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Évasion en France

Une vie de château en Médoc

Chateau_Lamothe-Bergeron_14

Entre les appellations Margaux et Saint-Julien, à Cussac précisément, le château Lamothe-Bergeron ne se mire pas tout-à-fait dans l’estuaire de la Gironde mais regarde quand même de l’autre côté, vers Blaye. Entièrement rénové, il est prêt à accueillir les visiteurs et les œnotouristes avec un circuit informatif, dans les vignes et dans les chais, des dégustations mais aussi des séjours grâce à quatre suites au confort extrêmement raffiné. Dans le parc, une cabane, presque « tchanquée » comme à Arcachon, permet d’admirer paisiblement une partie de l’océan de vignes qui entoure le domaine.

Cru bourgeois, les 67 hectares sont plantés majoritairement de merlots, dans des graves profondes sur marnes sableuses. Nouveau propriétaire depuis 2009, le groupe Mounier (cognacs Hardy et Prince de Polignac) n’a pas lésiné sur les moyens afin de réunir toutes les conditions nécessaires pour faire de bons vins. Et la dégustation semble confirmer ses intentions : ils sont tout sauf un prétexte à abreuver le touriste de passage.

Le 2005 est réussi, comme 80% des vins de ce millésime béni des dieux dans le bordelais. Mais la densité et la profondeur arrivent avec le 2009 et plus encore avec le 2010 qui y ajoute beaucoup d’élégance, grâce à des cabernets sauvignons parfaitement mûrs. J’en mettrais bien dans ma cave pour les 5 à 10 ans à venir !

Chateau_Lamothe-Bergeron_2008_fond_noir©Richard_Nourry

Château Lamothe-Bergeron 2008 © Richard Nourry

En fait, celui qui m’a littéralement emballé c’est le 2012, millésime d’abord dédaigné puis lentement réhabilité, pour son formidable fruité, au nez comme en bouche. Cette année a donné ici un vin d’une remarquable fraîcheur. Il se refermera plus tard mais aujourd’hui il offre un festival d’arômes et de saveurs qui évoquent la fraise et la framboise, sur une structure équilibrée et délicate. C’est une très belle surprise, une réussite sans doute encourageante pour la nouvelle équipe. À sa tête, Laurent Méry peut être fier des résultats obtenus. Il a vécu et orchestré des travaux de transformation du château longs, coûteux et très ambitieux. L’entreprise semble bien partie pour représenter une halte essentielle dans une région qui s’ouvre rapidement au tourisme œnologique de qualité.

Laurent Méry

Laurent Méry

Vins entre 15 et 25 € la bouteille selon les millésimes. un excellent rapport qualité/prix pour les amoureux de Bordeaux, évidemment pas pour les autres mais ceci est une autre histoire.

Patrick de Mari

Château Lamothe-Bergeron
Chemin des Graves
33460 Cussac
Tél : 05 56 58 94 77
Site : http://www.lamothebergeron.com

Visites très complètes qui initient à la vie d’une propriété viti-vinicole et permettent de comprendre les différentes étapes de l’élaboration du vin.
3 tarifs de visites en fonction du nombre de vins dégustés (8 €, 10 €, 20 €).
Rendez-vous sur Facbook, Twitter, Vimeo et Youtube.

Invitation d’un attaché de presse

Évasion (France)

Immersion à Thau

Patrick, pacha d'une barge, met le turbo © Greta Garbure

Patrick, pacha d’une barge, met le turbo © Greta Garbure

Y a-t-il encore un vigneron qui n’immerge pas ses bouteilles ?

En 2008, du vin jaune est déposé au fond du lac de Vouglans, dans le Jura.
En 2009, Franck Labeyrie plonge son Blanc des Cabanes dans le bassin d’Arcachon.
En 2010, à Saint-Malo, récupération de vouvray brut immergé depuis environ 1 an et dépôt de 1000 bouteilles de côtes-de-bordeaux.
En 2012, 300 bouteilles de saint-pourçain, languedoc et champagne passent 6 mois au fond d’un lac de montagne, à 1200 m d’altitude.
En 2015, on constate que de nombreuses sociétés se spécialisent et déposent des milliers de flacons de toutes origines : au nord d’Ouessant, dans le sud Finistère, en fait sur tous nos littoraux !
Et surtout, depuis 2008, Emmanuel Poirmeur va encore plus loin en faisant réaliser une inhabituelle prise de mousse en cuve immergée à 15 m de profondeur à ses vins d’Egiategia, à Ciboure, dans la baie de Saint-Jean de-Luz.
Je vous présenterai plus en détail cette étonnante production basque.

Cette introduction pour dire que nous aussi, à Greta Garbure, nous avons procédé à une immersion, dans le bassin de Thau. Les photos en disent plus que de longs exposés sur cette pratique qui ici, tient davantage du divertissement pour touristes curieux que d’un nouveau procédé particulièrement innovant…

Prêtes à être immergées © Greta Garbure

Prêtes à être immergées © Greta Garbure

L'immersion des bouteilles © Greta Garbure

L’immersion des bouteilles © Greta Garbure

Le soleil brillait, l’eau était claire, les gosiers en pente douce et les muscats secs et de Frontignan de Marie-Noëlle et Francis Sala s’accordaient exceptionnellement avec les huîtres remontées pour l’occasion. Voilà une saine concurrence faite aux quelques admirables picpouls de Pinet voisins. Inoffensives, ces méthodes commerciales ont pour principal mérite de permettre des échanges chaleureux avec des vignerons et des ostréiculteurs sincères et dynamiques.

Yvan Caussel, producteur d'huîtres © Greta Garbure

Yvan Caussel, producteur d’huîtres © Greta Garbure

Les huîtres © Greta Garbure

Les huîtres © Greta Garbure

Comment ouvrir les huîtres © Greta Garbure

Comment ouvrir les huîtres © Greta Garbure

Ouverture des huîtres © Greta Garbure

Ouverture des huîtres © Greta Garbure

L'huître ouverte © Greta Garbure

L’huître ouverte © Greta Garbure

Muscat sec domaine de la Plaine © Greta Garbure

Muscat sec domaine de la Plaine © Greta Garbure

Muscat de Frontignan Nuits blanches © Greta Garbure

Muscat de Frontignan Nuits blanches © Greta Garbure

Alors nous n’avons pas boudé nos plaisirs au cours de cette journée… de barges !

Sur la barge © Greta Garbure

Sur la barge © Greta Garbure

Blandine se prend pour Kate Winslet © Greta Garbure

Blandine se prend pour Kate Winslet © Greta Garbure

Rendez-vous est donc pris pour la future « exondation » (j’aime bien ce mot que je ne connaissais pas avant de relever les cordes d’huîtres, petites sœurs de celles qui ont fait notre quatre-heures).

Les cordes à huîtres © Greta Garbure

Les cordes à huîtres © Greta Garbure

Heureusement que j’étais là pour ramener tout le monde à bon port !

Patrick de Mari

Marie-Noëlle et Francis Sala et fils
Domaine de la Plaine
6, route de Montpellier
34110 Vic La Gardiole
Tél : 04 67 48 10 78
courriel : muscat-de-f@wanadoo.fr
Site : http://www.frontignandomainedelaplaine.com

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Karine & Yvan Caussel
La Noisette d’Or
Producteur-Expéditeur
Huîtres spéciales & Moules
Site conchylicole
Le Mourre Blanc
34140 Mèze
Tél : 04 67 43 70 66
Courriel : contact@caussel.com
Site : http://www.caussel.com

Évasion en France

Et si l’on passait le week-end à Maury ?

Rencontre autour du vin, du fromage et du chocolat
le dimanche 26 avril

Maury Fromage & Chocolat

Tous les amoureux du chocolat le savent, le Maury est un vin doux naturel (VDN) qui sublime merveilleusement les desserts au chocolat. Mais les gourmands qui préfèrent le salé le savent aussi, il accompagne avec bonheur les fromages à pâte persillée comme le roquefort, les fourmes et les bleus.

Mais Maury n’est pas seulement une appellation d’origine contrôlée, c’est aussi un village des Pyrénées-Orientales situé au nord-ouest de Perpignan, dans l’arrière-pays du Fenouillèdes, entre mer et montagne.
Maury est en effet un village viticole entouré d’un petit vignoble de 17 km de longueur sur 4 km de largeur, comme un couloir de vignes dominé par la forteresse de Quéribus (l’un des châteaux cathares), et la chaîne des Corbières au nord et les premiers contreforts pyrénéens au sud. Au fond de ce couloir, le pic de Bugarach, connu dans le monde entier comme l’ultime refuge à l’apocalypse annoncée.
On y produit des côtes du Roussillon villages et des vins doux et secs naturels à partir des cépages rouges carignan, syrah et grenache noir, des vins à forte personnalité.

Sur ce terroir de schistes, les vins doux naturels sont blancs ou rouges.
Lorsqu’ils sont jeunes, sur le fruit, on les appelle blancs ou grenats. Élevés en milieu oxydatif, ce sont les ambrés ou les tuilés.
Les rouges secs sont des vins complexes avec une dominante de fruits rouges.
Le Grenache noir, cépage principal, peut être associé à du Carignan, de la Syrah ou du Mourvèdre.

Dimanche 26 avril, 16 vignerons de l’appellation Maury vous invitent à découvrir et déguster le subtil mariage de leur cru avec les fromages et chocolats de 3 artisans de renom, Alain Vaucelle, Philippe Boccardi et Frédéric Torres. Une rencontre avec un fromager passionné, des artisans du cacao et les vignerons du cru Maury qui vont partager leurs créativités et leurs gourmandises.

Amateurs de vins, aficionados de fromages et fondus de chocolats pourront alors se livrer à des expériences insolites et découvrir de nouveaux produits tout au long de la journée. Produits qui seront proposés à la vente.

Les ateliers de dégustations auront lieu :
— de 10 h 30 à 12 h avec Alain Vaucelle, fromager affineur à La Ferme des Lloses à Font-Romeu ;
— à 14 h 30 avec Philippe Boccardi, artisan chocolatier à Carcassonne ;
— à 16 h avec Frédéric Torres, artisan chocolatier à Prades.
Prix : 1 atelier = 6 € ; 3 ateliers = 12 €.

Deux restaurants proposeront chacun un menu sur le thème de Maury, Fromage et Chocolat : La Maison du Terroir (30 €) et Le Pichenouille (28,50 €).

Il est prudent de s’inscrire auprès du Syndicat d’Initiative : Maison du Terroir, Avenue Jean Jaurès, 66460 Maury.
Tél : 04 68 50 08 54 – e.mail : maisonduterroir@gmail.com

Pour venir à Maury

 BV

Évasion

L’ŒNOTOURISME à VÉLO
et au SEC 
avec le ROOFBI® !

À vélo et à sec !

À vélo et à sec !

L’œnotourisme — merci de prononcer « É…notourisme » (et non « EU…notourisme »), en vertu de la préconisation qui veut qu’on prononce la ligature Œ comme EU quand elle est suivie d’une voyelle (œuf, œil, bœuf) mais É lorsqu’elle est suivie d’une consonne (œsophage, œdème, œstrogène, fœtus, Œdipe, œnologie, œnotourisme) — est à la mode ! Cela devient même une valeur sûre du tourisme ! Notamment le cyclotourisme pour ceux qui veulent découvrir les vins en même temps que la nature.

Mais parfois, on ne sait pas trop comment s’y prendre pour commencer, pour ne rien oublier.
Nous n’allons pas nous improviser conseillers car nous avons un copain dont c’est le job et qui fait ça beaucoup mieux que nous : André Deyrieux.
Il explique tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer et de devenir un wine-trotter confirmé, aussi nous vous incitons vivement à consulter son site WINETOURISMINFRANCE.COM, surtout si c’est la première fois. Les dix commandements sont là :

http://www.winetourisminfrance.com/fr/magazine/1886_oenotourisme
_c_est_votre_premiere_fois.htm

Épatant, non ?

Rigolo mais surtout efficace

Rigolo mais surtout efficace

Nous, nous voulons juste vous faire découvrir le Roofbi® qui nous semble un accessoire indispensable quand on part en randonnée à vélo et qu’il pleut. Ce qui, vous ne nous contredirez pas, peut survenir. Et là, ni les capes imperméabilisées ni les ponchos ou autres vêtements de pluie ne sont d’un grand secours.
Alors qu’un Roofbi® ne vous empêchera pas de faire vos balades sans changer de tenue vestimentaire… et sans vous décoiffer !

Le Roofbi® protège le cyclotouriste du froid, du vent et de la pluie.
Contrairement à une voile qui est très rigide et indéformable, la structure flexible du Roofbi® se déforme pour ne pas faire voile en cas de rafales, les ouvertures laissent passer l’air, et il a bien entendu fait l’objet d’essais poussés.

Pratique et peu encombrant

Pratique et peu encombrant

Monté sans outil en moins de 3 minutes sur la plupart des vélos, avec lui, on ne craint plus les intempéries. Il convient également parfaitement aux vélos à assistance électrique et permet ainsi de remplacer la voiture en toute saison.
Sur la route, la sécurité s’améliore aussi grâce aux bandes réfléchissantes autour du Roofbi®, et les voitures laissent plus d’espace pour dépasser ce  véhicule étonnant.
Pour un poids total de 2,5 kg, une fois replié, il tient dans un petit sac à dos. Une fois ouvert, plusieurs poches permettent de ranger les objets du quotidien, ou son pain.

Prix : 118€.

Toutes les infos sont sur le site : http://fr.roofbi.com

Blandine Vié

 

Évasion

Un voyage de presse
qui tourne en eau de boudin :
Festivini
à l’Abbaye Royale de Fontevraud

Les cuisines vues de l'extérieur © Greta Garbure

Les cuisines vues de l’extérieur… mais hélas pas visitées ! © Greta Garbure

Il y a des invitations qui font plaisir à recevoir : ce fut le cas pour celle à participer à FESTIVINI en septembre, d’autant que cette manifestation (dont c’était la deuxième édition) avait lieu dans le cadre prestigieux de l’Abbaye Royale de Fontevraud, abbaye que j’avais eu l’occasion de visiter il y a une quinzaine d’années et où j’avais toujours eu très envie de retourner.

Départ un samedi en fin de matinée avec changement à Tours pour une arrivée à 14 h 24.
Pas de voiture bar et pas de possibilité d’acheter de sandwich entre les deux trains : ça fait rien, on se rattrapera plus tard !
À l’arrivée, un taxi m’attend ainsi qu’un autre journaliste. Je me dis que deux journalistes, ce n’est pas beaucoup pour une manifestation de cette ampleur…

À l’arrivée, surprise : le taxi ne peut pas rentrer à l’intérieur de l’abbaye — rappelons qu’en son temps, elle fut la plus grande d’Europe, avec quatre prieurés distincts dont trois féminins, originalité due au fondateur Robert d’Arbrissel, religieux pour le moins atypique — et nous laisse à la grille. Des petites voitures électriques sont censées venir nous chercher pour nous emmener jusqu’à l’espace hôtelier ouvert en mai (ancien prieuré Saint-Lazare)… mais visiblement, pas aujourd’hui. Ce n’est pas que ma petite valise soit lourde ni que 300 à 500 m à pied me fassent peur mais j’ai un poignet déplâtré de la veille qui n’est pas encore complètement opérationnel.

Check in à l’hôtel, clés, remise d’une tablette qui s’avérera inutile, dépôt des bagages dans nos chambres. Notre programme prévoit un rendez-vous à 15 h 45 pour un accueil avec quelques bulles de Saumurois, puis la visite de l’abbaye à 16 h 15 avant que David Martin (directeur du lieu), ne nous rejoigne à 17 h 30, ainsi que Philippe Porché (Président du Syndicat viticole des côtes de Saumur) pour nous parler respectivement de l’abbaye et de la soirée Festivini qui démarre à 20 h et pour laquelle nous devrions être libérés vers 19 h.

Ma chambre © Greta Garbure

Ma chambre © Greta Garbure

La vue de ma chambre © Greta Garbure

La vue de ma chambre © Greta Garbure

Jardin d'herbes devant le pavillon libanais (ma chambre à droite) © Greta Garbure

Jardin d’herbes devant le pavillon libanais (ma chambre à droite) © Greta Garbure

Sauf que ça ne va pas se passer du tout comme ça !

Jusqu’à 16 h 45… personne ! Notre hôtesse arrive enfin, accompagnée d’autres journalistes venus… en famille. On découvre l’« i-bar » (installé dans l’ancienne chapelle du prieuré) avec ses tables-écrans tactiles, le très joli travail du bois et l’étonnant triptyque irrévérencieux qui mêle moniales, prisonniers — l’abbatiale fut prison jusque dans les années 50 — et quelques personnages comme Jean Genêt.

I-bar © Greta Garbure

I-bar © Greta Garbure

Le beau travail du chêne © Greta Garbure

Le beau travail du chêne © Greta Garbure

Le triptyque de l'i-bar © Greta Garbure

Le triptyque de l’i-bar © Greta Garbure

On décide de boire un verre mais vu l’heure, on se dirige avec vers le restaurant pour attendre David Martin. Assis en bordure du cloître, on en profite pour admirer le jardin des simples.

Le cloître et son jardin © Greta Garbure

Le puits du cloître © Greta Garbure

Le puits du cloître © Greta Garbure

Quand notre homme est là, on gagne l’ancienne salle des chapitres transformée en salle de séminaire, on s’installe dans la partie salon et David Martin se met à nous raconter l’histoire de l’abbaye. Passionné, passionnant et donc bavard. Studieux, nous prenons des notes et posons des questions. Mais l’heure tourne !
Finalement nous n’avons toujours pas fait la visite. Qu’à cela ne tienne ! Allons-y !

L'ancienne salle du chapitre © Greta Garbure

L’ancienne salle du chapitre © Greta Garbure

Mais surprise !
Nous ne nous dirigeons nullement vers Le Prieuré… mais vers le pôle énergétique où nous commençons par visiter le local poubelles, la chaufferie, etc., avec force explications pour souligner que tout est absolument écologique ! Certes la démarche est louable, mais peut-être pas notre priorité…

Local poubelle © Greta Garbure

Local poubelle © Greta Garbure

Local de recyclage © Greta Garbure

Local de recyclage © Greta Garbure

Le pôle énergétique © Greta Garbure

Le pôle énergétique © Greta Garbure

À 18 h 15, je me permets de demander si la visite de l’abbaye est toujours au programme ! Oui… mais au pas de course et finalement très succincte : retour au cloître, montée aux deux étages de dortoirs « revisités » par un designer, ce qui abîme un peu mes souvenirs.

Le dortoir revisité par n designer © Greta Garbure

Le dortoir revisité par un designer © Greta Garbure

Mais nous n’irons pas voir pas les autres bâtiments, donc pas les cuisines non plus car nous devons encore écouter  Philippe Porché qui doit nous parler de Festivini. Petite présentation très agréable dans un jardin fleuri pour nous dire que les 7 appellations du syndicat viticole (saumur-champigny, saumur puy notre-dame, cabernet de saumur, saumur rouge, saumur brut, saumur blanc, coteaux de saumur) seront représentées et que de nombreux vignerons seront présents. Et aussi qu’il est prévu deux vins pour accompagner chaque plat : l’un classique qualifié d’ « ange » et l’autre de « démon » pour un accord plus insolite. Mais nous n’avons plus le temps d’en savoir plus, il faut vite se préparer pour le dîner sans même avoir le temps de prendre une douche…

Le dîner lui-même n’est pas un dîner assis mais une déambulation à des stands disposés tout autour du cloître de l’abbatiale. L’apéritif a lieu dans la chapelle. Puis, un badge nous donne droit à une palette de peintre en carton comportant une encoche pour y coincer un verre. On nous donne aussi une petite cuillère en bois. Pas commode avec un poignet handicapé (et un sac à main).

Palette-menu Festivini © Greta Garbure

Palette-menu Festivini © Greta Garbure

Et puis, c’est un peu la foire d’empoigne. Nous pourrons déguster les entrées (ce n’est pas le cas de tout le monde) mais pas le plat principal (sandre). Tout est servi sous forme de mini-portions dans des coupelles à poser en équilibre sur nos carrés de carton. Et il est évidemment absolument impossible d’engager la conversation avec les vignerons. Ni même de goûter les deux vins sur chaque plat. À 49 € le repas pour ceux qui se sont inscrits et ne sont pas arrivés à 8 heures tapantes, la déception est grande dans les rangs et ça râle. Surtout, ça ne permet pas vraiment de découvrir la cuisine du chef, Thibaut Ruggeri. Allons prendre le dessert prévu dehors, derrière le chevet de l’abbatiale, avec de la musique à fond la caisse. Long. Bon, je vais me coucher.

Je vous passe une nuit inconfortable à cause d’une couette épaisse comme un champ de coton (fibre ouate et laine de Chine) et d’oreillers aussi fermes que des ballons de rugby.

Le lit monacal © Greta Garbure

Le lit monacal © Greta Garbure

Je vous passe aussi l’impossibilité de prendre une douche, le pommeau étant coincé dans son logement.
Bon, allons prendre le p’tit déj et faire une balade. Pas le temps de faire une visite en solo avant de reprendre le taxi puis les trains.

Dommage. Ça laisse d’autant plus une pointe d’amertume qu’apparemment il y a eu un accueil à plusieurs vitesses et que certains ont pu rester plusieurs jours et goûter ainsi la « vraie » cuisine de Thibaut Ruggeri, Bocuse d’or 2013, le chef de « Fontevraud le restaurant ».

Un coin du restaurant © Greta Garbure

Un coin du restaurant © Greta Garbure

Bref, ce lieu autrefois cultuel était  resté un lieu spirituel après l’arrêt de l’ordre des fontevristes.
Pour ce que nous en avons vu, c’est devenu un lieu culturel où il se passe plein d’événements en tout genre.
Je comprends bien les enjeux économiques qui font que tout grain est bon à moudre (expos, concerts, etc.) pour que cet endroit « vive ». Tout ça est dans l’air du temps.

Attention ! Je ne dis pas que Fontevraud ne vaut pas le détour, bien au contraire.
Je dis qu’à trop vouloir bien faire — et surtout TROP vite ! — on passe parfois à côté de l’essentiel.
Ce fut le cas.

Car le moins que je puisse dire est que je suis restée sur ma faim.
Mes faims, devrais-je dire : la spirituelle et la terrestre.

Blandine Vié

Abbaye de Fontevraud
49590 Fontevraud-l’Abbaye
evenementiel.abbayedefontevraud.com