Catégorie: Plats mythiques

Plats mythiques

Le Parmentier de queue de bœuf

Parmentier de queue de bœuf © Greta Garbure

Parmentier de queue de bœuf © Greta Garbure

C’est un plat rustique qu’il fait bon manger pendant les froidures de l’hiver, d’autant qu’il a généralement l’heur de plaire à tous et qu’il a en plus l’avantage d’être économique. 

La queue de bœuf est un bas-morceau que l’on trouve aussi bien chez les bouchers que chez les tripiers car il ne fait pas partie de la carcasse proprement dite mais de ce qu’on appelle le « cinquième quartier », c’est-à-dire tout ce qui dépasse de la carcasse (pieds, tête, queue) et tout ce qui est à l’intérieur (abats).  Certes, c’est un morceau long à cuire et un peu long à dépiauter mais il est vraiment très savoureux. On peut notamment en faire une terrine géniale dont nous vous donnerons la recette un jour ou l’autre.

Commencez par choisir une queue de bœuf chez votre artisan-boucher de quartier (au besoin, commandez-la). Puis demandez-lui de la parer, de la couper en tronçons et de la ficeler. Moi, j’ai profité d’une visite à Sens avec l’Académie de la Viande à la boucherie Jean Denaux pour en rapporter une !

Queue de bœuf entière © Greta Garbure

Queue de bœuf entière © Greta Garbure

L'artisan-boucher au travail © Greta Garbure

L’artisan-boucher au travail © Greta Garbure

Et voilà le travail ! © Greta Garbure

Et voilà le travail ! © Greta Garbure

La recette

Préparation : 30 min
Cuisson : 3 h 30

Pour 6 personnes

• 1 queue de bœuf (2 à 2,5 kg) en tronçons de 4 à 5 cm
• 2 oignons
• 3 à 4 clous de girofle
• 4 gousses d’ail
• 3 à 4 branches de thym
• 2 à 3 feuilles de laurier
• 1 cuillerée à soupe de poivre en grains
• 2 cuillerées à soupe de gros sel
• 1,5 kg de pommes de terre à chair ferme
• 150 g de beurre demi-sel
• 2 cuillerées à soupe d’huile de goût neutre
• sel fin, poivre du moulin

Placez la queue de bœuf dans un faitout (moyen) d’eau froide avec les aromates : l’un des oignons clouté (moi j’aime bien n’en mettre qu’un demi et couper l’autre moitié grossièrement), le thym, le laurier, l’ail et le poivre en grains. Portez à frémissement en écumant de temps en temps.

Oignon clouté © Greta Garbure

Dans la cocotte avec les aromates © Greta Garbure

Dans la cocotte avec les aromates © Greta Garbure

Écumer © Greta Garbure

Écumer © Greta Garbure

Salez alors avec le gros sel et faites cuire 3 heures sur feu très doux, en couvrant mais en laissant une fente.

Queue de bœuf en cuisson © Greta Garbure

Queue de bœuf en cuisson © Greta Garbure

Quand elle est cuite, mettez les pommes de terre non pelées dans un petit faitout d’eau froide et faites-les cuire 25 à 30 minutes à partir de la prise d’ébullition.

Pommes de terre à l'eau froide © Greta Garbure

Pommes de terre départ eau froide © Greta Garbure

Pommes de terre en cuisson © Greta Garbure

Pommes de terre en cuisson © Greta Garbure

Pendant leur cuisson, retirez la queue de bœuf de la cocotte, ôtez la ficelle et dépiautez tous les morceaux en effilochant soigneusement la chair.

Queue de bœuf égouttée © Greta Garbure

Queue de bœuf égouttée © Greta Garbure

Morceaux de queue de bœuf © Greta Garbure

Morceaux de queue de bœuf © Greta Garbure

Effilochée de queue de bœuf © Greta Garbure

Effilochée de queue de bœuf © Greta Garbure

Quand les pommes de terre sont cuites, pelez-les encore chaudes, coupez-les en morceaux dans un plat creux, ajoutez 100 g de beurre fractionné et écrasez à la fourchette.

Pommes de terre cuites © Greta Garbure

Pommes de terre cuites © Greta Garbure

Patates et beurre © Greta Garbure

Patates et beurre © Greta Garbure

Écrasé de pommes de terre © Greta Garbure

Écrasé de pommes de terre © Greta Garbure

Pelez et émincez le second oignon, faites-le fondre dans une poêle ou une sauteuse dans un peu d’huile. Ajoutez l’effilochée de queue de bœuf, faites revenir ensemble en mélangeant. Salez modérément, poivrez.

Effilochée revenue avec l'oignon © Greta Garbure

Effilochée revenue avec l’oignon © Greta Garbure

Effilochée assaisonnée © Greta Garbure

Effilochée assaisonnée © Greta Garbure

Préchauffez le four à 210 °C. Beurrez (20 g) un plat à four, de préférence en terre.

Plat beurré © Greta Garbure

Plat beurré © Greta Garbure

Étalez la moitié de l’écrasé de pommes de terre au fond du plat. Répartissez l’effilochée de queue de bœuf par-dessus, en couche régulière. Recouvrez avec le reste de pommes de terre, en couche lisse.

Couche de pommes de terre © Greta Garbure

Couche de pommes de terre © Greta Garbure

Couche de queue de bœuf © Greta Garbure

Couche de queue de bœuf © Greta Garbure

2ème couche de pommes de terre © Greta Garbure

2ème couche de pommes de terre © Greta Garbure

Parsemez d’un voile de chapelure fine, puis du reste de beurre en noisettes.

Voile de chapelure © Greta Garbure

Voile de chapelure © Greta Garbure

Quelques noisettes de beurre © Greta Garbure

Quelques noisettes de beurre © Greta Garbure

Et hop ! Au four pour 30 minutes !
Servez brûlant, au sortir du four.

 Un peu de bla-bla

— La chapelure est facultative.

— Vous pouvez accompagner d’une salade verte charnue, type romaine.

— Et pour ne rien perdre, dégraissez le bouillon de cuisson de la queue, replongez-y les os et portez à nouveau 1 h à 2 heures sur feu doux pour concentrer les saveurs. Égouttez, filtrez, laissez refroidir, dégraissez à nouveau et conservez dans des petits récipients (bac à glaçons par exemple) : vous aurez ainsi des fonds de cuisson tout prêts pour vos sauces et fricassées à venir.

Les os cartilagineux après dépiautage © Greta Garbure

Les os cartilagineux après dépiautage © Greta Garbure

Blandine Vié

Plats mythiques

Le risotto à la milanaise

Risotto à la milanaise © Greta Garbure

Risotto à la milanaise © Greta Garbure

En Italie, le risotto est servi en primo piatto, c’est-à-dire en entrée, tout comme les pâtes (la pasta). C’est une survivance du temps où, dans un pays pauvre, le bon sens incitait les mères de famille à nourrir leur progéniture avec des aliments roboratifs, ce qui permettait de servir de la viande (quand il y en avait) en quantités beaucoup plus parcimonieuses, économie domestique oblige.

Originellement, on faisait fondre l’oignon et revenir le riz dans de la moelle de bœuf à Milan et plutôt dans du beurre dans la plaine du Pô, région productrice des riz italiens. Aujourd’hui, l’huile d’olive est la matière grasse de référence.

Il paraît même qu’autrefois, le risotto à la milanaise se préparait au vin rouge, les cuisinières des maisons bourgeoises de Lombardie étant souvent originaires de la Brianza, région où l’on cuisinait beaucoup au vin rouge. Quoi qu’il en soit, sauf pour certaines recettes où cette originalité s’impose, le vin blanc lui convient mieux.

Cependant, en Lombardie, province d’Italie qui est la patrie de cette recette, le risotto alla milanese est l’accompagnement incontournable de l’osso-buco. Mais il escorte bien d’autres plats avec bonheur : veau, lapin, champignons, légumes, coquilles Saint-Jacques, etc.

Le risotto à la milanaise est en fait la recette de base de tous les risotti mais dans les autres, le safran est optionnel.

Sachez aussi qu’en Italie, l’usage de parsemer son assiettée de risotto avec du parmesan râpé est considéré comme une tradition populaire « vulgaire » !

En France, on écrit presque toujours risotto avec son orthographe italienne, mais on peut aussi l’écrire à la française : rizotto, même si on ne sait pas toujours que ce mot existe.

Risotto lié © Greta Garbure

Risotto lié © Greta Garbure

La recette

Préparation : 20 min
Cuisson : 25 à 30 min

Pour 4 à 6 personnes

Riz Arborio © Greta Garbure

Riz Arborio © Greta Garbure

• 400 g de riz grain rond à risotto (Arborio, Carnaroli ou Vialone)
• 1 dose de safran en filaments
• 4 cuillerées à soupe d’huile d’olive
• 1 bel oignon, doux si possible
• 25 cl de vin blanc sec
• 100 g de parmesan fraîchement râpé
• 1,200 litre (±) de très bon bouillon de volaille
(si possible fait maison avec des abattis)
• 50 g de beurre
• sel fin, poivre blanc du moulin

Faites chauffer le bouillon. Délayez-y le safran et laissez infuser jusqu’à utilisation. Pelez et émincez finement l’oignon. Râpez le parmesan.

Râper le parmesan © Greta Garbure

Râper le parmesan © Greta Garbure

Versez l’huile dans une sauteuse ou une cocotte, faites-la chauffer et faites-y fondre l’oignon sans coloration.

Faire fondre l'oignon © Greta Garbure

Faire fondre l’oignon © Greta Garbure

Ajoutez le riz non lavé et mélangez à la spatule de manière à bien enrober tous les grains de riz de matière grasse. Mélangez jusqu’à ce qu’ils soient translucides, mais sans faire colorer ni faire frire les grains qui ne doivent pas devenir croustillants.

Ajouter le riz © Greta Garbure

Ajouter le riz © Greta Garbure

Enrober le riz de gras © Greta Garbure

Enrober le riz de gras © Greta Garbure

Riz légèrement torréfié © Greta Garbure

Riz légèrement tranlucide © Greta Garbure

Mouillez alors avec le vin blanc, mélangez, laissez le riz s’imprégner et s’assécher.

Mouiller avec le vin © Greta Garbure

Mouiller avec le vin © Greta Garbure

Versez aussitôt une louchée de bouillon (environ 25 cl), mélangez à la spatule et laissez cuire sur feu très doux jusqu’à ce que le riz ait absorbé le bouillon.

Riz asséché © Greta Garbure

Riz asséché © Greta Garbure

Dès que le riz s’assèche en surface, mouillez à nouveau avec une nouvelle louchée de bouillon, mélangez, et ainsi de suite jusqu’à ce que le riz soit cuit al dente, ce qui demande approximativement de 17 à 20 min selon la qualité d’absorption du riz. Vers la fin, ajoutez le bouillon en quantité plus modérée pour ne pas liquéfier la masse qui doit rester homogène. Retirez aussitôt du feu.

Mouilller avec du bouillon © Greta Garbure

Mouilller avec du bouillon © Greta Garbure

Procédez maintenant à la liaison du risotto : le mantecato, étape qui signe sa réussite en peaufinant la liaison initiée par celle de l’amidon du riz et en la rendant crémeuse. Hors du feu, incorporez le beurre froid et la moitié du parmesan.

Ajouter le beurre froid et le parmesan © Greta Garbure

Ajouter le beurre froid et le parmesan © Greta Garbure

Laissez reposer 2 minutes à couvert, puis mélangez vivement pour lier.

Liaison © Greta Garbure

Liaison © Greta Garbure

Liaison crémeuse © Greta Garbure

Liaison crémeuse © Greta Garbure

Assaisonnez en fonction du bouillon et mélangez.
Versez dans un plat très chaud et servez sans attendre.
Présentez éventuellement le reste de parmesan en même temps.

Parmesan râpé © Greta Garbure

Parmesan râpé © Greta Garbure

Un peu de bla-bla

• On peut hacher l’oignon plutôt que de l’émincer mais je trouve que le goût s’exprime mieux dans le premier cas. Et si l’oignon est bien fondu, ça ne perturbe pas la mâche en bouche.  

• Pour décliner la recette du risotto, selon la garniture choisie — petits légumes, pointes d’asperges, champignons, coquillages, etc. — il est judicieux de remplacer le bouillon de volaille par du bouillon de légumes ou du fumet de poisson.

• Et il est toujours mieux de préparer la garniture à part et de l’incorporer en fin de cuisson seulement, comme pour ce risotto aux coquilles Saint-Jacques.

Snacker les noix de Saint-Jacques © Greta Garbure

Snacker les noix de Saint-Jacques © Greta Garbure

Risotto aux noix de Saint-Jacques © Greta Garbure

Risotto aux noix de Saint-Jacques © Greta Garbure

• Enfin, sachez qu’il existe aussi une manière de faire le « risotto all’onda », c’est-à-dire plus mouillé, ce qui convient mieux à certaines recettes.

Blandine Vié

Plats mythiques

La Garbure d’automne de Greta !

Ça mijote © Greta Garbure

Ça mijote © Greta Garbure

Maintenant que nous avons une belle cocotte spéciale garbure (et autres mijotages) — voir notre article d’hier : http://gretagarbure.com/2014/11/20/serviettes-torchons-les-arts-de-la-table-5/ — comment ne pas la tester ? Surtout avec l’arrivée des premiers frimas.

Pour préparer cette recette de garbure, faites comme nous : choisissez une cocotte pansue à souhait. De préférence en terre. Il vous faut aussi un diffuseur entre la cocotte et la flamme. Vous pouvez également la cuire au four. Sinon, votre faitout habituel fera l’affaire mais il faut que la garbure y ait ses aises.

La recette

À démarrer la veille

Préparation : 1 h
Trempage des haricots : 12 h

Cuisson : 3 h 30 (minimum)

Les ingrédients pour 8 à 12 personnes

(Vous pouvez évidemment réduire les proportions en fonction du nombre de convives mais une garbure n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle est roborative. Et puis, ça se réchauffe très bien (d’aucuns disent même que c’est meilleur réchauffé). Et en plus, ça se congèle !

500 g de haricots tarbais ou de haricots de maïs secs, en grains

Haricots tarbais © Greta Garbure

Haricots tarbais © Greta Garbure

1 chou vert frisé
1 kg de pommes de terre
500 g de carottes
500 g de navets
4 blancs de poireau

Légumes pour la garbure © Greta Garbure

Légumes pour la garbure © Greta Garbure

3 gros oignons
1 bouquet garni (thym, laurier, petite branche de céleri, persil plat)
6 à 8 gousses d’ail

La garniture aromatique © Greta Garbure

La garniture aromatique © Greta Garbure

sel fin, poivre du moulin

Viandes :
1 talon de jambon sec de pays (400 à 500 g)

Talon de jambon © Greta Garbure

Talon de jambon                     © Greta Garbure

500 g de ventrèche

Ventrèche © Greta Garbure

Ventrèche © Greta Garbure

1 kg de confit (canard, oie, porc) et la graisse qui l’enrobe

Confit de canard © Greta Garbure

Confit de canard © Greta Garbure

La veille, faites tremper les haricots pendant 12 heures, en renouvelant l’eau plusieurs fois.

Faire tremper les haricots © Greta Garbure

Faire tremper les haricots © Greta Garbure

Le jour même égouttez les haricots et faites-les blanchir, ce qui limitera les risques de flatulences : plongez-les dans un petit faitout d’eau froide et portez à frémissement 10 minutes en écumant.

Faire blanchir les haricots © Greta Garbure

Faire blanchir les haricots © Greta Garbure

Écumer les haricots © Greta Garbure

Écumer les haricots © Greta Garbure

Haricots trabais blanchis © Greta Garbure

Haricots tarbais blanchis © Greta Garbure

Préparez maintenant le chou : retirez le trognon et les grosses côtes. Coupez-le en quartiers, lavez-le soigneusement et ciselez-le. Puis faites-le blanchir 5 minutes lui aussi. Égouttez et rafraîchissez.

Chou ciselé © Greta Garbure

Chou ciselé © Greta Garbure

Chou blanchi © Greta Garbure

Chou blanchi © Greta Garbure

Faites également blanchir le talon de jambon, en écumant. Les puristes ne le font pas car ils recherchent justement le goût de rance que peut prendre le talon ou l’os de jambon avec le temps. Égouttez et rafraîchissez.

Faire blanchir le talon de jambon © Greta Garbure

Faire blanchir le talon de jambon © Greta Garbure

Versez 6 à 8 litres d’eau dans un grand faitout sur feu moyen. Plongez–y le talon de jambon et laissez cuire 1 heure à 1 heure 30 (en écumant), ce qui va parfumer le bouillon. (Voir la note dans bla-bla si la cocotte est en terre).

Coupez la ventrèche en gros lardons.

Morceaux de ventrèche © Greta Garbure

Morceaux de ventrèche © Greta Garbure

Ajoutez les haricots, le chou et la ventrèche et poursuivez la cuisson 45 minutes.

Pendant ce temps, épluchez tous les autres légumes : carottes, navets, poireaux et pommes de terre.
Je vous l’avoue au passage, j’ai eu un gros coup de cœur pour la manière dont Patrick — que j’avais embauché en cuisine à cause de mon poignet cassé — a troussé les carottes et les navets !
(Voix off de Patrick : « J’aime bien trousser ! »)

Carotte et navets troussés par Patrick © Greta Garbure

Carotte et navets troussés par Patrick © Greta Garbure

Poireaux et pommes de terre © Greta Garbure

Poireaux et pommes de terre © Greta Garbure

Préparez également la garniture aromatique : pelez et émincez les oignons, pelez, dégermez et écrasez légèrement les gousses d’ail.

Les aromates © Greta Garbure

Les aromates © Greta Garbure

Ajoutez alors les carottes, les navets, les poireaux, les oignons, les gousses d’ail, le bouquet garni et du poivre en grains. Couvrez et laissez cuire 30 minutes.

Introduisez encore les pommes de terre. Continuez la cuisson 30 minutes.

Dans la cocotte © Greta Garbure

Dans la cocotte © Greta Garbure

Ajoutez enfin les morceaux de confit avec leur graisse. Salez en tenant compte de l’assaisonnement de la ventrèche et du confit. Terminez la cuisson pendant 30 minutes.

Couper le confit en gros morceaux © Greta Garbure

Couper le confit en gros morceaux                 © Greta Garbure

Pour servir, retirez le bouquet garni de la marmite. Sortez également le confit pour le présenter à part, tranché et disposé sur un plat. Juste au moment de servir, versez les légumes et le bouillon dans une soupière chaude. Si la garbure a mijoté dans une cocotte en terre, servez directement dans la cocotte.

Et n’oubliez pas : au pays on dit que la garbure est réussie « si la gahe tient quillée » ! (si la louche y tient debout toute seule) !

La cuillère en bois dans la garbure © Greta Garbure

La cuillère en bois dans la garbure © Greta Garbure

Un peu de bla-bla

• Sachez que le temps de cuisson sera plus long dans une cocotte en terre (5 h environ), notamment pour porter l’eau à frémissement en début de cuisson… mais le goût sublimé !

• En saison (elle se termine), utilisez des haricots blancs frais, écossés : comptez-en alors 750 g. Il n’est pas nécessaire de les faire blanchir. N’hésitez pas à en faire une réserve, ils se congèlent très bien.

• Sur place, la garbure ne se fait pas avec du chou vert frisé, mais avec des choux cavaliers hauts sur tiges, appelés « caulets » ou choux noirs.

• À défaut de ventrèche, utilisez du lard de poitrine frais ou demi-sel (faites d’abord blanchir ce dernier).

• Pour l’assaisonnement, vous pouvez ajouter un peu de piment d’Espelette mais sachez que s’il va relever le bouillon, il va aussi le colorer en rouge.

• Autrefois, on servait la garbure sur des tranches de pain rassis coupé en fines lamelles. Rangez-les au fond de la soupière, recouvrez-les d’un peu de bouillon et laissez-les s’imbiber. Ou bien présentez-le à part.

Dans l'assiette © Greta Garbure

Dans l’assiette © Greta Garbure

Alors ?
Vous invitez vos amis le week-end prochain ?

Blandine Vié

Plats mythiques

LA SOUPE AU POTIRON
et ses déclinaisons :
crème, velouté, etc.

Assiette de soupe au potiron © Greta Garbure

Assiette de soupe au potiron © Greta Garbure

Il existe une infinie variété de « soupes au potiron » : plus ou moins rustiques, plus ou moins épaisses, plus au moins crémeuses, régionales, sophistiquées, etc.
Pour d’aucuns, la soupe au potiron est un affreux brouet de cantine qui évoque des souvenirs désastreux, ce qu’il faut vite oublier car nombre de recettes sont en réalité excellentes. 

Il faut savoir aussi qu’en fait, on qualifie souvent improprement les potirons de citrouilles. Or, si les deux sont bien des courges, ils diffèrent tout de même. Il faut dire que la famille des cucurbitacées est une famille nombreuse (800 espèces et peut-être bien 10 000 variétés) aux fruits de toutes tailles et de toutes couleurs.

La citrouille a une chair rouge, de saveur douceâtre à sucrée. Pour la soupe, il vaut mieux employer le potiron, à chair jaune ou orangée, moins sucré, voire le giraumon turban.

Les recettes de soupe au potiron s’appliquent aussi au potimarron.

Potimmaron et potiron © Greta Garbure

Potimmaron et potiron © Greta Garbure

La recette

Préparation : 20 min
Cuisson : 40 à 45 min

Pour 4 personnes
• 500 g de potiron
• 1 oignon
• 1 cuillerée à soupe d’huile
• 2 litres de bouillon de volaille
• 1 bouquet garni (thym, laurier, persil)
• 2 gousses d’ail
• 4 branches de persil plat ou quelques tiges de ciboulette
• 30 g de beurre
• noix muscade et/ou piment d’Espelette

• sel fin, poivre du moulin
facultatif :
• 100 g de fromage râpé (emmental, comté, beaufort, etc.)
• petits croûtons, frits ou non
• 100 g de lardons rissolés

Quartier de potiron © Greta Garbure

Quartier de potiron © Greta Garbure

Cubes de potiron © Greta Garbure

Cubes de potiron © Greta Garbure

Épluchez le potiron en éliminant l’écorce, les fibres et les graines. Coupez la pulpe en cubes, mettez-les dans un faitout, recouvrez-les avec le bouillon, ajoutez le bouquet garni, les gousses d’ail pelées et écrasées, et faites cuire 20 minutes, jusqu’à ce qu’ils soient tendres et souples. Éliminez les aromates, passez la soupe au moulin à légumes avec son eau de cuisson. Reversez dans le faitout.

Cuisson du potiron © Greta Garbure

Cuisson du potiron © Greta Garbure

Pelez et émincez finement l’oignon, faites-le fondre à l’huile dans une poêle jusqu’à ce qu’il commence à colorer, égouttez et versez dans la soupe. Salez en fonction du bouillon, poivrez, râpez un soupçon de noix muscade et/ou ajoutez une pincée de piment d’Espelette. Portez à frémissement léger pendant environ 10 minutes, en mélangeant de temps en temps.

Pour servir, versez dans une soupière, ajoutez une noix de beurre et parsemez de persil (ou de ciboulette) ciselé.

Présentez en même temps du fromage râpé, des petits croûtons et quelques lardons rissolés.

Soupe, lardons, fromage, croûtons © Greta Garbure

Soupe, lardons, fromage, croûtons © Greta Garbure

 Un peu de bla-bla

• Si on préfère, on peut mixer les oignons avec la soupe mais les laisser émincés lui donne du relief.

• On peut aussi crémer légèrement la soupe. Dans ce cas, la noix de beurre finale est inutile.

• Pour épaissir la soupe, on panache fréquemment le potiron avec des pommes de terre. En Suisse italienne, au Tessin, on panache plutôt avec du riz et on agrémente de fromage râpé. C’est la « bulböra », délicieuse variante.

• La soupe au potiron peut se garnir avec de nombreux ingrédients : fromage râpé, lardons rissolés, croûtons, croustillants de jambon, éclats de châtaigne, quenelles de fromage blanc à la ciboulette, etc., etc.
Confidence pour confidence, moi je l’aime avec des lardons, des croûtons et du fromage ! Mais vous savez déjà que la devise de Greta Garbure, c’est… mets-m’en trop !

• Pour faire un velouté, mettez moitié moins de bouillon mais ajoutez 20 cl de crème fraîche après avoir mouliné et portez à frémissement. Vous pouvez aussi faire cuire le potiron à la vapeur pour une consistance plus dense.

• Pour faire une crème, préparez un velouté mais battez un ou deux jaunes d’œufs dans la crème avant de l’incorporer. Portez à frémissement sur feu très très doux en remuant.

• Dans le Sud-Ouest où la soupe au potiron est un grand classique, pour 1 kilo de potiron, on ajoute volontiers une grosse poignée de haricots blancs secs (rehydratés), 2 poireaux, 25 cl de coulis de tomate et éventuellement un peu de piment d’Espelette, ce qui en fait une délicieuse variante (pour 6 à 8 personnes).

• Pour accentuer le côté sucré-salé, retirez la croûte de 4 tranches de pain d’épice, toastez-les et coupez-les en petits carrés. Présentez la soupe avec ces « croûtons » de pain d’épice.

• Une variante encore plus sucrée consiste à poudrer les oignons fondus de 2 cuillerées à soupe de cassonade, à faire revenir ensemble et à remplacer le bouillon de volaille par du lait.

Soupe au potiron © Greta Garbure

Soupe au potiron © Greta Garbure

• Enfin, pour les potimarrons, on peut les évider, couper une toute petite tranchette à la base pour donner de l’assise aux fruits, mettre la chair prélevée, un oignon revenu, du sel, du poivre, de la muscade et du bouillon  à l’intérieur et les faire cuire au four (dans un plat creux) 30 à  40 minutes. 5 minutes avant la fin de cuisson, rajoutez des croûtons et du fromage. Ensuite, partagez-vous un potimarron à deux en piochant dans cette soupière originale ou, si l’écorce s’est trop craquelée, mixez le tout… même l’écorce : c’est délicieux !

La soupe dans le potimarron © Greta Garbure

La soupe dans le potimarron © Greta Garbure

Blandine Vié

Plats mythiques

LES ŒUFS MIMOSA

Œufs mimosa © Greta Garbure

Œufs mimosa © Greta Garbure

Nous avons vu hier que l’œuf mayo faisait partie des plats mythiques de la cuisine bistrotière : http://gretagarbure.com/2014/10/10/plats-mythiques-30/

Quant aux œufs mimosa, c’est l’entrée populaire des beaux dimanches avant le poulet rôti,
le rosbif purée ou le gigot aux deux haricots !

La recette

Préparation : 10 min
Cuisson : 9 min

Pour 4 personnes
4 œufs
gros sel
Mayonnaise :
1 jaune d’œuf
1 cuillerée à café de moutarde forte
2 cl d’huile de goût neutre (±)
1 cuillerée à soupe de vinaigre ou de jus de citron
sel, poivre

Faites durcir les œufs et préparez la mayonnaise comme pour les œufs mayo : voir lien ci-dessus en bleu.

Coupez-les en deux et séparez les blancs des jaunes. Réservez deux jaunes entiers.

Œufs durs © Greta Garbure

Œufs durs © Greta Garbure

Sur une assiette, écrasez les jaunes d’œufs (sauf les deux mis de côté) et écrasez-les à la fourchette en leur incorporant peu à peu de la mayonnaise, ni trop, ni trop peu.

Malaxer jaunes et mayo © Greta Garbure

Malaxer jaunes et mayo © Greta Garbure

Garnissez les blancs avec cette préparation et disposez-les sur un plat de service.

Œufs farcis © Greta Garbure

Œufs farcis © Greta Garbure

Préparez maintenant le mimosa : sur une assiette, hachez les jaunes réservés au couteau, puis parsemez ce hachis à la surface du plat. Servez frais.

Mimosa © Greta Garbure

Mimosa © Greta Garbure

Un peu de bla-bla

• Si vous souffrez du syndrome de la feuille de salade qui s’immisce comme une seconde peau dans nos assiettes quel que soit leur contenu (œufs durs, crudités, et de manière plus improbable, steaks et escalopes) vous pouvez tapisser le plat de service d’avenantes feuilles de laitue avant d’y disposer les œufs. Pour assurer leur équilibre, une bonne solution peut être de ciseler ces feuilles en chiffonnade.

Tapisser le plat de feuilles de laitue © Greta Garbure

Tapisser le plat de feuilles de laitue © Greta Garbure

• Si vous êtes comme moi et que vous n’aimez pas gaspiller, s’il vous reste un ou deux blancs une fois les œufs farcis, hachez-les en même temps que les jaunes prévus pour l’effet mimosa. Mais alors, ne galvaudez pas l’appellation « œufs mimosa » et poussez la fantaisie jusqu’à les rebaptiser « œufs pâquerette !

Quand le mimosa se fait pâquerette © Greta Garbure

Quand le mimosa se fait pâquerette © Greta Garbure

• Vous pouvez malaxer les jaunes d’œufs et la mayonnaise avec d’autres ingrédients pour des déclinaisons plus ou moins classiques : par exemple des herbes (persil, coriandre, aneth, ciboulette), une pointe de piment d’Espelette, des filets d’anchois (allongés à l’huile, bien égouttés et bien épilés) ou encore des miettes de crabe.

Avec des filets d'anchois © Greta Garbure

Avec des filets d’anchois © Greta Garbure

Blandine Vié