Catégorie: Dégustations

Dégustations

Des rosés de l’été

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Au hasard de nos rencontres avec des vignerons ou des attachés de presse, lors de visites de domaines ou de salons professionnels, nous goûtons chaque année des centaines de vins de toutes les couleurs. Mais en été, la mode se décline dans une large gamme allant surtout du rose pâle au sirop de fraise (attention aux méprises !) voire du saumon fumé au fushia soutenu.

Vous en rencontrerez certainement quelques-uns que nous avons déjà goûtés : vous pourrez donc les acheter et les boire en connaissance de cause.

Cependant, n’oubliez pas que 7,12% des accidents de l’été sont causés par une fréquentation trop assidue de mauvais rosés : chutes à vélo, adultères furtifs, barbecues ratés, différences d’âge mal évaluées, confusions incontrôlées entre « être au bord de la piscine » et « être au bord de la gerbe », altercations pourtant évitables avec sa belle-mère, son voisin de caravane, la maréchaussée, les enfants des autres…

Servez-vous dans ce désordre bon enfant :

— Mâcon rosé Cave de Charney-les-Mâcon : couleur "pelure d’oignon" (si, si, c’est un repère bien connu). Du corps, qu’on attendait pas forcément dans le Mâconnais. Pas mal du tout. 5,10 €.

Cave de Charnay_Mâcon rosé 2013

— Jean-Michel Sorbe à Reuilly : 100% pinot gris. Nuance "œil-de-perdrix" (si, si, aussi !). Grosse ampleur en bouche après un nez expressif. Un très joli vin rosé. Nous ne sommes pas étonnés car cette maison produit aussi, à prix très raisonnables, des blancs remarquables, 100 % sauvignon. 10,30 €.

Reuilly Rosé JMSorbe SM

— Château de Pennautier : à Cabardès, Nicolas et Miren de Lorgeril font un joli vin à 12,5°, avec un poil d’acidité et cette virgule d’amertume qui donnent au vin son équilibre, sans faire perdre celui des convives.  6,80 €.

— Ils produisent également la cuvée « Terroirs d’Altitude », rosé de saignée qui passe 6 mois en barrique de chêne. Quant à l’altitude, elle n’a rien d’himalayesque au-dessus de Carcassonne ! Pas besoin de sherpas pour vendanger ! C’est un très joli vin de repas, plus dense et plus ambitieux que le précédent. 9,70 €.

— À l’inverse, il y a la « Rosée d’été », à partir de grenache et de syrah, vendangé tôt le matin pour conserver la couleur pâle, fraîcheur et fruité. Mission accomplie, il fait mieux que seulement exister parmi la concurrence. 5,50 €.

Château de Pennautier Rosé 2009                                    Château de Pennautier Rosé TA                                               La Rosée d'Eté 2013

Dans le Vaucluse, le domaine Aureto ("brise légère" en provençal) produit entre autres jolis vins 3 rosés aux couleurs très… rosées !

— Alouette by Aureto : léger, fruité, aromatique, très plaisant. Si l’on a un peu de culture et de bonnes fréquentations, parfait pour un apéro avec Ken et Barbie. Existe en bag-in-box de 5 l à 19 €.

— Autan, 9 €. Très harmonieux, une légère sucrosité tempérée par une sensation de fumée qui le rend idéal sur les viandes et les poissons grillés.

— Tramontane : un de nos coups de cœur ! Nez important sur un fruité rouge et une présence d’agrumes. On trouve en bouche une densité, un gras qui en font un vin de très belle table. Et pour l’apprécier pleinement, vous n’êtes pas obligé de reconnaître toutes les caractéristiques de ce cépage « notoirement méconnu » : le caladoc ! 10 €.

                Alouette Rosé by Aureto                                                   AUTAN ROSE                                              TRAMONTANE ROSE

Toujours dans la région :

— Miraval (cuvée Pink Floyd), 15 € environ, 29,90 € en magnum. Pour ce prix, vous êtes dans le superlatif ! Tout est grand chez les grands ! 500 hectares de bois, vignes et oliviers, un studio d’enregistrement qui a vu et entendu Sting, les Cranberries, Sade et… les Pink Floyd. Brad Pitt et Angelina Joly ont fait appel pour cette cuvée au talent du propriétaire-vinificateur de l’immense château Beaucastel en Châteauneuf-du-Pape ! Pour autant, on n’aurait pas été étonné de goûter un vin trop démonstratif, trop exubérant, trop tout ! Eh bien non, c’est un excellent rosé pour les repas bons comme là-bas : floral et rafraîchissant, volumineux en bouche et indiscutablement élégant. Une délicieuse surprise.

— Nuit blanche au bistrot tropézien, 5,90 € la bouteille, existe en magnum, cuvée élaborée par le château de Berne (encore 500 ha… à croire que c’est un minimum syndical dans la région !). Elle annonce la couleur, sans tricher : on est à Saint-Tropez et elle est vendue pour ce qu’elle est : simplissime mais bonne, et plutôt que de s’enquiller des mojitos

— Du même domaine, Terres de Berne 13,30 €. Ce vin évoque à lui tout seul toutes les sensations parfumées de la cuisine provençale : tapenade, poivrons, eucalyptus, myrte. On aime !

                             Vignobles de Berne-Nuit Blanche                                              Château de Berne - Terres de Berne Rosé NM

Prochainement sur Greta Garbure, d’autres rosés à venir !

Mais déjà, aussi, le rosé le plus cher du monde !
http://gretagarbure.com/2014/06/03/degustations-16/

Patrick de Mari

Dégustations

Le rosé le plus cher du monde !

Le domaine d'Esclans © Caves d'Esclans 2013

Avec un titre aussi informatif, la soif d’apprendre de nos lecteurs va être étanchée, ça c’est sûr !
Le pire du meilleur ou le plus bon de tout qu’est-ce qu’on connaît, ça fait toujours plaisir à lire, non ?

« Tiens, faut que je joue à l’Euro Millions, j’ai envie de boire du rosé ! »

Alors, aujourd’hui, en route pour le château d’Esclans.
Vous voyez Saint-Tropez ?
Eh bien, c’est juste au-dessus, au nord du Muy (les vieux automobilistes connaissent !).

Près de 270 hectares achetés en 2006 par Sacha Lichine, avec une bastide monumentale qui ferait le bonheur d’une smala genre Prix Cognacq-Jay et 44 hectares de vignes, plantés de pleins de cépages blancs et rouges. Car s’il est interdit d’assembler du vin rouge et du vin blanc pour faire du rosé (sauf en Champagne), il est autorisé de vinifier ensemble des raisins noirs et des raisins blancs !

Patrick Léon, l’œnologue-vedette qui commença sa carrière chez le papa Lichine à Margaux, puis chez Philippe de Rothschild à Pauillac, apporte ses bons conseils un peu partout sur la planète et… en Provence !

On goûte ? Allez, on goûte ! Et dans de jolis flacons exclusifs, s’il vous plaît !

Whispering Angel 2013

Whispering Angel © Caves d'Esclans

« Dans ce vin, des anges murmurent,
si vous buvez ce vin, vous les entendrez peut-être.
Et si par un heureux hasard vous veniez nous voir,
vous pourriez même les apercevoir… »
(Sacha Lichine)

Essayons pour voir !
Des arômes de cerise et de raisin mûr. C’est frais en bouche avec une légère pointe de sucrosité gourmande. Magnifique vin de dessert. Sûrement un bel accord avec une tarte aux fruits rouges.
16 €.

Château d’Esclans 2013

Château d'Esclans 2013 © Caves d'Esclans 2013

Une robe très pâle (rosée !), un nez délicat, pas très expressif, avec une nuance mentholée. La bouche est nette, tendue et, en finale, on ressent une amertume persistante mais de bon aloi.

Je verrais bien cette bouteille accompagner une douzaine d’huîtres roses n° 0 de chez Tarbouriech, sur le bassin de Thau, et puis des oursins : j’aime beaucoup les oursins. Un rien me fait plaisir !
22 €.

Les Clans 2011

Les-Clans-2011 © Caves d'Escans

Nez presque lactique (!) qui annonce une certaine densité. Bouche très grasse, très puissante. Surprenant. Un très beau vin qui peut faire tout le repas, à recommander sur une entrecôte au goût fumé (BBQ). Et on deviendrait facilement chèvre en compagnie de banons affinés à point.
54 €. Là, ça commence à piquer…! Mais juste les yeux, pas la gorge !

Garrus 2012

Garrus-2012. © Caves d'Esclans

Ah ! en 2012, celle-ci ! Robe tout juste œil-de-perdrix, nez de pêche blanche, bouche plutôt florale, une finale très longue, onctueuse. Gros vin impressionnant, 14° quand même !
90 € !!!

Les rosés de Sacha Lichine © Greta Garbure

Oh mon bateau, oh ! oh ! oh !!!
Il est amarré dans le port de Saint-Tropez, juste devant la terrasse de Sénéquier. Évidemment… À côté du bouquet de glaïeuls, les (magnums de) Garrus attendent vos amis pour un apéro sans façons avec tapas au beluga, langouste-mayo, foie gras d’oie alsacien…
Une routine de bon ton qui ne cessera qu’à l’heure de votre départ pour Porto-Cervo…

L’Aga Khan n’en boit qu’à table, quel dommage !
De plus, il préfère Les Clans !
Non, c’est pas possible ?
Pas assez cher, Majesté !

Patrick de Mari

Dégustations

C’est où Fitou ?


Carte Fitou via lapassionduvin.com
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et qu’on n’a que ça à faire ?
Fitou, c’est la seule Appellation d’Origine Contrôlée de France (heureusement !) qui ait été accordée à deux terroirs géologiquement très différents et géographiquement séparés (d’une trentaine de km).

« Je ne critique pas le côté farce mais (…) il y aurait quand même à redire ! » (Lino Ventura, Ne nous fâchons pas, 1965).
Cette bizarrerie administrative n’est pas très grave, elle vous oblige seulement à goûter les vins pour savoir si vous préférez les ceusses près de la mer et de l’étang de Leucate ou les autres qui naissent dans le massif des Corbières, le nez en l’air (200 à 400 m) et les pieds dans les schistes.
Faut d’abord lui demander son adresse au fitou, avant de l’acheter. Mais d’autres caractéristiques sont aussi à prendre en compte : vous avez très soif ou vous pouvez attendre ? Vous cherchez un vin sympa à boire avec des copains au cours d’un casse-croûte estival ou bien une bouteille à mettre en cave, à oublier quelques années et que vous déboucherez lors d’une belle occasion ?

Dans la première catégorie, mon champion est la cuvée « Prestige » 2010 du domaine Lerys à 7,90 €.
Vin qui efface toutes les idées noires, qui donne le sourire, qui met l’ambiance à lui tout seul. Le cassis explose, l’intensité est maximum, au nez comme en bouche. On n’est pas loin du défaut tant ses arômes primaires décapent les sinus, mais on s’y habitue très facilement et les topettes peuvent alors défiler à un rythme soutenu si l’on n’y prend pas garde.

Fitou Lerys © Patrick de Mari

À noter également le domaine du Capitat dont j’ai goûté deux belles cuvées à des prix tout doux (4,90 € et 5,40 €).
Magnifique également, le domaine du Mandraou d’Évelyne Suzanne qui produit en 2010 un grenache-carignan-mourvèdre. Un vrai vin de littérature puisqu’après un nez profond sur la réglisse, on passe en bouche de la mine de crayon aux saveurs d’encre (vieux souvenir pour ceux qui mordillaient leur porte-plume). À 6,50 €, l’écriture est garantie joyeuse.
D’autres jolis vins : château Wiala, cuvée « Harmonie », et château Champ des Sœurs, cuvée « Bel Amant » (ben voyons !).

Champ des sœurs © Patrick de Mari


Dans les vins de garde, ceux qui doivent digérer leur élevage en barrique ou dont les tanins pourront s’assouplir plusieurs années en cave, quelques très beaux vins sortent du lot (mais non, pas du Lot !) :

Château des Erles, « cuvée des ardoises » (12 €). Beaucoup d’élégance malgré une forte concentration. La charge tannique est importante aujourd’hui mais elle permettra à cette bouteille de freiner son évolution, sinon votre impatience.

Château des Erles © Patrick de Mari

Château de Nouvelles « Gabrielle ». Grosse carrure pour ce vin à dominante carignan. Sa vinification et son élevage ont été très longs, comme le temps qui vous séparera de sa maturité optimum (14 €).
Domaine Bertrand Bergé : les deux cuvées « Ancestrale » (14 €) et « Les Mégalithes » (11,90 €) sont de belle facture et issues de culture biologique.

Domaine des Mille Vignes : « La Cadette » (17 €) et « Atsuko » (35 €) ont une haute ambition et des prix qui piquent un peu les yeux mais pas les papilles.

Une belle région à visiter sur la route du pays catalan.
Tiens, au fait, et les vins du Roussillon ?
Plus tard, bientôt !

Patrick de Mari

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   « Les jolies filles »
et
« Les mauvais garçons »

  

Les jolies filles

Pas besoin de vous expliquer ce qu’est une jolie fille, je pense !
N’est-ce pas messieurs ? Vous qui avez tendance à loucher sur leurs appâts et à trouver tout de suite les mots justes : « Vous habitez chez vos parents ? », « T’as de beaux yeux, tu sais ! », « Vous avez du feu ? » « J’peux vous offrir un verre ? », « J’aimerais être ton parfum pour que rien ne nous sépare… » et j’en passe… des encore plus niaises !
Plus le décolleté est profond et suggestif (même siliconé), plus la chevelure est blonde, plus la mini-jupe est courte, plus les talons sont hauts, plus le bronzage est patiné à coups d’ultraviolets, bref plus « l’emballage » est racoleur et plus la fille est jolie… au dire de certains (j’ai dit certains…) !

Jolifes filles via priceminister.comLes mauvais garçons

Là non plus, pas d’ambiguïté !
Un mauvais garçon c’est rugueux, ça roule les mécaniques, ça porte un jean, un tee-shirt et un blouson de cuir noir, ça passe pas forcément à la douche tous les jours et surtout, c’est provocateur, ça aime la bagarre et ça circule en bandes.
Ils sont presque gentils d’ailleurs les « mauvais garçons » de notre époque par rapport à ceux à qui ils doivent historiquement leur nom : les brigands de grands chemins, les mercenaires, les lansquenets, les reîtres et autres auteurs de désordres qui ont ponctué les siècles de méfaits en tous genres.

L'equipée sauvage via rockabilly.blogspot.com


Bon, voilà pour les clichés !
Mais les clichés sont sources de fantasmes et le « mundovino » l’a bien compris — même ceux qui ne s’en réclament surtout pas ! — en adoptant des noms racoleurs ou provocateurs pour leurs vins. Attractifs pour le chaland en tout cas.
Nous y reviendrons d’ailleurs très très bientôt sur http://www.gretagarbure.com
Ainsi « Les jolies filles » et « Les mauvais garçons » ont-ils inspiré des négociants pour appâter une clientèle plus jeune sur un mode ludique.

  

« Les jolies filles », Côtes de Provence rosé 2012

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Ce qui est avéré 
: il a une robe pétale de rose… très fille !
Il se compose de 30% grenache, 55% cinsault, 15% syrah.
Il titre 12,5°.
Il coûte 6,90 €.
En vente sur www.vinatis.com, chez les cavistes (notamment à Paris et à Saint-Tropez) et dans les boutiques Aegerter à Beaune. 

Ce qu’il promet : le dossier de presse le présente comme un vin fin et élégant, acidulé, avec de la fraîcheur et de la rondeur en finale.
Il est conseillé à l’apéritif et pour accompagner les barbecues, la bouillabaisse — diantre ! —, le couscous et la salade de tomates au basilic. 

Ce qu’il donne : Que dire ?
Sinon qu’il est insipide, faible et bien plus acide qu’acidulé.
Voilà, n’en parlons plus.

Les jolies filles
Côtes de Provence rosé 2012
Winenot SARL (à Nuits-Saint-Georges)
contact@winenotparis.com

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« Les mauvais garçons », Vins de pays d’Oc

Les mauvais garçons se déplaçant en bande — comme nous l’avons vu plus haut —, cette fois, ce sont 3 vins proposés par Gabriel Meffre, avec sur chaque bouteille ce slogan : « Mais c’est qui cet Émile (ou ce Raoul, ou ce Max) ? Un vin sérieux qui ne se prend pas au sérieux » ! :

TRANQUILLE Emile_Chardonnay_2012                                                            COOL Raoul_Syrah Grenache                                                            RELAX Max_Merlot_2012

• Le blanc : « Tranquille Émile » 2012
  100% chardonnay – brut de cuve – bouchage synthétique
  12,5°.
Argumentation de vente : « Astuce/bon plan : Soirée entre filles,  sushi party, potins mondains (penser à caser les mômes !), accompagnée de ce blanc rond aux notes d’agrumes… Une pause TRANQUILLE ! » 

Notre avis : arômes classiques mais aucun caractère, acidité assez forte (plus que vivacité). 

• Le rosé : « Cool Raoul » 2012
  Syrah-grenache.
  12,5°.
Argumentation de vente : « Astuce/bon plan : Repas improvisé et épicé, plat chinois ou indien (penser à passer chez le traiteur !), accompagné de ce rosé expressif et fruité à souhait… Une soirée COOL ! » 

Notre avis : robe brillante couleur pelure d’oignon soutenue (ce qui veut dire trop), presque orangé. Assez neutre en bouche avec une très légère sucrosité.

• Le rouge : « Relax Max » 2012
  100% merlot du Languedoc – brut de cuve – bouchage synthétique
  12,5°.
Argumentation de vente : « Astuce/bon plan : Bonne bouffe entre potes, soirée pizza – karaoké (vérifiez les piles du micro !), accompagnée de ce rouge généreux et fruité… Un moment RELAX ! » 

Notre avis : assez vulgaire, à boire bien frais… si on y est obligé !

Les mauvais garçons
GMDF (Gabriel Meffre), Le Village à 84190 Gigondas
Prix de vente conseillé : 4,50 €
Enseignes Carrefour de proximité (City, Huit à huit, Marché +, Shopi), U-tile et U-Express.
www.vins-mauvais-garcons.com

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Notre conclusion

Déception donc — un peu attendue tout de même — pour ces vins de négoce qui jouent plus sur l’habillage des bouteilles que sur leurs contenus. Étiquettes qui se veulent humoristiques mais qui restent malgré tout un peu tristounettes.
Dommage car drainer un public jeune vers le vin est une démarche réellement enthousiasmante. Mais il ne suffit pas de les hameçonner en parlant le même langage qu’eux, encore faut-il leur donner à boire des vins qui soient vraiment gourmands et qui leur donnent envie d’en boire à nouveau.
Ce que savent faire des pays comme l’Italie, l’Espagne et l’Australie…

Blandine & Patrick

Dégustations

Corbières miraculées

L’AOC Corbières est la plus vaste du Languedoc mais aussi celle dont la réputation a le plus pâti de pratiques anciennes, de choix coupables et plus généralement d’un niveau moyen déplorable.

Il aura fallu environ cent ans pour installer lentement mais sûrement, une viticulture plus moderne, à la recherche non plus de rendements abusifs mais d’une qualité jamais encore approchée.
Aujourd’hui, on peut et on doit même boire ces magnifiques vins issus de parcelles reconquises sur la caillasse par le courage, la ténacité et la vision de quelques-uns. Les cépages anciens, très productifs et souvent sans réels potentiels ont été remplacés. Des vieilles vignes de carignan ont pu être sauvées in extremis de vastes campagnes d’arrachage. Elles donnent enfin des vins exceptionnels ou participent à des assemblages dont profitent les grenaches et syrahs plus jeunes.

Patrick de Marien © Blandine Vié

Patrick de Marien © Blandine Vié

Une fois n’est pas coutume (mais ne sera pas un cas unique), je veux mettre en avant la place importante qu’occupe une cave coopérative : l’excellente coopérative d’Embres-et-Castelmaure présidée par mon presque homonyme et visionnaire Patrick de Marien. Elle produit une trentaine de cuvées dont le niveau général est formidable, même si leurs noms semblent sortis de l’imagination d’un dangereux psychopathe (et c’est d’ailleurs le cas !). Vous pouvez lui faire une totale confiance, vous y trouverez forcément votre bonheur. Les bouteilles les plus ambitieuses (« Castelmaure n° 3 », « La Grande Cuvée »  ou « La Pompadour ») mais aussi les vins de soif (« La Buvette ») sont des récompenses, du bonheur en bouteilles à des prix serrés (de 5 à 20 €).
http://www.castelmaure.com

La Pompadour © Blandine Vié

La Pompadour © Blandine Vié

Il ne faudra pas oublier non plus les estimables mais plus traditionnels Celliers d’Orfée, auteurs de l’emblématique cuvée « Sextant » de belle facture, qui nécessite une longue garde de 5 ans minimum. « L’Infernale » et « Croix du Sud » sont également de très jolis vins
http://www.celliersdorfee.com

En fait, cette région regorge de bons gorgeons et de vignerons somme toute très fréquentables ! Et même en blanc, ce qui est moins connu. Deux propriétés dont j’aime particulièrement les blancs et dont j’apprends à l’instant qu’elles ont le même œnologue-conseil, le grand Marc Dubernet :

— Les « Vieilles Vignes » du domaine Roque Sestière sont ensoleillées par les arômes fruités du macabeu dominant. Dès sa sortie de cuve, c’est un délice et un cadeau (7 €).
http://www.roquesestiere.com

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— Au château La Voulte-Gasparets à Boutenac, le terroir parle. Patrick Reverdy (joli prénom !) a fait un superbe travail tant sur ses rouges que sur ce blanc 2012 que j’ai goûté récemment. Une élégante gourmandise, un vin droit dans ses bottes, épatant à l’apéro comme à table, pour un petit billet de 8 €.
http://www.lavoultegasparets.com

Sans jamais oublier les vins rosés mais sans non plus nous extasier exagérément, passons aux magnifiques rouges de l’AOC Corbières. La production moyenne présente une qualité qui ne cesse de grimper et dont on ne sait où elle s’arrêtera !

Outre dans les deux maisons susnommées, les belles bouteilles sont légion.

— Le domaine de Villemajou propose une très bonne approche des Corbières nouvelle manière, civilisée mais pas aseptisée, des tanins présents mais souples, de la cerise et des épices (10 € environ).
http://www.gerard-bertrand.com

— Le domaine des 2 Ânes nous oblige à hésiter entre toutes ses cuvées, séduisantes dans les trois couleurs à Peyriac-de-Mer. La densité, la puissance, la violence parfois, des vins à attendre pour un bonheur assagi.
http://www.domainedes2anes.com

— Le château Vieux Moulin dont il déploie « Les Ailes ». En 2010, une belle alliance de carignan, grenache et mourvèdre (j’aime beaucoup la syrah mais ça repose aussi de la boire séparément des autres !). Cette cuvée est la seule que j’ai goûtée mais la gamme me semble intéressante. À vérifier par vous-même, vous me raconterez.
http://www.vieuxmoulin.net

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— L’immense domaine Pech-Latt, 110 hectares plantés en agriculture biologique, vous offrira (non, là je plaisante !) une palette étendue de vins où le grenache tient bien son rang, sans surprise ni défaut. Mérite une visite à Lagrasse.
http://www.louismax.com

Non loin de là, toujours au pied de la montagne d’Alaric, dans le petit village de Moux (sitôt entré, vérifiez que vous n’en êtes pas déjà sorti !). Vous pouvez grouper vos achats car trois maisons bien différentes les unes des autres vous accueilleront (avec plus ou moins d’enthousiasme selon que vous aurez pris rendez-vous ou non. Normal !).

— Au château Mansenoble, vous tenterez d’obtenir du «nez » belge Guido Jansegers quelques flacons de la cuvée « Marie-Annick » à l’équilibre parfait.
http://www.mansenoble.com

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— Au château La Baronne (certifié agriculture biologique), la famille Lignères vous fera accéder à d’immenses vins dont malheureusement la majorité part à l’exportation sans prendre le temps de mieux se faire connaître chez nous. Le choc sera immédiat dès la première gorgée. Les prix sont plus élevés mais très justifiés.
Plusieurs cuvées monocépages de compétition :
 — Pièce de Roche : très vieux carignan,
 — Notre Dame : pure syrah,
 — Las Vals : un 100% mourvèdre à gémir
mais aussi des assemblages intelligents, superbes (Les chemins de traverse). En blanc, leur roussane est… riche !
http://www.chateaulabaronne.com

— Et puis le Prieuré Sainte-Marie-d’Albas. Aaaah ! le Prieuré Sainte-Marie-d’Albas, précédemment propriété de M. et Mme Gallibert, de saintes personnes elles aussi ! Vincent Licciardi entretient ma foi en ce domaine qui est mon coup de cœur depuis dix ans !

 — Un 100% Pinot Noir soyeux, à la minéralité exemplaire, 7,50 €,
 — Un Terre Rouge enivrant de plaisir, 7,90 €,
 — Un Clos de Cassis qui porte bien son nom, 11,90 €.
http://www.saintemariedalbas.com

Et puis d’autres, bien d’autres encore !

Demandez, questionnez, Greta Garbure vous répondra.
Proposez, évoquez, commentez, nous en parlerons ensemble.

Si vous souhaitez vous reposer avant ou après toutes ces dégustations, il y a un ravissant logis de France : « L’Auberge Côté Jardin », entre Lézignan et Moux. Il y fait bon manger, boire et dormir. La cuisine est juste et les chambres sont toutes neuves.

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Stitched Panorama
http://www.auberge-cotejardin.com
Tél : 04 68 27 08 19

Patrick de Mari