P’tit billet d’humeur

J’ai acheté une bouteille
de rosé pamplemousse
pour ne pas mourir idiote !

Very Pamp via prixing.fr

Bien qu’habitant un quartier très mal loti en commerces de bouche (à part les boucheries halal), je fais mes courses alimentaires au marché, chez les artisans (ou pseudos-artisans car certains ne le sont parfois que de très loin) et les cavistes. Toutefois, quand j’ai besoin de PQ, d’eau — j’en bois aussi — et de quelques trucs de première nécessité type liquide vaisselle et autres produits d’entretien, je vais à Franprix.
Il y a bien un hypermarché (Carrefour) à 5 minutes de chez moi, mais je ne supporte pas. Ni le bruit, ni l’ambiance, ni les montagnes de bouffe, ni la queue à la caisse, ni l’incivilité des gens, ni rien. Je dois m’y rendre environ une fois par an, et encore, c’est rarement pour des achats, plutôt pour faire des relevés de prix.
Ma supérette Franprix — c’est un petit magasin à dimension humaine — c’est pas un choix, c’est juste parce que c’est le plus près de chez moi et que comme ça, les courses sont moins lourdes à porter… vu que j’y vais avec un cabas de grand-mère et pas un caddy !

Bon, le décor étant posé, je dois encore vous dire que, d’une manière générale, je ne suis pas spécialement attirée par les rosés, même pour le champagne. Alors je sais, vous allez m’invectiver et vous aurez raison parce que c’est idiot de dire ça, tout étant question de circonstances et de bouteilles ! Et en plus c’est vrai, j’ai déjà bu des rosés fabuleux ! Et je ne parle pas seulement du rosé des Riceys ou d’une bouteille de Ruinart rosé mais aussi de « petits » rosés plus populaires.
Toujours est-il que, même en été, mon inclination naturelle va plutôt vers les vins blancs et, en toute saison, les rouges.

Tout ça pour vous dire que les rosés marketés « vins féminins », « vacances », « apéro au bord de la piscine », « paillottes et palmiers » « soirées pyjamas » ou « enterrements de vies de jeunes filles », je ne cours pas après !
Je ne méprise pas non plus mais cela ne correspond tout simplement pas à mon goût.
Ce n’est donc que de très loin que je me suis intéressée au phénomène des rosés fruités — j’entends artificiellement — qui est apparu il y a deux ou trois ans. J’ai reçu une fois une bouteille de je ne sais plus quoi — ça ressemblait à du kir fait avec du rosé — que je n’ai pas aimé, mais alors pas aimé du tout !
Et puis, ça a été le boum du rosé pamplemousse !
Auquel je suis d’abord restée indifférente.
Et puis j’ai vu le rayon prendre de l’extension dans mon petit Franprix. Avec des étiquettes racoleuses mais sympathiques.
Et j’ai commencé à me demander pourquoi cet engouement ? Et surtout… qui en boit ?
Bon, je vous le dis tout net, je n’ai pas fait le pied de grue devant le rayon pour guetter le profil des acheteurs.
Mais j’ai décidé — avec circonspection, scepticisme et non sans réticence — d’acheter une bouteille pour me faire une idée. Certes, je ne me suis pas cachée pour passer à la caisse mais j’ai croisé les doigts pour ne rencontrer une personne de connaissance. D’autant que j’ai choisi la bouteille la plus voyante avec un nom aguicheur — « VERY PAMP’ » — et une rondelle de pamplemousse rose grosse comme un soleil sur l’étiquette ! Rien qu’à l’idée de rencontrer un confrère avec l’objet de mon délit dans la main…!
Mes 3,75 € déboursés, je me suis carapatée !

En rayon © Blandine Vié
Bib de Very Pamp via prixing.fr
À la maison, la bouteille est restée planquée pendant plusieurs jours dans mon frigo sans que j’ose y toucher.
Et puis le jour J est arrivé !
Une fin d’après-midi, j’ai dévissé la capsule et je me suis servi un verre.
Première constatation, la robe est d’un rose avenant, soutenu, évocateur de la couleur de pamplemousse rose en fait.
Sentiment confirmé par un nez vif où le pamplemousse frais prédomine sans ambiguïté. C’est frais et si l’on était au petit déjeuner, j’en boirais un grand verre sans hésitation !

Pamplemousse rose via mincejesuisgourmande.com
Passons à la bouche !
De prime abord, on ressent une grande impression de fraîcheur et la vivacité de l’agrume est bien présente mais sans amertume ni agressivité, sans doute parce qu’il s’agit de pamplemousse rose. Acidulé est le mot qui convient. On sent aussi le vin rosé qui finit par prendre le pas sur le pamplemousse et c’est un rosé tout à fait agréable. Oui, c’est bien moi qui dis ça ! J’irais même jusqu’à ajouter que c’est à la fois équilibré et harmonieux, avec une finale plutôt ample. Surtout, le sucre est très discret alors que je craignais l’inverse.
Bref, ce rosé pamplemousse n’usurpe pas son nom quant à ses composantes !

Rosé pamplemousse via s293233827.onlinehome.fr

Mais il est temps de lire l’étiquette, ce que je n’ai pas voulu faire avant pour ne pas être influencée. Je veux dire, je savais qu’il s’agissait de vin « arrangé », mais je ne voulais pas  en savoir plus.
Alors voilà : « Very Pamp » est une boisson aromatisée à base de vin à servir très frais.
Composée des ingrédients suivants : vin rosé, eau, sucre, sirop de pamplemousse, arôme naturel avec autres arômes naturels. Contient des sulfites. C’est élaboré en Loire-Atlantique.
Et la boisson titre 10°.

Contre étiquette © Blandine Vié

Bon, je n’ai pas fait un banc-test de tous les « rosés pamplemousse » du marché mais il semblerait qu’il y en ait de plusieurs sortes, avec des rosés de qualité différentes et des différences sensibles selon que le vin est aromatisé au sirop de pamplemousse ou au jus de fruit frais. Ce qui implique aussi des différences de prix.

Honnêtement, pour moi c’est une boisson qui passe très bien à l’apéritif quand on n’aime pas le vin et qui peut même se révéler séduisante par son côté fruité, notamment pour les personnes qui n’osent pas aborder le vin. Et à tout prendre, ça gâte moins la bouche qu’un apéritif anisé ! C’est surtout moins dangereux que tous ces mix à base d’alcools violents et de jus de fruits camoufleurs avec lesquels les jeunes étanchent leur soif… d’ivresses !
Bon, personnellement, il ne me viendrait pas à l’esprit d’en boire à table, mais après tout, j’encourage vivement tous ceux qui boivent des sodas en mangeant de se rabattre sur un rosé pamplemousse car je trouve que ce serait un premier pas vers le vin pour lequel j’aurais de l’indulgence.

Car après tout, il n’y a pas de sotte manière d’apprivoiser le vin !

Blandine Vié

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4 Commentaires

  1. Christian N

    Chinonais (Cravantais plus exactement) d’adoption, j’ai découvert le VRP (Vin Rosé Pamplemousse) en arrivant il y a 9 ans en Rablaisie Centrale. C’est l’apéritif de comptoir par excellence ici en Touraine. Moins alcoolisé qu’un kir puisqu’on ajoute pas d’alcool comme celui contenu dans la crème de cassis), les quelques gouttes de sirop de pamplemousse renforce les notes d’agrumes souvent rencontrées dans les rosés de Loire et de Chinon en particulier. Facile à faire, je n’ai jamais franchi le pas de l’acheter tout fait comme vous.
    D’aucuns ont interprété le P de VRP en "Pêche". Mais là, ça marche moins bien à mon goût pour le rosé de Touraine. A voir …

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