Catégorie: Restos

Bonne table… ou évi-table ?

Un déjeuner chez Lasserre (**),
table mythique

Côte de veau de lait du Limousin © Greta Garbure

Côte de veau de lait du Limousin © Greta Garbure

Il est des maisons où l’on va — à tout le moins où l’on fantasme d’aller — pour le nom, pour l’histoire, pour le patrimoine, pour la magie du lieu et bien sûr pour la réputation de la cuisine. C’est le cas du restaurant Lasserre, adresse parisienne mythique où nous avons eu la chance d’être conviés.

Nous sommes accueillis avec beaucoup d’entrain par Gaëtan Molette, le directeur de salle, qui nous fait d’abord faire le tour des cuisines et rencontrer le chef Adrien Trouilloud, puis nous pilote vers le pôle pâtisserie où nous bavardons un moment avec Claire Heitzler. Ensuite, nous prenons l’ascenseur qui dessert directement la salle de restaurant et son célèbre toit ouvrant. Qui, justement, en ces temps caniculaires est ouvert.

Adrien Trouilloud © Greta Garbure

Adrien Trouilloud © Greta Garbure

Claire Heitzler, pâtissière et Gaëtan Molette, directeur de salle © Greta Garbure

Claire Heitzler, pâtissière et Gaëtan Molette, directeur de salle © Greta Garbure

Le toit ouvrant © Greta Garbure

Le toit ouvrant © Greta Garbure

Nous voici à table. Nous nous laissons tenter par la suggestion de Gaëtan Molette qui nous incite à choisir le menu dégustation accompagné de ses vins. Ça ne se refuse pas ! Surtout avec un menu comme celui-ci :

Menu-dégustation

Menu-dégustation

Pour faire passer la poussière de la route, on nous propose une flûte de Larmandier-Bernier, vif, tendu, net : un parfait champagne d’apéritif. Même si nous préférons les blancs de blancs un peu plus charnus et expressifs, nous ne boudons pas notre plaisir. Une foccaccia olives et thym et trois petits amuse-bouche nous font patienter mais tout en bavardant, nous avons zappé les photos de la tartelette carotte-gingembre et de la tartelette oseille et radis daïkon.

Champagne Longitude de Larmandier-Bernier © Greta Garbure

Champagne Longitude de Larmandier-Bernier © Greta Garbure

Tartare de bar et caviar © Greta Garbure

Tartare de bar et caviar © Greta Garbure

À la demande de Patrick, les 7 (et même 8) autres verres de vin nous seront servis à l’aveugle, non pas pour avoir une chance de faire les malins mais pour augmenter le plaisir de boire des vins « inconnus ».

Le premier plat s’annonce : une salade de tomates endimanchée. Aux tomates de saison pelées viennent s’ajouter des tomates confites, du cœur de burrata, un coulis de tomate rafraîchi, de l’huile d’olive « fruité vert », du basilic et une tuile au sésame. L’assiette est belle et c’est rafraîchissant à souhait. 

Tomates de Marmande mi-confites, huile d'olive, basilic © Greta Garbure

Tomates de Marmande mi-confites, huile d’olive, basilic © Greta Garbure

Inconnu, le premier vin ne l’est pas complètement car le riesling se dévoile tout de suite, avec des fruits exotiques, de la menthe et surtout sa minéralité et sa touche d’hydrocarbure. Notre erreur de géolocalisation n’est que de 150 km puisqu’il s’agit d’un assez joli vin de la Moselle allemande voisine.

Un verre de vin de Moselle © Greta Garbure

Un verre de vin de Moselle © Greta Garbure

Vin de Moselle © Greta Garbure

Vin de Moselle © Greta Garbure

La deuxième entrée arrive, somptueuse dans sa présentation, composée  de légumes et de fruits crus et cuits (carottes jaunes, radis, courgettes, pomme, fraises, betterave, melon, pamplemousse, salade, chioggia, haricots verts, girolles) sur un crémeux d’avocat, avec de l’huile d’olive de Sisteron « fruité noir » d’Alexis Muñoz. Un vrai festival ! 

Bouquet de légumes des jardins d'Île de France et de fruits © Greta Garbure

Bouquet de légumes des jardins d’Île de France et de fruits © Greta Garbure

Bouquet de légumes des jardins d'Île de France (gros plan) et de fruits © Greta Garbure

Bouquet de légumes des jardins d’Île de France (gros plan) et de fruits © Greta Garbure

En ce qui concerne le vin, c’est là que l’exercice est devenu périlleux : nous sommes passés complètement à côté d’un chignin-bergeron que nous placions plus au sud, peut-être à cause de la roussanne très mûre.

Vin de Savoie Chignin Bergeron 2013 Philippe Ravier © Greta Garbure

Vin de Savoie Chignin Bergeron 2013 Philippe Ravier © Greta Garbure

Mais vient le tour des plats. D’abord un homard de Granville fumé en fin de cuisson et accompagné d’ail noir, de pommes de terre de Noirmoutier, d’oseille et de bisque de homard. Le petit goût de fumé apporte une touche insolite mais plaisante. Le homard vient de La ferme de Lisa où, le papa pêche et la maman livre et, nous confie-t-on, le homard n’est jamais conservé sur glace.

Homard de Granville sur la braise, pommes de mer/ail noir, oseille © Greta Garbure

Homard de Granville sur la braise, pommes de mer/ail noir, oseille © Greta Garbure

Homard (gros plan) © Greta Garbure

Homard (gros plan) © Greta Garbure

Le corton-charlemagne qui l’escortait présentait les charmes d’un chardonnay que nous commencions à chercher. Sa relative jeunesse laisse augurer de grandes satisfactions, ce qui ne sera pas étonnant venant de cette belle maison. Il était déjà épatant sur le homard à peine grillé.

Corton-Charlemagne Grand cru 2010, Camille Giroud © Greta Garbure

Corton-Charlemagne Grand cru 2010, Camille Giroud © Greta Garbure

Pour suivre, la côte de veau du Limousin élevé sous la mère (3 tétées au pis par jour, pas de biberon, pas de lait en poudre) de chez Jean-Jacques Guéraud arrive en fanfare dans sa casserole et ça donne vraiment envie (voir la photo sous le titre). Elle est flanquée d’une garniture méditerranéenne : petites aubergines, caviar d’aubergines, boulghour au citron confit et câpres. La cuisson rosée met bien la viande en valeur.

Côte de veau dressée © Greta Garbure

Côte de veau dressée © Greta Garbure

Le rouge qui vint se poser sur ce veau de lait était fin, aérien, son grand âge procurait une intense émotion. Nous avons reconnu son origine bordelaise, peut-être bien même médocaine, mais son âge nous a chavirés : plus de 50 ans ! Un nom glorieux et une actualité encore très honorable pour cette demi-bouteille qui a, de plus, le mérite de nous avoir attendus.

Château Margaux 1962 © Greta Garbure

Château Margaux 1962 © Greta Garbure

Devant nos errements et nos regards perdus, le sommelier nous a révélé le pays de naissance du second vin accompagnant ce plat : pas de honte à se tromper sur cet amusant mais chafouin cinsault d’Afrique du Sud…

Vin d'Afrique du Sud © Greta Garbure

Vin d’Afrique du Sud © Greta Garbure

Avant les desserts, Gaëtan Molette nous fait la surprise de nous proposer du fromage. Le chariot est superbe et nous goûtons du stilton, du camembert, du Saint-Nectaire et de l’anneau du Vic-Bilh dont nous connaissons mieux le pacherenc. Surprise aussi : un double tappit hen (6 bouteilles) de porto Graham’s tawny de 20 ans d’âge (mais nous n’avons pas pu le finir !) accompagne — à merveille ! — notre choix, notamment sur le stilton qui se révèle de première catégorie.

Le chariot de fromages © Greta Garbure

Le chariot de fromages © Greta Garbure

Le pain pour accompagner le fromage © Greta Garbure

Le pain pour accompagner le fromage © Greta Garbure

Porto tawny Graham's © Greta Garbure

Porto tawny Graham’s © Greta Garbure

Mais passons au dessert ou plutôt… aux desserts ! Avec d’abord un premier dessert hors menu — il est vrai que lors de notre rencontre avec la chef pâtissière, Patrick avait tenu à préciser que c’était pour lui un point d’orgue à un repas dont il était friand ! — à base de rhubarbe et de fraises, avec une glace à la verveine.

Dessert rhubarbe et fraises © Greta Garbure

Dessert rhubarbe et fraises © Greta Garbure

Puis nous goûtons à un baba croustillant au rhum, cerises et sorbet mojito. Deux desserts rafraîchissants et bien de saison qui vont un peu jouer le rôle de trou normand et sur lesquels « le vouvray moelleux 2009 du clos Naudin est décidément toujours parmi mes préférés » (dixit Patrick).

Baba croustillant au rhum, cerises et sorbet mojito © Greta Garbure

Baba croustillant au rhum, cerises et sorbet mojito © Greta Garbure

Arrive alors l’un des desserts-signature de Claire Heitzler : l’excellent parfait à la graine de cacao, sorbet au chocolat qui intègre aussi une feuillantine. Le madère 1973 100% sercial de chez Barbeito était immense sur le chocolat.

Parfait à la graine de cacao, sorbet au chocolat © Greta Garbure

Parfait à la graine de cacao, sorbet au chocolat © Greta Garbure

Madère Barbeito

Madère Barbeito « Sercial » 1973 © Greta Garbure

Nous sommes un peu calés mais nous allons quand même engloutir les délicieuses petites madeleines proposées en mignardises avec le café.

Les petites madeleines © Greta Garbure

Les petites madeleines © Greta Garbure

Que dire encore ? Précisons que le pain, fourni par Frédéric Lalos était lui aussi un régal.

La corbeille de pain de chez Frédéric Lalos © Greta Garbure

La corbeille de pain de chez Frédéric Lalos © Greta Garbure

Oui, que dire de plus sinon que nous avons passé un moment d’exception, presque de grâce, dans un cadre quasiment historique et que l’accueil et le service ont été d’une charmante courtoisie et d’une grande efficacité.

À propos du cadre, ajoutons encore que depuis des temps immémoriaux, le même oiseau en argent orne toujours chaque table. Ainsi, à la table mitoyenne — qui était la table attitrée d’André Malraux — trône un canard. Sur la nôtre, c’est un perroquet. Et malicieusement, nous demandons à Gaëtan Molette si c’est donc la table réservée aux journalistes !

Le canard de la table d'André Malraux © Greta Garbure

Le canard de la table d’André Malraux © Greta Garbure

Jacquot © Greta Garbure

Jacquot © Greta Garbure

Ah ! Tout de même ! Vous allez nous dire : Et l’addition ? Eh bien, quitte à fâcher certains qui se plaisent à entretenir une polémique — ils se reconnaîtront ! — nous n’en parlerons pas. Parce qu’il y a des lieux qui font partie de notre patrimoine et que ça n’a pas de prix ! Néanmoins, les curieux pourront se renseigner sur le site du restaurant.

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine & Patrick

Lasserre
17, avenue Franklin Roosevelt
75008 Paris
Tél : 01 43 59 02 13
Site : http://www.restaurant-lasserre.com
Réservation : reservation@lasserre.fr

Bonne table ou… évitable !

La Cicciolina

Trattoria italienne
Paris 11e

Pizza Valentina © Greta Garbure

Pizza Valentina © Greta Garbure

Je ne vais pas au restaurant qu’avec Patrick. J’y vais parfois aussi avec un copain (ou une copine). Ce fut le cas pour cet Italien où, pour tout vous dire, je n’avais que modérément envie de traîner mes guêtres à cause de son nom racoleur : la Cicciolina !
Car les plus jeunes d’entre vous ne s’en souviennent peut-être pas mais la Cicciolina fut une actrice pornographique italienne qui commença à être populaire grâce à l’émission « Voulez-vous coucher avec moi ? » sur Radio Luna, qui montrait ses seins à la moindre occasion et qui, profitant de sa réputation sulfureuse, créa le buzz en tentant une carrière politicienne dans les années 80. Du bon goût à la Berlusconi si vous voyez ce que je veux dire.

Au passage, j’en profite pour vous donner une petite leçon d’italien. Car la légende veut que ce surnom veuille dire quelque chose de mignon comme « Chérie-chérie ». Mais que nenni !
Car en italien, « cicciolina », ça vient de « ciccia » qui veut dire « viande » en langage populaire. Un peu l’équivalent de notre « bidoche ». Et « cicciolo », ça signifie « excroissance de chair », et plus précisément « rillon » en boucherie. La « cicciolina », c’est donc un surnom qu’on pourrait traduire par « la bien en chair », la « dodue ». Tout ça à cause de son opulente poitrine. Bref, que de l’élégance et du raffinement !

Nous n’avons pas rencontré le quatuor masculin (Laurent, Thomas, Mickaël et Maxime) à la barre de cet établissement pour lui demander le pourquoi du choix de cette enseigne, mais c’est en tout cas bien en référence à la pulpeuse italienne puisqu’un cocktail de la carte fait référence au vrai patronyme de la dame : Ilona Staller.

Mais heureusement, je ne suis pas blasée et j’ai donc entraîné mon ami Michel dans ce resto du quartier branché d’Oberkampf, côté Ménilmontant. Et ce fut tant mieux ! Car nous avons passé une excellente soirée.

Nous avons dédaigné la salle, gaie avec son olivier en plein milieu, mais un peu bruyante, pour dîner en terrasse… c’est-à-dire sur le trottoir ! Mais la rue est calme pour Paris.

La salle

La salle

Autre vue

Autre vue

La salle de nuit

La salle de nuit

À l’apéro, tandis que Michel a bu un verre de Vermentino (5 €), je n’ai pas pu résister au spritz (6 €), ce cocktail vénitien qui est l’un des rares apéritifs que j’apprécie, surtout quand il fait chaud. D’ailleurs, la soif a fait que je n’ai pas pris la photo…

En antipasti, nous nous sommes partagé une assiette de jambon San Daniele et de mozzarella fumée (14 €) et une salade de poulpe, pommes de terre et tomates (13 €). Je revenais de Sète mais je ne suis jamais rassasiée de poulpe et de céphalopodes en tout genre. Rafraîchissant et très bon. Du coup, j’ai même pas eu envie de râler pour les pommes de terre vitelottes et les fleurs, un rien snobinardes.

Antipasti

Mozzarella fumée et jambon San Daniele © Greta Garbure

Mozzarella fumée et jambon San Daniele © Greta Garbure

Salade de poulpe « la piovra » © Greta Garbure

Salade de poulpe « la piovra » © Greta Garbure

Comme il s’agit d’une trattoria, pour le plat, nous avons le choix entre Pasta ou Pizze ! Ce sera un de chaque…

Pasta

Pizze

Pâtes « Souvenir de la mer » : tagliolini à l’encre de seiche, crème citron, basilic, noix et salicorne (16 €) ; et « Pizza Valentina » : mozzarella, thon mariné, pignons, oignons rouges, tomates cerises et basilic (16 €). Petite remarque quant à l’intitulé : la salicorne n’est pas une algue mais une petite plante au goût anisé qui pousse sur le littoral, sur les dunes généralement. Les pâtes étaient très bonnes même si, personnellement, je ne les aurais pas associées au basilic et la pizza vraiment délicieuse, aussi bien la pâte que la garniture. Il y avait très longtemps que je n’en avais pas mangé une aussi bonne, c’est vous dire. Mon acolyte approuve.

Pasta « Ricordi di Mare » (souvenir de la mer) © Greta Garbure

Pasta « Ricordi di Mare » (souvenir de la mer) © Greta Garbure

Impossible de ne pas goûter le gorgonzola — un autre de mes péchés mignons — avant le dessert !

Gorgonzola et parmesan © Greta Garbure

Gorgonzola et parmesan © Greta Garbure

Dolci

Et pour finir, tarte au citron meringuée (8 €) pour moi et « panna cotta kiwi et menthe » (8 €) pour mon partenaire. Tiens comment se fait-il que j’ai aussi une photo de tiramisù (8 €) ? L’animal serait-il encore plus gourmand que Patrick au niveau des desserts et se serait-il fait apporter un peu de rab ? Il faudra qu’un jour, je tente d’élucider ce mystère : pourquoi les hommes sont-ils si souvent des becs sucrés ?

Bon, j’ai trouvé la meringue de ma tarte un peu trop blonde et trop sèche (je l’aime plus blanche et plus souple) mais la tarte elle-même très honorable. Je n’ai pas goûté les desserts de Michel mais il les a fini tous les deux jusqu’au bout, ce qui est bon signe.

Tarte au citron meringuée © Greta Garbure

Tarte au citron meringuée © Greta Garbure

Panna cotta kiwi et menthe © Greta Garbure

Panna cotta kiwi et menthe © Greta Garbure

Tirami-sù © Greta Garbure

Tirami-sù © Greta Garbure

Ne nous quittons pas sans parler des vins auxquels nous avons fait plus qu’honneur ! D’abord à un « Nero d’Avola 2013 de « Terre di Ginestra », un domaine sicilien (31 €) : un rouge au nez de fruits mûrs et de baies rouges, intense, long en bouche, très cerise, avec des tanins très fins, très fondus, tout en souplesse.
Puis avec un  « Puglia » cuvée « Primitivo » 2013 des fiefs de San Marzano (34 €), tout aussi fruité et plaisant.

Nero d'Avoloa 2013 Terre di Ginestra © Greta Garbure

Nero d’Avoloa 2013 Terre di Ginestra © Greta Garbure

Puglia 2013 Feudi di San Marzano © Greta Garbure

Puglia 2013 Feudi di San Marzano © Greta Garbure

Une carte des vins dans laquelle il fait bon piocher.

Vins

Bref, petite adresse très conviviale, moins « bobo » qu’on pourrait le penser au premier abord même si la clientèle est plutôt jeune et le quartier « branchouille ».
Surtout, tout y est fait maison et plutôt bien. Aussi, saluons la jeune chef Rosalia Puglia — et le pizzaiolo — pour cet aimable dîner qui nous a fait passer un très bon moment en Italie.
Dans l’assiette : pas de mauvais goût, que du bon malgré quelques tics décoratifs dont nous espérons que Rosalia saura se débarrasser rapidement !

La chef Rosalia Puglia © Greta Garbure

La chef Rosalia Puglia © Greta Garbure

Saluons également la gentillesse, l’efficacité et le charmant accent (elle est vénitienne) d’Ida qui s’est occupée de notre table avec attention et humour. Et le service, ça compte aussi pour une part dans l’appréciation d’une maison.

Voilà ! Jolie soirée amicale, donc ! On se quitte comme ça ? Non, allez un dernier verre !
Une grappa Poli (5 €) qu’on sirote avec gourmandise en devisant gaiement.

Grappa Poli © Greta Garbure

Grappa Poli © Greta Garbure

Arrivés tôt, nous avons fait durer le plaisir jusqu’au dernier métro (euh, j’ai quand même raté la correspondance !).
Mais bon, c’est pas tous les jours la Sainte Blandine !

Invitation d’une attachée de presse

Blandine Vié

La Cicciolina
11 Rue Crespin du Gast
75011 Paris
Tél : 01 43 55 70 57

 

Bonne table ou… évi-table ?

Matsuri :
une chaîne de restaurants japonais
à comptoir tournant :
populaire et jamais décevant !

Sushi de seiche © Greta Garbure

Sushi de seiche © Greta Garbure

En japonais, MATSURI signifie « fête populaire » ! Et ce nom s’applique parfaitement au concept de la chaîne de restaurants créée en 1986 et reprise en 1996 par Éric Woog, actuel PDG, chaîne qui compte aujourd’hui 20 établissements dont 15 en France, 1 en Suisse et 4 au Maroc.

Éric Woog

Éric Woog

Le principe est original : les plats défilent sous les yeux des clients (assis) grâce à un comptoir tournant. C’est très malin parce qu’on est tenté par toutes ces assiettes-portions à l’exceptionnelle fraîcheur et à la grande variété. C’est le chef japonais Dai Tamura qui les met au point.

Comptoir tournant © Greta Garbure

Comptoir tournant © Greta Garbure

Gunkan sushi œufs de saumon) sur le comptoir tournant © Greta Garbure

Gunkan œufs de saumon sur le comptoir tournant © Greta Garbure

Petits California sous cloche © Greta Garbure

Petits California sous cloche © Greta Garbure

Financier au thé vert matcha sur le comptoir tournant © Greta Garbure

Financier au thé vert matcha sur le comptoir tournant © Greta Garbure

La vocation de Matsuri est de proposer des mets japonais de qualité au plus grand nombre grâce à un comptoir tournant. Cette singularité permet de limiter le nombre de serveurs et d’offrir le meilleur rapport qualité-expérience-prix. Avec un ticket moyen de 20 € et une carte composée à 90% de produits frais — Matsuri travaille avec les plus grands fabricants japonais — le pari est tenu.
Autre originalité : les plats — qui sont préparés sur place, sous les yeux des clients — sont présentés dans de petites assiettes dont la couleur indique le prix : de 2 à 5 €.

Barême du prix des assiettes © Greta Garbure

Barême du prix des assiettes © Greta Garbure

Par ailleurs, les restaurants se distinguent par une décoration chic aux matières nobles (jolis bois blonds).

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Je ne suis pas une experte en cuisine japonaise ni une crudivore acharnée. Les restaurants à sushis sont pléthore, qui vendent surtout du riz avec des petits bouts de n’importe quoi. Du faux japonais de cavalerie très rentable. Je n’aime pas.
Il y a aussi de très grands restaurants japonais avec des chefs d’une dextérité incroyable. Une restauration de luxe trop chère pour se sustenter au quotidien mais une expérience à tenter une fois dans sa vie.
Matsuri constitue une offre intermédiaire que je trouve très satisfaisante : les produits sont bons, très frais et d’une grande diversité ! Par ailleurs, les restaurants sont très conviviaux, que l’on soit en famille ou entre amis.

La preuve en images :

Calmars légèrement épicés © Greta Garbure

Calmars légèrement épicés © Greta Garbure

Makis anguille fumée © Greta Garbure

Makis anguille fumée © Greta Garbure

Sashimis saumon, radis râpé, feuille de shiso © Greta Garbure

Sashimis saumon, radis râpé, feuille de shiso © Greta Garbure

Sushis crevettes © Greta Garbure

Sushis crevettes © Greta Garbure

Tamaki de crevette panée et avocat © Greta Garbure

Tamaki de crevette panée et avocat © Greta Garbure

Tartare de crevettes et dorade © Greta Garbure

Tartare de crevettes et dorade © Greta Garbure

Tataki saumon mi-cuit © Greta Garbure

Tataki saumon mi-cuit © Greta Garbure

Salade d'algues légèrement épicée © Greta Garbure

Salade d’algues légèrement épicée © Greta Garbure

Et je vous recommande vivement le saké chaud, désaltérant et digestif !

Saké chaud © Greta Garbure

Saké chaud © Greta Garbure

 Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

Bonne table ou… évi-table !

La cantine Max y Jeremy
Bistrot à tapas
Paris 10e

La Cantine Max y Jeremy © Greta Garbure

C’est avec une amie polonaise de passage à Paris que je suis allée m’encanailler dans ce bistrot à tapas parisien de la rue du Faubourg Saint-Denis, quartier populaire qui se boboïse à la vitesse grand V.
En vous disant ça, je vous dis déjà presque tout.

La cantine « Max y Jeremy » est un bistrot avenant que fréquente une clientèle de quartier plutôt jeune. On y joue la carte tapas parce que c’est tendance mais aussi parce l’un de nos deux protagonistes, Max Gues (qui s’occupe de la logistique) est fou du Pays basque, et Jeremy Gatelet (notre hôtepassionné par l’Espagne.
Tous les deux trentenaires issus d’écoles de commerce et créateurs de Malys, société de service pour les professionnels de la restauration (consulting), ils avaient déjà ouvert ensemble deux précédentes adresses avant de s’établir dans ce coin.

Le comptoir © Greta Garbure

Le comptoir © Greta Garbure

Vue de la salle © Greta Garbure

Vue de la salle © Greta Garbure

Mais passons à table.

C’est l’heure du déjeuner et nous choisissons évidemment des tapas pour commencer, la côte de bœuf de Galice (sélectionnée par Imanol Jaca au Pays basque) n’étant servie que le soir en semaine (le midi seulement le vendredi et le samedi). Dommage car j’aurais bien tenté l’expérience, d’autant que les pièces font entre 900 g et 1,400 kg (prix au kilo : 65 €). Et puis, ma commensale n’a pas l’air très viande.

Nous choisissons chacune trois tapas pour nous les partager : « pan con tomate et pétale de jambon serrano » (4,50 €), accras moresques de morue et cabillaud sauce tomate au piment d’Espelette » (5 €) et « croquetas de bellota » (6 €) pour moi, et « txistorra (saucisse basque au piment) roquette » (5,50 €), « Œuf bio cuit basse température, crème de champignons » (6,50 €) et « crumble de tomates au parmesan » (5,50 €) pour mon acolyte. Prises par trois, les tapas sont à 16 €. Elles sont préparées à la minute.

Ensemble des tapas © Greta Garbure

Ensemble des tapas © Greta Garbure

Pan con tomate © Greta Garbure

Pan con tomate © Greta Garbure

Acras moresques © Greta Garbure

Acras moresques © Greta Garbure

Croquettes de jambon © Greta Garbure

Croquettes de jambon © Greta Garbure

Saucisse txistorra © Greta Garbure

Saucisse txistorra © Greta Garbure

Œuf au velouté de champignons © Greta Garbure

Œuf au velouté de champignons © Greta Garbure

Crumble de tomates, gyozas basques au boudin noir © Greta Garbure

Crumble de tomates, gyozas basques au boudin noir © Greta Garbure

Bon, le pan con tomate, les croquettes et les acras sont… comme là-bas, la txistorra aussi. En revanche l’œuf et sa crème de champignons procurent une drôle de sensation en bouche. Nous aurions préféré que la crème soit servie chaude car son gras laisse un film désagréable sur le palais. Et, bien visible, le germe de l’œuf est présent, pas très ragoûtant ! Étonnement aussi avec le crumble de tomate au parmesan, servi avec des tartines de boudin basque et une étrange crème foisonnée. Boudin et crème, le duo ne fonctionne pas. Nous nous en expliquons d’ailleurs avec Jeremy.

Nous poursuivons avec deux tapas chaudes : une « paëlla de riso » (pâtes langues d’oiseau et petits légumes chorizo, supions et moules » (7,50 €) et un « Parmentier de canard ». La paëlla est jolie dans l’assiette mais les supions un peu mollassons. Quant au Parmentier de canard, il ne casse pas trois pattes à un… canard !

Paëlla de riso © Greta Garbure

Paëlla de riso © Greta Garbure

Parmentier de canard © Greta Garbure

Parmentier de canard © Greta Garbure

Nous décidons de zapper les desserts.

Le premier verre qui nous a été servi pour accompagner cette dînette est un vin espagnol : un Navarra « Señorio de Sarria » Roble 2011 (cépages Garnacha, Tempranillo, merlot) élevé 3 mois en barriques de chêne américain qui se révèle rond et fruité en bouche avec des arômes de fruit rouge et des notes épicées. Il se laisse boire sans déplaisir. Ce ne sera pas le cas des deux suivants : un malbec d’Argentine « La Chamiza polo amateur » 2013 et un carménère chilien « Aromo » (D.O. Maule Valley) 2013.

Vin Señorio de Sarria Roble 2011 © Greta Garbure

Vin Señorio de Sarria Roble 2011 © Greta Garbure

Bon, bon, bon…Tout ça est un peu décevant. Surtout pour quelqu’un qui a l’habitude de la cuisine basque comme c’est mon cas.

Pourtant, il y a beaucoup de gentillesse au niveau de l’accueil et du service et l’on sent une volonté de bien faire.

Cela dit, ne nous en faisons pas trop pour eux. Car il est évident qu’ils ont touché leur cible : une clientèle jeune et branchée dont la motivation première est de passer un bon moment entre copains en buvant un verre et en picorant quelques nourritures dans l’air du temps ! Pas d’avoir une émotion « gastronomique ».

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine Vié

La Cantine Max y Jeremy
75, rue du Faubourg Saint-Denis
75010 Paris
M° Château d’eau ou Strasbourg Saint-Denis
Ouvert du lundi au samedi, de 9 h à 2 h du matin
Tél : 09 51 46 29 99
Courriel : cantinemyj@malys.fr

Logo La Cantine Max y Jeremy

Bonne table… ou évi-table !

AL DENTE

Restaurant italien
Paris 7e

Façade Al Dente

Façade Al Dente

Vous le savez déjà si vous êtes l’un de nos fidèles lecteurs, j’ai eu une tranche de vie italienne dont je garde d’excellents souvenirs gourmands. C’est assez dire que je suis toujours partante pour tester un « Italien ».

« Al Dente » se trouve dans le 7e arrondissement de Paris, dans le quartier des ministères et se situe donc d’emblée dans les « Italiens » chics fréquentés par une clientèle dans l’aisance. Le décor est sobre et design — gris, rouge et noir — mais sans les excès du design milanais parfois un peu trop d’avant-garde, en tout cas pour y prendre des repas en toute sérénité.

Salle

Autre de vue de la salle

Ce que l’on remarque en premier, c’est l’efficacité qui règne au niveau du service. Ça ne chôme pas !

Pour bien commencer, impossible de résister au « spritz », cet apéro vénitien auquel nous avons déjà fait allusion et que Patrick et moi apprécions particulièrement. Petit moment de détente qui nous permet de choisir tranquillement ce que nous allons manger.
Et comme nous nous amusons d’un rien, nous trouvons rigolo que Patrick se soit habillé raccord avec les chaudes tonalités dudit breuvage, ne négligeant même pas d’avoir un stylo assorti !

Patrick raccord avec les tonalités su spritz ! © Greta Garbure

Patrick raccord avec les tonalités du spritz ! © Greta Garbure

Les entrées nous séduisent au premier coup d’œil et nous trouvons très maligne la possibilité de les commander en solo ou à partager. Pour nous, ce sera un « Fritto misto de calamars, gambas et éperlans (12,80 € en solo, 18,90 € en duo) et, comme rien ne nous fait peur, telle une grosse cerise sur le gâteau, nous commandons aussi une « Burrata pugliese, tomate cerise et basilic » (14,30 € en solo) car nous avons envie de la goûter et que c’est un test imparable chez les « Italiens ».

Fritto misto de calamars, gambas et éperlans © Greta Garbure

Fritto misto de calamars, gambas et éperlans © Greta Garbure

Burrata pugliese, tomates cerise et basilic © Greta Garbure

Burrata pugliese, tomates cerise et basilic © Greta Garbure

Disons-le tout net, la friture est somptueuse, légère, goûteuse, chacun des éléments qui la composent étant cuits à la perfection. Quant à la burrata, bien que très qualitative, elle aurait peut-être demandé à être émoustillée par un filet d’anchois qui, par contraste, aurait mieux mis en valeur sa crémosité.

L'ardoise des plats du jour © Greta Garbure

L’ardoise des plats du jour © Greta Garbure

Pour le plat, je me décide — après moults atermoiements — pour un grand classique : des « Spaghetti alle vongole (palourdes) » (21,60 €). Patrick choisit plutôt un plat sur l’ardoise du mois :  des « Tagliatelle au ragoût d’agneau  » (22,70 €). Mes spaghetti sont « à la chitara », c’est-à-dire de section carrée car non pas filés mais découpés à l’aide d’une sorte de grille appelée chitara (guitare). Cela leur donne un beau volume en bouche et une mâche plus gourmande que des spaghetti filés. Les palourdes sont délicieuses et le jus subtil. Patrick semble un peu déçu par ses tagliatelle — trop plat de ménage à son goût — mais c’est de ma faute, j’aurais dû lui expliquer qu’en Italie un « ragù » est une sauce longuement mijotée, à base de viande mais pas avec une vraie garniture de viande. C’est tout de même très bon.

Spaghetti alle vongole (palourdes)

Spaghetti alle vongole (palourdes)

Tagliatelle au ragoût d'agneau © Greta Garbure

Tagliatelle au ragoût d’agneau © Greta Garbure

Sur ces plats, nous avons bu des vins au verre et c’est peut-être là que le bât blesse car si la carte des vins italiens est très belle et très diversifiée et qu’il y a quelques vins français (assez peu), au verre (12 cl : 5,60  €) ou à la carafe (25 cl : 9,70 €, 46 cl : 16,8 cl) le choix est réduit à la portion congrue : un vin des Abbruzzes (en blanc, en rosé ou en rouge) qui se laisse boire mais sans nous ébouriffer.

Vient le moment du dessert où, oh surprise, je découvre avec joie un « Baba au limoncello » (11 €) qui a tout de suite mes faveurs. Plus sage (pour une fois), Patrick se « contente » d’une « Glace straciatella et caramel » (maison Pozzetto, 9,30 €).

Baba au limoncello © Greta Garbure

Baba au limoncello © Greta Garbure

Glace stracciatella et caramel © Greta Garbure

Ouvert depuis 9 ans par Sylvain Lindon (oui, oui, le frère de l’autre !) et son épouse Marie, « Al Dente » s’est taillé une jolie réputation dans le quartier, avec une clientèle d’hommes d’affaires au déjeuner et plus familiale au dîner, sans oublier quelques célébrités qui habitent le quartier. Les produits sont bons, les cuissons justes, les plats équilibrés, de quoi satisfaire une clientèle pas extraordinairement experte mais exigeante.
Mentionnons que la carte propose aussi un petit choix de carpaccios (entre 14, 5 et 18,5 €) et une belle déclinaison de pizzas (une dizaine entre 12,9 et 16,5 €).

Allez, un café à l’italienne et Ciao !

Carte 35/40 € hors boissons.

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine et Patrick

Al Dente
38, rue de Varenne
75007 Paris M° Varenne
M° Rue du Bac

Tél : 01 45 48 79 64
Site : http://www.restaurantaldente.com

Ouvert du mardi au samedi de 12 h à 14 h 30
et de 19 h 45 à 22 h 45