Catégorie: P’tit billet d’humeur

P’tit billet d’humeur

Depuis le 1er août…

— BADOO tient absolument à me proposer deux fois par jour une nouvelle fiancée mais uniquement de mon âge !

— Sans doute afin de faciliter lesdites rencontres, un institut internationalement reconnu me suggère « une solution simple et 100% naturelle » afin de lutter contre « changements de rythme, fatigue, stress » grâce aux bienfaits d’une cure de PLZR+®.

— AIR FRANCE m’apprend que New-York n’attend que moi !

— AGIDRA tente de me persuader qu’il y a une révolution dans les fruits secs.

— Heureusement que la Centrale de réservation VERY CHIC annonce : « Bains de mer, le retour », sans quoi, je passais à côté de cette information capitale sans oser me risquer sur la moindre plage.

— Encoremoinscher.com veut à toute force me fourguer un fer à boucler, des semelles viscostatiques dont je ne pensais pas avoir un besoin si évident ainsi que des rouleaux de PQ illustrés par des billets de 500 euros d’une valeur « fessiale » douteuse.

PQ 500 € via amazone.fr

— Je passe sur la recherche de ma signature en faveur des petits obèses du Tonkin, des beaux-frères cons ou des animaux prostitués.

— D’alléchantes propositions d’investissements dans des résidences-services à Marrakech me font hésiter avec d’autres situées en Andalousie et en Floride.

— Quoi ? Qu’est-ce que j’apprends ? Mon assurance-auto me coûte trop cher ? Meeeeerde alors ! Si j’avais pu me douter !

— Oui, je sais, il y a eu un remaniement ministériel mais la vraie bonne nouvelle du mois d’août c’est surtout qu’il existe dorénavant un remède souverain pour mes fuites urinaires à venir ! Je n’y avais jamais songé avant mais aujourd’hui, cette perspective me comble… si je puis dire !

— Pour fêter ça, j’accepterais avec plaisir qu’on me fasse parvenir le pot de « Gelée de Mojito » à 80 euros le kilo ainsi que le confit de fleurs de pissenlits, censés bouleverser ma vie affective.

— Ah chouette ! Je vais pouvoir recevoir gratuitement jusqu’à 2 magazines de mon choix pendant 3 mois, ou le contraire, je ne sais plus !

— On me présente d’innombrables foires aux vins comme autant de « salons où l’on cause », « the place to be » ! Où l’on fait croire au chaland qu’il pénètre dans le saint des saints en BENTLEY Continental GT alors qu’il ne pilote qu’un caddy décati au milieu des boîtes de choucroute garnie et des litière pour chats.

Merci à tous ces amis désintéressés, grâce auxquels je suis au top de ma forme lors de cette rentrée !

Patrick de Mari

P’tit billet d’humeur

Échos iconoclastes
et viniques (ta mère) !
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On dirait que notre capacité d’écoute de l’Autre s’est aujourd’hui réduite à la mesure du zapping télévisuel. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais votre interlocuteur semble ne vous écouter que pour mieux rebondir par un « Ah bah ! c’est comme moi ! » ou un « Tiens, moi aussi ! », prélude à un copié-collé de votre dernière phrase, mais censé être évidemment plus drôle, plus extraordinaire, bien plus intéressant !

Alors que vous évoquez à mots choisis, avec sensibilité, toute l’émotion récemment procurée par un Puligny-Montrachet du Clos des Lambrays, « Ah bah ! c’est comme moi ! » dit aussitôt l’Autre con. « La semaine dernière, j’ai bu un Saint-Estèphe ou un Médoc, je ne sais plus, mais il était drôlement bon ! »

lambrays-puligny-cailleret-2002 via winenoodle.com

On peut s’autoriser un « C’est cela, oui… » consterné. Mais pas plus ! Surtout pas plus ! Sinon l’Autre pourrait bien surenchérir par un « Moi aussi, ça me rappelle… » ou « Comme dit Marcel, mon beau-frère… » !!!

Patrick de Mari

P’tit billet d’humeur

Quelques propos qui n’ont rien à voir
avec la gastronomie

Il fut un temps où j’aimais bien le free jazz et le message qu’il véhiculait (entre autres) : « Chacun joue ce qu’il veut et rendez-vous au point d’orgue ! » Je dois avouer que l’application de ce précepte dans les bureaux de la SNCF m’amuse moins ! « Moi, je fabrique des trains, toi tu construis des voies et des gares, après on voit si par hasard, ça peut fonctionner ensemble. »

Voies SNF via corto74.blogspot.fr

Et tous ces cols blancs ne sont toujours pas en taule !

On se préoccupe à juste titre des conditions de vie dans les prisons. Moi au contraire, je suis interpellé par le nombre de gens encore en liberté !

Je me souviens de la lecture édifiante du livre de souvenirs d’un célèbre ténor du barreau. Il rappelait qu’à l’époque, c’est-à-dire avant l’abolition de le peine de mort, on pouvait à tout moment, en toute circonstance du quotidien le plus banal, côtoyer sans le savoir, le bourreau officiel de la République !

Guillotine permanente via fr.wikipedia.org

C’était certes dans des activités généralement plus pacifiques que celles pour lesquelles il était mandaté et rémunéré. On pouvait ainsi faire la queue à la boulangerie sans savoir que le type derrière soi avait déjà coupé en deux 30 ou 40 de nos congénères…

Coupe-pain-cisaille via lacabaneduchasseur.com

Mais le pire, c’était de penser qu’à chaque démission ou départ à la retraite du bourreau titulaire, un appel à candidatures recueillait plus de 300 lettres d’hommes et de femmes enthousiastes à l’idée de trucider leur prochain… Et forcément frustrés, voire rancuniers de ne pas avoir été choisis, alors qu’ils se reconnaissaient toutes les qualités nécessaires !

Ça fout la trouille, non ?

Patrick de Mari

P’tit billet d’humeur

Échos iconoclastes
et viniques (ta mère) !
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Il n’est pas utile de railler ces « sauvages » Américains qui mettent du cola dans leurs verres de Petrus ou se font des granités à l’Yquem, selon des anecdotes à l’authenticité douteuse.

Granité via cuisinebyh.canalblog.com
Car nous autres Français, de souches anciennes d’avant le phylloxera ou de greffages récents, nous sommes aussi capables du pire !

Moi, je veux bien tout ce qu’on veut. « On » a tous les droits, y compris d’avoir des goûts étranges.

« On » a évidemment le droit d’aimer boire un grand pomerol avec sa choucroute ou une "vendanges tardives" sur son entrecôte saignante…
Mais à condition de ne pas professer à voix tonitruante, péremptoire, que l’accord est idéal…

Pomerol Petrus via avis-vin.lefigaro.fr

Patrick de Mari

P’tit billet d’humeur

Échos iconoclastes
et viniques (ta mère) !

L’élitisme est exaspérant quand il se moque du populo qui n’y connaît décidément pas grand chose ! Et dans ce registre, rien n’arrête le bonobo (malheureux métissage obtenu par croisement entre une bobo et un snob, ou le contraire).

Bonobo via zmescience.com

Si l’on s’habille exclusivement chez TATI, ce n’est pas par coquetterie ou souci d’élégance suprême, tout juste pour se couvrir à moindre frais.
De même qu’on ne roule pas en DACIA d’occasion seulement pour pouvoir à loisir frimer sur les parkings de LEADER PRICE ! Et quand bien même…

Tati via justacote.com

Alors, que les critiques-journalistes-blogueurs du monde du vin fassent parfois l’effort (et avec le sourire si possible) de conseiller leurs meilleures trouvailles à partir de 3 ou 4 €. Celles-ci combleront — et convertiront peut-être — quelques buveurs d’eau impécunieux !

Patrick de Mari