Catégorie: P’tit billet d’humeur

P’tit billet d’humeur

Échos iconoclastes
et viniques (ta mère) !
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Il n’est pas utile de railler ces « sauvages » Américains qui mettent du cola dans leurs verres de Petrus ou se font des granités à l’Yquem, selon des anecdotes à l’authenticité douteuse.

Granité via cuisinebyh.canalblog.com
Car nous autres Français, de souches anciennes d’avant le phylloxera ou de greffages récents, nous sommes aussi capables du pire !

Moi, je veux bien tout ce qu’on veut. « On » a tous les droits, y compris d’avoir des goûts étranges.

« On » a évidemment le droit d’aimer boire un grand pomerol avec sa choucroute ou une "vendanges tardives" sur son entrecôte saignante…
Mais à condition de ne pas professer à voix tonitruante, péremptoire, que l’accord est idéal…

Pomerol Petrus via avis-vin.lefigaro.fr

Patrick de Mari

P’tit billet d’humeur

Échos iconoclastes
et viniques (ta mère) !

L’élitisme est exaspérant quand il se moque du populo qui n’y connaît décidément pas grand chose ! Et dans ce registre, rien n’arrête le bonobo (malheureux métissage obtenu par croisement entre une bobo et un snob, ou le contraire).

Bonobo via zmescience.com

Si l’on s’habille exclusivement chez TATI, ce n’est pas par coquetterie ou souci d’élégance suprême, tout juste pour se couvrir à moindre frais.
De même qu’on ne roule pas en DACIA d’occasion seulement pour pouvoir à loisir frimer sur les parkings de LEADER PRICE ! Et quand bien même…

Tati via justacote.com

Alors, que les critiques-journalistes-blogueurs du monde du vin fassent parfois l’effort (et avec le sourire si possible) de conseiller leurs meilleures trouvailles à partir de 3 ou 4 €. Celles-ci combleront — et convertiront peut-être — quelques buveurs d’eau impécunieux !

Patrick de Mari

 

P’tit billet d’humeur

Quand le whisky coupe du monde !

France-Allemagne via eurosport.fr

Voilà, nous y sommes : demain soir, l’honneur de la France sera vengé… ou pas.
Enfin, l’honneur… la France… n’exagérons rien !

En ce 8 juillet 1982, ce ne fut pas la guerre, il n’y eut pas mort d’homme. Malgré la tentative d’assassinat perpétrée par Harald Schumacher sur notre si gentil Battiston. Tout le monde se souvient de l’instant où Neil Amstrong a impeccablement posé le pied sans se casser la gueule depuis l’échelle de son LEM ! Eh bien, tout pareil, itou, kif-kif pour ce France-Allemagne de Séville. On se rappelle tous ce moment dramatique où le goal teuton a tout aussi impeccablement posé sa hanche droite sur la gueule du franzose en lui faisant sauter deux de ses plus belles dents. L’un était dans la lune, l’autre dans le cirage et le troisième dans un cynisme assumé.

schumacher-harald-vs-battiston-patrick via mathildekhlat.wordpress.com

J’avais été convié par le directeur général de France-Rail (filiale de la SNCF avec laquelle nous avions contracté des accords de commercialisation liés à l’événement). Le match était retransmis sur un écran géant dans une salle de la Maison de la Radio à Paris. J’étais à l’époque plus actif qu’aujourd’hui ! La preuve, je n’avais pas pris le temps de déjeuner et n’arrivais même que juste à l’heure du coup d’envoi, à 21 heures précises, c’est-à-dire trop tard pour profiter des petits fours et pains surprises roboratifs. C’est donc l’estomac doublement vide que j’abordais la rencontre, enfoncé dans un fauteuil club et cerné par un aréopage de célébrités sensiblement plus confirmées que moi. Des hôtesses uniformisées mais exceptionnellement prévenantes s’inquiétaient sans cesse des risques majeurs que j’encourais tels que déshydratation ou perte du goût de la vie… Sans aller jusqu’au tilleul-menthe, j’aurais dû choisir de m’imbiber dès le début du match avec du soft drink, du light, du pas prétentieux, quoi. Au lieu de ça, j’optais avec aplomb pour un single malt sur glace. J’étais dans ma période Glenfiddich.

Whisky Glenfiddich via glenfiddich.com

La mode n’autorisait pas encore les bouteilles de vin sur les plateaux d’apéritifs et d’ailleurs le virus pinardier ne m’avait pas encore contaminé ! Hélas, trois fois hélas, car la journée avait été particulièrement chaude et l’ambiance dans la salle ne l’était pas moins : la soif ne me quitta pas de toute la soirée ! Avais-je eu une parole aimable envers une des jeunes filles préposées au ravitaillement des gloires invitées ? D’autres craignaient-elles que mes mains inoccupées ne s’égarassent ? Toujours est-il qu’elles unirent leurs efforts afin que je n’aie pas besoin de réclamer quoi que ce soit. À vrai dire, leur collectif ne fut jamais pris en défaut. À chaque arrivée d’un nouveau verre compensateur, mon sourire se fit d’abord de plus en plus béat, puis bientôt figé en position publicité pour « Sufrice Dentiper Colphile à la Chlorogate »…!

Dentifrice colgate à la chlorophylle via metro.fr

Je conserve une vision à peu près claire de la première période de ce match.                  
Puis, la mi-temps me sembla ne durer que 3-4 minutes, juste le temps de faire le vide avant de refaire le plein.                   L’attentat sus-cité me tint heureusement éveillé… presque jusqu’à la fin du match…                       
Dire que les prolongations me furent fatales serait très exagéré. En effet, j’étais déjà cramé depuis bien longtemps !!!    
J’avais pu m’en apercevoir quand un haut dirigeant de Thompson avait eu la courtoisie de s’enquérir de mes impressions sur le déroulement de la partie. Il avait assez rapidement compris que mon opinion n’était pas assez tranchée pour pouvoir émettre plus intelligiblement un pronostic fiable…!                                                              
Une nouvelle égalité (3-3) au coup de sifflet final entraîna une longue pause dont les effets ne me furent pas que bénéfiques. La sollicitude des cantinières ne faiblissait pas bien que mes clins d’œil reconnaissants du début se soient peu à peu transformés au point d’avoir plus souvent les deux yeux fermés en même temps. Heureusement, les hurlements et vociférations du voisinage couvrirent opportunément mes ronflements.                   
Que dire de la séance de tirs aux buts qui n’ait été tant de fois relaté… par d’autres ? Euh… rien !                 
J’ai seulement conservé de ce match de football hitchcockien une forte détestation à l’encontre des sieurs Littbarski, Rummenigge, Fischer, et évidemment du Boucher de Séville…                           
Une éternelle reconnaissance envers Platini, Trésor, Giresse, et évidemment Battiston…                       
Beaucoup de compassion pour Maxime Bossis dont la fonction n’incluait pas de tirer un penalty…
Et du ressentiment contre Didier Six dont c’était plus le rôle.

Eh oui ! La vie est injuste ! Moi aussi ! Mais j’ai arrêté les boissons fortes !

Pour ce nouveau France-Allemagne, j’ai prévu de narguer nos adversaires avec un blanc de cette Alsace que nous leur avons reprise en son temps.      
Trimbach et Frédéric Émile seront mes coéquipiers. Avec eux, je ne crains plus rien, même pas la défaite !

Patrick de Mari

P’tit billet d’humeur

LE CODE DE LA CROÛTE

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— Avant de casser la croûte, les estomacs doivent être en bon état et pas trop gonflés.

— En cas d’éblouissement devant un plat particulièrement bien présenté, les clients réduiront leur vitesse d’absorption.

Téléphoner en mangeant : 1 point.

— Sur la route comme pour le kir, attention au cassis.

Kir via hospices-beaune.com

— Quand il fait très chaud, veillez à changer souvent les cornets de glace.

— Après une entrée copieuse, il n’est pas rare de caler en côte (de bœuf).

— Attention à l’angle mort qui peut masquer l’arrivée à votre hauteur d’un bar de ligne alors que vous n’avez pas encore fini vos coquilles Saint-Jacques.

— La distance d’arrêt d’un gros mangeur correspond à la quantité de nourriture engouffrée pendant son temps de réaction.

Le code de la croûte a fixé une règle très précise. L’intervalle de sécurité minimum à ménager entre deux plats doit être… raisonnable, afin d’éviter des télescopages.

— On peut se servir de repères visuels  tels que le plateau de fromages et la farandole des desserts qui ne devraient jamais se situer dans votre ligne de tentation.

— Même si l’on a une bonne descente, il faut savoir freiner son enthousiasme à la commande, qui pourrait vous faire embrayer sur une consommation excessive.

— Ne jamais doubler le chariot de fromages.

Chariot de fromages via auberge-bon-terroir.fr

— Tenir compte des signes avant-coureurs d’endormissement à table tels que battements, picotements, puis fermeture des yeux, qui peuvent aller jusqu’au basculement soudain du haut du corps vers l’avant et l’atterrissage inopiné de la tête dans l’assiette de soupe (toujours se souvenir que l’airbag n’est pas fourni).

— Il convient de rappeler aux conducteurs d’engins et aux utilisateurs de véhicules que l’abus de couscous royal (boulettes, poulet, merguez, mouton), peut mener à la somnolence, avant même toute tentative de digestion des loukoums et cornes de gazelle.

— De même, il convient de conduire en douceur, c’est-à-dire aller jusqu’au dessert.

— Dans tous les cas, il est recommandé de respecter une pause entre les repas.

Un verre, ça va, deux verres, ça va, trois verres… mieux vaut commander une bouteille !

3 verres © Greta Garbure

— Et pour éviter l’aquaplaning, buvez du vin !

MÊME CHOSE POUR LES CUISINIERS : http://gretagarbure.com/2014/06/24/ptit-billet-dhumeur-61/

 

Patrick de Mari

P’tit billet d’humeur

LE PERMIS DE CUISINER À POINT(S) !

Permis à points

La prévention gargotière est assurée par les services vétérinaires et la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).

— Oublier d’attacher un torchon à la ceinture de son tablier : 1 point.

Nouer un tablier avec Bocuse via bocuse.secretbox.fr

Refuser d’obtempérer aux demandes des clients telles que supplément de frites ou de cuisson : 3 points.

— Oublier de changer un filtre à huile : 1 point.

— Avant le démarrage du service, toujours jeter un coup d’œil au réfrigérateur et mettre la sorbetière en prise.

— Faire une queue de poisson au lieu d’une darne : 1 point.

queue-de-lotte via 2.poissonbreton.fr

Respecter les sens uniques de circulation entre le propre et le sale.

Les encombrements au passe sont source d’accidents, surtout au niveau des portes battantes.

Brûler un feu peut être toléré, un rôti jamais !

Boire ou cuisiner, il faut se décider !

— Une des principales causes des sauces ratées est l’alcool : au-delà de 1 dl, on a vite fait de perdre la maîtrise de sa recette.

— La sauce du steak au poivre, qui nécessite du cognac, devient parfois difficile à négocier si l’on dépasse la dose prescrite.

Sauce au poivre via cocinacubana.skynetblogs.be

— Pourquoi note-t-on des pics d’accidents dus à la présence d’alcool ? Parce qu’il est rare que l’on mette du cannabis ou des amphétamines dans les bananes flambées ! Seul le cassoulet peut être chargé en coco(s) !

— Par temps d’orage, les plats en sauce à la crème peuvent tourner, même en ligne droite.

— En cuisine, le dépassement de soi est rarement sanctionné.

Il faut être bien assuré, mais pas trop : en cuisine comme sur la route, l’excès d’assurance peut conduire à la morgue.

— Les fausses notes répétées au piano peuvent aller jusqu’au mélange des pédales et parfois même la perte d’étoiles.

— Il est interdit de faire des embouteillages à la cave avec les fonds de bouteilles des clients.

— Ne pas omettre de signaler tout changement de direction, surtout à la Presse.

Patrick de Mari