Catégorie: P’tit billet d’humeur

P’tit billet d’humeur

Le rosé, c’est gouleyant !

(Finalement, je me demande si j’aime vraiment le rosé !)

Rosa rosa rosam, rosae, rosae, rosa © Greta Garbure

Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa © Greta Garbure

Ça commence dès que les vins ont fait leurs Pâques ! Les rosés font leur show et s’invitent à la maison. Par le biais d’attaché(e)s de presse qui nous « abreuvent » de communiqués. Certain(e)s nous envoient même des bouteilles. Pas forcément celles qu’on voudrait recevoir. Il nous arrive aussi d’en demander quand un vin nous intrigue ou, plus souvent encore, sous la pression d’un(e) communicante(e) qui nous en vante les mérites avec insistance.

C’est alors que la litanie des coups de téléphone commence ! Qui confine parfois au harcèlement !
— « Alors ? Vous avez goûté le vin que je vous ai envoyé ? »
— « Bah non, je l’ai reçu hier ! »
Rebelote quelques jours plus tard :
— « Bon, et maintenant, vous l’avez goûté mon vin ? Vous l’avez aimé ? Vous en parlez quand ? »
— « Non ! Comme je vous l’ai déjà expliqué, j’attends d’autres bouteilles et je procéderai à des séances de dégustations globales. Plus tard. Je n’en parlerai de toute façon pas avant l’été. »

Le problème (pour moi), c’est que ma philosophie du vin va à l’encontre de ces dégustations stakhanovistes. Un vin, ça se boit pour le plaisir — à la rigueur pour la soif — sans précipitation, souvent même avec préméditation pour bien l’accompagner, à l’apéritif ou à table. Idéalement, fantasmatiquement, un rosé j’ai envie de le boire dans un jardin sous une tonnelle.

Le pire, c’est qu’il y a de tout dans ces bouteilles : de la cavalerie, des vins techniques, des vins racoleurs, du tout venant, du qui vous lève le cœur, du bien décevant souvent et, de temps en temps une jolie bouteille, une très jolie bouteille qu’on aurait tellement apprécié boire dans d’autres circonstances.

Le pensum, c’est aussi d’avoir à dire : « Bah non, désolée, ce vin ne m’a pas plu, je n’en parlerai pas ! » Car alors, rien ne sert de justifier sa réponse, on est tout de suite inscrit sur liste noire.

Tout ça pour dire que cette année,  je vous présenterai quelques rosés en vrac… épicétou ! Fatalement, je ne pourrai pas vous parler des rosés que je n’ai pas goûtés et parmi lesquels se trouvent certainement quelques pépites.

Mais promis, juré, craché, de même que nous n’avons plus envie de traiter les Foires aux Vins, en 2016, je ne vous parlerai pas non plus de rosés, en tout cas pas des rosés de l’été qui nous empêchent de boire de bons vins rouges et de bons vins blancs !

Aïe ! Qu’est-ce que je viens de dire là !

Blandine Vié

 PS : Mais je vous parlerai tout de même des 2014 la semaine prochaine !

P’tit billet d’humeur

Supplique à nos lecteurs

Rond de serviette

Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous sommes absolument ravis et flattés de votre fidélité à Greta Garbure.

Cependant, il faut bien que vous compreniez que Patrick et moi avons parallèlement d’autres activités, notamment dans la presse écrite et dans l’édition. Ça fait beaucoup, beaucoup de travail.

À ce propos d’ailleurs, il se pourrait fort
que nous vous fassions une jolie surprise à la rentrée…!

Par conséquent, nous vous remercions de votre confiance lorsque vous nous demandez des renseignements et surtout des recettes par messagerie privée, sur Facebook en particulier… mais vous êtes nombreux à le faire et ça perturbe quelque peu nos travaux d’écriture de prendre le temps de vous répondre à tous, qui plus est dans l’urgence parfois. Merci de le comprendre.

Par ailleurs, nous sommes heureux si nos photos vous séduisent mais si vous cliquiez dessus pour lire nos articles, ce serait encore mieux, non ? Ha ! Ha ! Ha !

Sans rancune aucune !

Blandine Vié

P’tit billet d’humeur

Les rosés de l’été : enfer ou paradis ?

La Méditerranée © Greta Garbure

La Méditerranée © Greta Garbure

Vous le savez maintenant, http://www.gretagarbure.com n’est pas un « blog du vin » !

Nos choix sont clairs depuis le début de cette aventure : nous souhaitons écrire pour des lecteurs qui s’intéressent, de près ou de loin, à ce qu’ils consomment sans pour autant être des passionnés-supporters-sectaires-monomaniaques. Greta Garbure est omnivore et boit des vins de toutes natures et de toutes couleurs. Si nous privilégions toujours les vins sélectionnés et vendus chez des cavistes sérieux (il y en a de nombreux), nous prenons aussi en considération que plus de 80% du commerce des vins se font dans les grandes surfaces (il y en a trop !). Et que les achats de vins rosés ont littéralement explosé, notamment en cette saison estivale et particulièrement caniculaire cette année. Pour autant, nous ne pouvons encourager le triplement de l’absorption moyenne de vin, de pastis et de bière, au prétexte qu’il fait chaud et qu’il faut bien se désaltérer avant, pendant et après les repas ! Sous l’auvent de la caravane de Dupont-Lajoie comme au bord de la piscine à débordement d’une propriété de famille, le phénomène de déshydratation dû à l’alcool est accéléré par les rosés médiocres engloutis pour une pseudo bonne cause : la convivialité du moment, qui semble ne pouvoir se vérifier qu’en étant bourrés et en imposant cet état comme une stricte obligation saisonnière. Le triomphe national du rosé-pamplemousse-piscine en est la parfaite mais consternante illustration. De plus en plus partagé sur nos littoraux, il permet d’accélérer la marche du temps, du 14 juillet au 15 août et, à ses adeptes, d’être ainsi rapidement, concomitamment et doublement cramoisis et cramés à la fois, par les degrés du thermomètre et par ceux du rosé.

[Parfois, je me dis que je ne serais pas loin de pouvoir pactiser avec les gourous totalitaires de l’ANPAA (Association Nationale de Prévention et Alcoologie et Addictologie) s’ils acceptaient de parler de qualité et de bons usages du vin au lieu de souhaiter tout interdire et censurer, avec la constance dans l’effort que permettent les fonds publics et l’absence de contrôle d’efficacité dans leur emploi !]

Cet été sera encore meurtrier pour des millions de bouteilles qui seront nées et mortes pour presque rien. J’ai lu quelque part cette sentence admirable à propos du vin rosé : « … Car à l’inverse des rouges et des blancs, c’est un vin de plaisir qui n’exige aucune culture particulière pour être apprécié ! » Alors là, on est au paradis ! Grâce au rosé, c’est TF1, D8 et Gulli réunies à toute heure ! C’est l’art et la science à la portée du caniche abricot ! C’est la Joconde jugée selon la couleur du papier peint du living-room ! C’est la biture pour tous sans réfléchir ! Enfin ! Ben oui, me voilà en colère pour pas grand chose, mon plat à barbe sur la tête et des éoliennes hideuses à combattre comme autant de moulins chimériques et de bouteilles inutiles.

Méditerranée © Greta Garbure

Méditerranée © Greta Garbure

Mais heureusement, il y a les petits et grands vignerons qui osent faire des rosés qui leur ressemblent, qui font partie de leurs familles de vins blancs et rouges. Des vins qui se sirotent, se dégustent, s’apprécient pour eux-mêmes et non par convention collective. Cette année, j’ai eu le loisir de limiter mes dégustations de rosés à des valeurs que je juge sûres. Je n’ai donc pas subi de mauvaises surprises, mes confirmations m’ont même procuré de grands plaisirs. Et pour aggraver mon cas aux yeux des découvreurs de talents anonymes, je revendique mon goût affirmé pour les rosés de Provence et leurs proches voisins ! Dans la série « chez les grands, tout est grand », il faut bien noter que leurs prix sont à l’avenant, aux alentours d’une vingtaine d’euros. Ah ben oui, quand même ! Mais comme vous venez de louer une bicoque sur les Hauts de Saint-Tropez à 20 000 € la semaine, alors ce n’est pas le moment de chipoter sur les détails qui font la différence entre un bonheur sans nuages et une gueule de bois flotté !

Saint-Tropez via estateandmanor.com

Saint-Tropez via estateandmanor.com

Allez, dans le désordre, régalez-vous avec les jolis flacons des bandols du domaine de la Bégude, du château de Terrebrune et du domaine de Pibarnon, des micro-climats du château Simone et du château de Bellet, des séduisants classiques Sainte-Roseline, Sainte-Marguerite et Roubine, ainsi que le domaine Saint-André-de-Figuière ou les Minuty et Gavoty de toujours, sans oublier les excellents Aumérade, Rimauresq, Léoube, Peyrassol, Miraval (eh oui)… Ce n’est bien sûr qu’une sélection personnelle, donc forcément injuste, arbitraire, incomplète, etc. À vous de faire votre choix en ouvrant l’éventail des prix et des origines, depuis le très correct Roche-Mazet du Pays d’Oc voisin à 2,30 € chez Monsieur Leclerc, jusqu’à l’effarant Garrus du château d’Esclans à 90 € !

Côte d'Azur © Greta Garbure

Côte d’Azur © Greta Garbure

Patrick de Mari

PS : L’automne venu, il sera temps de se rappeler que l’AOC Côtes-de-Provence offre des blancs remarquables et de très grands vins rouges comme ceux des trop souvent cachés domaine Richeaume et château Revelette.

Mais ceci est une autre histoire…

P’tit billet d’humeur

Ah ! la jolie cuisine de l’été !

Tomates farcies © Greta Garbure

Tomates farcies © Greta Garbure

En cuisine, l’été est une saison enchanteresse pour les yeux, le nez et les papilles : c’est une profusion de couleurs, d’odeurs et de saveurs qui embellissent et embaument les jardins, les vergers, les marchés, les tables de cuisine, les assiettes !

Herbes aromatiques © Greta Garbure

Herbes aromatiques © Greta Garbure

Qu’on passe l’été au soleil, dans un arrière-pays rocailleux baigné d’ocres et de lumières blondes, dans la touffeur d’un maquis fleurant les herbes de garrigue, ou bien les pieds dans l’eau, dans une calanque lumineuse où l’on traque le rouget de roche un verre de pastis à la main ; qu’on le passe plutôt au bord de l’océan, face aux embruns vivifiants et aux rouleaux tumultueux, les yeux rivés sur des plages immenses de sable blanc, à l’affût de petits bateaux de pêcheurs rapportant de frétillants poissons de ligne, ou le haveneau sur l’épaule ; qu’on le passe plus tranquillement encore, au fin fond d’une campagne douce où les eaux vives et les herbes sauvages le disputent aux forêts profondes et aux tonnelles ombragées ; qu’on le passe même en ville, avec pour seule consolation l’éxubérance des marchés… et la gourmandise des amis à régaler, il est certain que l’été tout est permis en cuisine, de la frugalité la plus spartiate — ah ! l’exquise saveur d’une tomate gorgée de soleil, « gobée » à la croque-au-sel avec un filet d’huile d’olive fruitée ! — à la mise en scène la plus élaborée (bouillabaisse, grand aïoli de morue, gâteau d’omelettes, méchoui, etc.) !

Rougets de roche © Greta Garbure

Rougets de roche © Greta Garbure

C’est aussi le temps de découvrir le pittoresque et l’exotique sans pour autant renier le classique et le quotidien. Cuisiner « comme là-bas » est avant tout une ouverture d’esprit !

Une seule chose compte : le plaisir ! De la vue, de l’odorat, du goût, bref le plaisir des sens ! Et comme été rime avec vacances, un impératif se précise : la facilité, le côté pratique ! Les vacances ne sont pas faites pour s’embêter !

Tomates de jardin © Greta Garbure

Tomates de jardin © Greta Garbure

N’oublions pas que la cuisine fait partie de notre patrimoine culturel, que le goût est une forme de discernement !

Blandine Vié

P’tit billet d’humeur

Air France prend soin de vous !

Biscuits salés aux herbes © Greta Garbure

Biscuits salés aux herbes © Greta Garbure

Voyage de presse express. Départ prévu du vol à 16 h 45 à Orly, départ effectif près de 3 h plus tard. Vous me direz : c’est assez fréquent !

Pendant le vol, une boisson est proposée : un thé, un café ou un rafraîchissement. Accompagné d’un petit sachet de biscuits salés ou sucrés. Je choisis salés — des baguettes provençales — pour accompagner mon jus de tomate.

Baguettes provençales © Greta Garbure

Baguettes provençales © Greta Garbure

Mais là, en lisant la liste des ingrédients : surprise !

Je vous laisse constater vous-même ! Plus d’une trentaine d’ingrédients pour 20 g de biscuits salés aux herbes !

Oui, oui, vous avez bien lu :
— Farine de blé,
— Huiles végétales et huiles végétales hydrogénées (tournesol, colza, noix de coco, émulsifiant E 741, acidifiant E 270, arôme naturel),
— Fromage séché (contient du lait, colorant E 160b),
— Levure,
— Poudre de lait partiellement écrémé,
— Sel,
— Légumes séchés (tomate, carotte, poireau, oignon, céleri, ail, chou),
— Amidon modifié de pomme de terre,
— Herbes séchées 0,9%,
— Arôme naturel (contient du blé),
— Chapelure (farine de blé, sel, levure, colorants : E 100, E 160b),
— Émulsifiant E 471,
— Lactose,
— Poivre,
— Antioxydant: extrait de romarin,
— Colorant : E 160 b.
Peut contenir des traces d’œufs et de noix.

La pléthore d'ingrédients © Greta Garbure

La pléthore d’ingrédients © Greta Garbure

Et en bouche ?
Bah ! Comment dire ?
Poussiéreux, trop salé, des légumes et des herbes ayant globalement goût de foin.

Alors, comme disait mon copain Joël : « Bon appétit bien sûr ! »

Blandine Vié