Catégorie: Plats mythiques

Les mots des mets (la saveur cachée des mots)

Le nectar n’est plus du nectar !

Le nectar versé aux dieux de l'Olympe via quizz.biz

Encore une inversion de sens au fil du temps !
Car voilà un mot qui, à l’origine, signifiait « ce qu’il y a de meilleur à boire », rien ne pouvant surpasser le nectar !
Le nectar était en effet la boisson des Dieux de l’Antiquité vivant sur le mont Olympe, comme nous l’avons appris 
à l’école en histoire, en survolant la mythologie gréco-romaine.
Leur nourriture était qualifiée quant à elle d’ambroisie.

Le nom de nectar — boisson douce et agréable — a été donné par référence au nectar botanique que les abeilles butinent au cœur des fleurs pour fabriquer le miel.

Abeille européenne butinant du nectar via wpclipart.com

Un nectar divin dont on ne connaît évidemment pas la composition exacte et dont on a dit tout et son contraire : qu’il pouvait s’agir d’hydromel (on reste dans une certaine logique) mais aussi de bière alors qu’il semble bien qu’il s’agisse plutôt de vin, comme l’attestent de nombreux témoignages artistiques : céramiques, peintures sur des poteries grecques, vases en verres, etc. 

Vase en forme de grappe au musée Romain-Germanique via closdesvolontaires.blog.lemonde.fr

Certains auteurs ont fait la confusion entre nectar et ambroisie, du fait que l’ambroisie était censée être une substance divine « neuf fois plus sucrée que le miel » tout en étant elle-même plus ou moins liquide. Mais en fait, le vin — peut-être sucré — a très vite symbolisé le nectar divin. Un nectar qu’on versait aussi en offrande aux morts. Et que ce soit en Grèce ou à Rome, la libation (offrande de vin) s’effectuait à l’aide d’une coupe hémisphérique (baptisée phiale) ornée d’un ombilic symbolisant l’origine du monde.
Priver un dieu de nectar était d’ailleurs l’un des pires outrages qu’il puisse subir.

Phiale via commons.wikimedia.org

Ce vin était traditionnellement servi par Ganymède qui devint l’amant de Zeus en même temps que son échanson ! Son épouse Héra en était jalouse et exigea de Zeus son renvoi. Ce qu’il finit par faire mais pour l’envoyer parmi les étoiles où, sous la forme de la constellation du Verseau, il sert encore le nectar divin.

verseau via auclairstellaire.free.fr

Toujours est-il qu’aujourd’hui, le mot nectar n’est plus synonyme de ce qu’il y a de meilleur puisqu’au contraire, c’est le bas de la gamme des jus de fruits. Pire, en termes de législation, un nectar n’a même pas le droit à l’appellation « jus de fruits » puisque ce n’est pas un pur jus mais un jus — voire une purée de fruit — dilué d’eau et additionné de sucre, de beaucoup de sucre (20% !). Selon les marques, le fruit ne représente que de 25 à 50% de la boisson (environ).

Nectars de fruits © Greta Garbure

Nectars de fruits © Greta Garbure.

Relativisons tout de même l’expression « bas de gamme » car certains fruits trop pulpeux (l’abricot, la pêche, la mangue, la poire et la banane) ou trop acides (les fruits rouges) ne pourraient pas être transformés en boisson sans cet ajout d’eau. Même le nectar d’orange est issu de purée d’orange ayant déjà servi à l’élaboration de pur jus.

Mais, même si ces nectars offrent un éventail de saveurs que l’on peut trouver plaisantes, qu’ils se conservent plus longtemps et qu’ils sont moins chers que les jus de fruits, leur dilution fait qu’un nectar est peu intéressant sur le plan nutritionnel puisqu’il contient moins de vitamines et plus de calories (à cause du sucre).

Oserais-je dire, en pastichant irrespectueusement Lamartine, que malheureusement, à propos de nectar comme de sa pauvre condition : « L’homme est un dieu tombé »… qui ne se souvient guère des cieux ?

Blandine Vié

Plats mythiques

La Garbure d’automne de Greta !

Ça mijote © Greta Garbure

Ça mijote © Greta Garbure

Maintenant que nous avons une belle cocotte spéciale garbure (et autres mijotages) — voir notre article d’hier : http://gretagarbure.com/2014/11/20/serviettes-torchons-les-arts-de-la-table-5/ — comment ne pas la tester ? Surtout avec l’arrivée des premiers frimas.

Pour préparer cette recette de garbure, faites comme nous : choisissez une cocotte pansue à souhait. De préférence en terre. Il vous faut aussi un diffuseur entre la cocotte et la flamme. Vous pouvez également la cuire au four. Sinon, votre faitout habituel fera l’affaire mais il faut que la garbure y ait ses aises.

La recette

À démarrer la veille

Préparation : 1 h
Trempage des haricots : 12 h

Cuisson : 3 h 30 (minimum)

Les ingrédients pour 8 à 12 personnes

(Vous pouvez évidemment réduire les proportions en fonction du nombre de convives mais une garbure n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle est roborative. Et puis, ça se réchauffe très bien (d’aucuns disent même que c’est meilleur réchauffé). Et en plus, ça se congèle !

500 g de haricots tarbais ou de haricots de maïs secs, en grains

Haricots tarbais © Greta Garbure

Haricots tarbais © Greta Garbure

1 chou vert frisé
1 kg de pommes de terre
500 g de carottes
500 g de navets
4 blancs de poireau

Légumes pour la garbure © Greta Garbure

Légumes pour la garbure © Greta Garbure

3 gros oignons
1 bouquet garni (thym, laurier, petite branche de céleri, persil plat)
6 à 8 gousses d’ail

La garniture aromatique © Greta Garbure

La garniture aromatique © Greta Garbure

sel fin, poivre du moulin

Viandes :
1 talon de jambon sec de pays (400 à 500 g)

Talon de jambon © Greta Garbure

Talon de jambon                     © Greta Garbure

500 g de ventrèche

Ventrèche © Greta Garbure

Ventrèche © Greta Garbure

1 kg de confit (canard, oie, porc) et la graisse qui l’enrobe

Confit de canard © Greta Garbure

Confit de canard © Greta Garbure

La veille, faites tremper les haricots pendant 12 heures, en renouvelant l’eau plusieurs fois.

Faire tremper les haricots © Greta Garbure

Faire tremper les haricots © Greta Garbure

Le jour même égouttez les haricots et faites-les blanchir, ce qui limitera les risques de flatulences : plongez-les dans un petit faitout d’eau froide et portez à frémissement 10 minutes en écumant.

Faire blanchir les haricots © Greta Garbure

Faire blanchir les haricots © Greta Garbure

Écumer les haricots © Greta Garbure

Écumer les haricots © Greta Garbure

Haricots trabais blanchis © Greta Garbure

Haricots tarbais blanchis © Greta Garbure

Préparez maintenant le chou : retirez le trognon et les grosses côtes. Coupez-le en quartiers, lavez-le soigneusement et ciselez-le. Puis faites-le blanchir 5 minutes lui aussi. Égouttez et rafraîchissez.

Chou ciselé © Greta Garbure

Chou ciselé © Greta Garbure

Chou blanchi © Greta Garbure

Chou blanchi © Greta Garbure

Faites également blanchir le talon de jambon, en écumant. Les puristes ne le font pas car ils recherchent justement le goût de rance que peut prendre le talon ou l’os de jambon avec le temps. Égouttez et rafraîchissez.

Faire blanchir le talon de jambon © Greta Garbure

Faire blanchir le talon de jambon © Greta Garbure

Versez 6 à 8 litres d’eau dans un grand faitout sur feu moyen. Plongez–y le talon de jambon et laissez cuire 1 heure à 1 heure 30 (en écumant), ce qui va parfumer le bouillon. (Voir la note dans bla-bla si la cocotte est en terre).

Coupez la ventrèche en gros lardons.

Morceaux de ventrèche © Greta Garbure

Morceaux de ventrèche © Greta Garbure

Ajoutez les haricots, le chou et la ventrèche et poursuivez la cuisson 45 minutes.

Pendant ce temps, épluchez tous les autres légumes : carottes, navets, poireaux et pommes de terre.
Je vous l’avoue au passage, j’ai eu un gros coup de cœur pour la manière dont Patrick — que j’avais embauché en cuisine à cause de mon poignet cassé — a troussé les carottes et les navets !
(Voix off de Patrick : « J’aime bien trousser ! »)

Carotte et navets troussés par Patrick © Greta Garbure

Carotte et navets troussés par Patrick © Greta Garbure

Poireaux et pommes de terre © Greta Garbure

Poireaux et pommes de terre © Greta Garbure

Préparez également la garniture aromatique : pelez et émincez les oignons, pelez, dégermez et écrasez légèrement les gousses d’ail.

Les aromates © Greta Garbure

Les aromates © Greta Garbure

Ajoutez alors les carottes, les navets, les poireaux, les oignons, les gousses d’ail, le bouquet garni et du poivre en grains. Couvrez et laissez cuire 30 minutes.

Introduisez encore les pommes de terre. Continuez la cuisson 30 minutes.

Dans la cocotte © Greta Garbure

Dans la cocotte © Greta Garbure

Ajoutez enfin les morceaux de confit avec leur graisse. Salez en tenant compte de l’assaisonnement de la ventrèche et du confit. Terminez la cuisson pendant 30 minutes.

Couper le confit en gros morceaux © Greta Garbure

Couper le confit en gros morceaux                 © Greta Garbure

Pour servir, retirez le bouquet garni de la marmite. Sortez également le confit pour le présenter à part, tranché et disposé sur un plat. Juste au moment de servir, versez les légumes et le bouillon dans une soupière chaude. Si la garbure a mijoté dans une cocotte en terre, servez directement dans la cocotte.

Et n’oubliez pas : au pays on dit que la garbure est réussie « si la gahe tient quillée » ! (si la louche y tient debout toute seule) !

La cuillère en bois dans la garbure © Greta Garbure

La cuillère en bois dans la garbure © Greta Garbure

Un peu de bla-bla

• Sachez que le temps de cuisson sera plus long dans une cocotte en terre (5 h environ), notamment pour porter l’eau à frémissement en début de cuisson… mais le goût sublimé !

• En saison (elle se termine), utilisez des haricots blancs frais, écossés : comptez-en alors 750 g. Il n’est pas nécessaire de les faire blanchir. N’hésitez pas à en faire une réserve, ils se congèlent très bien.

• Sur place, la garbure ne se fait pas avec du chou vert frisé, mais avec des choux cavaliers hauts sur tiges, appelés « caulets » ou choux noirs.

• À défaut de ventrèche, utilisez du lard de poitrine frais ou demi-sel (faites d’abord blanchir ce dernier).

• Pour l’assaisonnement, vous pouvez ajouter un peu de piment d’Espelette mais sachez que s’il va relever le bouillon, il va aussi le colorer en rouge.

• Autrefois, on servait la garbure sur des tranches de pain rassis coupé en fines lamelles. Rangez-les au fond de la soupière, recouvrez-les d’un peu de bouillon et laissez-les s’imbiber. Ou bien présentez-le à part.

Dans l'assiette © Greta Garbure

Dans l’assiette © Greta Garbure

Alors ?
Vous invitez vos amis le week-end prochain ?

Blandine Vié

Plats mythiques

LA SOUPE AU POTIRON
et ses déclinaisons :
crème, velouté, etc.

Assiette de soupe au potiron © Greta Garbure

Assiette de soupe au potiron © Greta Garbure

Il existe une infinie variété de « soupes au potiron » : plus ou moins rustiques, plus ou moins épaisses, plus au moins crémeuses, régionales, sophistiquées, etc.
Pour d’aucuns, la soupe au potiron est un affreux brouet de cantine qui évoque des souvenirs désastreux, ce qu’il faut vite oublier car nombre de recettes sont en réalité excellentes. 

Il faut savoir aussi qu’en fait, on qualifie souvent improprement les potirons de citrouilles. Or, si les deux sont bien des courges, ils diffèrent tout de même. Il faut dire que la famille des cucurbitacées est une famille nombreuse (800 espèces et peut-être bien 10 000 variétés) aux fruits de toutes tailles et de toutes couleurs.

La citrouille a une chair rouge, de saveur douceâtre à sucrée. Pour la soupe, il vaut mieux employer le potiron, à chair jaune ou orangée, moins sucré, voire le giraumon turban.

Les recettes de soupe au potiron s’appliquent aussi au potimarron.

Potimmaron et potiron © Greta Garbure

Potimmaron et potiron © Greta Garbure

La recette

Préparation : 20 min
Cuisson : 40 à 45 min

Pour 4 personnes
• 500 g de potiron
• 1 oignon
• 1 cuillerée à soupe d’huile
• 2 litres de bouillon de volaille
• 1 bouquet garni (thym, laurier, persil)
• 2 gousses d’ail
• 4 branches de persil plat ou quelques tiges de ciboulette
• 30 g de beurre
• noix muscade et/ou piment d’Espelette

• sel fin, poivre du moulin
facultatif :
• 100 g de fromage râpé (emmental, comté, beaufort, etc.)
• petits croûtons, frits ou non
• 100 g de lardons rissolés

Quartier de potiron © Greta Garbure

Quartier de potiron © Greta Garbure

Cubes de potiron © Greta Garbure

Cubes de potiron © Greta Garbure

Épluchez le potiron en éliminant l’écorce, les fibres et les graines. Coupez la pulpe en cubes, mettez-les dans un faitout, recouvrez-les avec le bouillon, ajoutez le bouquet garni, les gousses d’ail pelées et écrasées, et faites cuire 20 minutes, jusqu’à ce qu’ils soient tendres et souples. Éliminez les aromates, passez la soupe au moulin à légumes avec son eau de cuisson. Reversez dans le faitout.

Cuisson du potiron © Greta Garbure

Cuisson du potiron © Greta Garbure

Pelez et émincez finement l’oignon, faites-le fondre à l’huile dans une poêle jusqu’à ce qu’il commence à colorer, égouttez et versez dans la soupe. Salez en fonction du bouillon, poivrez, râpez un soupçon de noix muscade et/ou ajoutez une pincée de piment d’Espelette. Portez à frémissement léger pendant environ 10 minutes, en mélangeant de temps en temps.

Pour servir, versez dans une soupière, ajoutez une noix de beurre et parsemez de persil (ou de ciboulette) ciselé.

Présentez en même temps du fromage râpé, des petits croûtons et quelques lardons rissolés.

Soupe, lardons, fromage, croûtons © Greta Garbure

Soupe, lardons, fromage, croûtons © Greta Garbure

 Un peu de bla-bla

• Si on préfère, on peut mixer les oignons avec la soupe mais les laisser émincés lui donne du relief.

• On peut aussi crémer légèrement la soupe. Dans ce cas, la noix de beurre finale est inutile.

• Pour épaissir la soupe, on panache fréquemment le potiron avec des pommes de terre. En Suisse italienne, au Tessin, on panache plutôt avec du riz et on agrémente de fromage râpé. C’est la « bulböra », délicieuse variante.

• La soupe au potiron peut se garnir avec de nombreux ingrédients : fromage râpé, lardons rissolés, croûtons, croustillants de jambon, éclats de châtaigne, quenelles de fromage blanc à la ciboulette, etc., etc.
Confidence pour confidence, moi je l’aime avec des lardons, des croûtons et du fromage ! Mais vous savez déjà que la devise de Greta Garbure, c’est… mets-m’en trop !

• Pour faire un velouté, mettez moitié moins de bouillon mais ajoutez 20 cl de crème fraîche après avoir mouliné et portez à frémissement. Vous pouvez aussi faire cuire le potiron à la vapeur pour une consistance plus dense.

• Pour faire une crème, préparez un velouté mais battez un ou deux jaunes d’œufs dans la crème avant de l’incorporer. Portez à frémissement sur feu très très doux en remuant.

• Dans le Sud-Ouest où la soupe au potiron est un grand classique, pour 1 kilo de potiron, on ajoute volontiers une grosse poignée de haricots blancs secs (rehydratés), 2 poireaux, 25 cl de coulis de tomate et éventuellement un peu de piment d’Espelette, ce qui en fait une délicieuse variante (pour 6 à 8 personnes).

• Pour accentuer le côté sucré-salé, retirez la croûte de 4 tranches de pain d’épice, toastez-les et coupez-les en petits carrés. Présentez la soupe avec ces « croûtons » de pain d’épice.

• Une variante encore plus sucrée consiste à poudrer les oignons fondus de 2 cuillerées à soupe de cassonade, à faire revenir ensemble et à remplacer le bouillon de volaille par du lait.

Soupe au potiron © Greta Garbure

Soupe au potiron © Greta Garbure

• Enfin, pour les potimarrons, on peut les évider, couper une toute petite tranchette à la base pour donner de l’assise aux fruits, mettre la chair prélevée, un oignon revenu, du sel, du poivre, de la muscade et du bouillon  à l’intérieur et les faire cuire au four (dans un plat creux) 30 à  40 minutes. 5 minutes avant la fin de cuisson, rajoutez des croûtons et du fromage. Ensuite, partagez-vous un potimarron à deux en piochant dans cette soupière originale ou, si l’écorce s’est trop craquelée, mixez le tout… même l’écorce : c’est délicieux !

La soupe dans le potimarron © Greta Garbure

La soupe dans le potimarron © Greta Garbure

Blandine Vié

Plats mythiques

LES ŒUFS MIMOSA

Œufs mimosa © Greta Garbure

Œufs mimosa © Greta Garbure

Nous avons vu hier que l’œuf mayo faisait partie des plats mythiques de la cuisine bistrotière : http://gretagarbure.com/2014/10/10/plats-mythiques-30/

Quant aux œufs mimosa, c’est l’entrée populaire des beaux dimanches avant le poulet rôti,
le rosbif purée ou le gigot aux deux haricots !

La recette

Préparation : 10 min
Cuisson : 9 min

Pour 4 personnes
4 œufs
gros sel
Mayonnaise :
1 jaune d’œuf
1 cuillerée à café de moutarde forte
2 cl d’huile de goût neutre (±)
1 cuillerée à soupe de vinaigre ou de jus de citron
sel, poivre

Faites durcir les œufs et préparez la mayonnaise comme pour les œufs mayo : voir lien ci-dessus en bleu.

Coupez-les en deux et séparez les blancs des jaunes. Réservez deux jaunes entiers.

Œufs durs © Greta Garbure

Œufs durs © Greta Garbure

Sur une assiette, écrasez les jaunes d’œufs (sauf les deux mis de côté) et écrasez-les à la fourchette en leur incorporant peu à peu de la mayonnaise, ni trop, ni trop peu.

Malaxer jaunes et mayo © Greta Garbure

Malaxer jaunes et mayo © Greta Garbure

Garnissez les blancs avec cette préparation et disposez-les sur un plat de service.

Œufs farcis © Greta Garbure

Œufs farcis © Greta Garbure

Préparez maintenant le mimosa : sur une assiette, hachez les jaunes réservés au couteau, puis parsemez ce hachis à la surface du plat. Servez frais.

Mimosa © Greta Garbure

Mimosa © Greta Garbure

Un peu de bla-bla

• Si vous souffrez du syndrome de la feuille de salade qui s’immisce comme une seconde peau dans nos assiettes quel que soit leur contenu (œufs durs, crudités, et de manière plus improbable, steaks et escalopes) vous pouvez tapisser le plat de service d’avenantes feuilles de laitue avant d’y disposer les œufs. Pour assurer leur équilibre, une bonne solution peut être de ciseler ces feuilles en chiffonnade.

Tapisser le plat de feuilles de laitue © Greta Garbure

Tapisser le plat de feuilles de laitue © Greta Garbure

• Si vous êtes comme moi et que vous n’aimez pas gaspiller, s’il vous reste un ou deux blancs une fois les œufs farcis, hachez-les en même temps que les jaunes prévus pour l’effet mimosa. Mais alors, ne galvaudez pas l’appellation « œufs mimosa » et poussez la fantaisie jusqu’à les rebaptiser « œufs pâquerette !

Quand le mimosa se fait pâquerette © Greta Garbure

Quand le mimosa se fait pâquerette © Greta Garbure

• Vous pouvez malaxer les jaunes d’œufs et la mayonnaise avec d’autres ingrédients pour des déclinaisons plus ou moins classiques : par exemple des herbes (persil, coriandre, aneth, ciboulette), une pointe de piment d’Espelette, des filets d’anchois (allongés à l’huile, bien égouttés et bien épilés) ou encore des miettes de crabe.

Avec des filets d'anchois © Greta Garbure

Avec des filets d’anchois © Greta Garbure

Blandine Vié

 

Plats mythiques

L’ŒUF MAYO

Œufs mayo © Greta Garbure

Œufs mayo © Greta Garbure

Ah ! L’œuf mayo ! Avec la terrine du chef (celle vraiment faite maison… s’entend), les filets de harengs pommes à l’huile et le chariot de crudités en raviers, voilà bien l’une des entrées les plus emblématiques de la cuisine bistrotière ! Celle qui — hélas ! — est en voie de perdition, même si la bistronomie a remis l’œuf mayo à la mode depuis quelques années, le plus souvent en revisitant la recette avec une fantaisie parfois si débridée qu’une poule ne reconnaîtrait pas son œuf !

Même Claude Lebey qui, en 1987, a créé l’ASOM (Association de Sauvegarde des Œufs Mayonnaise), tolère pour son Prix annuel que l’œuf mayo soit disposé sur un lit de macédoine de légumes. C’est vrai que ça va bien ensemble mais à mon sens, ce n’est plus un œuf mayo stricto sensu. Et encore, faut-il que la macédoine de légumes soit faite avec des légumes de saison frais (et non en conserve), ce qui saisonnalise la recette et en augmente le coût.
Pour en savoir plus sur la macédoine de légumes, c’est ici :
http://gretagarbure.com/2013/11/16/les-mots-des-mets-la-saveur-cachee-des-mots-27/

Œuf mayo macédoine via ASOM

Œuf mayo macédoine via ASOM

Quant aux œufs mimosa, c’est l’entrée populaire des beaux dimanches avant le poulet rôti, le rosbif purée ou le gigot aux deux haricots !

La recette

Préparation : 10 min
Cuisson : 9 min

Pour 4 personnes
4 œufs
gros sel
Mayonnaise :
1 jaune d’œuf
1 cuillerée à café de moutarde forte
20 cl d’huile de goût neutre (±)
1 cuillerée à soupe de vinaigre ou de jus de citron
sel fin, poivre du moulin

Sortez les œufs du réfrigérateur à l’avance car ils doivent être à température ambiante pour ne pas se fêler à la cuisson.
Portez une casserole d’eau à ébullition, salez au gros sel, plongez-y les œufs délicatement (à l’aide d’une cuillère par exemple) et faites-les cuire 9 minutes.

Œufs mis à durcir © Greta Garbure

Œufs mis à durcir © Greta Garbure

Passez immédiatement les œufs sous l’eau froide pour les rafraîchir et arrêter la cuisson.
Cette opération vous permettra en plus d’écaler les œufs beaucoup plus facilement.

Rafraîchir les œufs © Greta Garbure

Rafraîchir les œufs © Greta Garbure

 Écalez-les et coupez-les en deux.

Œufs durs écalés © Greta Garbure

Œufs durs écalés © Greta Garbure

Pendant la cuisson des œufs, préparez la mayonnaise : dans un cul-de-poule — avouez que c’est un ustensile bien nommé pour un œuf ! — ou un saladier à fond lisse ou tout simplement un bol, mettez un jaune d’œuf et une cuillerée à café de moutarde (2 jaunes et 1 cuillerée à soupe pour un plus grand nombre d’œufs).

Jaune d'œuf et moutarde © Greta Garbure

Jaune d’œuf et moutarde © Greta Garbure

 Commencez à émulsionner à la fourchette, au fouet ou même au batteur électrique.

Démarrer la mayonnaise © Greta Garbure

Démarrer la mayonnaise © Greta Garbure

 Quand l’émulsion commence à épaissir, ajoutez l’huile peu à peu, en mince filet, tout en fouettant.

Ajouter l'huile © Greta Garbure

Ajouter l’huile © Greta Garbure

Le fouet en marche © Greta Garbure

Le fouet en marche © Greta Garbure

Ça prend © Greta Garbure

Ça prend © Greta Garbure

Ça vient © Greta Garbure

Ça vient © Greta Garbure

Presque montée © Greta Garbure

Presque montée © Greta Garbure

Quand la mayonnaise est ferme et homogène, assaisonnez-la avec sel et poivre.

Sel et poivre © Greta Garbure

Sel et poivre © Greta Garbure

Puis ajoutez un filet de jus de citron ou de vinaigre pour l’aciduler, ce qui a aussi pour effet de la blanchir. Mélangez.

Un peu de citron © Greta Garbure

Un peu de citron © Greta Garbure

Disposez les demi-œufs sur une assiette et garnissez chacun d’œufs, pardon, chacun d’eux d’une cuillerée de mayonnaise.
Servez frais.

Un peu de bla-bla

• Ne salez l’eau que lorsqu’elle bout si vous ne voulez pas voir votre casserole piquetée de points blancs.

• Ne faites surtout pas trop cuire les œufs car vous obtiendriez des blancs durs et caoutchouteux et des jaunes secs et sableux. Un œuf trop cuit présente toujours un cerne vert autour de son jaune et une odeur de soufre. C’est malheureusement très souvent le cas des œufs durs proposés aux comptoirs des bistrots. Enfin, de ceux qui en proposent encore…

• Pour ne pas « salir » la mayonnaise, vous pouvez utiliser du poivre blanc.

• Pour une présentation plus soignée, dressez la mayonnaise à la poche à douille cannelée, vous obtiendrez de belles volutes.

Et demain, nous verrons la recette corollaire de l’œuf mayo : les œufs mimosa !

Blandine Vié