Catégorie: Dégustations

Dégustations

Les épousailles d’un Reignac
et d’une aiguillette  !

La viande et le vin © Greta Garbure

La viande et le vin © Greta Garbure

Tout le monde se rappelle la scène de Sally simulant l’orgasme dans un restaurant : « Donnez-moi la même chose qu’elle ! » dit une cliente envieuse d’un tel effet ! Eh bien, j’ai failli avoir cette même réaction. Sauf que j’étais chez moi et seules mes pommes de terre étaient sautées…!

Le matin, aux Halles de Bayonne, mon regard vagabondait devant l’étal de Didier Carrère, MON boucher (heureusement pour lui, je ne suis pas SON client, nous sommes nombreux à nous le partager). Le personnel est prévenant, efficace et poli. À la caisse, Madame Carrère a un mot gentil pour tout le monde. Mais surtout, surtout, les viandes sont belles. Il suffit de demander et on a droit au pedigree complet de la vache qui n’est pas de réforme mais allaitante. Trop tôt arrachées à l’affection des leurs, ces simmentals donnent le meilleur d’elles-mêmes avant l’âge de 5 ans. La chair des agneaux de lait est nacrée et les grillades de porc croquent sous la dent. Et puis, je tombe sur un morceau que je ne connaissais pas sous un aspect aussi persillé : l’aiguillette de rumsteck.

Aiguillette de rumsteck © Greta Garbure

Aiguillette de rumsteck © Greta Garbure

Rendez-vous est aussitôt pris pour le soir même avec une jolie bouteille. Je choisis un vin récemment bu au château au cours d’un joli déjeuner : le Grand Vin de Reignac 2001. J’aime beaucoup ce millésime à Bordeaux, qui n’a eu que le tort d’arriver (étrangement !) après le 2000, prévendu et même survendu. On avait pris soin de nous préciser lors de ce repas qu’il avait laissé derrière lui nombre de grands crus classés français, américains, italiens, australiens. Alors, je le carafe une heure avant le dîner.

La cuisson de la viande se fait à température suffisamment basse pour laisser fondre le gras du persillage. Les pommes de terre sont rissolées à point. La messe peut commencer ! Enfin, n’exagérons rien… La notion de sacrifice, même laïque, est très relative ! Le corps et le sang se mêlent dans une noce païenne mais c’est bien un mariage d’amour. La viande se révèle tendre, goûteuse, juteuse et le vin… grand !

Pour un tas de raisons, je n’ai pas participé à la dégustation du Grand Jury Européen qui l’a sanctifié devant Mouton, Margaux, Ornellaia, Latour et bien d’autres. Mais ce soir, comparaison n’étant pas raison (et ça m’arrange), je suis enthousiasmé par ce vin. Évidemment, pas le meilleur que j’ai jamais bu de ma vie mais juste celui que j’espérais au moment où je le souhaitais ! Une robe encore sombre qui indique que le vin n’évolue que lentement. Le nez montre de la densité, de la puissance. En bouche, les arômes de fruits noirs sont confirmés, les tanins fondus accompagnent en douceur une matière fine mais structurée. Et pas de sécheresse, pas de boisé intempestif. Au contraire, une légère sucrosité qui en fait une véritable gourmandise, grâce aussi à une complexité qui révèle le grand vin. Sa longueur se fait sentir longtemps…

Reignac 2001 © Greta Garbure

Reignac 2001 © Greta Garbure

En fait, c’est l’archétype d’un grand bordeaux dont on a attendu (pour une fois) la maturité !
D’un vin de concours qui inspire toujours un certain doute, il a acquis dans mon verre le statut de splendide vin de gastronomie. Ni un vin de bord de piscine ni une bouteille de dîner de chasse : juste le compagnon idéal d’une belle viande rouge.

Chez moi, aujourd’hui, c’était gala !

Ça a fait mon bonheur et ça pourrait bien faire le vôtre.

Patrick de Mari

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Suite et fin (et soif) :
Pessac-Léognan

Au boulot. au goulot ! © Greta Garbure

Au boulot… pas au goulot ! © Greta Garbure

À l’invitation du Conseil des Vins de Graves et des Appellations Graves et Pessac-Léognan, nous étions quelques privilégiés à constater que les raisins blancs se montraient à leur avantage à la sortie des pressoirs et dans les cuves. Les merlots attendaient les vendangeurs sans impatience et les cabernets prenaient leur temps et encore un peu de soleil afin d’assurer leur parfaite maturité phénolique.

Envoyé (très) spécial du grand quotidien du web GretaGarbure.com, j’ai relaté hier la première journée de mon séjour dans les Graves : http://gretagarbure.com/2014/10/17/degustations-19/
Aujourd’hui, nous sommes au nord, à une dizaine de kilomètres de Bordeaux.
Je commence par la visite des parcelles du château Olivier, notamment sa belle croupe (!) de graves compactes de 8 ha (sur 55 plantés, au milieu d’un domaine de 220 ha : ça éloigne le voisinage ça, non ?!!). Piloté et instruit par Laurent Lebrun, le directeur général, le plaisir est intense de constater la parfaite santé du vignoble et l’enthousiasme de tous au moment de rentrer les premiers raisins noirs.

Château Olivier © Greta Garbure

Château Olivier © Greta Garbure

Mais la grosse dégustation des rouges de Pessac-Léognan commence bientôt et il faut rallier Smith-Haut-Lafitte et constater au passage les dernières réalisations de Florence et Daniel Cathiard sur leur grand domaine. À ce propos, ceux qui évoquent Disneyland sont sûrement des jaloux !

L’exercice consiste à goûter 35 rouges 2011 en tentant de prévoir leur évolution dans les prochaines années. En effet, après environ 2 ans d’élevage en barriques et 1 an en bouteilles, ils se stabilisent lentement et entament une longue période de fermeture avant qu’ils puissent espérer atteindre un début de maturité. Pour de nombreuses raisons (financières, sociologiques…), nous buvons TOUS nos vins très tôt, trop tôt, et pour certains, dans une jeunesse qui ne les met pas vraiment en valeur. La fraîcheur du fruité, pour importante qu’elle soit, n’est pas l’attrait principal d’un grand vin de Bordeaux et il est dommage de ne pas profiter, comme il se devrait, de la formidable complexité des arômes et du goût que seul peut lui procurer le temps. Mais ceci est une autre histoire… Plus tard, une volée d’une trentaine de blancs  2013 se fit aussi plaisamment goûter.

Pessac-Léognan et Graves classés blancs © Greta Garbure

Pessac-Léognan et Graves classés blancs © Greta Garbure

Seriez-vous intéressé de savoir que certains vins m’ont séduit plus que d’autres ? Alors, voilà :
En blanc : Carbonnieux, Lespault-Martillac, Smith-Haut-Lafitte.
En rouge : Rouillac, Chevalier, Bouscaut.
Et dans les deux couleurs : Malartic-Lagravière, Larrivet-Haut-Brion, château de France.
Et puis évidemment Latour-Martillac mais je ne suis pas certain d’être totalement objectif  ! Quoique…

Après une magnifique visite et une dégustation rapide de Haut-Brion et de Mission-Haut-Brion, il a été formellement démontré que les très grands vins ne s’offrent pas facilement et exigent de nombreuses années de repos avant, tels la Belle au Bois Dormant, de concéder leurs beautés.

Quelques beaux flacons ! © Greta Garbure

Quelques beaux flacons ! © Greta Garbure

Le « dîner de gala » m’a permis de retrouver l’inoxydable et si talentueux chef landais Jean Cousseau et d’entendre les discours informels des présidents responsables de cette formidable organisation qui a autorisé ce voyage de presse durant les vendanges, ce moment-clé que nous avons partagé du bout des yeux et du stylo, pour le plaisir.

À table ! On va enfin pouvoir boire du vin ! © Greta Garbure

À table ! On va enfin pouvoir BOIRE du vin ! © Greta Garbure

Patrick de Mari

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Un joli voyage de presse
dans les Graves

The Latour-Martillac Team © Greta Garbure

The Latour-Martillac Team © Greta Garbure

Quand le TGV me dépose à la gare Saint-Jean de Bordeaux, je sais que m’attend Tristan Kressmann, le co-propriétaire du château Latour-Martillac.
Le trajet nous permet de parfaire la connaissance que, l’un de l’autre, nous avions esquissée lors de précédentes dégustations l’année dernière. Je dormirai trois nuits de suite dans la ravissante chartreuse familiale. Après un dîner chaleureux qui m’a permis d’apprécier la tenue de millésimes anciens du château et d’un doisy-daëne 1998 pour dormir bien : alors, au dodo ! J’adore les chambres d’amis dans lesquelles on peut faire son jogging ! Non pas que j’ai envie mais au cas où…

Une belle chratreuse © Greta Garbure

Une belle chartreuse © Greta Garbure

Un chai © Greta Garbure

Le chai de Latour-Martillac © Greta Garbure

Après le petit déjeuner, rendez-vous à 9 h au château Vénus, l’admirablement nommé. (Aïe ! Je ne suis pas trop sexiste en disant ça, au moins ?!!) De création récente, ce domaine est développé au pas de charge par Emmanuelle et Bertrand Amart sous la protection de la déesse éponyme. Et elle semble efficace pour pallier l’absence de tout engrais et désherbant de synthèse. Vendanges manuelles, bien sûr, sur les 6 ha plantés à 70 % de merlot et 30% de cabernet sauvignon. Le sémillon et le sauvignon donnent un blanc anecdotique par ses quantités et qui méritera de le rester dans le millésime 2013.
La robe du château Vénus, d’un rubis clair, étonne et annonce une matière légère. Le nez confirme cette première impression en nous orientant vers la framboise et la cerise. En bouche, c’est « gourmand et croquant » comme dit l’autre, d’une grande fraîcheur. Un vin immédiatement bon à boire, pour environ 9,50 €.
La cuvée APOLLON est plus ambitieuse mais bien équilibrée. Le 2010 commence à se montrer à son avantage et ce n’est pas fini ! Un vin intense, de belle facture, dans tous les sens du terme : 32 €.

Mais pas de temps à perdre malgré la qualité de la compagnie : je suis attendu à 10 h 30 au château Ferrande, si jolie demeure mais malheureusement si fermée depuis son rachat par le groupe Castel.

Le château de la Belle au Bois-Dormant ? © Greta Garbure

Le château de la Belle au Bois-Dormant ? © Greta Garbure

Les bouteilles de Graves, blanc 2013 et rouge 2011 attendent sagement avant d’être sacrifiées. Une soixantaine en 2 heures et demie, faut pas traîner. C’est évidemment trop peu pour prendre du plaisir mais assez pour se faire une idée précise sur chacune (comme dans un gang bang, enfin, c’est ce qu’on m’a dit…!). Certaines vendanges de blancs ont eu lieu trop tôt, ont donné des vins manquant par trop de densité et ainsi des caractéristiques habituelles de cette belle appellation. Mais d’autres sont là et bien là et il n’est pas difficile de s’enthousiasmer pour nombre d’entre eux. Demandez-les à votre caviste préféré, ils ne vous décevront pas !

Graves rouges 2013 © Greta Garbure

Graves rouges 2013 © Greta Garbure

De gros coups de cœur pour ces vins blancs aux sauvignons aromatiques et sémillons arrondis avec minéralité, salinité et parfois, encore une pointe carbonique :
— château Saint-Robert,
— château du Pont-de-Brion,
— château de Lionne,
— château Ferrande
— Villa Bel-air,
ainsi que pour les grands classiques qui font presque toujours très bon :
— clos Floridène,
— château Chantegrive, cuvée Caroline,
— château Rahoul.

Les Graves rouges 2011 :
Ce millésime a pour principal défaut d’être arrivé après l’excellent 2009 et l’immense 2010. Tout comme cette année dans tout le bordelais, le soleil de fin septembre et octobre a permis de vendanger des raisins arrivés à bonne maturité.
Aux Lionne, Pont-de-Brion, Villa Bel-Air, Chantegrive sus-cités, il faut absolument ajouter le délicieux château Lassalle, bien présent en bouche, avec une matière importante mais souple, déjà en rondeur, et une finale longue. Ainsi que le Crabitey que je vais goûter au château, à Portets. On n’a pas beaucoup de temps, notamment pour aller dans les vignes, mais la dégustation de plusieurs millésimes en rouge constitue une jolie surprise pour moi qui les goûte pour la première fois. J’en retiens le 2005 (mais il fallait être fort pour louper ce millésime) et puis le 2010 pour son parfait équilibre et sa puissance, sa finesse de tanins, son élégance (13,80 €) mais le 2011 est également extrêmement plaisant et peut se boire dès maintenant (12,50 €).

Arnaud de Butler du château Crabitey

Arnaud de Butler du château Crabitey

CRABITEY 10

Dîner en anglais au château de Cérons, mais attention, « se coucher tard… nuit » !

Alors, suite de ce compte-rendu… chargé : demain !

Patrick de Mari

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Des rosés de l’été 2

Rosés 2 © Greta Garbure

Après le rosé le plus cher du monde (http://gretagarbure.com/2014/06/03/degustations-16/), une sélection de rosés de l’été (http://gretagarbure.com/2014/07/10/degustations-17/), voici encore quelques jolies bouteilles.

Finissons notre périple en Provence :

— « Haut de l’Autain » du château d’Ollières, qui ne déroge à aucune règle en vigueur : sur des sols calcaires, les cépages indigènes donnent une ambitieuse cuvée tendue, minérale, saline, et répond ainsi aux critères du moment. Une pointe d’élevage sous bois est encore présente et semble plaire. Du bon travail. 15 € environ.
La cuvée Prestige (11,80 €) résulte d’un assemblage presque identique. En revanche, plus immédiatement accessible, net et franc au nez comme en bouche, il trouvera ses adeptes parmi les amateurs d’agrumes, sans aller pour autant jouer dans la cour de récréation, encombrée et un rien puérile des « rosés pamplemousse » ! Quand même, on se respecte ici !

prestige rose

— Au cœur de la presqu’île de Saint-Tropez, les Domaines de la Croix et de la Bastide blanche. Pour avoir goûté toute la gamme de ces deux propriétés-sœurs, il en ressort une recherche de qualité qui a atteint ses objectifs, à des prix ni tropéziens ni pas assez… (Ah ! elle est bien celle-là ! J’essaierai de la replacer dans sa version hivernale : « Ni Trotsky, ni pas assez ! »)

BASTIDE BLANCHE

Cascaï du château Ferry-Lacombe, un côtes-de-provence ambitieux à 13,90 € et presque autant de degrés… Proposez-lui une cuisine solide et aromatique et vous ne tomberez pas sur un ingrat !

Ferry-Lacombe Cascaï rosé 2011

— Avec le château Malherbe et sa célèbre bouteille noire, on a encore affaire à un joli vin qui rentre de plain-pied dans la cour des grands rosés bien connus et reconnus comme Sainte-Roseline, L’Aumérade, Sainte-Marguerite, Minuty, Gavoty, Rimauresq, Léoube et quelques autres.

— Si l’on accepte de quitter enfin la French Riviera, il y a une propriété que nous suivrons avec le même enthousiasme pour ses magnifiques châteauneuf-du-pape rouges et blancs : le Domaine de Saint-Paul. Son côtes-du-rhône rosé est également formidable ! Surtout pour 8,50 €. Il est de plus labellisé AB (Agriculture Biologique). Très très bon vin !

StPaul_rose

— Même motif, même punition, j’aime énormément les vins du Clos de l’Amandaie au nord de Montpellier. C’est un domaine à découvrir et à aimer. On y trouve des vins bien bâtis, aux larges épaules mais à la taille fine et élégante. Cet hiver, j’avais adoré l’Amandaie rouge, cet été je suis littéralement tombé dans le p’tit jeune de la maison : Chat Pitre rosé. Très floral — comme souvent ces vins qu’on trouve dans l’est de notre merveilleux Pays d’Oc — ils favorisent toutes les envies, s’accordent à tous les désirs ! On aimerait en boire des litres… Rond et vif, on ressent du gras et de la fraîcheur à la fois. Pour 6 €, j’en ferais volontiers mon rosé préféré pour cette année !

Chat-Pitre rosé 2013

— En remontant vers le Nord, on doit s’arrêter chez Henri Bourgeois qui produit notamment de magnifiques sancerres. Eh bien le rosé Les Bonnes Bouches 100% pinot noir est également épatant. Un bel équilibre en bouche, flatteur, distingué, un peu bonbon à la cerise et un zeste d’agrumes… un vin de séduction immédiate.

LES BONNES BOUCHES - Sancerre ros+® - BT - HB

— Un coup de volant vers la gauche et on s’arrête au Château de la Grille à Chinon. Logé dans un joli flacon du XVIIIe, le cabernet-franc donne ici un rosé coloré et structuré, un vrai vin de table qui accepte de nombreuses fréquentations. Une charmante bouteille qui vaut les 10 € demandés.

Chinon La Grille rosé

Et puis… et puis… je vous parlerai bientôt d’un immense rosé. Un vin exceptionnel qui a eu l’insigne honneur d’être rejeté avec mépris de l’appellation bandol ! 

Alors rendez-vous prochainement avec le Château de la Bégude. D’ici là…

Patrick de Mari

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Des rosés de l’été

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Au hasard de nos rencontres avec des vignerons ou des attachés de presse, lors de visites de domaines ou de salons professionnels, nous goûtons chaque année des centaines de vins de toutes les couleurs. Mais en été, la mode se décline dans une large gamme allant surtout du rose pâle au sirop de fraise (attention aux méprises !) voire du saumon fumé au fushia soutenu.

Vous en rencontrerez certainement quelques-uns que nous avons déjà goûtés : vous pourrez donc les acheter et les boire en connaissance de cause.

Cependant, n’oubliez pas que 7,12% des accidents de l’été sont causés par une fréquentation trop assidue de mauvais rosés : chutes à vélo, adultères furtifs, barbecues ratés, différences d’âge mal évaluées, confusions incontrôlées entre « être au bord de la piscine » et « être au bord de la gerbe », altercations pourtant évitables avec sa belle-mère, son voisin de caravane, la maréchaussée, les enfants des autres…

Servez-vous dans ce désordre bon enfant :

— Mâcon rosé Cave de Charney-les-Mâcon : couleur « pelure d’oignon » (si, si, c’est un repère bien connu). Du corps, qu’on attendait pas forcément dans le Mâconnais. Pas mal du tout. 5,10 €.

Cave de Charnay_Mâcon rosé 2013

— Jean-Michel Sorbe à Reuilly : 100% pinot gris. Nuance « œil-de-perdrix » (si, si, aussi !). Grosse ampleur en bouche après un nez expressif. Un très joli vin rosé. Nous ne sommes pas étonnés car cette maison produit aussi, à prix très raisonnables, des blancs remarquables, 100 % sauvignon. 10,30 €.

Reuilly Rosé JMSorbe SM

— Château de Pennautier : à Cabardès, Nicolas et Miren de Lorgeril font un joli vin à 12,5°, avec un poil d’acidité et cette virgule d’amertume qui donnent au vin son équilibre, sans faire perdre celui des convives.  6,80 €.

— Ils produisent également la cuvée « Terroirs d’Altitude », rosé de saignée qui passe 6 mois en barrique de chêne. Quant à l’altitude, elle n’a rien d’himalayesque au-dessus de Carcassonne ! Pas besoin de sherpas pour vendanger ! C’est un très joli vin de repas, plus dense et plus ambitieux que le précédent. 9,70 €.

— À l’inverse, il y a la « Rosée d’été », à partir de grenache et de syrah, vendangé tôt le matin pour conserver la couleur pâle, fraîcheur et fruité. Mission accomplie, il fait mieux que seulement exister parmi la concurrence. 5,50 €.

Château de Pennautier Rosé 2009                                    Château de Pennautier Rosé TA                                               La Rosée d'Eté 2013

Dans le Vaucluse, le domaine Aureto (« brise légère » en provençal) produit entre autres jolis vins 3 rosés aux couleurs très… rosées !

— Alouette by Aureto : léger, fruité, aromatique, très plaisant. Si l’on a un peu de culture et de bonnes fréquentations, parfait pour un apéro avec Ken et Barbie. Existe en bag-in-box de 5 l à 19 €.

— Autan, 9 €. Très harmonieux, une légère sucrosité tempérée par une sensation de fumée qui le rend idéal sur les viandes et les poissons grillés.

— Tramontane : un de nos coups de cœur ! Nez important sur un fruité rouge et une présence d’agrumes. On trouve en bouche une densité, un gras qui en font un vin de très belle table. Et pour l’apprécier pleinement, vous n’êtes pas obligé de reconnaître toutes les caractéristiques de ce cépage « notoirement méconnu » : le caladoc ! 10 €.

                Alouette Rosé by Aureto                                                   AUTAN ROSE                                              TRAMONTANE ROSE

Toujours dans la région :

— Miraval (cuvée Pink Floyd), 15 € environ, 29,90 € en magnum. Pour ce prix, vous êtes dans le superlatif ! Tout est grand chez les grands ! 500 hectares de bois, vignes et oliviers, un studio d’enregistrement qui a vu et entendu Sting, les Cranberries, Sade et… les Pink Floyd. Brad Pitt et Angelina Joly ont fait appel pour cette cuvée au talent du propriétaire-vinificateur de l’immense château Beaucastel en Châteauneuf-du-Pape ! Pour autant, on n’aurait pas été étonné de goûter un vin trop démonstratif, trop exubérant, trop tout ! Eh bien non, c’est un excellent rosé pour les repas bons comme là-bas : floral et rafraîchissant, volumineux en bouche et indiscutablement élégant. Une délicieuse surprise.

— Nuit blanche au bistrot tropézien, 5,90 € la bouteille, existe en magnum, cuvée élaborée par le château de Berne (encore 500 ha… à croire que c’est un minimum syndical dans la région !). Elle annonce la couleur, sans tricher : on est à Saint-Tropez et elle est vendue pour ce qu’elle est : simplissime mais bonne, et plutôt que de s’enquiller des mojitos

— Du même domaine, Terres de Berne 13,30 €. Ce vin évoque à lui tout seul toutes les sensations parfumées de la cuisine provençale : tapenade, poivrons, eucalyptus, myrte. On aime !

                             Vignobles de Berne-Nuit Blanche                                              Château de Berne - Terres de Berne Rosé NM

Prochainement sur Greta Garbure, d’autres rosés à venir !

Mais déjà, aussi, le rosé le plus cher du monde !
http://gretagarbure.com/2014/06/03/degustations-16/

Patrick de Mari