Catégorie: Restos

Bonne table ou… évi-table ?

La Cabane à huîtres
Vente à emporter
et dégustation sur place

Biarritz, Pyrénées atlantiques

La cabane à huîtres

Voici une découverte comme on aime en faire !

Tout commence par un petit tour à la Halle aux Poissons de Biarritz — Hiri barneko merkatua — et comme une envie de déguster des huîtres vu qu’il est midi passé, ce qui est une heure plus que légitime pour prendre l’apéro… et que, justement, la tentation est à portée de main, à l’Écaillerie !

On s’offre donc une assiette de fines de claires avec un verre de vin blanc, rituel qui en sublime naturellement la dégustation !

Huîtres © Greta Garbure
Et puis on tape la discute avec le blond Marc Nopal… qui ouvre les huîtres plus vite que son ombre !

Marc Nopal (à gauche) © Greta Garbure

Beaucoup d’adresses « mythiques » où nous serions bien allés faire un tour sont fermées — pour beaucoup, fin juin, c’est la période des congés avant le rush estival ! — et nos estomacs commencent à crier famine.
Marc nous signale alors qu’avec son frère Jean, ils ont une cabane à huîtres en ville, où l’on peut déguster des assiettes avec les produits de la pêche du jour mis en scène façon cassolettes ! Banco ! Tout à fait ce qu’il nous faut !
Aussitôt dit, aussitôt fait !

Historiquement, la cabane à huîtres, c’est une maisonnette aménagée au bord de l’océan où l’on vient pour manger des huîtres, des coquillages, des crevettes, à déguster tels quels ou cuisinés simplement. Il n’en reste plus beaucoup d’authentiques sauf peut-être en Charente-Maritime où elles témoignent de la tradition ostréicole.

La plus urbaine cabane de Biarritz est néanmoins pimpante, tout en bois blond clair, et l’accueil du brun Jean Nopal (le frangin) on ne peut plus sympathique et souriant. Mais ce n’est rien à côté de la carte ! Courte mais épatante et appétente !

Jean Nopal © Greta Garbure

L'ardoise © Greta Garbure

Cassolettes © Greta Garbure
Nous choisissons des chipirons (9 €) — je n’ai pas souvent l’occasion d’en manger ! — et des kokotxas de merlu frites (9 €). La kokotxa, c’est la partie basse du menton du merlu en basque. Celles de morue sont également très bonnes.
C’est tout parce qu’on a déjà mangé des huîtres avant !
Eh bien les amis, on a fait bonne pioche !
Les chipirons sont justement cuits et la friture légère ! Un régal !

Cassolette de chipirons © Greta Garbure

Cassolette de kokotxas © Greta Garbure

Kokotxa frite © Greta Garbure

Maintenant, qu’est-ce qu’on boit ?

« Un albariño de Galice dans l’appellation d’origine « Rias Baixas » (4,50 € le verre, 25 € la bouteille). Avec ses arômes de pêche jaune et d’abricot, ce n’est sans doute pas le plus approprié sur nos cazuelas (légèrement dominateur, le bougre !) mais j’en avais envie ! J’aime souvent les vins de Galice. D’ailleurs, on en reparlera. »

Nos cassolettes et nos verres © Greta Garbure

Bref, la vie est belle et l’humeur joyeuse ! Nous reviendrons !

Addition payée

Blandine & Patrick

L’Écaillerie
Jean et Marc Nopal
Fruits de mer Halles centrales de Biarritz
Tél : 05 59 24 06 72
Plateaux sur commande.

L'écaillerie

L'écaillerie verso

La Cabane à huîtres
Jean et Marc Nopal
Vente à emporter et dégustation sur place
62, rue Gambetta
64200 Biarritz
Tél : 05 59 54 79 65
Ouvert du mardi au samedi de 12 h à 14 h 30 et de 18 h à 23 h

La cabane à huîtres verso

Bonne table ou… évi-table !

Le Bar-Bu
Café-brasserie
Biarritz (Pyrénées-Atlantiques)

Le Bar-Bu

On pourrait croire que la dernière semaine de juin, la saison bat déjà son plein à Biarritz. Mais non ! Beaucoup d’établissements sont fermés pour congés. Des vacances prises avant la ruée estivale…

Aussi, ce ne fut pas si évident de trouver une terrasse pour nous poser et grignoter tranquillement un petit quelque chose pour le dîner ! Faut dire que pendant la Coupe du Monde de football, les bars à tapas montent le son de leurs écrans plats à fond la caisse pour que le plus grand nombre possible de supporters puissent en profiter..  Et croyez-nous, ils en profitent ! Debout et en vociférant à qui mieux mieux !
Par conséquent, nous avons évité quelques adresses habituellement plus conviviales pour nous rabattre au Bar-Bu, autrefois réputé comme bar à vins quand il s’appelait le Comptoir T. Mais la maison la joue désormais « jeun’s » !
Nous avons évité la salle bondée pour les raisons susdites et nous nous sommes installés sur les hautes tables en bois installées sur le trottoir.

Devanture du Bar-Bu © Greta Garbure C’est sympathique, il fait bon et l’ardoise bon enfant nous fait de l’œil.
À vrai dire, vu les plats proposés, il s’agit plus d’un bar à tapas que d’une brasserie. Mais c’est justement cela qui nous a tenté. Au passage, l’orthographe de « charcutailles » nous a fait sourire…

L'ardoise du Bar-Bu © Greta Garbure

Bon, où que je sois, je ne sais pas résister aux chipirons, et difficilement aux piments verts, qu’ils viennent d’Anglet, de Guernika ou de Padron ! On complète avec des couteaux persillés et, pour la curiosité avec un « cochon perdu ».

Le chorizo arrive en premier ! Le plat est rigolo — surtout pour des fans de cochon comme nous ! — mais les chorizos très décevants. On s’attendait à une sorte de pain perdu au chorizo, d’où notre déconvenue. À oublier !

Cochon perdu © Greta Garbure     Chorizo en barbecue © Greta Garbure     Brochette de chorizos © Greta Garbure

Couteaux et chipirons sont malheureusement totalement ratés à cause d’une cuisson trop prolongée, ce qui les rend caoutchouteux et secs alors que les produits seraient peut-être bons.

Couteaux grillés © Greta Garbure

Chipirons grillés © Greta Garbure

Quant aux piments, même peine : ils sont eux aussi trop grillés.

Piments de Guernika © Greta Garbure

Quel dommage !

Pour le choix des vins, oubliez toute ambition :
« — En blanc, j’ai un Gascogne ».
« — De chez qui, quelle année, quel cépage ? »
La mine se fait excédée ! Pffffff, ces clients qui ergotent sur ce qu’ils veulent boire, c’est insupportable. Manquerait plus, que pendant la Coupe du Monde de football, les verres ballons ne leur plaisent pas !
Eh bien non, ils ne me plaisent pas plus que le chardonnay des Landes qui a finalement accompagné le repas.

Verre de chardonnay © Greta Garbure

En conclusion, que dire sinon : « pourrait beaucoup mieux faire ! »
Allez, soyons indulgents ! Ils sont encore « en rodage ».
Et même si l’établissement est surtout fréquenté par des jeunes, espérons qu’ils prendront conscience que faire du bon n’est pas moins rentable que du tout-venant décevant !

Addition payée.

Blandine & Patrick

Le Bar-Bu 2

Le Bar-Bu
Café-brasserie
5, rue Gaston Larré
64200 Biarritz
Tél : 05 59 22 24 79

Bonne table ou… évi-table ?

Le Marignan
Restaurant d’hôtel chic
Paris 8e

Le couvert est mis © Greta Garbure

Pour ceux qui s’en souviennent, au rez-de-chaussée de cet hôtel particulier magnifiquement situé au cœur du triangle d’or parisien (entre les Champs-Élysées et l’avenue Montaigne), s’est tenu il y a quelques années « Spoon », restaurant branché managé par Alain Ducasse.

L’immeuble tout entier a été transformé en hôtel de luxe avec un design d’inspiration art déco mais revisité avec raffinement par Pierre Yovanovitch. C’est beau, sobre et chic, mais avec du cachet.

Le rez-de-chaussée est occupé par un bar splendide (précisément à l’emplacement de l’ancienne salle du Spoon) et par un restaurant divisé en deux salles : la première avec des puits de lumière qui en font une petite cathédrale moderne, et la seconde, plus intimiste avec ses alcôves.

RESTAURANT GT (2)

Deuxième salle

Aux manettes des fourneaux, Filipe Da Assunçao, Meilleur Ouvrier de France, concocte une cuisine tendance bien dans l’air du temps pour séduire une clientèle composée d’étrangers, d’hommes d’affaires du quartier et d’accros du shopping de luxe.

Le chef Felipe Da Assunçao

Le chef Felipe Da Assunçao

Une carte courte mais équilibrée qui flirte avec la finger food, la néo-brasserie chic et la toujours très appréciée cuisine méditerranéenne par les fashionistas.

Carte printemps-été Marignan

Nous nous sommes donc partagé de très jolies petites « sardines luxe Tricana » de Lisbonne (19 €) vraiment épatantes — le chef est d’origine portugaise ! — et un « Vitello tonnato Marignan » (26 €) tout à fait honnête qui m’a rappelé une tranche sinon napolitaine du moins italienne de ma vie.

Sardines à l'huile © Greta Garbure

Vitello tonnato © Greta Garbure

Pour les plats, nous avons goûté des « Spaghetti balls » (24 €) et un « Fritto misto de calamars et fleurs de courgettes » (26 €) — Italie toujours ! — auquel j’aurais eu du mal à résister ! Le tout très bien fait avec une mention spéciale pour la friture, croustillante à souhait et très légère, qui ne nous a causé aucun reproche l’après-midi ! Néanmoins, j’aurais sans doute aimé un peu plus de fleurs de courgettes.

Spaghetti balls © Greta Garbure

 Fritto misto et sa sauce © Greta Garbure

 

Fritto misto calmars fleurs de courgettes © Greta Garbure

Enfin, ayant terriblement envie de goûté le mille-feuilles minute vanille (14 €) — et nous avons eu bien raison car il était léger, tendre et goûteux ! — nous avons équilibré avec une assiette de fruits rouges somptueuse, préparée spécialement pour nous.

Mille-feuilles © Greta Garbure

Assiette de fruits rouges © Greta Garbure

La carte des vins fait la part belle à la Bourgogne et on ne s’en plaindra pas ! Le choix des « seconds vins » bordelais est plus conformiste, on aurait pu s’attendre à mieux. Les prix sont malheureusement parisiens voire qataris, surtout pour les champagnes !

Carte des vins Marignan
Nous avons quant à nous bu un coteaux de l’Ardèche (chardonnay) Louis Latour « Grand Ardèche » 2011 qui s’est révélé être un excellent compagnon sur tous les plats choisis.

Grand Ardèche © Greta Garbure

Verre de chardonnay © Greta Garbure

Bref, plutôt une bonne surprise, un joli cadre pour faire une pause grignotte entre deux rendez-vous d’affaires ou deux séances d’essayage haute-couture. Mais évidemment, ce n’est pas pour toutes les bourses !
Malgré tout, a
u déjeuner, formule à 29 €, menu à 38 €.
Carte : de 35 à 95 € hors boisson.

Restaurant ouvert de 12 h à 15 h et de 19 h 30 à 22 h 30, mais en journée, le détail qui tue : service au bar ou en chambre ! 

Invitation d’un attaché de presse.

Blandine & Patrick

Le Marignan
Hôtel Marignan Élysées
12, rue Marignan
Paris 8e
Tél : 01 40 76 34 56

 

 

Bonne table… ou évi-table ?

Le Café des Ministères
Brasserie de la mer
Paris 7e

1 Façade

Disons-le tout web — pourquoi toujours « tout net » ? — nous sommes persuadés que ce restaurant a un bel avenir devant lui ! Même si, ouvert depuis janvier seulement, il cherche encore ses marques.

Si donc nous avons été déçus, c’est toutefois en étant sûrs qu’il suffirait seulement de quelques petits aménagements pour que ce soit vraiment bien. C’est pourquoi nous vous incitons tout de même à y aller ! Parce que, ce qui nous est apparu pas au point, c’est surtout un excès de zèle de la par d’Éric Moro, le patron (déjà propriétaire du restaurant de viande « Le Tambour », rue Montmartre dans le 2e) dont le leitmotiv semble être… vouloir trop bien faire !

Passons rapidement sur le cadre, « sobre mais chic » selon la formule consacrée. Un ancien bistrot relooké bon chic bon genre avec ses deux salles, son vivier en vitrine et ses très chouettes bestioles naturalisées (Deyrolles ou assimilés) accrochées au mur de la deuxième salle.

7 Vers rue nuit

8 Vers trompe de Neptune nuit

9 Salle +á manger

Bon, on est d’accord, si on vient dans une brasserie marine, c’est parce qu’on aime le poisson ! Et ça tombe bien, parce que Patrick et moi, nous l’aimons ! Et ici, le poisson il est beau ! Très beau même ! En provenance de Rungis, le plus grand marché du monde, ce qui n’a rien d’infâmant, contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire. Mais le choix d’Éric Moro et de son chef Carlo Spagnolo — tous d’eux d’origine italienne — se porte surtout sur des grosses pièces — 800 g à 1 kilo — ce qui fait dans l’assiette des portions pour ogres. C’est là que le bât blesse car après une entrée qui se tient bien, ça fait beaucoup !

Zoom sur la carte © Greta Garbure

Sole et dorade © Greta Garbure

Sole et dorade

Ainsi, avons-nous commencé par nous partager un « Petit poêlon de moules à la provençale avec un sabayon à l’anis » (9,50 € les 6,15 € les 12) qui ne nous a guère bouleversifiés car l’acidité de la tomate écrasait complètement la saveur des moules fraîches. En revanche, le « Tartare de crevettes roses et sa terrine de légumes » (12,50 €), lié à l’avocat était très bon, plein de fraîcheur, même si le mot « tartare » fait normalement référence à de la chair crue… et que nous sommes pointilleux là-dessus aussi.

Petit poêlon de moules à la provençale © Greta Garbure

Tartare de crevettes roses et sa terrine de légumes © Greta Garbure

En plats de résistance, nous avons opté pour deux poissons du jour : un « Turbot de petit bateau de Bretagne grillé » et un « Saint-Pierre de ligne de Bretagne grillé » (44 € chaque). Rien à dire sur la qualité du poisson, ni sur la manière dont l’hôte des lieux nous lève les filets avec dextérité et rapidité. Ils sont accompagnés de sauces (beurre blancs et sauce vierge pour nous, mais nous aurions pu préférer une sauce homardine ou une sauce choron) et d’une purée d’agria (pommes de terre) au beurre salé et de haricots verts (nous aurions pu choisir une tombée d’épinards minute, une mini-ratatouille ou du riz basmati). Dommage, les poissons ­— excellents, répétons-le — étaient un peu trop cuits, surtout le saint-pierre, ce qui lui a donné un peu de sécheresse. Nous ne les aurions pas aimés roses, mais nacrés à l’arête pour une chair plus fondante. Peut-être eut-il été judicieux de nous demander avant comment nous aimions la cuisson.

Turbot © Greta Garbure

Filets turbot levés © Greta Garbure

Saint-Pierre © Greta Garbure

Saint-Pierre préparé © Greta Garbure

Purée de patates douces, haricots verts © Greta Garbure

Nous étions largement rassasiés mais, consciencieusement jusqu’au-boutistes, nous avons voulu goûter les desserts : un « baba au rhum vieux » (9 €) pour moi et une « tarte fine chaude aux pommes, sauce amandine, glace vanille » (8 €) pour Patrick. Portions bien trop copieuses : tarte pas si fine et baba devant peser au moins 600 g, voire plus (voyez la taille du pouce de Patrick à côté sur la photo). Et grosse déception avec le baba dont la pâte à savarin était bien trop compacte, avec une mie très serrée dont la texture tenait se rapprochait plus du kilo de plomb que du kilo de plumes !

Tarte fine chaude aux pommes © Greta Garbure

Baba géant © Greta Garbure

Baba ouvert © Greta Garbure

Parlerons-nous du vin ? Des vins ? De la carte des vins ?
Non, car notre ami n’en a pas la culture, comme une partie non négligeable des restaurateurs français.
En effet, il ne suffit pas de proposer un chablis, un pouilly-fumé, un sancerre pour réjouir le client lambda. C’est à peine suffisant pour un boit-sans-soif qui se souvient vaguement avoir déjà lu ces noms-là quelque part ! Mais l’amateur de bons produits, celui qui vient exprès, peut-être de loin, pour manger un gros saint-pierre ou un turbot de compétition, eh bien il aimerait sans doute qu’on lui propose des bouteilles belles origines, choyées par de vrais vignerons qui ont une réputation méritée. Il en existe des milliers dans notre cher pays, qui aimeraient bien que l’on goûte et que l’on achète leurs vins plutôt que de se contenter de produits quasiment industriels, fabriqués par des grossistes spécialisés dans la distribution de café ! Mais quelques trouvailles du patron ne sont pas toujours au niveau espéré… Au moins ne sont-elles pas facturées à un prix excessif.
Alors voilà ! Qu’est-ce qu’on boit avec un magnifique poisson ? Eh bien, on ne sait pas !

Un repas dont nous sommes navrés de ne pas avoir été complètement satisfaits car nous pensons réellement qu’il y a dans cette maison un potentiel plus qu’intéressant, surtout dans ce coin de Paris. Aussi avons-nous suggéré au patron et au chef de proposer plutôt des poissons d’un poids de 500 g pour une personne — ce qui est déjà bien ! — quitte à soumettre quelques pièces plus grosses pour les appétits pantagruéliques, ou à se partager à deux.

Les prix correspondent à la fois à une qualité de marchandise — vérifiez-les chez votre poissonnier — et à ceux du quartier, grouillant d’hommes politiques à l’heure du déjeuner, plus calme le soir avec sa clientèle de riverains aisés.

Enfin, saluons la gentillesse de l’accueil et l’écoute que nous avons reçue à toutes nos observations.

Service continu de 7 h 30 — car on sert aussi des petits déjeuners : express, continental ou anglais — à 22 h, du lundi au samedi.

Ardoise petits déjeuners © Greta Garbure

Invitation d’une attachée de presse.

Blandine et Patrick

Le Café des Ministères
83, rue de l’Université
75007 Paris
Tél : 01 47 05 43 62

Logo café des ministères © Greta Garbure

Bonne table… ou évi-table !

Zerda Café
Cuisine d’Afrique du Nord,
surtout berbère
Paris 10e

Salle Zerda © Greta Garbure

Situé à deux pas de la Porte Saint-Martin, dans le quartier des théâtres, voilà une adresse qui réconcilie avec la cuisine d’Afrique du Nord, si souvent « folklorisée » un peu partout, voire banalisée ça et là… et même galvaudée ailleurs !

Une fois n’est pas coutume, je n’y suis pas allée avec Patrick !
C’est une amie qui m’y a emmenée alors que nous sortions d’un rendez-vous dans le quartier, justement à l’heure du miam-miam !

Bon, en ce moment la façade ne paye pas de mine car un échafaudage emmaillote l’immeuble et — d’après ce que j’ai compris — les travaux traînent excessivement en longueur du fait de travaux ayant été jugés plus urgents à faire dans le 10e depuis les élections ! Bah tiens ! Mais la porte mauresque incite tout de même à la curiosité.

La porte du restaurant © Greta Garbure

Dépaysement de rigueur une fois la porte poussée.

Une vue de la salle © Greta Garbure

Les pâtisseries © Greta Garbure
Avant de poursuivre, il faut tout de même que je vous dise ! Je connais assez bien la cuisine maghrébine, notamment la cuisine marocaine que j’ai appris à faire jeune femme à Marrakech avec Zouina, une cuisinière chère à mon cœur, mais aussi la cuisine algérienne (et plus précisément la cuisine de Kabylie) et, dans une moindre mesure, la cuisine tunisienne.

Au passage, j’aimerais dire à ceux qui qualifient la cuisine d’Afrique du Nord…« d’orientale » qu’en arabe, le mot « Maghreb » signifie… Occident !
Je ne cesse de vous le dire dans ma rubrique « Les mots des mets (la saveur cachée des mots) », l’étymologie et la connaissance des mots sont souveraines contre l’inculture !

Bon, revenons à nos moutons même si nous n’en avons pas mangé malgré la période pascale.

Le lieu est tenu par Jaffar Achour, un homme qui, en quelques minutes, se révèle être un hôte charmant, attentionné, disert, cultivé, enthousiaste et d’une très grande gentillesse.

Originaire de Tizi-Ouzou, en Kabylie, sa carte est très inspirée par la cuisine berbère, ce que confirme d’ailleurs le nom de son restaurant « Zerda », la zerda étant un grand repas convivial en Kabylie.
Mon amie me précise qu’il est habituellement secondé par son fils Madjid, tout aussi gentil que lui.

Nous démarrons avec une petite salade de pommes de terre en guise d’amuse-bouche, puis une sauce harissa maison très diluée avec du citron et de l’huile d’olive et agrémentée d’ail dans laquelle nous trempons des morceaux d’aghroum (pain berbère à la semoule). Ce n’est pas à la carte mais le régal de mon amie, habituée du lieu. Ça prépare bien la bouche !

Harira maison © Greta Garbure

En plat, nous avons choisi un couscous berbère makfoul à la semoule d’orge (belboula), sans sauce, avec des fèves fraîches (quelques graines, mais aussi des fèves entières en cosses coupées en morceaux), des capsules de coquelicot — fleur qu’on appelle aflelou en berbère ! — et du fenouil sauvage ! Un pur délice d’une grande finesse.

Semoule à la berbère © Greta Garbure
Comme viande, nous avons accompagné cette semoule délicate de merguez de veau très goûteuses dont je vous prie de croire qu’elles n’avaient rien à voir avec les merguez tout venant que l’on débite partout au kilomètre et que je suis incapable d’avaler.
Couscous berbère + viande au choix : 17,50 € + 3,50 € si méchoui.

Merguez de veau © Greta Garbure

Sur ce repas authentique et sincère, nous avons bu « Terres Rouges », un gris du Maroc 2012 épatant, léger et fruité (syrah/tempranillo) : 33 € la bouteille.
En verve, Jaffar nous raconte que c’est un vin du domaine « La Ferme Rouge », créé au Maroc par Jacques Poulain, un œnologue français installé à Had-Brachoua, à l’est de Rabat. Ce n’est d’ailleurs pas sa première expérience de viticulture marocaine car c’est lui qui avait relancé les Celliers de Meknès il y a quelques années.

Enfin, nous avons terminé par quelques pâtisseries traditionnelles et un thé à la menthe.

Pâtisseries traditionnelles © Greta Garbure

Un déjeuner impromptu comme je les aime, un des petits bonheurs inattendus de la vie.

Alors, bien que n’étant pas accompagnée par Patrick, je m’autorise à prendre la décision seule pour attribuer le rond de serviette de Greta Garbure à cet établissement où je n’hésiterai pas à revenir car bien des plats sur la carte m’ont fait de l’œil !

Rond de serviette

Kemia du boucher ou de la mer : 13,90 €.
Entrées chaudes : Chorba ou harira (6,90 €), Bricks viande ou thon (7,90 €), Ojja tunisienne (poivron, tomate, œuf, oignon, avec crevettes, merguez ou kefta) à 8,50 €, Pastilla de pigeaon (15,90 €) ou de poulet fermier (8,90 €).
Entrées froides : Salade mechouia (7,90 €), Salade zaalouk (7,90 €), Salade zerda gourmande, grande (13,90 €) ou petite (8,90 €).
Carte de 8 tajines (20 min de préparation) : entre 14,50 € (végétarien) et 18,50 € (berbère aux 5 légumes avec bœuf, agneau ou poulet au choix).
Carte de 8 couscous : entre 17 € (couscous seffa sucré) et 21 € (couscous Zerda avec brochettes, merguez, côtes d’agneau et boulettes).
Comptez de 30 à 45 € à la carte.

Invitation du patron, Jaffar Achour.

Tanemirt (merci) pour ce repas, Monsieur Jaffar !

Blandine sans Patrick

Zerda Café
15, rue René Boulanger
75010 Paris
Téléphone : 01 42 00 25 15
Ouvert de 12 à 16 h et de 19 h à minuit.
Fermé le lundi midi, le samedi midi et le dimanche + en août.
50 couverts + 20 en terrasse au beaux jours.
M° Strasbourg-Saint-Denis