrénées-Atlantiques)

Le Bar-Bu

On pourrait croire que la dernière semaine de juin, la saison bat déjà son plein à Biarritz. Mais non ! Beaucoup d’établissements sont fermés pour congés. Des vacances prises avant la ruée estivale…

Aussi, ce ne fut pas si évident de trouver une terrasse pour nous poser et grignoter tranquillement un petit quelque chose pour le dîner ! Faut dire que pendant la Coupe du Monde de football, les bars à tapas montent le son de leurs écrans plats à fond la caisse pour que le plus grand nombre possible de supporters puissent en profiter..  Et croyez-nous, ils en profitent ! Debout et en vociférant à qui mieux mieux !
Par conséquent, nous avons évité quelques adresses habituellement plus conviviales pour nous rabattre au Bar-Bu, autrefois réputé comme bar à vins quand il s’appelait le Comptoir T. Mais la maison la joue désormais « jeun’s » !
Nous avons évité la salle bondée pour les raisons susdites et nous nous sommes installés sur les hautes tables en bois installées sur le trottoir.

Devanture du Bar-Bu © Greta Garbure C’est sympathique, il fait bon et l’ardoise bon enfant nous fait de l’œil.
À vrai dire, vu les plats proposés, il s’agit plus d’un bar à tapas que d’une brasserie. Mais c’est justement cela qui nous a tenté. Au passage, l’orthographe de « charcutailles » nous a fait sourire…

L'ardoise du Bar-Bu © Greta Garbure

Bon, où que je sois, je ne sais pas résister aux chipirons, et difficilement aux piments verts, qu’ils viennent d’Anglet, de Guernika ou de Padron ! On complète avec des couteaux persillés et, pour la curiosité avec un « cochon perdu ».

Le chorizo arrive en premier ! Le plat est rigolo — surtout pour des fans de cochon comme nous ! — mais les chorizos très décevants. On s’attendait à une sorte de pain perdu au chorizo, d’où notre déconvenue. À oublier !

Cochon perdu © Greta Garbure     Chorizo en barbecue © Greta Garbure     Brochette de chorizos © Greta Garbure

Couteaux et chipirons sont malheureusement totalement ratés à cause d’une cuisson trop prolongée, ce qui les rend caoutchouteux et secs alors que les produits seraient peut-être bons.

Couteaux grillés © Greta Garbure

Chipirons grillés © Greta Garbure

Quant aux piments, même peine : ils sont eux aussi trop grillés.

Piments de Guernika © Greta Garbure

Quel dommage !

Pour le choix des vins, oubliez toute ambition :
« — En blanc, j’ai un Gascogne ».
« — De chez qui, quelle année, quel cépage ? »
La mine se fait excédée ! Pffffff, ces clients qui ergotent sur ce qu’ils veulent boire, c’est insupportable. Manquerait plus, que pendant la Coupe du Monde de football, les verres ballons ne leur plaisent pas !
Eh bien non, ils ne me plaisent pas plus que le chardonnay des Landes qui a finalement accompagné le repas.

Verre de chardonnay © Greta Garbure

En conclusion, que dire sinon : « pourrait beaucoup mieux faire ! »
Allez, soyons indulgents ! Ils sont encore « en rodage ».
Et même si l’établissement est surtout fréquenté par des jeunes, espérons qu’ils prendront conscience que faire du bon n’est pas moins rentable que du tout-venant décevant !

Addition payée.

Blandine & Patrick

Le Bar-Bu 2

Le Bar-Bu
Café-brasserie
5, rue Gaston Larré
64200 Biarritz
Tél : 05 59 22 24 79

Bonne table ou… évi-table ?

Le Marignan
Restaurant d’hôtel chic
Paris 8e

Le couvert est mis © Greta Garbure

Pour ceux qui s’en souviennent, au rez-de-chaussée de cet hôtel particulier magnifiquement situé au cœur du triangle d’or parisien (entre les Champs-Élysées et l’avenue Montaigne), s’est tenu il y a quelques années « Spoon », restaurant branché managé par Alain Ducasse.

L’immeuble tout entier a été transformé en hôtel de luxe avec un design d’inspiration art déco mais revisité avec raffinement par Pierre Yovanovitch. C’est beau, sobre et chic, mais avec du cachet.

Le rez-de-chaussée est occupé par un bar splendide (précisément à l’emplacement de l’ancienne salle du Spoon) et par un restaurant divisé en deux salles : la première avec des puits de lumière qui en font une petite cathédrale moderne, et la seconde, plus intimiste avec ses alcôves.

RESTAURANT GT (2)

Deuxième salle

Aux manettes des fourneaux, Filipe Da Assunçao, Meilleur Ouvrier de France, concocte une cuisine tendance bien dans l’air du temps pour séduire une clientèle composée d’étrangers, d’hommes d’affaires du quartier et d’accros du shopping de luxe.

Le chef Felipe Da Assunçao

Le chef Felipe Da Assunçao

Une carte courte mais équilibrée qui flirte avec la finger food, la néo-brasserie chic et la toujours très appréciée cuisine méditerranéenne par les fashionistas.

Carte printemps-été Marignan

Nous nous sommes donc partagé de très jolies petites « sardines luxe Tricana » de Lisbonne (19 €) vraiment épatantes — le chef est d’origine portugaise ! — et un « Vitello tonnato Marignan » (26 €) tout à fait honnête qui m’a rappelé une tranche sinon napolitaine du moins italienne de ma vie.

Sardines à l'huile © Greta Garbure

Vitello tonnato © Greta Garbure

Pour les plats, nous avons goûté des « Spaghetti balls » (24 €) et un « Fritto misto de calamars et fleurs de courgettes » (26 €) — Italie toujours ! — auquel j’aurais eu du mal à résister ! Le tout très bien fait avec une mention spéciale pour la friture, croustillante à souhait et très légère, qui ne nous a causé aucun reproche l’après-midi ! Néanmoins, j’aurais sans doute aimé un peu plus de fleurs de courgettes.

Spaghetti balls © Greta Garbure

 Fritto misto et sa sauce © Greta Garbure

 

Fritto misto calmars fleurs de courgettes © Greta Garbure

Enfin, ayant terriblement envie de goûté le mille-feuilles minute vanille (14 €) — et nous avons eu bien raison car il était léger, tendre et goûteux ! — nous avons équilibré avec une assiette de fruits rouges somptueuse, préparée spécialement pour nous.

Mille-feuilles © Greta Garbure

Assiette de fruits rouges © Greta Garbure

La carte des vins fait la part belle à la Bourgogne et on ne s’en plaindra pas ! Le choix des « seconds vins » bordelais est plus conformiste, on aurait pu s’attendre à mieux. Les prix sont malheureusement parisiens voire qataris, surtout pour les champagnes !

Carte des vins Marignan
Nous avons quant à nous bu un coteaux de l’Ardèche (chardonnay) Louis Latour « Grand Ardèche » 2011 qui s’est révélé être un excellent compagnon sur tous les plats choisis.

Grand Ardèche © Greta Garbure

Verre de chardonnay © Greta Garbure

Bref, plutôt une bonne surprise, un joli cadre pour faire une pause grignotte entre deux rendez-vous d’affaires ou deux séances d’essayage haute-couture. Mais évidemment, ce n’est pas pour toutes les bourses !
Malgré tout, a
u déjeuner, formule à 29 €, menu à 38 €.
Carte : de 35 à 95 € hors boisson.

Restaurant ouvert de 12 h à 15 h et de 19 h 30 à 22 h 30, mais en journée, le détail qui tue : service au bar ou en chambre ! 

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine & Patrick

Le Marignan
Hôtel Marignan Élysées
12, rue Marignan
Paris 8e
Tél : 01 40 76 34 56

 

 

Bonne table… ou évi-table ?

Le Café des Ministères
Brasserie de la mer
Paris 7e

1 Façade

Disons-le tout web — pourquoi toujours « tout net » ? — nous sommes persuadés que ce restaurant a un bel avenir devant lui ! Même si, ouvert depuis janvier seulement, il cherche encore ses marques.

Si donc nous avons été déçus, c’est toutefois en étant sûrs qu’il suffirait seulement de quelques petits aménagements pour que ce soit vraiment bien. C’est pourquoi nous vous incitons tout de même à y aller ! Parce que, ce qui nous est apparu pas au point, c’est surtout un excès de zèle de la par d’Éric Moro, le patron (déjà propriétaire du restaurant de viande « Le Tambour », rue Montmartre dans le 2e) dont le leitmotiv semble être… vouloir trop bien faire !

Passons rapidement sur le cadre, « sobre mais chic » selon la formule consacrée. Un ancien bistrot relooké bon chic bon genre avec ses deux salles, son vivier en vitrine et ses très chouettes bestioles naturalisées (Deyrolles ou assimilés) accrochées au mur de la deuxième salle.

7 Vers rue nuit

8 Vers trompe de Neptune nuit

9 Salle +á manger

Bon, on est d’accord, si on vient dans une brasserie marine, c’est parce qu’on aime le poisson ! Et ça tombe bien, parce que Patrick et moi, nous l’aimons ! Et ici, le poisson il est beau ! Très beau même ! En provenance de Rungis, le plus grand marché du monde, ce qui n’a rien d’infâmant, contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire. Mais le choix d’Éric Moro et de son chef Carlo Spagnolo — tous d’eux d’origine italienne — se porte surtout sur des grosses pièces — 800 g à 1 kilo — ce qui fait dans l’assiette des portions pour ogres. C’est là que le bât blesse car après une entrée qui se tient bien, ça fait beaucoup !

Zoom sur la carte © Greta Garbure

Sole et dorade © Greta Garbure

Sole et dorade

Ainsi, avons-nous commencé par nous partager un « Petit poêlon de moules à la provençale avec un sabayon à l’anis » (9,50 € les 6,15 € les 12) qui ne nous a guère bouleversifiés car l’acidité de la tomate écrasait complètement la saveur des moules fraîches. En revanche, le « Tartare de crevettes roses et sa terrine de légumes » (12,50 €), lié à l’avocat était très bon, plein de fraîcheur, même si le mot « tartare » fait normalement référence à de la chair crue… et que nous sommes pointilleux là-dessus aussi.

Petit poêlon de moules à la provençale © Greta Garbure

Tartare de crevettes roses et sa terrine de légumes © Greta Garbure

En plats de résistance, nous avons opté pour deux poissons du jour : un « Turbot de petit bateau de Bretagne grillé » et un « Saint-Pierre de ligne de Bretagne grillé » (44 € chaque). Rien à dire sur la qualité du poisson, ni sur la manière dont l’hôte des lieux nous lève les filets avec dextérité et rapidité. Ils sont accompagnés de sauces (beurre blancs et sauce vierge pour nous, mais nous aurions pu préférer une sauce homardine ou une sauce choron) et d’une purée d’agria (pommes de terre) au beurre salé et de haricots verts (nous aurions pu choisir une tombée d’épinards minute, une mini-ratatouille ou du riz basmati). Dommage, les poissons ­— excellents, répétons-le — étaient un peu trop cuits, surtout le saint-pierre, ce qui lui a donné un peu de sécheresse. Nous ne les aurions pas aimés roses, mais nacrés à l’arête pour une chair plus fondante. Peut-être eut-il été judicieux de nous demander avant comment nous aimions la cuisson.

Turbot © Greta Garbure

Filets turbot levés © Greta Garbure

Saint-Pierre © Greta Garbure

Saint-Pierre préparé © Greta Garbure

Purée de patates douces, haricots verts © Greta Garbure

Nous étions largement rassasiés mais, consciencieusement jusqu’au-boutistes, nous avons voulu goûter les desserts : un « baba au rhum vieux » (9 €) pour moi et une « tarte fine chaude aux pommes, sauce amandine, glace vanille » (8 €) pour Patrick. Portions bien trop copieuses : tarte pas si fine et baba devant peser au moins 600 g, voire plus (voyez la taille du pouce de Patrick à côté sur la photo). Et grosse déception avec le baba dont la pâte à savarin était bien trop compacte, avec une mie très serrée dont la texture tenait se rapprochait plus du kilo de plomb que du kilo de plumes !

Tarte fine chaude aux pommes © Greta Garbure

Baba géant © Greta Garbure

Baba ouvert © Greta Garbure

Parlerons-nous du vin ? Des vins ? De la carte des vins ?
Non, car notre ami n’en a pas la culture, comme une partie non négligeable des restaurateurs français.
En effet, il ne suffit pas de proposer un chablis, un pouilly-fumé, un sancerre pour réjouir le client lambda. C’est à peine suffisant pour un boit-sans-soif qui se souvient vaguement avoir déjà lu ces noms-là quelque part ! Mais l’amateur de bons produits, celui qui vient exprès, peut-être de loin, pour manger un gros saint-pierre ou un turbot de compétition, eh bien il aimerait sans doute qu’on lui propose des bouteilles belles origines, choyées par de vrais vignerons qui ont une réputation méritée. Il en existe des milliers dans notre cher pays, qui aimeraient bien que l’on goûte et que l’on achète leurs vins plutôt que de se contenter de produits quasiment industriels, fabriqués par des grossistes spécialisés dans la distribution de café ! Mais quelques trouvailles du patron ne sont pas toujours au niveau espéré… Au moins ne sont-elles pas facturées à un prix excessif.
Alors voilà ! Qu’est-ce qu’on boit avec un magnifique poisson ? Eh bien, on ne sait pas !

Un repas dont nous sommes navrés de ne pas avoir été complètement satisfaits car nous pensons réellement qu’il y a dans cette maison un potentiel plus qu’intéressant, surtout dans ce coin de Paris. Aussi avons-nous suggéré au patron et au chef de proposer plutôt des poissons d’un poids de 500 g pour une personne — ce qui est déjà bien ! — quitte à soumettre quelques pièces plus grosses pour les appétits pantagruéliques, ou à se partager à deux.

Les prix correspondent à la fois à une qualité de marchandise — vérifiez-les chez votre poissonnier — et à ceux du quartier, grouillant d’hommes politiques à l’heure du déjeuner, plus calme le soir avec sa clientèle de riverains aisés.

Enfin, saluons la gentillesse de l’accueil et l’écoute que nous avons reçue à toutes nos observations.

Service continu de 7 h 30 — car on sert aussi des petits déjeuners : express, continental ou anglais — à 22 h, du lundi au samedi.

Ardoise petits déjeuners © Greta Garbure

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine et Patrick

Le Café des Ministères
83, rue de l’Université
75007 Paris
Tél : 01 47 05 43 62

Logo café des ministères © Greta Garbure